Carnets de steppes : A cheval à travers l’Asie centrale – Sylvain Tesson et Priscilla Telmon

Qui s’intéresse à l’Asie centrale parmi mes lecteurs ? Une, deux personnes ? En tous cas, ce n’est pas en présentant un livre sur cette région du monde que je vais faire exploser les statistiques de fréquentation de ce blog !

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Sables noirs : 20 semaines au Turkménistan – Troubs

sables noirs 20 semaines au Turkménistan Troubs

Avant mon voyage en Asie centrale, je crois que j’aurais été bien incapable de situer le Turkménistan sur une carte. Depuis, je m’intéresse à toutes ces anciennes républiques soviétiques qui ont acquis leur indépendance dans les années 1990. Cette BD me tendait les mains sur une table de présentation à la médiathèque. Impossible de ne pas l’emprunter.

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Yeruldelgger – Ian Manook – Lu par Martin Spinhayer

Au coeur des steppes mongoles, des nomades découvrent le corps enfoui d’une enfant. A ses côtés, un petit tricycle rouge. L’inspecteur Yeruldelgger est chargé de mener l’enquête. Il a lui même perdu sa petite Kushi il y a cinq ans alors forcément, cette macabre découverte lui rappelle de mauvais souvenirs. Sa fille a été enlevée et assassinée pour l’empêcher de mener à bien une enquête sur la corruption liée à l’achat de terres. Yeruldelgger veut absolument découvrir les meurtriers de la fillette et promet aux nomades de respecter les traditions et de prendre soin de son âme.

Parallèlement à cette affaire, le héros éponyme enquête également sur l’assassinat de trois chinois à Oulan-Bator. Les corps ont été émasculés et les représentants de la Chine dans la capitale de la Mongolie sont hors d’eux. Ils veulent trouver les coupables eux-mêmes. Yeruldelgger n’est pas du tout de cet avis.

L’inspecteur n’est pas aimé de tous, loin de là. Jusqu’à la mort de Kushi, c’était un des meilleurs flics. Depuis, c’est un homme brisé qui n’en fait qu’à sa tête et qui n’a plus rien à perdre. Sa femme s’est murée dans le silence et il ne vit plus avec. Son autre fille fait n’importe quoi de sa vie.

Les pétages de plomb et la violence de Yeruldelgger lui valent beaucoup d’ennuis. Sa franchise aussi. En effet, c’est une personne intègre, ce qui n’est pas le cas de tous ses collègues d’Oulan-Bator. Il est respectueux des traditions mongoles et refuse que la Mongolie cède à la facilité en abandonnant le pays aux chinois ou aux coréens. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié les scènes ou l’on découvre le mode de vie et les coutumes des nomades. La portée critique, en filigrane, est très intéressante.

Avec Oyun, son assistante, Solongo, la médecin légiste et Gantulga, un gamin des rues effronté, Yeruldelgger tente de mener à bien ses enquêtes et de trouver le lien qui les unit. Les embûches sont nombreuses sur son chemin mais l’homme n’a pas froid aux yeux.

Les personnages qui accompagnent l’inspecteur ont tous des personnalités bien marquées. Oyun est une flic dévouée qui a grandi dans les steppes. Elle est prête à risquer sa vie pour lui. Solongo est quelqu’un de très compétent dans son travail. Elle est aussi la gardienne des traditions dont certaines se rapprochent parfois du chamanisme. Gantulga est un gamin débrouillard qui apporte une touche de fraîcheur au roman.

J’ai dévoré cette version audio qui dure un peu plus de 15h30 en moins d’une semaine. La voix de Martin Spinhayer aide à imaginer les paysages et les personnages. Cette plongée en Mongolie a été pour moi un véritable moment de bonheur. Le dénouement est ouvert et j’ai maintenant hâte de mettre la main sous Les temps sauvages, la suite, qui vient de sortir.

Sandrine n’a pas du tout aimé. 

MANOOK, Ian, SPINHAYER, Marin, Yeruldelgger, Audiolib, 2014.

« L’oiseau des steppes » de Jean-Sébastien Blanck

Il était une fois, dans une lointaine contrée un peu à l’écart de la route de la soie, un royaume que personne ou presque ne connaissait. Les habitants étaient très pauvres. Ils ne connaissaient pas l’agriculture -leur terre était balayée par les vents, très dure et aride. Il n’y avait pas de villes, pas de maisons, pas de richesses. Les hommes, les femmes et les enfants dormaient sous des tentes et survivaient comme ils le pouvaient. Un jour, le roi demande à Paladjan, un jeune homme qui avait déjà appris beaucoup de choses en écoutant les discours des cavaliers égarés dans cette contrée, de parcourir le monde pour le découvrir. Des années et des années plus tard,  le rois est mort, son fils lui a succédé et Paladjan revient parmi les siens. Il fait partager à son peuple tout ce qu’il a appris.

L’oiseau des steppes est un conte merveilleux plein de poésie qui emmène le lecteur sur la route de la soie mais lui permet aussi de réfléchir aux bienfaits comme aux méfaits de la civilisation. L’influence orientale est indéniable tant du point de vue des thèmes (voyage, guerre, conquêtes, richesses, royauté, rencontres entre peuples, etc.) que de la narration.

J’étais très enthousiaste avant de lire ce texte car j’aime beaucoup tous les récits mythiques qui se déroulent en Asie centrale et permettent de partir à la rencontre d’anciennes civilisations. Malheureusement, j’ai décroché à partir de la deuxième moitié du récit. Les dialogues qui entrecoupent la narration -sans doute pour faciliter la lecture des plus jeunes- m’ont gênée et je crois que j’aurais préféré que Paladjan nous fasse partager un peu plus  longtemps ses merveilleuses découvertes.

Les illustrations de Rodrigo Lujan -aquarelles et techniques numériques- manquent de chaleur à mon goût. Les aquarelles à l’état brut, non retravaillées, ça a plus de charme !

L’oiseau des steppes est tout de même un conte qui peut plaire à ceux qui ne connaissent pas beaucoup les contes orientaux et les romans du Moyen-Age qui racontent la période antique. Je pense notamment aux jeunes lecteurs… Si je n’ai pas vraiment accroché, c’est sans doute parce que je connais bien cette abondante littérature.

Merci Babelio et aux éditions alzabane pour l’envoi de ce livre.

BLANCK, Jean-Sébastien, L’oiseau des steppes, Alzabane éditions, 2007.

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