Les équinoxes – Pedrosa

Chaque être humain a en lui une part d’ombre et une autre de lumière. Les doutes, les incertitudes sont inhérents à la vie et trouver l’équilibre n’est pas simple.

Les personnages des équinoxes ne font pas exception. Complètement différents les uns des autres, ils se cherchent tous. La vie, le parcours de chacun d’entre eux sont l’ocasion d’autant de digressions. On découvre alors des monologue intérieurs, des moments de doute, de désarroi ou de désespoir.

De la douceur et de l’humanité se dégagent cependant de l’ensemble. Les équinoxes n’est pas une bande dessinée sombre. Au contraire, c’est un subtil équilibre entre le jour et la nuit que nous propose Cyril Pedrosa.

Du point de vue graphique, c’est une vraie réussite. J’ai retrouvé le trait que j’avais déjà apprécié dans Portugal. Le dessin ne suffisant pas toujours, quelques pages d’écriture pure viennent compléter le propos.

Véritable roman graphique de plus de 300 pages, Les équinoxes se déguste. Il est même nécessaire d’y revenir plusieurs fois pour tout saisir car l’enchevêtrement des tranches de vie fait que l’on s’y perd un peu à la première lecture et le propos est multiple.

C’est un vrai régal de découvrir tous ces personnages dont certains sont particulièrement attachants. Le temps qui passe, les désillusions, l’amour, l’amitié, l’engagement :  les sujets traités sont nombreux. Comment alors ne pas se retrouver dans ce merveilleux récit choral introspectif ?

PEDROSA, Cyril, Les équinoxes, Dupuis, 2015.

California Dreamin’ – Pénélope Bagieu

California Dreamin’, le titre ne vous dit peut être rien mais si vous l’écoutez, vous allez reconnaître dès les premières notes ce tube des années 1960.

Alors, j’avais raison ?

A travers une biographie romancée, Pénélope Bagieu nous fait découvrir la vie de Cass, la chanteuse mythique du groupe The Mamas and the Papas.

Dès son plus jeune âge, Ellen Cohen rêve de devenir une star. Avec son père, elle écoute de l’opéra, chante, danse et fait son show. En grandissant, elle développe une personnalité excentrique et une voix remarquable. Puis, elle quitte Baltimore pour tenter sa chance à New-York, échappant ainsi au destin de vendeuse dans l’épicerie juive familiale qui lui était promis.

Là bas, elle rencontre d’autres passionnés de musique, se fait appeler Cass Elliott et passe ses journées à chanter, à draguer, à rêver et à se droguer. En surpoids, on lui explique gentiment qu’elle est trop grosse pour être une star. La route du succès est longue et semée d’embûches mais Cass, en plus d’avoir une personnalité attachante, ne se laisse pas marcher sur les pieds.

En noir et blanc, travaillé au crayon et non retouché à l’ordinateur, le dessin de Pénélope Bagieu n’est pas forcément attirant au premier abord. Il peut même paraître un peu foutrarque. On se fait tout de même vite à sa façon de dessiner les silhouettes et les visages. L’excentricité de Cass et son sens de la mise en scène sont particulièrement bien restitués.

Chaque chapitre est consacré à un épisode de sa vie et est raconté par une personne de son entourage (sa soeur, ses amis, d’autres musiciens, etc.) ce qui crée une belle dynamique au récit. Sans aller jusqu’au coup de coeur, j’ai vraiment passer un agréable moment avec cette BD !

C’est Enna qui m’a donné envie de la découvrir. Noukette et Canel ont aimé elles aussi.

BAGIEU, Pénélope, California Dreamin’, Gallimard, 2015.

 

Magasin Général tome 4 à 6 – Régis Loisel et Jean-Louis Tripp

C’est avec beaucoup de plaisir que je poursuis ma découverte de la série Magasin Général commencée il y a quelques semaines. Retrouver les habitants de Notre-Dame-Des-Lacs est un vrai délice. Ils vivent dans les années 1920 mais les problèmes qu’ils rencontrent et les thématiques abordées sont universels. Si vous n’avez pas lu les tomes 4 à 6, je vous conseille de ne pas lire les lignes qui suivent. Sachez tout de même que je vous recommande vivement cette BD !

Serge est désormais bien intégré au village. Pour tout le monde, il est acquis qu’il est en couple avec Marie puisqu’ils vivent sous le même toit. Les bigotes sont choquées que cette union ne soit pas régularisée par un mariage. Marie ne demanderait que cela mais depuis le tome 3, on sait que Serge est homosexuel. Il se fâche d’ailleurs contre elle et l’accuse de ne pas l’accepter tel qu’il est. Il cherche également une explication à donner aux habitants qui ne comprennent pas pourquoi ils ne sont pas ensemble alors qu’ils s’entendent si bien. Derrière une apparente légèreté, Loisel et Tripp abordent la thématique de l’homosexualité avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité.

Marie couche ensuite avec un homme qui a déjà une petite amie et tout le village se ligue contre elle. Elle ne comprend pas pourquoi elle a agit ainsi et s’en veut terriblement. La situation devient insupportable et elle décide de quitter Notre-Dame-Des-Lacs pour aller vivre à Montréal. C’est sans doute la première fois de sa vie qu’elle pense avant tout à elle et assume ses choix.

Serge ouvre le magasin de temps en temps pour rendre service mais il ne peut pas aller se ravitailler en ville faute de véhicule et c’est la pénurie sur les étagères. Les villageois sont bien embêtés. C’est l’occasion pour eux de réfléchir sur l’attitude de Marie et la réaction qu’ils ont eue vis à vis d´elle. Tous ne sont pas d’accord et on assiste à de belles disputes.

Finalement, Marie rentre de Montréal et beaucoup sont heureux de la retrouver. C’est à ce moment que là qu’Ernest La Tulippe débarque au village pour chercher de l’aide. Son frère s’est fait attaquer par un ours dans la montagne.

Pour l’instant, j’ai lu 6 tomes et aucun ne m’a paru moins bon que les autres. Au fils des pages et des péripéties, les personnages se dévoilent et les caractères s’affirment. C’est un vrai régal ! J’ai été assez touchée par l’attitude de Marie qui décide de prendre sa vie en main et de ne plus se soucier du regard des autres. Elle fait preuve de beaucoup de courage et, même si ce n’est pas simple, elle s’en sort très bien.

Il me reste encore trois tomes à découvrir. Du bonheur en perspective ! 

LOISEL, Régis, TRIPP, Jean-Louis, Magasin Général 4 : Confessions, Casterman, 2008.

LOISEL, Régis, TRIPP, Jean-Louis, Magasin Général 5 : Montréal, Casterman, 2009.

LOISEL, Régis, TRIPP, Jean-Louis, Magasin Général 6 : Ernest Latulippe, Casterman, 2010.

L’arabe du futur 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984-1985) – Riad Sattouf

J’ai découvert le premier opus de L’arabe du futur récemment et je me suis précipitée sur la suite dès que j’en ai eu l’occasion. Dans ce deuxième tome, Riad vit en Syrie avec ses parents et son petit frère. Il passe ses journées à jouer seul avec ses Legos rapportés de France et ne voit pas beaucoup d’autres enfants.

A six ans, il finit par aller à l’école. Une école dure dans laquelle une maîtresse voilée portant une jupe courte et des talons hauts terrorise les enfants pour un oui ou pour un non. Comme tous les autres écoliers, Riad chante l’hymne national syrien chaque matin.

Sa mère est toujours effacée. La France et son confort lui manquent. Elle fait parfois quelques remarques à ce sujet mais subit les décisions de son mari et attend la villa qu’il lui a promis.

La père de Riad essaie de créer des relations pour accéder à un meilleur poste et gagner plus d’argent mais cela ne fonctionne pas. Il faut dire qu’il est particulièrement maladroit. C’est quelqu’un de lâche qui n’ose pas affirmer ses propres convictions et ment pour ne pas avoir à affronter la vérité. Son comportement vis à vis de sa femme et de ses enfants est dur. Il faut tout de même reconnaître qu’il est moins traditionaliste et plus éduqué que tous les autres villageois.

Dans ce deuxième tome, on découvre la vie dans la Syrie des années 1980 à travers le regard d’un enfant qui idolâtre son père sans se rendre de qui il est vraiment. Il comprend cependant qu’il y a des contradictions entre ce qu’il apprend à l’école et ce que lui disent ses parents. Il découvre également la dure réalité de la vie quand il se fait traiter de juif et se fait tabasser ou qu’il voit ses camarades avec un sac en plastique en guise de cartable.

La voix-off et le registre tragi-comique viennent contre-balancer son point de vue un peu naïf sur le monde qui l’entoure. La France apparaît comme le paradis et la Syrie comme arriérée mais on se doute bien que la réalité est bien plus complexe que cela.

Les caractères des personnages sont brossés avec précision et les scènes décrites par Riad Sattouf d’une netteté remarquable. Les émotions, l’ambiance, touy y est. Au lecteur ensuite d’interpréter les scènes dont il est témoin comme bon lui semble.

SATTOUF, Riad, L’arabe du futur 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984-1985), Allary Éditions, 2015.

Comme chaque mercredi, vous pouvez découvrir d’autres chroniques BD. Cette semaine, c’est chez Jacques que cela se passe.

Magasin Général tomes 1 à 3 – Loisel & Tripp

Notre-Dame-des-Lacs est un petit village québecquois perdu dans la campagne. La bande dessinée Magasin Général nous propose de partager le quotidien des habitants dans les années 1920. 9 tomes ont été publiés. Je vous présente aujourd’hui les 3 premiers. Attention, si vous êtes en train de les lire ou si vous avez l’intention de le faire, ne lisez pas les lignes qui suivent.

Dans le premier tome, Marie perd son époux et doit gérer seul le magasin qui leur appartient. Seule source d’approvisionnement en tissu, outillage ou nourriture des environs, la clientèle du Magasin Général est nombreuse et habituée à se faire servir. Marie a du mal à satisfaire tout le monde et les clients ne sont pas toujours trés tendres avec elle même en ces circonstances. Mais c’est une femme moderne qui n’hésite pas à prendre le volant de la voiture pour aller s’approvisionner dans la grande ville voisine. Gaétan, un jeune homme simple d’esprit âgé d’une trentaine d’années, lui donne un coup de main. Il est considéré comme l’idiot du village mais c’est un personnage attachant qui trouve sa place parmi les habitants et apporte une touche d’humour et de légèreté de par son comportement.

A la fin du premier opus, Marie accueille chez elle un homme prénommé Serge qui est tombé en panne de moto et ne peut pas repartir. Le deuxième tome a pour titre le nom de cet homme qui reste finalement au village et ouvre un restaurant. Les villageois n’ont jamais mangé dans un tel endroit mais ils apprécient les talents de cuisinier de Serge. La relation entre Serge et Marie évolue au fil du temps. Elle l’aide en cuisine et devient plus joyeuse, plus épanouie à ses côtés.

Dans le troisième tome, les hommes reviennent au village après avoir passé l’hiver à travailler loin de leur famille. Ils sont jaloux de Serge qui fait l’unanimité auprès des femmes et lui font savoir. Marie, folle de rage, décide de fermer le magasin et, pour la première fois, les femmes disent non à leurs maris et les laissent se débrouiller seuls. La guerre est déclarée.

Cette série est un vrai régal. La galerie de personnages, trés développée, permet à Loisel et Tripp de dépeindre de nombreux caractères différents et de brosser un portrait complet de la vie dans ce village québécois de la première moitié du 20ème siècle. Je n’ai pas parlé du curé, personnage central mais un peu atypique, des bigotes toujours là pour sauvegarder les bonnes moeurs, de Noël qui construit seul son bateau loin de tous ou encore du défunt époux de Marie qui commente parfois -du ciel sans doute !- ce qui arrive à sa femme et notamment sa relation avec Serge.

L’humour est omniprésent, notamment grâce aux expressions et aux savoureux dialogues en québécois qui ont été adaptés pour faciliter la compréhension. Certains passages du tome 3 dans lequel les femmes se révoltent vis à vis des hommes sont à mourir de rire.

Pour réaliser cette BD, Loisel et Tripp ont tous les deux travaillé au scénario et au dessin. C’est assez rare pour être souligné. Une double page explique d’ailleurs au début de chaque tome comment ils ont procédé. Les illustrations fourmillent de détails et nous plongent dans un autre univers et une autre époque. Quant au scénario, vous l’aurez compris, il m’a totalement séduite. Maintenant, il ne me reste plus qu »à découvrir la suite !

Une lecture commune que j’ai le plaisir de partager avec Laurie.

LOISEL, Régis, TRIPP, Jean-Louis, Magasin Général 1 : Marie, Casterman, 2006.

LOISEL, Régis, TRIPP, Jean-Louis, Magasin Général 2 : Serga, Casterman, 2006.

LOISEL, Régis, TRIPP, Jean-Louis, Magasin Général 3 : Les hommes, Casterman, 2007.

La BD du mercredi, c’est chez Yaneck cette semaine.

L’Iliade et l’Odyssée – Soledad Bravi – d’après Homère

L’adapatation de classiques de la littérature en bandes dessinées est à la mode ces derniers temps. C’est un bon moyen de découvrir ou de redécouvrir certaines oeuvres. Pour les plus jeunes lecteurs, c’est aussi un premier pas vers des oeuvres parfois complexes.

L’adaptation de L’iliade et l »Odyssée d’Homère réalisée par Soledad Bravi a été publiée dans le magazine Elle sous forme de planches au cours des étés 2013 et 2014.

La publication dans un magazine de presse fémimnine impose un certain nombre de contraintes. L’auteur va donc droit au but et le format est bref. Les étapes essentielles de l’oeuvre homérique sont bien là mais des choix ont forcément été effectués.

De plus, il manque le souffle épique qui fait toute la saveur du poème original. Certains diront sans doute au contraire que son aspect barbant a été retiré !

Le ton est très (trop ?) léger et l’humour omniprésent. On voit bien qu’il s’agit là d’une oeuvre intemporelle qui, comme le dit très justement la quatrième de couverture, n’a pas pris une ride. Ceci est renforcé par les illustrations modernes et minimalistes de Soledad Bravi.

Pour être honnête, j’ai été moyennement convaincue par cette adaptation. En tant qu’adulte, je la trouve trop superficielle. Je la recommanderai tout de même à mes élèves qui étudient cette oeuvre en sixième et à tous les non initiés. C’est un bon moyen pour dépoussiérer un classique de la littérature et faire fonctionner ses zygomatiques.

BRAVI, Soledad, L’Iliade et l’Odyssée, Rue de Sèvres, 2015.

Si vous voulez découvrir d’autres bandes dessinées publiées chez Rue de Sèvres, allez faire un petit tout chez Stephie de Mille et une frasques. Elle organise un coup de projecteur sur cette maison d’édition cette semaine.

Le grand méchant renard – Benjamin Renner

Monsieur le renard a un problème : il ne fait peur à personne. Même les poules de la ferme voisine ne le craignent pas. Elles en ont d’ailleurs tellement marre de le voir venir les harceler qu’elles interdisent leur enclos aux renards. Le cochon et le lapin ont pitié et lui préparent un panier de navets.

Le renard, qui aimerait bien se mettre autre chose sous la dent, prend conseil auprès du loup. Il ne comprend absolument pas pourquoi personne ne le craint. Le loup n’a pas vraiment de réponse à cette question mais décide de lui donner des cours. Malheureusement, le renard n’arrive pas à effrayer l’oiseau et c’est encore une fois le loup qui se remplit la panse.

Sur les conseils de ce dernier, il finit par voler trois oeufs dans le poulailler. Un jour, ils vont éclore, donner naissance à des poussins et se transformer en un bon festin !

Humour, tendresse, lectures à plusieurs niveaux, cet album regorge de qualités. Le trait de Benjamin Renner fait ressortir de manière intelligente le comique du scénario. Le renard fait tout pour être méchant mais le lecteur comprend bien vite qu’il n’est pas fait pour cela et qu’il a d’autres qualités même s’il ne veut pas se l’avouer.

Pas de cases traditionnelles dans cette bande dessinée mais une succession de vignettes qu’on dévore les unes à la suite des autres. Certaines scènes sont à mourir de rire. D’autres sont pleines de tendresses et les parallèles entre la paternité ou la maternité et ce renard qui élève seul ses poussins sont faciles à faire.

Là ou Benjamin Renner est très fort, c’est qu’il laisse le lecteur libre de donner le sens qu’il souhaite à cette histoire. J’y ai vu un père aimant parfois dépassé par ses garnements, une critique des apparences, une dénonciation de la peur de l’autre et du racisme et une belle leçon d’amour et de tolérance.

Une lecture commune que j’ai le plaisir de partager avec Enna et Sophie Hérisson. Mon petit doigt me dit qu’elles ont adoré elles aussi.

RENNER, Benjamin, Le grand méchant renard, Delcourt, 2015.

L’arabe du futur : Un jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984) – Riad Sattouf

Riad Sattouf est né en 1978 d’un mère bretonne et d’un père syrien. Ses parents se sont rencontrés à l’université alors que son père séjournait en France pour poursuivre des études. Après sa thèse, ce dernier ne trouve pas de travail et postule auprès de plusieurs universités étrangères. C’est ainsi que toute la famille se retrouve à Tripoli.

A travers le regard naïf de Riad et des souvenirs reconstitués à posteriori, on découvre une Libye où chacun peut s’installer dans une maison si personne ne se trouve à l’intérieur. Il suffit juste de mettre les valises du précédent occupant devant la porte ! Pour se nourrir, il faut se rendre dans une coopérative et faire la queue. Pas question bien entendu de choisir la quantité et le type d’aliments.

Pourtant, le père de Riad ne renonce pas à ses idéaux. Laïc et défenseur du panarabisme, il ne remet pas en question la dictature. L’album est essentiellement centré sur lui. Sa femme reste à la maison pour s’occuper de Riad et apparaît comme effacée.

Au bout de deux ans, Riad et sa mère retournent en France. Le père les rejoint quelques temps après puis, trouve un nouveau poste en Syrie. Là-bas, Riad rencontre sa famille paternelle et reçoit des insultes et des coups de la part de ses cousins car il est blond et considéré comme juif.

A travers cette bande dessinée autobiographique, on découvre la Lybie et la Syrie du début des années 1980. Le regard de Riad, alors enfant, est forcément naïf et caricatural. La violence du monde extérieur apparaît d’autant plus dure pour le lecteur adulte qui a du recul et sait comment ces pays ont évolué. On ne peut s’empêcher de condamner ce père de famille idéaliste qui décide de tout et ne laisse pas la parole à sa femme.

Les rapprochements avec le travail de Marjane Satrapi -pour la découverte d’un pays et d’une culture à travers le regard d’un enfant- et d’Art Spiegelman -pour le rapport au père- sont assez faciles à faire. J’ai aussi pensé aux bandes dessinées de Guy Delisle à plusieurs reprises.

Du point de vue graphique, le trait est assez simple tout comme la palette des couleurs mais cela fonctionne plutôt bien. J’ai donc déjà réservé le tome 2 à la médiathèque. Un troisième et un quatrième tome sont annoncés.

SATTOUF, Riad, L’arabe du futur : Un jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984), Allary Editions, avril 2014.

Les vieux fourneaux 3 : celui qui part – Lupano et Cauuet

J’ai découvert Les vieux fourneaux en avril dernier et j’ai eu un tel coup de coeur pour cette BD que j’étais pressée de découvrir le tome 3. A la première occasion, je me suis donc précipitée dans une librairie et je l’ai dévoré le soir même !

Dans cet opus, on retrouve les ingrédients qui font la saveur des deux premiers. Des petits vieux caractériels mais attachants, une jeune femme déterminée qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, de l’humour à toutes les pages et quelques incursions dans le passé qui permettent de mieux comprendre le présent.

On découvre notamment que Pierrot, Antoine et Mimile n’ont pas de quoi être fiers de ce qu’ils ont fait quand ils étaient plus jeunes et traînent derrière eux de vieilles casseroles dont il se gardent bien de parler. Ils font même preuve de beaucoup de mauvaise foi. Heureusement, la petite fille d’Antoine n’hésite pas à les obliger à regarder la vérité en face.

Les dernières planches laissent entrevoir quelques pistes pour le tome 4 que, vous vous en doutez, j’attends avec impatience.

En attendant, je ne résiste pas à vous montrer ces deux passages qui m’ont fait éclater de rire.

LUPANO, Wilfrid, CAUUET, Paul, Les vieux fourneaux 3 : celui qui part, Dargaud, 2015.

La BD de la semaine, c’est chez Noukette aujourd’hui.

Journal d’un chat assassin – Véronique Deiss d’après le roman d’Anne Fine

Pauvre Tuffy ! Ses maîtres ne cessent de se mettre en colère et ne comprennent pas qu’il fait son boulot lorsqu’il dépose des animaux morts dans la maison. Alors, forcément, le jour où il ramène le lapin des voisins sur le tapis du salon, il est immédiatement accusé du meurtre. Pourtant, ce lapin, il le connaît bien.

L’originalité du Journal d’un chat assassin réside dans le point de vue adopté, celui du chat. Le pauvre Tuffy réagit avec beaucoup d’humour et de sens de la répartie face à l’incompréhension de ses maîtres. Les larmes de sa jeune maîtresse paraissent démesurées tout comme les enterrements des animaux qu’il tue ou la réaction des maîtres suite à la mort du lapin.

Ma grand-mère disait souvent qu’il ne manquait que la parole à certains animaux et cette bande dessinée en est la preuve. Derrière son aspect léger, elle pointe du doigt certains travers du comportement humain comme ceux qui consistent à accuser sans preuve, à tirer des conclusions hâtives sans chercher à comprendre les choses et parfois, à dissimuler ou à mentir pour ne pas avoir à affronter la réalité.

Le roman d’Anne Fine est un grand classique de la littérature de jeunesse. Je ne l’ai pourtant pas lu et ne peux donc pas comparer les deux versions. Le scénario de la BD est plein de rebondissements et l’humour est présent à chaque page. Les jeunes lecteurs ne risquent donc pas de s’ennuyer.

Ma fille qui n’a pas encore sept ans a attrapé le livre sur ma table de chevet un matin et ne voulait plus le reposer. Ce sont les illustrations qui lui ont tapé dans l’oeil. Voilà une BD qui plaira très certainement aux enfants de primaire ou de tout début de collège.

DEISS, Véronique, Journal d’un chat assassin, Rue de Sèvres, 2014.

Si vous aimez Rue de Sèvres, rendez vous chez Stephie de Mille et une frasques qui organise un coup de projecteur sur cette maison d’édition cette semaine.

Aujourd’hui, c’est ma première  participation à la BD du mercredi. Cette semaine c’est chez Noukette que ça se passe.

 

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