Une joie féroce – Sorj Chalandon

Sorj Chalandon est un auteur que j’affectionne tout particulièrement. Depuis Le quatrième mur, j’achète chacune de ses publications les yeux fermés, faisant attention à ne lire aucune critique pour garder la surprise intacte. Je n’ai jamais été déçue… jusqu’à aujourd’hui !

L’histoire de Jeanne Hervineau, libraire Continuer la lecture de « Une joie féroce – Sorj Chalandon »

Ma mère, le crabe et moi – Anne Percin

Tania et sa mère vivent seules depuis le départ du père de Tania avec une autre femme. La jeune fille, qui est en troisième, porte un regard critique sur sa mère et ne lui épargne pas grand chose, comme beaucoup d’ados avec leurs parents. Elle se moque notamment de son blog dans lequel elle enjolive la réalité et de ses copines virtuelles qui sont un bon substitut au désert affectif dans lequel elle est enfermée.

Mais depuis quelques temps, la mère de Tania a des comportements inhabituels. Elle est ailleurs ou ne se rend pas au travail. Cela ne lui ressemble pas. Un jour, alors qu’elle est partie a un rendez-vous médical, Tania fouille dans l’historique de navigation de l’ordinateur et découvre que sa mère a fait des recherches sur le cancer du sein. Pas besoin de plus d’explications, Tania comprend.

Ensemble, la mère et la fille vont se battre contre la maladie. Tania est prise entre ses préoccupations d’adolescente et les difficultés liées au cancer de sa mère. Elle qui n’aimait pas courir découvre que la course à pied lui fait un bien fou. Elle tombe également amoureuse d’un garçon de sa classe. A côté de cela, il y a sa mère qui rentre épuisée des séances de chimio, qui perd du poids et dont les cheveux tombent les uns après les autres. Tania a la rage. Les autres ne peuvent pas comprendre, ils ne vivent pas avec sa mère au quotidien.

N’ayez crainte, nul apitoiement ou larmoiement dans ce roman, bien au contraire. Tania est une battante et son sens de l’humour lui permet de faire face à la situation avec brio. Anne Percin dépeint à merveille ce qui se passe dans la tête de l’adolescente. Certains passages sont terriblement émouvants et criants de vérité.

Une belle complicité se met en place au fil des pages entre la mère et la fille. Tania mûrit, elle est moins critique vis à vis de sa mère et porte sur elle un regard plein de bienveillance et d’humanité. Ensemble, elles vivent et vont de l’avant. C’est cela le principal.

Un très beau roman dédié aux « courageuses Amazones en lutte contre le crabe » qu’il est important de lire et de faire lire parce que bien évidemment ça n’arrive pas qu’aux autres.

PERCIN, Anne, Ma mère, le crabe et moi, Rouergue, 2015.

Nos étoiles contraires – John Green

Si je vous dis que dans ce roman, il est question de deux adolescents condamnés par un cancer, vous allez très certainement vous dire que vous n’avez pas envie de le lire. Si c’est le cas, vous avez bien tort car vous allez passer à côté d’une pépite

Hazel, 16 ans, est obligée de se promener avec une bonbonne d’oxygène à ses côtés en permanence. Sans elle, elle ne peut pas respirer. Sa seule activité consiste à suivre des cours de littérature à la fac. Sa mère, qui a arrêté de travailler pour s’occuper d’elle, l’incite à se rendre à un groupe de soutien pour adolescents cancéreux. Elle espère qu’Hazel y rencontrera du monde. Hazel, elle, a envie de rester seule.

La jeune fille n’est donc pas du tout motivée mais elle y va quand même pour faire plaisir à sa mère. Là bas, elle porte un regard critique et lucide sur l’animateur du groupe et les différents membres. Elle se sent bien seule mais heureusement, il y a Isaac -bientôt aveugle- qui pousse des soupirs comme elle quand il en a marre de tout ce qui se dit.

Un jour, Isaac vient au groupe accompagné d’un ami. Augustus, 17 ans, est malade lui aussi et a déjà été amputé d’une jambe. Immédiatement, le courant passe bien entre Gus et Hazel. Le jour de leur rencontre, elle va chez lui pour regarder un film. Les deux adolescents sont intelligents et portent un regard lucide et féroce sur leur situation. L’humour est pour eux un échappatoire qui leur permet de ne pas s’apitoyer sur leur sort et de cacher leur sensibilité. Ils font également preuve d’une très grande maturité pour leur âge. Pendant les quelques semaines qu’ils vont passer ensemble, ils discutent de littérature, de la vie, de la mort, jouent aux jeux vidéos, font un voyage à Amsterdam, etc. Tout en se battant contre la maladie bien entendu.

Dans Nos étoiles contraires, John Green réussi à parler du cancer et de tout ce que cela implique sans apitoiement. Le lecteur a souvent le sourire aux lèvres devant la répartie d’Hazel et l’humour des deux adolescents permet de donner de la légerté au roman. On ne peut qu’être ému tant les personnages sont attachants.

J’ai acheté ce livre pour le CDI et je crois que je vais le conseiller à tous mes élèves ou presque !

« Quel est le rôle d’une histoire Augustus ? D’être un réveil ? Un cri de ralliement ? Une perfusion de morphine ? » p. 79

L’avis de Clara qui vous renverra vers d’autres.

GREEN, John, Nos étoiles contraires, Nathan, 2013.

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