La page blanche – Boulet et Bagieu

Une jeune femme se retrouve seule sur un banc, au beau milieu de Paris. Elle ne sait plus comment elle s’appelle ni où elle habite. C’est l’amnésie totale. Heureusement, elle retrouve son sac à main à côté d’elle. A l’intérieur, une carte d’identité, une adresse et quelques effets personnels. Petit à petit, elle tente de retrouver son passé.

Éloise -puisque c’est ainsi qu’elle se prénomme d’après ses papiers- découvre par exemple qu’elle est libraire dans une grande enseigne et a à peu près les mêmes goûts que tout le monde. C’est d’ailleurs au travail qu’elle se confie à Sonia, une collègue, et avoue son problème. Cette collègue, dont elle n’était absolument pas proche auparavant, l’aide comme elle peut.

Éloise mène alors une véritable quête d’identité. Son amnésie est en fait un prétexte à une réflexion plus profonde sur qui elle était, qui elle est et qui elle voudrait être.

Retrouver les dessins de Pénélope Bagieu, c’est toujours un vrai bonheur ! Les tranches de vie se succèdent avec des petits détails très bien trouvés. Les couleurs sont vives. Le rythme dynamique. Bref, c’est plein de fraîcheur !

Quant au scénario de Boulet, il manque un peu de profondeur mais se révèle néanmoins efficace. L’humour est omnipésent, notamment dans les scènes où Éloïse laisse son imagination déborder au sujet de son passé ou de ce qui va lui arriver dans les secondes qui suivent.

La culture de masse n’est pas épargnée dans cette bande dessinée. A force de lire tous les mêmes choses, d’écouter ou de regarder les mêmes artistes ou les mêmes films, on perd son identité et on ne sait plus qui on est vraiment. La page blanche est donc peut être une solution pour repartir à zéro, sur de nouvelles bases, plus saines et plus solides.

Les avis d’Antigone, de Moka et de l’Irrégulière.

BOULET, BAGIEU, Pénélope, La page blanche, Delcourt, 2012.

« La vie d’une autre » de Frédérique Deghelt

Jeudi 12 mai 2000 : Marie se réveille et découvre qu’elle a un mari et trois enfants. Pourtant, elle croit être encore 1988, au lendemain de sa rencontre avec Pablo. Que s’est-il passé pendant ces douze années ? C’est la mystère le plus total. Pourtant, Marie décide de garder le silence et de faire comme si… Elle vit donc aux côtés d’un parfait inconnu, ou presque, et le regarde avec un œil nouveau, un œil de jeune amoureuse. Quant à ses enfants, elle improvise comme elle peut dans son rôle de maman.

Marie profite de ses moments de solitude -assez fréquents puisque, apparemment, elle ne travaille plus- pour fouiller dans l’appartement familial à la recherche d’indices, interroger certaines rares personnes de son entourage à qui elle pense pouvoir faire confiance et tenter par tous les moyens de retrouver quelques souvenirs de la naissance de ses enfants, de son mariage, de son travail, etc. Elle aimerait bien comprendre aussi pourquoi elle est devenue amnésique. Puisqu’elle n’a subi aucun choc physique ou psychologique, elle a dû décider elle-même d’oublier son passé. Mais pour quelle raison ?

Un roman dévoré en un week-end… Le rythme, l’écriture, la fragilité de Marie, ses interrogations sur la vie de couple, les enfants, le temps qui passe et ce qu’on devient : pour toutes ces raisons, j’ai aimé La vie d’une autre.   

Et puis, je voulais ABSOLUMENT comprendre ce qui avait bien pu se passer dans le vie de Marie. Je ne dirai pas comme Anne que le dénouement m’a déçue. J’ai simplement du mal à comprendre comment on peut faire un tel choix. Je n’aurais jamais pu faire le même, je crois…

Pas un coup de cœur, mais presque !

Les autres blogueurs qui en parlent ici.

DEGHELT, Frédérique, La vie d’une autre, Actes Sud, Babel, 2008.

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