Petite cage cherche un oiseau – Rodoula Pappa et Célia Chauffrey

Petite Cage est une cage à oiseau accueillante. Des graines, de l’eau, une jolie balançoire, volà qui devrait attirer de nombreux oiseaux. Mais Petite Cage reste vide. Elle décide alors de prendre les devants et de proposer aux oiseaux qu’elle rencontre de venir vivre chez elle.

Hirondelle, moineau, rossignol, paon, tous refusent sa proposition et ont de bonnes raisons de ne pas vouloir s’enfermer dans une cage. Les rares oiseaux qui s’approchent n’osent pas entrer. Petite cage est seule et triste.

Le jour où elle rencontre une vieille chouette, sa vision des choses change et elle commence à réfléchir sur le besoin de liberté et le vivre ensemble.

Plus qu’un album, Petite cage cherche un oiseau est en réalité un véritable conte philosophique. Les rapprochements entre Petite Cage et l’être humain sont d’autant plus faciles à faire que celle-ci est personnifiée. En effet, elle est dotéé d’un visage, de bras, de jambes et de la parole.

Les illustrations aux tons pastels de Célia, Chauffrey sont vraiment belles et accompagnent à merveille le texte. On referme l’album en réflechissant aux relations entre les être humains, à l’amitié, à l’amour et au respect de l’autre.

PAPPA, Rodoula, CHAUFFREY, Célia, Petite cage cherche un oiseau, Belin jeunesse, 2016.

L’ours qui jouait du piano – David Litchfield

Un matin, un ours découvre un objet étrange au milieu de la forêt. Intrigué, il s’approche et pose sa patte dessus. Un bruit terrifiant en sort. L’ours s’en va mais revient les jours suivants, piqué par la curiosité.

Au fils des saisons, seul au milieu de la forêt, il apprivoise le piano et produit de jolis sons. Les autres ours viennent l’écouter, chaque soir de plus en plus nombreux.

Un jour, un papa et sa fille découvre par hasard l’ours virtuose et lui propose de venir donner des concerts en ville. C’est une nouvelle vie qui démarre. L’ours rencontre un grand succès. Il fait la Une des journaux et obtient des récompenses prestigieuses mais ses amis et la forêt finissent par lui manquer.

L’ours doit alors prendre une nouvelle décision importante.

L’ours qui jouait du piano est le premier album du britannique David Litchfield. Que de talent ! Les illustrations au cadre large sont époustouflantes de beauté. A l’image du texte, elles regorgent de tendresse et de poésie.

L’ours, qui vit pleinement sa passion pour un instrument qu’il découvre par hasard, est un personnage attachant. A deux reprises, il doit prendre des décisions importantes mais n’oublie jamais l’essentiel : être heureux et vivre en accord avec lui même.

Un bel album sur l’importance d’aller jusqu’au bout de ses rêves et sur la force de l’amitié.

LITCHFIELD, David, L’ours qui jouait du piano, Belin Jeunesse, 2016.

Lascaux : la découverte de la grotte – Emily Arnold McCully

Dans les mois et années qui suivirent la découverte de la grotte de  Lascaux, les principaux acteurs de cette aventure incroyable ont répondu à des interviews et raconté leurs souvenirs. Différentes versions en ont découlé. Dans cet album destiné aux enfants de primaire, Emily Arnold McCully nous livre la sienne, fondée sur les témoignages des uns et des autres.

Jacques Marsal habite à Montignac, une région où l’on trouve facilement des os et outils en pierre datant de la Préhistoire. Son instituteur, Léon Laval, les collectionne. Jacques est fasciné par ces objets et cette époque. Il visite même une grotte avec sa classe et découvre des représentations animales sur les murs.

Nous sommes en 1940 et Montignac est en zone libre. Le 12 septembre, alors qu’il est encore en vacances, Jacques joue à la guerre avec deux copains dans les collines lorsque un autre garçon du village, Marcel, leur raconte que son chien a disparu quelques jours plus tôt dans un trou prés d’un arbre déraciné. Marcel a réussi à récupérer son chien et revient aujourd’hui avec deux lampes. Les quatres garçons décident de se rendre dans ce trou qui semble très profond.

Ils pensent avoir découvert un souterrain creusé par un noble pour y cacher son or mais font une découverte bien différente. Une fois la peur et les difficultés d’ordre pratique surmontées, ils arrivent dans une gigantesque salle aux murs couverts de peintures. Ils ne sont pas au bout de leurs découvertes.

Emily Arnold McCully a su faire de cette épisode aujourd’hui bien connu une histoire passionante accessible aux enfants. Je l’ai lue à ma fille qui est en CP. Elle a été fascinée par l’aventure de ces garçons et par les reproductions des peintures rupestres. Quant à moi, je ne me suis pas ennuyée, bien au contraire.

Les dessins sont trés réalistes et permettent de se plonger facilement dans l’histoire. A la fin de l’album, des informations permettent de compléter la fiction. A découvrir sans hésiter !

ARNOLD MCCULLY, Emily, Lascaux : La découverte de la grotte, L’école des loisirs, 2014.

Au théâtre de Monsieur Molière -Fabian Grégoire

Il aura fallu que l’auteur-illustrateur Fabian Grégoire vienne au collège pour travailler avec une classe pour que je découvre la collection Archimède de L’école des loisirs. Cette collection d’albums documentaires est passionnante et permet d’aborder des sujets historiques, scientifiques ou autres avec les enfants par le biais de la fiction. Comme toujours quand je travaille avec un auteur, j’ai lu beaucoup des livres de Fabian Grégoire mais j’ai tellement apprécié cette collection que j’ai aussi découvert d’autres titres. Il est d’ailleurs possible que je vous en parle de temps en temps.

Au théâtre de Monsieur Molière, l’album que j’ai choisi de vous présenter aujourd’hui, retrace un épisode de la vie de Jeannot, un ancien marin de Rouen embauché dans la troupe de Molière deux ans avant la mort du comédien. Nous sommes donc en 1671. Molière a décidé de jouer Psyché au Palais-Royal. Deux mois de travaux sont nécessaires pour installer les décors et la troupe a besoin d’argent. Les comédiens jouent donc Les fourberies de Scapin, une création qui ne nécessite pas d’installations particulières et permet de continuer à travailler sur Psyché.

Jeannot, lui, découvre l’envers du décor. Sous la scène, au dessus et derrière les rideaux se cache un dispositif impressionnant. Des rails, des chariots à roulettes, des treuils, des cordelettes et de multiples autres outils permettent de transformer une forêt en village ou de faire descendre des nuages du plafond. Jeannot est impressionné. Familier des cordages et n’ayant pas du tout le vertige, le jeune garçon s’intègre très vite en aidant à installer les décors. Il aura même un rôle décisif pendant une représentation qui, sans lui, aurait sans doute mal tourné.

Au théâtre de Monsieur Molière est un album passionnant qui permet au jeune lecteur de découvrir l’envers du décor du théâtre. Lorsqu’on assiste à une représentation, on imagine difficilement ce qui se passe en coulisse. Je me souviens avoir visité avec bonheur le théâtre à l’italienne d’Evreux dans l’Eure quand j’étais au lycée ou, plus récemment, le Grand Théâtre de Bordeaux. Quand on n’a pas cette chance, les livres peuvent être un bon palliatif.

Mon seul regret est que les illustrations soient si sombres. Elles sont cependant très réalistes et permettent de se plonger sans problème en plein XVIIème siècle. Comme toujours dans cette collection, quelques doubles pages documentaires composées de textes, de photographies et de documents d’époque permettent de compléter la lecture de la fiction. A découvrir sans hésiter !

GREGOIRE, Fabian, Au théâtre de Monsieur Molière, L’école des loisirs, 2010.

Le crapaud – Le rat – Élise Gravel

La collection « Les Petits dégoûtants » des éditions Le pommier propose aux enfants de découvrir des animaux qui sont plutôt rebutants : l’araignée, le pou, la limace, le rat, le crapaud, le ver ou encore la mouche.

Les explications scientifiques sont vulgarisées de manière à être accessibles aux jeunes lecteurs et mine de rien on apprend pas mal de choses sur ces petites bêtes. L’accent est mis sur leur aspect dégoûtant mais aussi sur leur utilité.

L’atout de cette collection réside dans l’humour, présent aussi bien dans les mots que dans les illustrations. Éclater de rire tout en apprenant, que demander de mieux ?

J’ai eu l’occasion de découvrir deux titres de cette collection, Le crapaud et Le rat et je dois bien avouer que si ma fille a appris des choses, moi aussi. Savez-vous que les incisives du rat poussent de 14 centimètres par an ou que le crapaud mange sa vieille peau lorsqu’il mue ?

Des documentaires aussi intelligents et savoureux, c’est suffisamment rare pour être souligné alors si vous avez des enfants autour de vous, n’hésitez pas à leur faire découvrir les ouvrages d’Emilie Gravel.

Leilonna et TroGnon ont au un coup de coeur pour cette collection.

GRAVEL, Émilie, Le rat, Le pommier, 2015.

GRAVEL, Émilie, Le crapaud, Le pommier, 2015.

Huit saisons et des poussières – Séverine Vidal et Anne Montel

Huit saisons et des poussières, 2 ans, un mois et seize jours, c’est le temps qu’à passé le père d’Amos en camp de concentration. A son retour, il ne dit pas un mot. Amos, lui, parle beaucoup pour combler le vide. Il a décidé de raconter à son père toutes les journées passées en son absence.

Sarah, la soeur d’Amos, pense que leur père n’est plus qu’un fantôme. Amos n’est pas d’accord. A l’école, ses camarades se moquent de lui et lui disent que son père a été tué par les allemands, que ce n’est pas son vrai père qui est rentré. Amos n’en peut plus. Il décide de se réfugier dans un arbre et de ne plus en descendre.

Huit saisons et des poussières est un magnifique album. Le retour des camps est un sujet difficile à expliquer à de jeunes lecteurs mais il est abordé avec beaucoup de pudeur et de tendresse. Amos est un petit garçon attachant qui ne sait pas comment s’y prendre pour retrouver le père qu’il avait avant la guerre. Le vide et le silence de la maison sont pesants. Il règne une certaine tension que la mère essaie d’apaiser autant qu’elle le peut. C’est cependant grâce à Amos que son papa va retrouver la parole.

Au delà de la guerre, on peut lire cet album comme une jolie histoire humaniste sur la famille et l’importance de l’amour des siens dans les moments difficile de la vie. Les illustrations d’Anne Montel, douces et fines, contribuent pleinement à cette lecture du texte de Séverine Vidal.

Huit saisons et des poussières fait partie de la sélection CM2/6ème du prix des Incorruptibles 2016. Espérons qu’il réconciliera les élèves avec les albums, genre qu’ils ont tendance à bouder à cet âge là.

VIDAL, Séverine, MONTEL, Anne, Huit saisons et des poussières, Les P’tits Bérets, 2014.

Marius le chat : Une peur bleue ! – Erwin Moser

Marius le chat est une nouvelle série des éditions Casterman destinée aux enfants qui apprennent à lire. Ma miss venant d’entrer en CP, ce genre de petit livre à lire progressivement tout seul nous intéresse tout particulièrement.

Dans Une peur bleue, quatre petites histoires illustrées sont proposées. Elles font toutes six pages et chaque page comporte cinq phrases au maximum. Le vocabulaire utilisé est relativement simple, la police de caractère est assez grande ainsi que les interlignes, ce qui facilite la lecture pour l’enfant.

Au niveau du contenu, Marius est un chat sympathique qui habite à la campagne et à qui il arrive de petites aventures. Il est drôle et a pour amis d’autres animaux qui partagent son quotidien.

Dans Une peur bleue, il part en montagne pour peindre et se sert finalement de son tableau pour se protéger de la pluie ou faire une énorme glissade dans le terrier de Domino le blaireau. Il fait également peur sans le vouloir à son ami Bruno l’ours, découvre le trésor de Domino et apprend que l’on peut faire du parachutisme avec une tente.

Les illustrations, à l’image du texte sont expressives et pleines d’humour. Elles permettent aux jeunes lecteurs de déduire ce qu’ils n’ont pas compris en lisant.

Ma miss le recommande aux enfants de son âge « parce que c’est trop rigolo ».

MOSER, Erwin, Marius le chat : Une peur bleue !, Casterman, 2015.

Les Ptimounes – Madeleine Brunelet

Les Ptimounes sont des créatures minuscules qui vivent cachées dans la nature et jouent beaucoup. Tempête le coquin, Mistral le rêveur, Bise la petite, Zéphir le bon copain et Alizé la futée vivent ensemble et sont solidaires les uns des autres.

Dans Le monstre du bois, ils ramassent des provisions de noisettes pour l’hiver et embêtent Granton le méchant quand, sur le chemin du retour, Bise se met à hurler. Elle a vu un monstre. La petite bande d’amis se moque d’elle… jusqu’à ce qu’elle le voit à son tour. Les Ptimounes s’en vont en courant mais ils s’aperçoivent que Granton est en danger. Ils ont bon coeur alors pas question de ne pas le prévenir. Ils ne sont pas au bout de leur surprise !

Dans Chacun fait son nid, les Ptimounes sont réveillés très tôt un matin et découvrent un trou dans le toit. Deux énormes oiseaux rouges sont en train de le détruire. Heureusement, ils arrivent à les faire fuir. Il faut maintenant réparer. Le problème, c’est qu’il n’y a plus la moindre brindille aux alentours. Ensemble, ils vont trouver une solution.

Les Ptimounes est une collection que ma fille apprécie. Il faut dire que ces petites créatures ont des têtes bien sympathiques et vivent dans la nature, un milieu qui plaît beaucoup aux enfants. Il leur arrive tout un tas d’aventures et les thèmes traités sont intéressants. Ici, la solidarité et la peur. A découvrir si vous avez des pitchounes entre 3 et 6 ans autour de vous.

BRUNELET, Madeleine, Les Ptimounes : Chacun fait son nid, Père Castor, 2015.

BRUNELET, Madeleine, Les Ptimounes : Le monstre du bois, Père Castor, 2015.

Pourquoi la girafe a-t-elle un long cou ? – Albena Ivanovitch-Lair et Maud Legrand

Pourquoi la girafe a-t-elle un long cou ? C’est le genre de question que ma fille serait tout à fait capable de poser et à laquelle je serais bien incapable de répondre. Heureusement, ce conte apporte la réponse !

Autrefois, il y a trrrrrrrrrrrrrrrrès longtemps, la girafe était pataude. Dodue, courte sur patte avec un tout petit cou, elle était amie avec tous les animaux de la savane sauf le paresseux et méchant crocodile.

Mais comme girafe a bon coeur, elle lui vient en aide lorsque celui se coince une branche dans la gueule en voulant manger un poisson. Et c’est à son tour d’être mangée…

Girafe a de la chance, le crocodile a refermé sa mâchoire sur son museaux mais son corps et ses jambes sont à l’extérieur. Les animaux de la savane lui viennent en aide en tirant de toutes leurs forces pour la sortir de là. Quand elle est enfin libérée, on découvre avec surprise qu’elle a désormais un cou tellement long qu’elle peut avertir les autres animaux du danger.

Voilà un joli conte que ma fille et moi avons pris beaucoup de plaisir à lire. Le texte, vivant et dynamique, est vraiment agréable à lire à haute-voix. Les illustrations de Maud Legrand sont douces et chaleureuses, sauf quand le méchant crocodile fait des siennes bien entendu. Les expressions du visage des animaux sont particulièrement réussie. A découvrir sans hésiter donc !

Dans la même collection, Dans la poche du Kangourou.

IVANOVITCH-LAIR, Albena, LEGRAND, Maud, Pourquoi la girafe a-t-elle un long cou ?, Flammarion, 2015.

Les 7 différences des bébés animaux

Les bébés animaux, voilà un sujet qui intéresse toujours les enfants.

Le jeu des 7 différences qui consiste à trouver les 7 erreurs qui se sont glissées dans deux images quasiment identiques semble quant à lui indémodable.

Les éditions Tourbillon ont eu la bonne idée de réunir les deux dans un seul et même livre. L’enfant doit donc retrouver les sept différences entre deux photos de bébés animaux : singes, guépards, koalas, éléphanteaux, faons, louveteaux, chaton, oursons, chiots, etc.

Le livre est organisé en 22 double pages et les photographies sont magnifiques. Comme toujours avec ce genre de jeu, certaines différences sont plus faciles à trouver que d’autres mais je dirais que ce livre est idéal pour les 3-6 ans. 

La taille des détails varie sur une même image. Certains sont déformés, d’autres déplacés ou effacés. Les solutions sont bien entendues données à la fin.

J’ai profité de cette ouvrage pour montrer à ma fille en quoi consistait la retouche d’image et lui expliquer que ce n’était pas parce qu’on avait vu quelque chose en photo ou à la télé que c’était forcément vrai. A 6 ans et demi, elle est encore un peu jeune mais il n’est jamais trop tôt pour comprendre que les images peuvent nous manipuler !

Les bébé animaux, Tourbillon, 2015.

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