La différence invisible – Julie Dachez – Mademoiselle Caroline

Marguerite a 27 ans, un petit ami, un chien, un chat et un job qui ne l’intéresse pas. A priori, rien ne la distingue d’une autre jeune femme de son âge. Sa différence, elle est invisible. En effet, Marguerite ne supporte pas le bruit, est gênée par certaines lumières, ne comprend pas le Continuer la lecture de « La différence invisible – Julie Dachez – Mademoiselle Caroline »

Le silence – Jean-Guy Soumy

Quand Jessica apprend le suicide de son mari, un célèbre mathématicien de renommée internationale, toutes ces certitudes s’effondrent. Celui-ci s’est tiré une balle dans une modeste chambre d’hôtel sans laisser aucune explication. Pas de lettre, pas d’indices dans sa vie de tous les jours qui auraient pu permettre de déceler un problème. Jessica en veut à Alexandre d’avoir fait voler en éclat leur bonheur familial. Phil, leur fils aîné qui est également mathématicien, ne comprend pas lui non plus. Quant à Lewis, le cadet qui est autiste, il est toujours enfermé dans son monde.

Jessica veut trouver des explications et entreprend de trier un à un les papiers de son mari. Au milieu de raisonnements mathématiques auxquels elle ne comprend absolument rien, elle tombe sur deux poèmes d’Armand Robien, cet auteur sur lequel elle travaille depuis longtemps et pour lequel son mari ne montrait pas vraiment d’intérêt. Elle trouve aussi l’original d’une photo de ses beaux-parents et découvre que le cliché qu’elle connaît depuis toujours a été retouché. Cela lui met la puce à l’oreille. Petit à petit, elle remonte la piste du passé d’Alexandre et découvre que son mari n’était pas tout à fait celui qu’elle croyait.

Je ne veux pas vous en dire plus sur ce passé caché mais sachez que j’ai passé un très bon moment en compagnie de ce livre. Je m’étonne d’ailleurs de ne pas en avoir entendu parler plus que ça. Il est sorti début 2013 et semble être passé inaperçu. Dommage, vraiment !

Jessica est un personnage touchant qui voit voler toutes ces certitudes en éclat lorsqu’elle comprend que l’homme qu’elle aimait depuis des années lui mentait. Pire encore, en dissimulant son passé à tout le monde, c’est son honneur et celui de la famille qu’il a mis en jeu. Bien entendu, elle est en colère mais elle essaie aussi de comprendre les choses et d’aider ses fils à aller mieux. L’amour et l’attention qu’elle apporte à Lewis notamment est très touchant. Ce dernier est autiste et sa réaction face à la mort de son père est étonnante. Finalement, n’est-ce pas lui le plus clairvoyant de la famille ?

Antigone a été conquise elle aussi.

SOUMY, Jean-Guy, Le silence, Robert Laffont, 2013

Le monde de Marcelo – Francisco X Stork

Marcelo Sendoval, dix-sept ans, n’est pas un ado comme tous les autres. Atteint d’une forme d’autisme proche du syndrome d’asperger, il est scolarisé à Paterson, une école spécialisée. Il a du mal à communiquer avec les autres, n’éprouve pas les mêmes sentiments que tout un chacun, parle de lui à la troisième personne et se réfugie très souvent dans son monde intérieur où la musique tient une grande place.

Marcelo est particulièrement intelligent. Ses deux passions sont le religion et les poneys. Il est capable de citer des textes sacrés et connaît tout ou presque sur le sujet au point de pouvoir tenir une conversation avec des spécialistes. C’est impressionnant ! Quant aux poneys, il se sent bien avec eux et réussit à s’en occuper suffisament correctement pour exercer les fonctions de palfrenier.

Arturo, son père, décide de le faire embaucher pour l’été dans son propre cabinet d’avocats afin de lui permettre de se confronter au monde réel. Au service du courrier, Marcelo est sous la responsabilité de Jasmine, une jeune femme sympathique qui éprouve très vite de l’affection pour lui. Elle essaie de le protéger au maximum de Wendell, le fils de l’associé de son père, et de tous les gens qui se moquent de lui et se croient plus intelligents.

Un jour, Marcelo découvre par hasard la photo d’une jeune fille au visage mutilé. Il veut absolument en savoir plus et se trouve confronté à une affaire très complexe. Jalousie, rivalité, manipulation, pouvoir de l’argent mais aussi amitié, courage et sens des responsabilités : Marcelo va en apprendre beaucoup sur le monde qui l’entoure en seulement quelques semaines.

Son regard naïf et libre est à la fois un handicap et une force. Il lui permet de remettre les choses à leur place, de garder le sens des valeurs.

Le monde Marcelo pointe du doigt les travers du monde qui nous entoure et force le lecteur à prendre un peu de recul. Marcelo est un personnage attachant. Les sentiments qu’il éprouve ne sont finalement pas si éloignés de ce que l’on peut ressentir à certains moments de sa vie.

Pas un coup de coeur mais un livre qui fait réfléchir…

STORK, Francisco X, Le monde de Marcelo, Gallimard jeunesse, 2011.

« Le petit prince cannibale »


Quatrième de couverture :

 » Femme
déchirée, femme déchaînée, la narratrice est un écrivain qui tente de raconter l’histoire de Blanche, une
éblouissante cantatrice que la mort ronge vivante. Mais elle est
d’abord la mère de Sylvestre, l’enfant autiste qu’elle veut à tout prix
faire accéder à la vie et au monde des autres. Or Le petit prince
cannibale
en ce combat dévore les phrases, les mots de la mère
écrivain. Dès lors c’est un véritable duo concertant qui s’élève
dans les pages du livre entre deux voix, entre deux femmes, l’une,
superbement triviale, s’affrontant à tous les interdits et préjugés qui
menacent son enfant, l’autre, la romancière, passionnée, dont
les espoirs et les désespoirs se mêlent à ceux de Blanche, son héroïne.
 »

Difficile pour moi d’écrire un billet sur ce livre… Il est magnifiquement écrit. Françoise Lefèvre explique à merveille son combat de mère pour sauver son fils et son combat d’écrivain pour réussir à écrire malgré le peu de temps et de disponibilité d’esprit qu’il lui reste et on ne peut qu’être admiratif devant autant de courage et de combattivité.

Oui mais voilà, je n’ai pas réussi à « rentrer » dans le livre… Je ne me suis sentie proche ni de cette femme écrivain ni de cette mère. Bref, j’ai l’impression d’être passée à côté d’un histoire magnifique. Dommage ! Peut être que je n’étais pas dans le bon état d’esprit pour livre ce livre, peut être que ce n’était pas le bon moment…

Un grand merci à Alice qui m’a offert ce livre dans le cadre du swap Eternel féminin.

Lire les avis de Sylire, Gambadou, Anne et Florinette.

LEFEVRE, Françoise, Le petite prince cannibale, Actes Sud, Babel, 2005.

Attention, roman original !

Christopher Boone, 15 ans, est extraordinairement fort en mathématiques pour un adolescent. Il est incapable de mentir. Il déteste certaines couleurs au point de ne pas pouvoir manger les aliments qui sont de ces couleurs. Il hurle dès que quelqu’un le touche. Il a peur dès que quelque chose de nouveau se présente à lui. Parfois, quand il n’est pas bien, il grogne.

Même si ce n’est pas dit dans le livre, on le comprend tout de suite, Christopher est autiste.

Un jour, il découvre Wellington, le caniche de sa voisine, mort assassiné d’un coup de fourche. Il décide de mener l’enquête, même si cela lui cause des ennuis et que son père n’est pas d’accord. Ce qu’il ne sait pas, c’est que tout cela va lui permettre de découvrir la face cachée de sa propre histoire.

                           

Voilà un roman vraiment original, notamment en raison de son écriture. Christopher, le narrateur du bizarre incident du chien pendant la nuit, raconte son histoire avec beaucoup de distance. Il a du mal à exprimer ses sentiments et à comprendre ceux des autres mais on ne doute pas un seul instant de la véracité de ses propos. Son regard un peu « déconnecté » permet de pointer du doigt la complexité de notre monde et des rapports humains.

Si le sujet est douloureux (Christopher est un adolescent autiste qui se sent seul et ne comprend pas bien le monde qui l’entoure), l’humour attend le lecteur à chaque coin de pages à travers des situations inattendues que le jeune homme raconte en toute neutralité, sans avoir conscience d’être drôle (désolé, je n’ai pas d’extrait à vous proposer car je n’ai plus le livre sous la main…).

On se prend d’affectation pour ce personnage qui, par certains aspects, n’est pas si différent de ce que l’on est ou de ce que l’on aimerait être… A lire donc, sans aucune hésitation !

HADDON, Mark, Le bizarre incident du chien pendant la nuit, Pocket, 2005.

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