Poil au nez – Cécile Chartre

Ce 31 décembre 2009 est un jour spécial pour Angel. Il a rendez-vous ce soir à 0h00 minute avec une boîte en carton que son père lui a donné il y a dix ans, juste avant de mourir. Depuis, le jeune homme se demande ce qu’il peut bien y avoir dedans. Ce jour tant attendu, il ne veut le manquer pour rien au monde. Alors, quand tous ses copains débarquent chez lui les bras pleins de cotillons et de nourriture pour fêter la nouvelle année, Angel n’est pas du tout content. Il fait un gros effort pour ne pas vexer ses amis et pour faire bonne figure devant la jolie Prune. Il essaie même de la faire rire puisque le précepte n°1 de la séduction selon son père était : « Femme qui rit est à moitié dans ton lit. » (p.17).

Avec Talent, Angel décrit ce qu’il ressent, parle de son père, des souvenirs qu’il lui reste, de l’amour entre ses parents, de ses relations avec ses copains et de ses sentiments pour Prune.

Un joli roman sur le deuil, l’amitié et l’amour. 96 pages que j’ai lues d’une traite et que j’ai refermées avec la larme à l’œil.

D’autres avis très enthousiastes ici, et .

CHARTRE, Cécile, Poil au nez, Rouergue, 2010.

« Celle que je voudrais être » de Vanyda

Rien de mieux après ma dernière lecture plutôt terrifiante (voir billet de jeudi dernier) que de passer une soirée en compagnie de Valentine et ses amis. Cette fois-ci, la joyeuse bande est au lycée et se retrouve un peu éparpillée dans les diverses classes. Valentine partage sa passion pour les mangas avec d’autres élèves. Elle fait même partie d’un club de passionnés  qui va jusqu’à créer un fanzine. Elle est toujours timide mais affirme quand même de plus en plus sa personnalité. Elle rencontre de nouvelles personnes et lie de nouvelles amitiés. Son père est absent mais on ne sait toujours pas pourquoi. Réponse sans doute dans le prochain tome… Quand aux histoire d’amour, c’est pas toujours simple !

Vous l’aurez sans doute deviné, Valentine est un personnage que j’aime beaucoup, tant du point de vue de sa personnalité que de son look. Sans doute parce que je retourne quelques années en arrière grâce à elle…

VANYDA, Celle que je voudrais être, Dargaud, 2010

« Aya de Yopougon  » Tome 5

Ce que c’est agréable de retrouver Aya et les habitants de Yopougon après quelques mois d’attente !
Félicité a été kidnappée par son père biologique qui la soupçonne d’être riche. Aya, qui la considère comme sa sœur, veut absolument la retrouver.
Gervais présente sa femme à sa mère soit disant malade. Moi, je dirais plutôt que c’est une vieille garce qui en fait voir de toutes les couleurs à son entourage.
Mamadou veut reconquérir Adjoua mais ça ne l’empêche pas d’avoir une maîtresse.
Innocent a toujours un peu de mal à s’adapter aux habitudes de la vie parisienne.
Les Sissoko partent sur les traces de leurs fils, Moussa, dans la brousse.
Vous le voyez, tous les personnages des quatre premiers tomes sont là et il leur arrive toujours de nouvelles aventures ou de nouvelles histoires, un peu comme dans la vie quoi ! Et visiblement, si on en croit la fin du tome 5, il va y avoir un tome 6 : génial , c’est encore un moment agréable , de nouvelles expressions ivoiriennes et du rire en perspective !

ABOUET, Marguerite, OURBERIE, Clément, Aya de Yopougon 5, Gallimard, 2009.

« Celle que je ne suis pas » de Vanyda

Valentine est une jeune fille un peu timide. Au collège, elle passe beaucoup de temps à discuter avec ses copines. Comme beaucoup d’adolescents, elle accorde énormément d’importance à l’amitié. Elle participe à ses premières soirées -et accepte de boire de l’alcool, pour faire comme tout le monde-, sèche les cours pour aller discuter avec des garçons dans un parc, aime secrètement Félix mais sort avec un autre, etc. Valentine aime aussi lire des mangas et faire du sport. Bref, c’est une ados comme on en connaît tous, qui se cherche et a du mal à se trouver mais qui respire la santé et la vitalité !

Voilà une petite BD bien sympa qui commence à se faire une bonne réputation et c’est tant mieux ! Je me suis reconnue un peu à travers le personnage de Valentine -un personnage que j’aime beaucoup- mais surtout, j’ai reconnu bon nombre d’élèves que je croise tous les jours. Quant au dessin -en noir et blanc-, je ne suis absolument pas spécialiste alors je me garderais bien de tout commentaire. Je tiens juste à dire que je l’ai apprécié.

Il y a deux autres tomes, Celle que je voudrais être et Celle que je suis, qui se passent au lycée puisque à la fin de Celle que je ne suis pas Valentine entre en Seconde et se retrouve séparée de toutes ses copines. J’espère que je vais les trouver à la médiathèque !

VANYDA, Celle que je ne suis pas, Dargaud, 2008.

« Notre petite vie cernée de rêves » de Barbara Wersba

Albert Scully est un adolescent un peu à part, pas tout à fait comme les autres. Au lycée, il n’a pas de copains et ses résultats scolaires sont catastrophiques car les cours ne l’intéressent pas. Chez lui, l’ambiance est insupportable : sa mère qui rêve d’être célèbre et d’avoir beaucoup d’argent fait vivre un véritable enfer à toute la famille et son père boit. Pas simple de construire sa personnalité et de se sentir bien dans sa peau dans ce contexte !

Un jour, Albert rencontre Mme Woodfin, une vieille voisine qui vit dans une maison complètement délabrée et sale. Une véritable amitié va se nouer entre ces deux-là. Ils se voient  quotidiennement et discutent de la vie, de théâtre, de littérature, etc. Petit à petit, Albert trouve auprès de Mme Woodfin le soutien qu’il n’a pas obtenu ailleurs et commence à comprendre comment accepter sa différence.

 

Édité en 2008 chez Thierry Magnier, Notre petite vie cernée de rêves a été écrit il y a un peu plus de 40 ans mais on ne dirait pas : cette histoire pourrait tout à fait se dérouler de nos jours. Une amitié entre un jeune et une vieille dame, c’est tout à fait atypique mais intemporel. Et puis, il semble qu’être adolescent et construire sa personnalité soit aussi difficile de nos jours qu’en 1968…

En tous cas, j’ai passé un chouette moment avec ce roman. Cette vieille femme qui vit dans la crasse et la misère en compagnie de tonne de livres a finalement beaucoup de choses à apprendre aux autres sur la vie. Elle m’a fait penser à une grand-mère bienveillante qui soutient moralement ses petits enfants avec beaucoup de tact et d’intelligence.

« Mais chaque fois que je découvre un passage qui me plaît dans un livre, je le tape à la machine à écrire et je le colle sur le mur au-dessus de mon bureau. Je dois avoir un millier de citations et ça me fait du bien, en levant les yeux, de tomber sur une idée brillante formulée par un auteur, il y a longtemps. » p. 13-14

Moi aussi, ça me fait du bien…

WERSBA, Barbara, Notre petite vie cernée de rêves, Thierry Magnier, 2008.

« Reine du fleuve » d’Eva Ibbotson

Maia, orpheline depuis peu, vit dans un pensionnat à Londres. Le jour où elle apprend que de lointains parents installés au Brésil sont d’accord pour l’adopter, elle accueille la nouvelle avec joie. Découvrir un pays si merveilleux, plein de plantes et d’animaux inconnus, c’est un véritable rêve pour la jeune fille qui traverse une période difficile.

Mais arrivée sur place, elle déchante très vite : ses cousines ,les jumelles ,sont de véritables pestes, sa tante passe ses journées à faire la chasse aux insectes avec l’aide de divers produits, son oncle collectionne les yeux et la nourriture est infecte car la famille refuse de manger local et importe tout d’Angleterre. En plus, Maia n’a pas le droit de sortir : l’extérieur c’est trop dangereux ! Avec les méchants indiens, on ne sait pas ce qui pourrait lui arriver ! Comble de l’horreur, la jeune fille finit par se rendre compte que son oncle et sa tante, endettés jusqu’au cou, sont uniquement intéressés par son argent.

Heureusement, Maia a quelques amis : Mlle Minton, la gouvernante de la famille arrivée en même temps qu’elle au Brésil, Clovis, un jeune acteur rencontré sur le bateau et Finn, un jeune indien qui connaît très bien le fleuve Amazone. Petit à petit, cette nouvelle vie si ennuyeuse va se transformer en une véritable aventure au cœur de la jungle.

 

Maia, est une jeune fille très curieuse du monde et des personnes qui l’entourent. Elle s’intéresse à tout et veut connaître les indiens qui vivent autour d’elle et que sa famille méprise avec tant de force. Dommage qu’elle soit parfois si naïve vis à vis des siens ! Heureusement Mlle Minton, gouvernante à la personnalité assez énigmatique, est là pour veiller sur elle.

Quelques petits « défauts » tout de même dans ce roman : les personnages sont assez caricaturaux, l’opposition entre le bien et le mal est  tellement franche qu’on a du mal à y croire et le dénouement est un peu trop moralisateur à mon goût. Les méchants sont sévèrement punis et les gentils récompensés : c’est trop beau pour être vrai !

Si on met de côté tout ça, c’est tout de même une histoire bien dépaysante qui entraîne le lecteur au cœur de la forêt amazonienne !

Merci à Faelys qui m’a offert ce livre dans la cadre du dernier swap auquel j’ai participé.

IBBOTSON, Eva, Reine du fleuve, Le livre de poche jeunesse, 2008.

Encore un très bon Jean-Philippe Blondel

Alex vit seul avec sa mère dans un appartement de 40m2 où il étouffe, non seulement parce que c’est petit mais aussi parce que, comme beaucoup d’ados, ses rapports avec sa mère sont tendus. Son père est parti sans laisser d’adresse alors qu’il était encore bébé et la vie n’est pas  facile tous les jours avec un salaire d’aide-soignante pour nourrir et loger deux personnes.

Le pote d’Alex, Christian, est l’enfant unique d’une famille de bourgeois. Si l’argent n’est pas un problème pour lui, sa vie n’est pas plus heureuse pour autant. Son père est un homme égoïste qui passe son temps en déplacement pour le travail et sa mère est dépressive et alcoolique.

Mais de leur vie privée, les garçons n’en parlent jamais. Ils préfèrent passer leur temps à jouer au basket et à s’intéresser aux filles.

Après deux semaines de vacances, les jours passent et Christian ne met plus les pieds au lycée, ne répond pas au téléphone, ne donne aucunes nouvelles, etc. Alex s’inquiète et finit par se confier à sa mère qui va l’inciter à réagir. A partir de ce moment là, les deux garçons vont devenir de vrais amis – et plus de simples potes de lycée. Alex va aussi découvrir un peu plus sa mère. Au début du roman, il ne voit que ses défauts. Finalement, il va la qualifier de femme bien et chiante à la fois. Et au fond de lui, il le sait, c’est le côté « femme bien » qui l’emporte.

Jean-Philippe Blondel est devenu un de mes auteurs favoris depuis que je fréquente la blogosphère. Pourquoi? Sans dote parce que ses textes me parlent… et Au rebond ne fait pas exception. Il y a longtemps que je n’avais pas écrit autant de citations pour un même livre dans mon carnet… Alors, même si le sujet est banal -une vraie amitié qui se forme grâce à de grosses difficultés surmontées en commun- je ne peux que vous conseiller de dévorer ce livre !

Gawou et Clarabel ont beaucoup aimé ce livre également.

BLONDEL, Jean-Philippe, Au rebond, Actes Sud Junior, 2009.

Les cerfs-volants de Kaboul en DVD

Il y a très peu de temps, je lisais le livre  et hier, je suis tombée par hasard sur le DVD au vidéo club. Bien entendu, je me suis précipitée dessus comme une pooooooooovre folle ! C’était un peu la honte mais j’étais tellement contente de le trouver !

Forcément, je connaissais l’histoire donc plus de suspens… Mais j’ai quand même aimé ! Le film est assez fidèle au roman même si la dernière partie, lors du retour d’Amir à Kaboul, est traitée un peu trop rapidement à mon goût. J’aurais aimé que le contexte historique soit un peu plus exploité. Et puis, même si le cinéma c’est bien, je préfèrerai TOUJOURS les livres.

A voir donc, pour ceux qui ne connaissent pas le roman ou qui l’ont lu il y a déjà un petit peu de temps.

L’avis de Dasola.

« Les cerfs-volants de Kaboul »

Est-il encore nécessaire de présenter ce livre qui a fait l’unanimité ou presque à sa sortie mais aussi lors de son adaptation au cinéma ? Deux ou trois mots quand même pour celles et ceux, rares sans doute, qui seraient passés à côté.

Dans les années 70, Amir, fils d’un pachtoun respecté et admiré de tous, passe son enfance à Kaboul en compagnie d’Hassan, son serviteur d’origine chiite.Tous les deux orphelins de mère, ils partagent leurs jeux et notamment leur passion pour les cerfs-volants. Oui mais voilà, la différence de condition sociale fait qu’Hassan est complètement dévoué à Amir qui, lui, profite parfois de sa position de supériorité. Cela ne les empêche pas de s’aimer quand même jusqu’au jour où Amir commet une faute qu’il ne pourra jamais se pardonner.

Si je devais qualifier ce roman d’un seul mot, ce serait captivant. Du début à la fin, il m’a passionnée. L’amitié, la culpabilité et la rédemption sont les thèmes centraux de ce livre difficile à résumer tellement il s’y passe de choses. Mais à travers l’enfance de deux jeunes garçons, Khaled Hosseini raconte aussi et surtout l’histoire de l’Afghanistan et de son peuple. En tant qu’occidentaux, notre regard est souvent faussé par ce qu’on entend ou voit dans les médias et je trouve que Les cerfs-volants de Kaboul a la mérite de remettre en place un certain nombre de vérités que l’on a tendance à trop vite oublier. Pour tout dire, c’est cet aspect historique et culturel qui m’a plu le plus.

Maintenant, j’ai hâte que le DVD sorte car j’ai manqué la sortie du film au cinéma !

Lire l’avis d’Anne, de Florinette, de Clochette et de Sylire.

Du même auteur, j’ai adoré également Mille soleils splendides.

HOSSEINI, Khaled, Les cerfs-volants de kaboul, 10/18, 2006.

Et un Morpurgo de plus !

Quatrième de couverture :

« Le 10 septembre 1987, Michael embarque avec ses parents et leur
chienne, Stella, sur un voilier pour faire le tour du monde. Ils
s’arrêtent, parfois, pour de fabuleuses escales, Afrique, Amérique,
Australie, jusqu’au jour où survient un terrible accident. Le jeune
garçon se retrouve échoué, avec sa chienne, sur une île déserte perdue
au milieu du Pacifique. Va-t-il pouvoir survivre, affamé, menacé par
toutes sortes de dangers ? Reverra-t-il jamais ses parents ?

Un
matin, alors que l’épuisement le gagne, Michael trouve auprès de lui un
peu de nourriture et d’eau douce. Il n’est pas seul…
« 

                                     

Le royaume de Kensuké est un roman qui s’inspire de l’histoire de Robinson Crusoé. C’est un beau récit d’aventure dans lequel Michael, le héros, ne cède pas à la panique et au désespoir même s’il a ses moments de faiblesse et se demande bien s’il va pouvoir revoir un jour ses parents. C’est aussi une belle leçon sur l’amitié et le respect de l’autre mais je ne vous en dis pas plus à ce sujet sinon, je vais révéler toute l’histoire…

Comme souvent avec Michael Morpurgo, on se distraie, on est pris par l’intrigue, mais il y a aussi une dimension réflexive importante. C’est un roman qui, à mon avis, peut plaire à bon nombre de collégiens.

Lire l’avis de Clochette et d’Emmyne.

MORPURGO, Mickael, Le royaume de Kensuké, Gallimard jeunesse, 2001.

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