L’ours qui jouait du piano – David Litchfield

Un matin, un ours découvre un objet étrange au milieu de la forêt. Intrigué, il s’approche et pose sa patte dessus. Un bruit terrifiant en sort. L’ours s’en va mais revient les jours suivants, piqué par la curiosité.

Au fils des saisons, seul au milieu de la forêt, il apprivoise le piano et produit de jolis sons. Les autres ours viennent l’écouter, chaque soir de plus en plus nombreux.

Un jour, un papa et sa fille découvre par hasard l’ours virtuose et lui propose de venir donner des concerts en ville. C’est une nouvelle vie qui démarre. L’ours rencontre un grand succès. Il fait la Une des journaux et obtient des récompenses prestigieuses mais ses amis et la forêt finissent par lui manquer.

L’ours doit alors prendre une nouvelle décision importante.

L’ours qui jouait du piano est le premier album du britannique David Litchfield. Que de talent ! Les illustrations au cadre large sont époustouflantes de beauté. A l’image du texte, elles regorgent de tendresse et de poésie.

L’ours, qui vit pleinement sa passion pour un instrument qu’il découvre par hasard, est un personnage attachant. A deux reprises, il doit prendre des décisions importantes mais n’oublie jamais l’essentiel : être heureux et vivre en accord avec lui même.

Un bel album sur l’importance d’aller jusqu’au bout de ses rêves et sur la force de l’amitié.

LITCHFIELD, David, L’ours qui jouait du piano, Belin Jeunesse, 2016.

Pourquoi la girafe a-t-elle un long cou ? – Albena Ivanovitch-Lair et Maud Legrand

Pourquoi la girafe a-t-elle un long cou ? C’est le genre de question que ma fille serait tout à fait capable de poser et à laquelle je serais bien incapable de répondre. Heureusement, ce conte apporte la réponse !

Autrefois, il y a trrrrrrrrrrrrrrrrès longtemps, la girafe était pataude. Dodue, courte sur patte avec un tout petit cou, elle était amie avec tous les animaux de la savane sauf le paresseux et méchant crocodile.

Mais comme girafe a bon coeur, elle lui vient en aide lorsque celui se coince une branche dans la gueule en voulant manger un poisson. Et c’est à son tour d’être mangée…

Girafe a de la chance, le crocodile a refermé sa mâchoire sur son museaux mais son corps et ses jambes sont à l’extérieur. Les animaux de la savane lui viennent en aide en tirant de toutes leurs forces pour la sortir de là. Quand elle est enfin libérée, on découvre avec surprise qu’elle a désormais un cou tellement long qu’elle peut avertir les autres animaux du danger.

Voilà un joli conte que ma fille et moi avons pris beaucoup de plaisir à lire. Le texte, vivant et dynamique, est vraiment agréable à lire à haute-voix. Les illustrations de Maud Legrand sont douces et chaleureuses, sauf quand le méchant crocodile fait des siennes bien entendu. Les expressions du visage des animaux sont particulièrement réussie. A découvrir sans hésiter donc !

Dans la même collection, Dans la poche du Kangourou.

IVANOVITCH-LAIR, Albena, LEGRAND, Maud, Pourquoi la girafe a-t-elle un long cou ?, Flammarion, 2015.

L’heure des bilans a sonné

Nous sommes le 31 décembre et l’heure des bilans a sonné. Voici donc les livres qui ont marqué mon année 2014. Un petit clic sur la couverture et vous pourrez lire le billet complet.

Dans la catégorie « les livres qui me parlent » :

Dans la catégorie « Je me suis pris une claque » :

Dans la catégorie « Ces livres qui font du bien » :

Dans la catégorie « Ils me font courir plus vite quand je les écoute en faisant mon footing » :

Dans la catégorie « Je les ai fait découvrir à mes élèves et ils ont adoré » :

 

Dans la catégorie « ces romans jeunesse dont on n’a pas assez entendu parler » :

Dans la catégorie « je suis impatiente de découvrir la suite » :

Dans la catégorie « soif d’aventures » :

Dans la catégorie « je devrais lire plus souvent des BD » :

Dans la catégorie « auteurs au talent formidable » :

Dans la catégorie « album magnifique » :

 

La Princesse tralala : une histoire qui joue avec les voyelles – Magadalena et Gwen Keraval

La princesse tralala s’ennuie dans son château. En attendant de trouver le prince charmant, elle fait des vocalises. Peut être que cela lui permettra de devenir chanteuse d’opéra. A, E, I, O, U !!!!!!!! Dans le bain…

… elle aperçoit un rat. Effrayée, elle se réfugie sur son armoire. Le lendemain, sur son lit, elle murmure : « RA RE RI RO RU ». En cherchant son chat dans les jardins du château, elle crie « CHA CHE CHI CHO CHU ». Et au bord du bassin, la princesse fredonne « LA LE LI LO LU » : cette fois-ci, c’est un lapin qui est venu lui rendre visite.

Chaque jour de la semaine, la princesse tralala croise un animal différent. A cet animal correspond une consomme qui est associée à chacune des cinq voyelles de l’alphabet. Ce procédé permet à l’enfant de découvrir de nombreuses syllabes en s’amusant.

La princesse tralala est une petite fille pétillante. J’ai été charmée par les dessins de Gwen Kerval qui a su faire de l’héroïne de cet album une petite fille pleine de vie, vraiment sympathique.

L’histoire de Magdalena est rythmée et joue sur les sonorités. Mes maigres connaissances en matière d’apprentissage de la lecture ne me permettent pas de dire si ce livre peut apporter un plus aux enfants. Quoi qu’il en soit, l’album est agréable à lire. N’est-ce pas là le plus important ?

Merci au Père Castor pour l’envoi de ce livre.

MAGDALENA, KERAVAL, Gwen, La Princesse tralala : une histoire qui joue avec les voyelles, Père Castor, 2014.

Bébé dragon veut sa maman – Oriane Lallemand et Marie Paruit

Au milieu de la forêt, un oeuf. Bébé dragon sort de sa coquille mais il est seul, sa maman n’est pas là. Pour la retrouver, il a besoin de l’aide du lecteur. Sur chaque double page, un pictogramme indique à ce dernier comment faire : montrer avec ses doigts les fraises car bébé dragon a faim, le cacher quand les éléphants arrivent ou encore faire peur au tigre féroce.

Cette petite histoire, bien que mignonne, n’a rien d’extraordinaire au niveau du fond. Son intérêt réside plutôt dans l’interactivité. Le fait d’être acteur à part entière de l’histoire suscite un réel intérêt de la part de l’enfant. Ma fille a beaucoup apprécié d’aider le petit dragon même si « c’était pour de faux ».

Bébé dragon veut sa maman est publié dans la collection Tap Tap, chez Casterman. Cette nouvelle collection, basée sur l’intercativité, est destinée aux 2-5 ans. Les pages des livres sont épaisses et adaptées au public. L’histoire est assez simple et ne propose qu’une seule action par page afin de faciliter la compréhension.

Sophie vous parle de Princesse Zélie cherche son chien Toupie. Sa fille a visiblement beaucoup aimé elle aussi !

LALLEMAND, Oriane, PARUIT, Marie,  Bébé dragon veut sa maman, Catserman, 2014.

La tototte – Lindgren et Landström

Benny vient d’avoir un petite frère. Ce dernier a le droit d’avoir une tétine et Benny, non. Sa maman lui dit qu’il est trop grand mais Benny n’est pas du tout d’accord… Il trouve ça très injuste ! Alors que sa maman est occupée à passer l’aspirateur, Benny décide d’emmener son petit frère dehors. Il le pose derrière la porte, lui prend sa tototte et lui donne son doudou en échange.

Benny part se promener -sans le petit frère- et, quand il passe devant la graderie, les autres enfants crient « Tu es trop grand pour avoir une tototte ». Ensuite, il rencontre les cochons costauds, se fait traiter de mauviette et s’enfuit en courant. Mais les cochons costauds ont des chaussures de foot et courent très vite. Ils rattrapent Benny, lui donnent un coup de poing dans le nez et lui piquent sa tétine. Heureusement, le chien arrive et lui vient en aide.

Tout à coup, le petit frère crie car il en a marre du doudou. Benny court à toute vitesse et lui redonne sa tototte. Ensuite, il le promène autour de la maison et rentre. Sa maman est toute contente car Benny est gentil d’avoir emmené son petit frère dehors…

La tototte est un album que je lis en boucle à ma fille en ce moment. Elle n’a ni petit frère ni petite soeur, ce n’est donc pas le thème de la jalousie qui l’intéresse tant. A moins qu’elle soit jalouse des copains plus petits qu’elle chez la nounou… Cet album traite également de la difficulté de grandir et de renoncer à certaines choses comme la tétine. Et oui, ce n’est pas toujours facile de devenir grand !

Le texte est très simple et propose des phrases courtes, compréhensibles dès le plus jeune âge. Benny, sa mère et son petit frère sont représentés par des cochons roses tous mignons auxquels l’enfant peut s’identifier facilement car ils ont des comportements d’êtres humains.

L’histoire se déroule en automne. Les ilustrations sont donc dans les tons marrons, gris, jaunes et verts pâles. Elles mélangent l’ancien (berceau du petit frère, tenues vestimentaires, cuisine dans la maison) et le moderne (aspirateur, ordinateur portable), sans doute parce que cette histoire de jalousie et de difficulté à grandir est intemporel…

Un bien joli album avec un message fort pour les jeunes enfants.

LINDGREN, Barbro, LANDSTROM, Olof, La tototte, L’école des loisirs, 2004.

Un livre pour ceux qui ne sont pas encore convaincus de l’intérêt de la littrature de jeunesse

Rêver, grandir, se faire peur tout en étant bien en sécurité devant son livre, rire, voyager de sa chambre autour du monde : on pourrait compléter pendant longtemps la liste de tout ce qu’apporte la littérature de jeunesse aux petits… et aux grands…

Le texte d’Alain Serres, simple et toujours construit selon le même schémas, permettra aux jeunes lecteurs de s’approprier très vite cet album.

« Si tes parents rêvent de partir en voyage, très loin, sur une île ensoleillée…

… mais qu’ils ont davantage de petites pièces que de gros billets :

pose-leur un chapeau sur la tête et emmène-les dans la plus belle des librairies ! » p.48-52

Les illustrations de Bruno Heitz font référence à de nombreux classiques
de la littérature pour enfants que les dévoreurs de livres
reconnaitront facilement. Un bien joli album !

SERRES, Alain, HEITZ, Bruno, Comment apprendre à ses parents à aimer les livres pour enfants, Rue du monde, 2008.

Ces livres qui font grandir les enfants – Joëlle Turin

Quatrième de couverture :

« Les enfants ont-ils besoin des livres pour grandir ? Oui, mais pas
de n’importe lesquels ! Quand les albums n’infantilisent pas les petits
lecteurs, respectent leur rapport au monde, ne les enferment pas dans un
 » prêt-à-penser  » mais au contraire donnent des clefs pour ouvrir
toutes grandes les portes de leur imagination, alors la lecture devient
une expérience unique qui contribue au développement de la pensée et de
la sensibilité. A travers cinq domaines évocateurs de la vie de l’enfant
: ses jeux, ses peurs, ses grandes questions, ses relations avec les
autres et le monde de ses sentiments, cet essai explore une centaine
d’albums remarquables dans lesquels cette heureuse alchimie opère
. »

Une très jolie première de couverture pour cet excellent livre sur la littérature de jeunesse. Plus d’une centaine d’albums abordant les thèmes du jeu, de la colère, de l’amour, de la peur, de la naissance, de la mort ou encore des joies et des peines sont présentés. Une vraie bible pour les professionnels du livre ou les jeunes parents qui veulent proposer des albums de qualité à leurs enfants et les aider à grandir en se sentant bien dans leur tête.

Pour chaque album, l’auteur explique l’intérêt de l’histoire -tant au niveau du texte que de l’illustration- par rapport au jeune lecteur. Et on s’aperçoit que des œuvres qui paraissent toutes simples peuvent se lire à plusieurs niveaux et susciter de multiples sentiments chez l’enfant.

A lire et à relire !

Le billet d’Emmyne et celui de BelleSahi.

TURIN, Joëlle, Ces livres qui font grandir les enfants, Didier Jeunesse, 2008.

%d blogueurs aiment cette page :