Blog de Jean-Philippe Blondel

Le narrateur, un garçon de 16 ans dont le prénom n’est jamais mentionné, est complètement écœuré depuis qu’il a découvert que son père lisait son blog. Il est en colère et se sent trahi : « L’impression que le monde n’est qu’un tissu de mensonges et que la survie passe par la méfiance -comme dans ces séries américaines que je regarde parce que tout le monde les regarde. Desperate Housewives, Dexter, Lost, surtout ne compter que sur soi-même pour s’en sortir. Jusque là, elles me faisaient rire mais m’inspiraient aussi une sorte de mépris. Je me disais que je ne vivais pas dans ce type de monde là. J’étais bien con. C »est exactement dans cet univers-là que j’évolue« . (p. 27)
Pourtant, il n’en parlait pas à la maison de ce blog. Il faisait bien attention de vider son historique et ses cookies pour ne pas laisser de traces. Puisque c’est ainsi, il arrête immédiatement d’écrire sur le web et décide de ne plus adresser la parole à son père : « Je veux être une vraie plaie -je ne vais pas m’en priver » (p. 32).
L’ambiance familiale devient très vite invivable malgrè les excuses du père et les tentatives de la mère pour améliorer la situation. Pour essayer de se faire pardonner, le père va chercher un carton poussiéreux dans le grenier, un vieux carton qui contient ses souvenirs d’adolescent… et un secret.

Blog : un titre accrocheur… Mais cette histoire de blog, ce n’est finalement qu’un prétexte pour parler des relations entre un père et son fils et de cette période si complexe, l’adolescence, où on essaye de se construire au mieux. C’est uniquement le point de vue du fils qui est développé dans le roman. Les ados se retrouveront sans doute à travers lui. Il explique ses pensées intimes -même celles dont, en général, on ne parle à personne- avec beaucoup de pudeur et de justesse. De la révolte, le narrateur passe petit à petit à la compréhension vis à vis de ce père qui n’est finalement pas si mauvais que cela. Il se rend compte de la fragilité de la vie et des sentiments, il devient plus mature au fil des pages.

Ce n’est pas toujours facile de comprendre ce qui se passe dans la tête d’un ado -les ados eux-mêmes ont parfois du mal à l’expliquer- mais Jean-Philippe Blondel le décrit très bien. J’aimerais bien pouvoir écrire d’aussi jolies choses, aussi justes, aussi vraies…

Laure a beaucoup aimé et vous propose de nombreux extraits. D’ailleurs, Laure, je suis d’accord avec toi. Le terme « viol virtuel » sur la quatrième de couverture n’a rien à y faire. Il s’agit plutôt d’un viol de l’intimité.

BLONDEL, Jean-Philippe, Blog, Actes Sud Junior, 2010.

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