Sauvage – Émily Hughes

Une petite fille -dont on ne saura jamais le prénom- vit au milieu de la forêt, parmi les animaux. On ne sait pas trop comment elle est arrivée là mais elle est heureuse et libre, n’est-ce pas le plus important ? Les oiseaux lui apprennent à parler, les ours à pêcher, les renards à s’amuser dans les terriers. C’est la belle vie !

Malheureusement pour elle, elle fait un jour la rencontre d’animaux pas tout à fait comme les autres. Un couple d’humain décide de l’adopter et de transformer la sauvageonne en petite fille bien élevée. Le mari est psychanalyste, un telle opportunité est intéressante ! La petite fille ne comprend pas la langue qu’on lui enseigne, ne sait pas jouer avec les jouets qu’on lui offre et ne supporte pas de devoir manger à table proprement avec un couteau et une fourchette. Elle met la maison sans dessus dessous et le couple est à bout de nerfs. Finalement, elle décide de s’enfuir pour retrouver sa vie d’avant, celle pour laquelle elle est faite.

Cet album est un vrai régal. Ma miss avait le sourire aux lèvres du début à la fin de la lecture. Je crois que les passages dans lesquels la petite sauvageonne transgresse les règles de la bienséance lui ont particulièrement plu. Les dessins sont vraiment réussis et cette petite fille aux grands yeux ronds est vraiment attachante.

Sauvage prone la liberté, le respect de chacun et le droit à la différence. Des notions importantes qu’il est indispensable de véhiculer encore et encore, surtout par les temps qui court.

 HUGHES, Emily, Sauvage, Autrement jeunesse, 2014.

Le fil de soie – Cécile Roumiguière et Delphine Jacquot

Marie-Lou est une petite fille qui aime regarder Mamilona, sa grand-mère, coudre de magnifiques robes. Tous ces tissus et ces fils qui envahissent la table de la cuisine l’apaisent à son retour de l’école. Mamilona chante souvent une chanson dans une langue que Marie-Lou ne connaît pas. Quand la petite l’interroge, la vieille dame change de sujet ou répond à côté. Même chose au sujet de ce bracelet en cuir qu’elle ne quitte jamais.

Marie-Lou a de grosses difficultés à l’école : « A l’école, Marie-Lou n’est pas la reine. Elle s’emmêle dans les chiffres, elle peine à lire les lettres et les mots. ». Un jour, la maîtresse s’énerve et lui crie fort dessus. Mamilona la console en lui disant que sa beauté est à l’intérieur et que sa maîtresse n’est pas le jardinier qu’il lui faut. Elle ne la prend pas dans ses bras, elle est avare en parole mais ses mots vont à l’essentiel. Ensuite, elle passe très vite à autre chose, elle a une robe de mariée à terminer.

La relation qui unit la grand-mère et la petite fille est pleine d’amour, de délicatesse et de tendresse. Marie-Lou sent bien que Mamilona lui cache quelque chose d’important. Le jour de son dixième anniversaire, elle est décidée à l’interroger et à obtenir une réponse.

Voilà un album magnifique ! L’écriture poétique de Cécile Roumiguière est un vrai régal. L’histoire est touchante, toute en retenue. J’avoue que je n’avais absolument pas deviné ce fameux secret. Les illustrations de Delphine Jacqot m’ont beaucoup moins touchée mais c’est une question de sensibilité.

L’avis de Moka et celui d‘Enna.

ROUMIGUIERE, Cécile, JACQUOT, Delphine, Le fil de soie, Éditions Thierry Magnier, 2013.

Iris & Lou – Coralie Clément et Gesa Hansen

Ce matin d’automne, Iris s’ennuie dans sa maison. Elle demande à sa maman si elle peut inviter Lou, sa meilleur amie. Les deux fillettes se connaissent depuis l’enfance. Les mamans se mettent d’accord et Iris et Lou, heureuses de se retrouver, se mettent à chanter et à danser. Mais très vite, elles se disputent au sujet d’un déguisement. Iris ne veut pas prêter ses ailes de fées à Lou qui se met à pleurer. Heureusement, elles finissent par trouver un terrain d’entente en partageant les ailes.

« Quand on est amies

Il arrive qu’on ait les mêmes envies

Quand on est amies

On rit pour un non

Pour un oui

Mais il arrive aussi

Qu’on se fâche, qu’on pleure

Puis qu’on se réconcilie

Quand on est amies »

C’est un petit album tout doux que nous proposent Coralie Clément et Gesa Hansen. Le format carré et les pages glacées difficiles à déchirer conviennent parfaitement aux petites mains. Les formes géométriques, l’utilisation de couleurs bien distinctes pour les deux personnages principaux ainsi que les expressions marquées des visages facilitent la lecture des jeunes enfants.

Un CD accompagne l’album et permet d’écouter le livre ainsi que les deux chansons qui se trouvent à l’intérieur. C’est doux, c’est poétique et ça m’a plu autant qu’a ma fille qui est pourtant « une grande » de cinq ans et demi. Cet album n’est donc pas destiné uniquement aux touts petits !

CLÉMENT, Coralie, HANSEN, Gesa, Iris & Lou, naïve Livres, 2014.

La bassine jardin de Célestin – Marie Zimmer et Leïla Brient

Célestin est l’heureux propriétaire d’une bassine grise trouée et rouillée à l’intérieur de laquelle pousse un magnifique jardin composé de trois pommiers et de quelques fleurs. Les voisins, qui possèdent tous de grands jardins bien entretenus mais dans lesquels rien ne pousse, sont envieux.

Un homme riche débarque un jour chez Célestin pour lui proposer un gros chèque en échange de sa bassine jardin. Mais Célestin refuse. Ce petit jardin le rend heureux et il a envie de continuer à discuter avec les plantes et à rêver. Il ne fait pas grand chose pour que le jardin s’épanouisse. C’est en fait le coeur du jardin qui décide.

Un matin, Célestin trouve la bassine jardin vide. Le jardin a décidé d’aller se promener ailleurs. Le jeune homme trouve au fond de la bassine une pomme et quelques pétales de fleurs. Cela lui suffit pour être heureux.

C’est un album plein de douceur et de poésie que nous proposent Marie Zimmer et Leïla Brient. Le texte invite à profiter du moment présent et à chercher le bonheur dans ce que l’on a. Des petites choses toutes simples peuvent suffire pour être heureux, tel est le message véhiculé par cet album. Les illustrations sur doubles pages, en harmonie avec le texte, inspirent le calme et la douceur. Une vraie bouffée d’oxygène !

L’avis d’Enna avec qui j’ai le plaisir de partager cette lecture commune.

ZIMMER, Marie, BRIENT, Leïla, La bassine jardin de Célestin, Naïve, 2014.

Monsieur Pan – Kressmann Taylor et Princesse Camcam

Monsieur Pan a peur de mourir. Tous les matins, au réveil, il pense qu’il va s’évanouir. Un fil de tissu le chatouille : il attend la piqûre de l’araignée ou du scorpion qui s’est glissé sous son pantalon. Quand sa maison craque la nuit, il est persuadé qu’un voleur armé d’un couteau a réussi à s’introduire chez lui. Ses peurs le paralysent tellement qu’elles l’empêchent de vivre.

Le jour où sa soeur meurt et qu’il recueille chez lui ses trois neveux orphelins, sa vie change du tout au tout et ses peurs sont bien vite oubliées.

On connaît Kressmann Taylor pour son célèbre Inconnu à cette adresse mais qui connaît ses autres écrits ? Monsieur Pan est un joli hymne à la vie. Dans ce conte, le héros éponyme change sa façon de voir le monde grâce aux enfants de sa soeur dont il s’occupe avec plaisir et de manière consciencieuse.

Le texte n’est malheureusement pas facile à lire à l’oral en raison des phrases beaucoup trop longues. Les illustrations de Princesse Camcam, elle, nous offrent un beau voyage en Asie. C’est un vrai plaisir à regarder.

Un lecture commune que j’ai le plaisir de partager avec Sophie.

Merci aux Éditions Autrement pour l’envoi de ce livre.

TAYLOR, Kressmann, PRINCESSE CAMCAM, Monsieur Pan, Autrement, 2014

On vole des arbres – Arthur Geisert

La famille Jambonneau, une famille de cochons comprenant les parents et douze enfants, est à la tête d’une exploitation d’arbres et de citrouilles aux États-Unis. La taille des arbres en forme de dindes gigantesques est le rituel de chaque début d’automne. Toute la famille y participe. Mais cette année là, un matin au réveil, les arbres dindes ont disparu. Les Jambonneau n’auront pas d’argent et donc rien à manger cet hiver. C’est la catatastrophe.

Très vite, les soupçons s’orientent sur une personne en particulier. Cependant, il n’y a aucune preuve. Les Jambonneau vont devoir faire preuve d’ingéniosité pour que le coupable soit démasqué.

Ce petit album poilicier est un vrai régal. La famille Jambonneau est une famille pleine d’intelligence qui ne se laisse pas abattre. Le ton est vif, le texte rythmé et plein de rebondissements.

La réédition de ce livre, déjà publié chez Autrement en 2002, a été l’occasion pour ma miss de le découvrir. Elle a tout de suite aimé les petits cochons et les illustrations fines qui fourmillent de détails. Depuis quelques jours, elle ne semble pas s’en lasser. Quand je lui demande ce qui lui a plû dans ce livre, elle me répond : « tout ! ». Que demander de mieux ?

GEISERT, Arthur, On vole des arbres !, Autrement, 2014.

La Princesse tralala : une histoire qui joue avec les voyelles – Magadalena et Gwen Keraval

La princesse tralala s’ennuie dans son château. En attendant de trouver le prince charmant, elle fait des vocalises. Peut être que cela lui permettra de devenir chanteuse d’opéra. A, E, I, O, U !!!!!!!! Dans le bain…

… elle aperçoit un rat. Effrayée, elle se réfugie sur son armoire. Le lendemain, sur son lit, elle murmure : « RA RE RI RO RU ». En cherchant son chat dans les jardins du château, elle crie « CHA CHE CHI CHO CHU ». Et au bord du bassin, la princesse fredonne « LA LE LI LO LU » : cette fois-ci, c’est un lapin qui est venu lui rendre visite.

Chaque jour de la semaine, la princesse tralala croise un animal différent. A cet animal correspond une consomme qui est associée à chacune des cinq voyelles de l’alphabet. Ce procédé permet à l’enfant de découvrir de nombreuses syllabes en s’amusant.

La princesse tralala est une petite fille pétillante. J’ai été charmée par les dessins de Gwen Kerval qui a su faire de l’héroïne de cet album une petite fille pleine de vie, vraiment sympathique.

L’histoire de Magdalena est rythmée et joue sur les sonorités. Mes maigres connaissances en matière d’apprentissage de la lecture ne me permettent pas de dire si ce livre peut apporter un plus aux enfants. Quoi qu’il en soit, l’album est agréable à lire. N’est-ce pas là le plus important ?

Merci au Père Castor pour l’envoi de ce livre.

MAGDALENA, KERAVAL, Gwen, La Princesse tralala : une histoire qui joue avec les voyelles, Père Castor, 2014.

Rouge Bala – Cécile Roumiguière et Justine Brax

Bala vit dans un village d’Inde en compagnie de sa famille. Avec sa grande soeur Lali et son petit frère Tarun, elle passe son enfance à faire la course et à jouer au bord de la rivière en rêvant au prince charmant. C’est le temps de l’insouciance….

Malheureusement, cette époque là est révolue. Lali a eu treize ans et son père lui a choisi un mari. La fête est belle et la mariée magnifique mais Bala a du mal à comprendre pourquoi on lui a arraché sa soeur du jour au lendemain. Fini les jeux. Place à la vie d’épouse soumise à son mari.

Bala, elle, a douze ans et voit bien que ses formes évoluent. Elle a envie de continuer à apprendre à lire et à écrire. Le mariage, ce sera pour plus tard. Va t-elle réussir à aller outre le poids des traditions ?

Cet album est un vrai petit bijou. Le texte de Cécile Roumiguière est tout en finesse. A travers l’héroïne, le jeune lecteur découvre une tradition qui perdure encore aujourd’hui dans certains pays : marier des filles qui sont encore des enfants avec un mari qui leur est imposé. Bala refuse cette tradition sans que cela se fasse dans les larmes ou dans le sang. Le mariage de sa soeur et une mystérieuse rencontre avec une inconnue au bord de la rivière lui font prendre conscience de ce qu’elle désire réellement. Elle n’hésite pas à remettre en cause une coutume qui semble immuable pour aller jusqu’au bout de ce qu’elle veut. Pas de moralisme, de grande tragédie ni de fils blancs dans cette histoire. L’approche est délicate, vraiment réussie.

Les illustrations chatoyantes de Justines Brax emmènent le lecteur dans un pays lointain, l’Inde. Les couleurs sont là, tout comme l’atmosphère. C’est un vrai régal ! La première de couverture est particulièrement réussie je trouve. Ces cheveux noirs, cet oeil pensif plein de détermination et ces délicieuses couleurs vives en arrière plan : j’adore !

Moka, Clarabel, Gaelle et Théoma ont aimé elles aussi.

ROUMIGUIERE, Cécile, BRAX, Justine, Rouge Bala, Milan, 2014.

Mon cahier d’activités créatives – Marie Fordacq et Aki

Les vacances ont commencé il y a quelques jours seulement et, avec ce temps peu clément, nous avons privilégié les activités d’intérieur plutôt que la baignade. Par chance, les éditions Tourbillon m’ont envoyé ce cahier d’activités que ma fille a tout de suite adopté. A l’intérieur, on trouve essentiellement du coloriage, des pliages et des découpages. Voici quelques exemples de ce que nous avons fait :

Des dessins aux couleurs agréables à compléter. Vous remarquerez l’utilisation d’une seule et unique couleur, ce qui n’est absolument pas précisé dans la consigne ! Je crois que je vais bientôt faire une overdose de rose.

Avec ces petites guirlandes d’animaux nous avons fait des bracelets, mais nous aurions aussi pu les utiliser pour décorer un dessin, une vitre ou un mur.

Sur cette double page, il faut, à gauche, compléter la tête du chaton Pacha en lui donnant l’air étonné, en colère ou encore heureux. Des modèles sont proposés à l’enfant sur le côté droit de la page. Voilà de quoi apprendre à dessiner des émotions, ce qui n’est pas forcément évident au premier abord. Sur la page de droite, il faut, pour chaque masque, compléter le seconde partie en inversant les couleurs.

Les pétales de cette jolie fleur, une fois pliés et immergés dans l’eau, sont censés s’ouvrir. Cela n’a pas fonctionné mais je pense que nous avons trop appuyé en pliant les pétales. Ma fille a tout de même voulu sécher la fleur pour la garder. C’est vrai qu’elle est jolie !

Découpage, pliage, collage et voici une petite boîte à trésors !

Des bandes de papier colorées à découper, à enrouler autour d’une petit bâton et à coller : ça donne un collier ou un bracelet de perles.

Les activités proposées sont nombreuses (environ 70) et variées. Ma fille a cinq ans et demi et elle est encore jeune pour les réaliser toute seule. Par contre, elle aime beaucoup ce livre et insiste tous les jours pour qu’on l’utilise. Pour ma part, je ne suis pas trop une adepte de ce genre d’activité mais qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour nos chères têtes blondes ? Heureusement, les activités sont assez simples et les explications à la hauteur. De plus, les illustrations et les couleurs sont agréables à regarder. Bref, ce cahier à tout pour plaire !

FORDACQ, Marie, AKI, Mon cahier d’activités créatives, Tourbillon, 2014.

Le père Castor raconte ses histoires pour rire

Quand on part en vacances avec un dévoreuse de livres comme ma fille, on en a vite marre de mettre des piles d’albums dans la valise. Ce livre est LA solution idéale. A l’intérieur, non pas une mais dix-huit histoires pleines d’humour mettant en scène des animaux ou des enfants.

La couleur de la couverture attire tout de suite l’oeil tout comme les illustrations signées Magali Le Huche, Olivier Tallec, Pierre Caillou, etc. Le relookage de cette collection très ancienne qui n’a plus à faire ses preuves est une réussite.

Chaque histoire fait six ou huit pages, une taille tout à fait adaptée pour la traditionnelle histoire du soir. Voici la liste des titres proposés : Le Monstre de la jungle, Hip hip hip, sorcière !, Petit Ane veut être un loup, Pas bêtes, les poulettes, Pira, le rat pirate, Sauve qui peut !, Loup ne sait pas compter, Le Petit Carnet d’Archibald, Gare à Edgar !, Le Monstre que personne n’a vu, Ma maîtresse est une ogresse !, Vite vite au loup !, Hubert et les haricots verts, Je ne suis pas un lapin !, La Maison toute de travers, Petite sorcière a peur de tout, Chic le Père Noël !, Le plus féroce des Loups !

Parler d’une de ces histoires plutôt qu’une autre me parait difficile car elles sont toutes de qualité. Sachez tout de même qu’elles sont marrantes, pleines de vie et qu’on ne s’ennuie pas une seule instant. 

Le père Castor racontes ses histoires pour rire, Flammarion, 2014.

%d blogueurs aiment cette page :