La relieuse du gué- Anne Delafoltte-Mehdevi

Mathilde a décidé de laisser tomber sa carrière prometteuse de diplomate parisienne pour s’installer comme relieuse dans une petite ville de Dordogne. Cette passion pour la reliure de livres anciens lui vient de son grand-père, décédé il y a quelques temps. C’est lui qui lui a appris le métier. Il lui a aussi transmis tous ses outils.

Un matin de fort vent, très tôt, un homme à la beauté envoûtante frappe à sa porte et lui demande de restaurer un magnifique livre d’aquarelles. Quelques heures plus tard, Mathilde apprend que l’homme s’est fait renverser par une voiture. Sur lui, aucun papier, aucun indice permettant de l’identifier.

 La jeune femme continue pourtant de travailler sur le livre. Dans sa reliure, elle découvre une liste de noms à l’origine inconnue. Elle veut en savoir plus sur cet homme mystérieux et son ouvrage, tout aussi énigmatique.

Un lecture très agréable avec une galerie des personnages secondaires sympathiques. Le boulanger qui vient boire un café à l’atelier de Mathilde et apporte quelque chose à manger tous les matins, le cordonnier qui ne sait travailler qu’avec la musique à fond, l’horloger, la quincaillère, les habitants du moulin… Autant de personnages attachants avec lesquels j’ai passé un agréable moment dans cette petite ville entourée par la fôret. L’amour et la passion de Mathilde pour son métier font plaisir à voir. L’auteur doit elle-même beaucoup aimer la reliure !

Un roman simple et sans prétention qui mérite vraiment dêtre lu.

DELAFLOTTE-MEHDEVI, Anne, La relieuse du gué, Gaïa, 2008.

Alabama Moon où les aventures d’un enfant hors du commun

Moon a dix ans et a été élevé par Pap -son père- au fin fond de la forêt d’Alabama. Il n’a quasiment jamais eu de contacts avec le monde extérieur. Le jour où ce dernier décède, il le transporte jusqu’à une butte et l’enterre lui même. Juste à côté, il y a la tombe de sa mère, morte alors que Moon n’avait que deux ans. Le garçon est donc désormais seul…

Il n’a absolument pas besoin d’un adulte pour subvenir à ses besoins : il sait chasser, utiliser les plantes, se repérer grâce aux étoiles, faire du feu sous la pluie, se fabriquer des vêtements, etc. Avant de mourir, Pap lui a dit de partir pour l’Alaska. Là-bas, il trouvera des gens qui vivent en dehors du système et refusent toute autorité, comme lui. Il lui a aussi dit qu’il serait toujours là et qu’il pourrait « parler » avec lui en lui écrivant des lettres et en les faisant brûler juste après. Sauf que ça n’a pas vraiment l’air de fonctionner, cette technique…

Moon est farouchement déterminé à suivre les instructions de son père même si la solitude lui pèse énormément. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que sa vie d’enfant sauvage n’est pas du tout du goût des autorités… C’est le début d’une longue course-poursuite et d’une quête de liberté…

Un roman à la fois tendre, émouvant et drôle qui se lit d’une traite. Le Club des Cinq, Tom Sawyer, Le livre de la jungle où autres récits de mon enfance ressemblaient un peu à cet Alabama Moon… De l’aventure, du rythme, de l’amitié, de l’authenticité, de l’innocence, du rire : rien ne manque !!!

Moon est un garçon au sens pratique incroyable pour un enfant de son âge. Je me demande si il est vraiment possible de vivre en autarcie en forêt pendant une longue période comme il le fait dans le livre. Par contre, il a tout à apprendre de la vie en société. Son esprit naïf lui joue des tours mais Moon a plus d’une corde à son arc.

A découvrir absolument, dès la sixième cinquième -pour les bons lecteurs que la longueur du texte n’effraie pas- et jusqu’à 77 ans !

KEY, Watt, Alabama Moon, Bayard jeunesse, 2010.

La valse lente des tortues – Katherine Pancol

Grâce au succès de son livre, Joséphine n’a plus de problèmes d’argent et a acheté un appartement dans le XVIème arrondissement de Paris. Toujours aussi modeste et sympathique, elle n’a pas changé grand chose à son mode de vie. Sa fille aînée, Hortense, vit à Londres et tente de réussir dans le milieu de la mode. Zoé, la cadette, oscille entre enfance et adolescence. Iris, la sœur de Jo’, n’a rien perdu de son caractère détestable et en fait voir de toutes les couleurs à son entourage. Philippe ne l’aime plus et souhaite divorcer. Il prend conscience des années perdues et tombe sous le charme de Jo’. Antoine, le père d’Hortense et Zoé, envoie des cartes postales à ses filles alors qu’il est déclaré mort dévoré par des crocodiles. Bref, tous les personnages de Les yeux jaunes des crocodiles sont de nouveau là. Mais un invité surprise débarque dans La valse lente des tortues : un tueur en série !

Plus de 600 pages, quelques imperfections, invraisemblances ou exagérations mais surtout des personnages terriblement humains auxquels le lecteur peut s’identifier facilement. On passe du rire aux larmes en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et ça fait vraiment du bien. Cette Joséphine, quelle femme extraordinaire ! Une vraie battante qui s’ignore et qui n’hésite pas à laisser la place nécessaire à ses doutes et à ses interrogations.

La suite est sortie il y a quelques temps déjà et je ne manquerai pas de la lire même si les critiques n’ont pas toujours été très élogieuses !

Extraits :
« -Vous avez inventé cette histoire pour me rassurer ?
-Mais non ! C’est dans les romans de
 La Table ronde.
-C’est bien d’être savante. Moi, je ne suis pas allée loin dans mes études.
-Mais vous avez appris la vie. Et c’est plus utile que n’importe quel diplôme !
 » p.177

« On ne guérit pas d’avoir une mère qui ne vous aime pas. ça creuse un grand trou dans le cœur et il en faut de l’amour pour le remplir ! On n’en a jamais assez, on doute toujours de soi, on se dit qu’on n’est pas aimable, qu’on en vaut pas tripette. » p.666

PANCOL, Katherine, La valse lente des tortues, Albin Michel, 2008.

Papel & Courtepattes – Céline Sorin

Papel n’est pas un petit prince comme les autres : il n’aime pas la chasse, déteste se battre et a toujours les yeux gonflés et le nez qui coule à cause des allergies. Quand il doit revêtir sa tenue de chevalier et prendre son épée pour aller s’entraîner, c’est un véritable calvaire. Il essaie quand même de faire de son mieux pour plaire à sa mère et ne pas faire honte à son père, le roi. Celui-ci est d’ailleurs souvent absent car il passe son temps à faire la guerre.

Le jour de ses onze ans, on offre un cheval à Papel. Il doit choisir parmi les six présents devant lui mais celui qui l’intéresse est un minuscule poney, que le vendeur qualifie de bourrique juste bonne à porter des paniers et qui, en plus, mord. Mais Papel insiste et obtient finalement ce cheval qui s’appelle Courtepattes. A l’entraînement, tout le monde se moque de Papel et de son nouvel ami mais le petit prince ne se sent plus seul et devient progressivement très courageux. Et puis, Courtepattes a une arme redoutable : son haleine ! Elle fait fuir tout le monde à tel point que Papel réussit grâce à lui à délivrer son père, prisonnier au château de Mandragore.

Un joli album plein d’humour et de tendresse. Une histoire simple et réconfortante qui devrait plaire aux jeunes lecteur à partir du CP. Attention tout de même, il y a beaucoup de texte. Ce n’est donc pas un livre que les plus jeunes pourront lire seuls. Au niveau de l’interprétation, il y a pas mal de choses à tirer de cet album : la difficulté d’assumer sa différence, le rôle de l’amitié, l’importance du regard des parents, l’arrivée progressive de la maturité et du courage, les relations parents-enfants, etc. Les illustrations sont à l’image du texte : belles, douces et agréables. A découvrir donc !

SORIN, Céline, Papel & Courtepattes, L’école des loisirs, 2009.

Poil au nez – Cécile Chartre

Ce 31 décembre 2009 est un jour spécial pour Angel. Il a rendez-vous ce soir à 0h00 minute avec une boîte en carton que son père lui a donné il y a dix ans, juste avant de mourir. Depuis, le jeune homme se demande ce qu’il peut bien y avoir dedans. Ce jour tant attendu, il ne veut le manquer pour rien au monde. Alors, quand tous ses copains débarquent chez lui les bras pleins de cotillons et de nourriture pour fêter la nouvelle année, Angel n’est pas du tout content. Il fait un gros effort pour ne pas vexer ses amis et pour faire bonne figure devant la jolie Prune. Il essaie même de la faire rire puisque le précepte n°1 de la séduction selon son père était : « Femme qui rit est à moitié dans ton lit. » (p.17).

Avec Talent, Angel décrit ce qu’il ressent, parle de son père, des souvenirs qu’il lui reste, de l’amour entre ses parents, de ses relations avec ses copains et de ses sentiments pour Prune.

Un joli roman sur le deuil, l’amitié et l’amour. 96 pages que j’ai lues d’une traite et que j’ai refermées avec la larme à l’œil.

D’autres avis très enthousiastes ici, et .

CHARTRE, Cécile, Poil au nez, Rouergue, 2010.

« Celle que je voudrais être » de Vanyda

Rien de mieux après ma dernière lecture plutôt terrifiante (voir billet de jeudi dernier) que de passer une soirée en compagnie de Valentine et ses amis. Cette fois-ci, la joyeuse bande est au lycée et se retrouve un peu éparpillée dans les diverses classes. Valentine partage sa passion pour les mangas avec d’autres élèves. Elle fait même partie d’un club de passionnés  qui va jusqu’à créer un fanzine. Elle est toujours timide mais affirme quand même de plus en plus sa personnalité. Elle rencontre de nouvelles personnes et lie de nouvelles amitiés. Son père est absent mais on ne sait toujours pas pourquoi. Réponse sans doute dans le prochain tome… Quand aux histoire d’amour, c’est pas toujours simple !

Vous l’aurez sans doute deviné, Valentine est un personnage que j’aime beaucoup, tant du point de vue de sa personnalité que de son look. Sans doute parce que je retourne quelques années en arrière grâce à elle…

VANYDA, Celle que je voudrais être, Dargaud, 2010

« Aya de Yopougon  » Tome 5

Ce que c’est agréable de retrouver Aya et les habitants de Yopougon après quelques mois d’attente !
Félicité a été kidnappée par son père biologique qui la soupçonne d’être riche. Aya, qui la considère comme sa sœur, veut absolument la retrouver.
Gervais présente sa femme à sa mère soit disant malade. Moi, je dirais plutôt que c’est une vieille garce qui en fait voir de toutes les couleurs à son entourage.
Mamadou veut reconquérir Adjoua mais ça ne l’empêche pas d’avoir une maîtresse.
Innocent a toujours un peu de mal à s’adapter aux habitudes de la vie parisienne.
Les Sissoko partent sur les traces de leurs fils, Moussa, dans la brousse.
Vous le voyez, tous les personnages des quatre premiers tomes sont là et il leur arrive toujours de nouvelles aventures ou de nouvelles histoires, un peu comme dans la vie quoi ! Et visiblement, si on en croit la fin du tome 5, il va y avoir un tome 6 : génial , c’est encore un moment agréable , de nouvelles expressions ivoiriennes et du rire en perspective !

ABOUET, Marguerite, OURBERIE, Clément, Aya de Yopougon 5, Gallimard, 2009.

« Celle que je ne suis pas » de Vanyda

Valentine est une jeune fille un peu timide. Au collège, elle passe beaucoup de temps à discuter avec ses copines. Comme beaucoup d’adolescents, elle accorde énormément d’importance à l’amitié. Elle participe à ses premières soirées -et accepte de boire de l’alcool, pour faire comme tout le monde-, sèche les cours pour aller discuter avec des garçons dans un parc, aime secrètement Félix mais sort avec un autre, etc. Valentine aime aussi lire des mangas et faire du sport. Bref, c’est une ados comme on en connaît tous, qui se cherche et a du mal à se trouver mais qui respire la santé et la vitalité !

Voilà une petite BD bien sympa qui commence à se faire une bonne réputation et c’est tant mieux ! Je me suis reconnue un peu à travers le personnage de Valentine -un personnage que j’aime beaucoup- mais surtout, j’ai reconnu bon nombre d’élèves que je croise tous les jours. Quant au dessin -en noir et blanc-, je ne suis absolument pas spécialiste alors je me garderais bien de tout commentaire. Je tiens juste à dire que je l’ai apprécié.

Il y a deux autres tomes, Celle que je voudrais être et Celle que je suis, qui se passent au lycée puisque à la fin de Celle que je ne suis pas Valentine entre en Seconde et se retrouve séparée de toutes ses copines. J’espère que je vais les trouver à la médiathèque !

VANYDA, Celle que je ne suis pas, Dargaud, 2008.

« Notre petite vie cernée de rêves » de Barbara Wersba

Albert Scully est un adolescent un peu à part, pas tout à fait comme les autres. Au lycée, il n’a pas de copains et ses résultats scolaires sont catastrophiques car les cours ne l’intéressent pas. Chez lui, l’ambiance est insupportable : sa mère qui rêve d’être célèbre et d’avoir beaucoup d’argent fait vivre un véritable enfer à toute la famille et son père boit. Pas simple de construire sa personnalité et de se sentir bien dans sa peau dans ce contexte !

Un jour, Albert rencontre Mme Woodfin, une vieille voisine qui vit dans une maison complètement délabrée et sale. Une véritable amitié va se nouer entre ces deux-là. Ils se voient  quotidiennement et discutent de la vie, de théâtre, de littérature, etc. Petit à petit, Albert trouve auprès de Mme Woodfin le soutien qu’il n’a pas obtenu ailleurs et commence à comprendre comment accepter sa différence.

 

Édité en 2008 chez Thierry Magnier, Notre petite vie cernée de rêves a été écrit il y a un peu plus de 40 ans mais on ne dirait pas : cette histoire pourrait tout à fait se dérouler de nos jours. Une amitié entre un jeune et une vieille dame, c’est tout à fait atypique mais intemporel. Et puis, il semble qu’être adolescent et construire sa personnalité soit aussi difficile de nos jours qu’en 1968…

En tous cas, j’ai passé un chouette moment avec ce roman. Cette vieille femme qui vit dans la crasse et la misère en compagnie de tonne de livres a finalement beaucoup de choses à apprendre aux autres sur la vie. Elle m’a fait penser à une grand-mère bienveillante qui soutient moralement ses petits enfants avec beaucoup de tact et d’intelligence.

« Mais chaque fois que je découvre un passage qui me plaît dans un livre, je le tape à la machine à écrire et je le colle sur le mur au-dessus de mon bureau. Je dois avoir un millier de citations et ça me fait du bien, en levant les yeux, de tomber sur une idée brillante formulée par un auteur, il y a longtemps. » p. 13-14

Moi aussi, ça me fait du bien…

WERSBA, Barbara, Notre petite vie cernée de rêves, Thierry Magnier, 2008.

« Reine du fleuve » d’Eva Ibbotson

Maia, orpheline depuis peu, vit dans un pensionnat à Londres. Le jour où elle apprend que de lointains parents installés au Brésil sont d’accord pour l’adopter, elle accueille la nouvelle avec joie. Découvrir un pays si merveilleux, plein de plantes et d’animaux inconnus, c’est un véritable rêve pour la jeune fille qui traverse une période difficile.

Mais arrivée sur place, elle déchante très vite : ses cousines ,les jumelles ,sont de véritables pestes, sa tante passe ses journées à faire la chasse aux insectes avec l’aide de divers produits, son oncle collectionne les yeux et la nourriture est infecte car la famille refuse de manger local et importe tout d’Angleterre. En plus, Maia n’a pas le droit de sortir : l’extérieur c’est trop dangereux ! Avec les méchants indiens, on ne sait pas ce qui pourrait lui arriver ! Comble de l’horreur, la jeune fille finit par se rendre compte que son oncle et sa tante, endettés jusqu’au cou, sont uniquement intéressés par son argent.

Heureusement, Maia a quelques amis : Mlle Minton, la gouvernante de la famille arrivée en même temps qu’elle au Brésil, Clovis, un jeune acteur rencontré sur le bateau et Finn, un jeune indien qui connaît très bien le fleuve Amazone. Petit à petit, cette nouvelle vie si ennuyeuse va se transformer en une véritable aventure au cœur de la jungle.

 

Maia, est une jeune fille très curieuse du monde et des personnes qui l’entourent. Elle s’intéresse à tout et veut connaître les indiens qui vivent autour d’elle et que sa famille méprise avec tant de force. Dommage qu’elle soit parfois si naïve vis à vis des siens ! Heureusement Mlle Minton, gouvernante à la personnalité assez énigmatique, est là pour veiller sur elle.

Quelques petits « défauts » tout de même dans ce roman : les personnages sont assez caricaturaux, l’opposition entre le bien et le mal est  tellement franche qu’on a du mal à y croire et le dénouement est un peu trop moralisateur à mon goût. Les méchants sont sévèrement punis et les gentils récompensés : c’est trop beau pour être vrai !

Si on met de côté tout ça, c’est tout de même une histoire bien dépaysante qui entraîne le lecteur au cœur de la forêt amazonienne !

Merci à Faelys qui m’a offert ce livre dans la cadre du dernier swap auquel j’ai participé.

IBBOTSON, Eva, Reine du fleuve, Le livre de poche jeunesse, 2008.

%d blogueurs aiment cette page :