Grizzly – Un film documentaire de Keith Scholey et Alastair Fothergill

Sky vient de donner naissance à Amber et Scout, deux petits oursons. Elle sort de sa tanière pour quitter les montagnes et se rendre sur la côte, là où le saumon est présent en abondance. Cette nourriture lui permettra de refaire ses réserves de graisse pour l’hiver. Ainsi, elle pourra continuer à allaiter ses oursons et les aider à passer la période d’hivernation suivante.
Le chemin jusqu’à la mer est long et semé d’embûches, surtout avec des petits aussi jeunes. Il y a d’abord les avalanches puis la neige qui fond et rend difficile l’avancée. Une fois dans la prairie, les autres ours, affamés, sont prêts à tout pour se remplir le ventre, y compris à tuer Amber et Scout qui sont encore en pleine période d’apprentissage. Le loup rode lui aussi. Sky finira bien entendu par trouver du saumon, non sans se donner beaucoup de mal.
Grizzly plonge le spectateur dans des paysages grandioses et ravira les petits comme les grands. Les petits oursons sont magnifiques tout comme la mer, les rivières, les montagnes, les prairies ou encore les bancs de saumon. Le caractère parfois violent de la nature et des luttes animales pour le pouvoir n’est cependant pas mis de côté. Le film ne tombe jamais dans la mièvrerie.
La voix off de Féodore Atkine, en plus d’être agréable à écouter, propose un commentaire intelligent, loin des discours moralisateurs sur la nature en danger. La musique, beaucoup trop présente dans la scène spectaculaire de l’avalanche au début du film, accompagne finalement bien l’ensemble.

Ma Miss  a adoré et moi, je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Un film documentaire à voir en famille donc !

Aya de Yopougon

Réalisé par Marguerite Abouet et Clément Ourberie, d’après le premier et le deuxième tome de la bande dessinée du même nom (dont les deux réalisateurs sont également les auteurs), Aya de Yopougon plonge le spectateur en Cote d’Ivoire, dans un quartier populaire d’Abidjan, dans les années 1970.

Aya, 19 ans, est une jeune femme sérieuse qui passe beaucoup de temps à étudier. Elle souhaite devenir médecin pour échapper aux 3C : Coiffure, Couture et Chasse au mari. Elle repousse donc avec virulence tous les garçons qui osent l’approcher et fait preuve de détermination. Son père, lui, préférerait plutôt qu’elle trouve un bon mari.

Adjoua et Bintou, les deux copines d’Aya, ont des préoccupations totalement différentes. Elles préfèrent danser dans les « maquis » (bars dansants) et « gazer » (draguer les garçons). Bien entendu, leurs parents ne sont pas au courant ! Il faut dire qu’elles sont très douées pour déjouer les pièges de la surveillance rapprochée mise en place par leur famille. Les choses se compliquent quand Adjoua découvre qu’elle est enceinte.

Fidèle à la bande dessinée d’origine, ce film d’animation permet de découvrir le passage des trois jeunes femmes africaines vers la vie adulte. Il plonge le spectateur dans un univers complètement différent de celui auquel il est habitué. Passé les premières scènes, on s’habitue vite à l’argot local qui participe de l’exotisme. Et on ne s’ennuie pas un seul instant tant les scènes de vie sont nombreuses, variées et pleines d’humour même quand la situation est grave.

Disponible en DVD.

Lulu femme nue – un film de Solveig Anspach

J’ai découvert la bande dessinée de Davodeau il y a un peu plus d’un an et demi et c’est avec beaucoup de curiosité que je suis allée voir le film qui en a été tiré.

Karin Viard est merveilleuse dans le rôle de Lulu, cette femme qui décide de s’offrir quelques jours rien que pour elle loin de son mari et de ses enfants, après un énième entretien d’embauche raté. Elle profite du moment présent, rencontre des gens avec qui elle n’aurait sans doute jamais osé parler auparavant et vit enfin pour elle. Elle ne s’appitoie pas sur son sort et le film ne s’attarde pas sur les raisons de son besoin de liberté. Ce qui compte, c’est l’instant.

J’avais été franchement déçue par le dénouement de la BD. je préfère de loin celui du film qui laisse la place à l’espoir, au bonheur, à la vie, la vraie. Je suis ressortie du cinéma le sourire aux lèvres et, quelques jours après, au moment où j’écris ce billet, je me souviens avec beaucoup de plaisir du jeu de Karin Viard.

Aifelle a beaucoup aimé elle aussi.

Les beaux jours – Marion Vernoux

Caroline (Fanny Ardant) vient de prendre sa retraite après avoir exercé pendant des années le métier de dentiste. Ses filles lui ont offert un abonnement dans un club de retraités. Pour faire plaisir à toute la famille, elle se rend à quelques cours mais la poterie, le théâtre et l’informatique, ce n’est pas franchement son truc. Et les petits malheurs des uns et des autres encore moins !

C’est dans ce club que Caroline fait la connaissance de Julien (Laurent Lafitte), un animateur beaucoup plus jeune qu’elle. Il pourrait même être son fils. Caroline revit. Cette histoire d’amour à priori sans lendemain la bouleverse plus qu’elle ne le pense.

Réflexion sur le couple, le temps qui passe, la vie tout simplement. Les beaux jours est un film qu’on regarde avec le sourire aux lèvres et qui donne envie de croquer la vie à pleines dents.

Fanny Ardant joue le rôle d’une femme équilibrée et bien dans sa peau qui tombe amoureuse d’un homme à femmes. Laurent Lafitte, interprète un homme qui, bien que coureur de jupons, semble sincère. La relation entre les deux amants est compliquée mais le film ne tombe pas dans le travers du pathos ou de la tragédie, même quand le mari de Caroline (Patrick Chenais) découvre qu’il est cocu.

Une jolie parenthèse, une bulle de légerté et un message tout en douceur sur le temps qui passe, voilà ce que nous offre Les beaux jours.

Couleur de peau : miel – Jung et Laurent Boileau

Adapté du roman graphique Couleur de peau : miel, ce film retrace les moments marquants de la vie de l’auteur. Né en 1965 à Séoul, Jung est adopté à l’âge de cinq ans par une famille belge. Comme lui, beaucoup d’enfants se sont retrouvés dans des orphelinats après la guerre de Corée et ont été ensuite adoptés dans différents pays à travers le monde.

Pendant longtemps, Jung ne se sent pas vraiment belge. Mais il cherche également à fuir tout ce qui peur lui rappeler ses origines coréennes. Souvent, il se demande si ses nombreux frères et soeurs le considèrent vraiment comme leur frère et si ses parents l’aiment. Il fait pas mal de bêtises à l’adolescence et ne réussit pas à se débarasser de son mal être. A l’âge adulte, il décide de partir dans son pays d’origine pour tenter de comprendre d’où il vient.

Mélangeant film d’animation et images d’archives personnelles, présent et passé, Couleur de peau : Miel aborde les thèmes de l’identité, du déracinement, de l’intégration, de l’amour maternel et de la famille.

Jung a une vision de sa propre existence très pessimiste et cela transparaît dans tout le film. Heureusement, l’humour et la poésie apportent un peu de légerté !

 

Sur la route de Madison – Clint Eastwood

Après la mort de Francesca, leur mère, Michael et Caroline découvrent tout un pan de sa vie qu’ils n’avaient jamais soupçonné.

Alors qu’ils étaient encore adolescents, ils sont partis de la maison pendant quatre jours avec leur père pour participer à une foire. C’est à ce moment là que Francesca rencontre Robert Kincaid, un photographe du National Geographic venu faire un reportage dans l’Iowa. Il est perdu en pleine campagne et lui demande sa route. Elle se propose de l’accompagner et, très vite, ils tombent fous amoureux l’un de l’autre.

Robert est divorcé et n’a pas d’enfant. Il lui demande de tout quitter pour venir vivre avec lui. Francesca se trouve alors confrontée à un cruel dilemme : abandonner mari et enfant pour partir avec Robert ou rester et renoncer à jamais à sa passion pour préserver sa famille.

Michael et Caroline, en découvrant cette histoire, revisitent leur histoire familiale et s’interrogent sur leur propre vie de couple.

Clint Eastwood, à la fois acteur et réalisateur, a su donner à une banale histoire à laquelle pas mal de couples doivent faire face, une vraie profondeur.

Sur la route de Madison soulève des questions importantes sur la passion amoureuse et l’enfermement auquel on peut se trouver confronté quand on est marié et que l’on a des enfants. Il traite également de l’engagement et des conséquences des choix que l’on fait dans sa vie.

Après avoir vu ce film, je me suis demandée ce que j’aurais fait à la place de Francesca et très honnêtement, je n’ai pas la réponse…

Polisse


Souvent, je vois les films avec un métro de retard… Polisse ne fait pas exception. Il faut dire qu’il faut un certain courage pour regarder bon nombre de scènes à la limite du supportable. Ce n’est pas un film à regardre à n’importe quel moment…
Parlons-en, justement, de ces scènes : des enfants victimes de maltraitances, de viols, d’incestes et des policiers de la Brigade de Protection des Mineurs qui font ce qu’ils peuvent pour sauver les victimes et faire condamner les coupables. Il en faut de la force pour faire un tel métier. Les moments de détente entre collègues, une histoire d’amour, quelques aspects heureux du quotidien permettent au spectateur de respirer un peu et de supporter l’horreur. Ouf !
La façon de travailler des policiers et les relations entre les membres de l’équipe sont sans doute caricaturales mais globalement, le film est réussit. Joey Star est vraiment bien dans son rôle de flic grande gueule au coeur sensible. J’ai eu du mal par contre avec la fin que j’ai intreprété dans un premier temps comme une violence de plus entièrement gratuite. En y réfléchissant, je la comprends un peu plus. Un suicide est très souvent imprévisible mais les éléments permettant de l’expliquer arrivent de manière un peu trop brutale et plaquée dans les 5 ou 10 dernières minutes.
Quoi qu’il en soit, c’est un film qui fait beaucoup réfléchir et que j’ai presque envie de revoir tout de suite car il se passe tellement de choses que je suis forcément passée à côté de certains détails.

La journée de la jupe

 

Depuis 2009, année de sa sortie au cinéma et en DVD, j’ai entendu parler de La journée de la jupe de nombreuses fois. J’avais envie de le voir et pourtant, je viens tout juste de le découvrir. Comme vous pouvez le constater, je suis toujours l’actualité cinématographique de très près !

Pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, c’est l’histoire de Sonia Bergerac -Isabbelle Adjani- une jeune prof qui enseigne le français dans une banlieue difficile. Son mari vient de la quiiter, ses élèves ont d’autres préoccupations que l’école, elles est sans cesse chahutée et elle n’arrive pas à prendre le dessus. Alors qu’elle tente de faire un cours sur le théâtre, elle surprend un élève avec une arme dans son sac. Elle veut la récupérer, un coup part, Sonia Bergerac est à bout de nerfs, elle pête un plomb et se sert de l’arme pour prendre ses élèves en otage.

Raconté comme ça, ça ne donne peut être pas trés envie. Vous en avez peut être un peu marre de ces films où il est question de profs, d’élèves difficiles, de banlieue, etc. Mais La journée de la jupe vaut vraiment le coup d’être vu. A travers cette prise d’otage, c’est le combat d’une jeune femme pour le respect de la laicité et de l’égalité entre les hommes et les femmes qui est raconté. Les filles qui ne peuvent pas s’habiller comme elles veulent par peur d’être considérées comme des putes, les plus faibles qui se font marcher dessus par les plus forts, la peur, le chantage, la manipulation : tout cela est inadmissible à l’école comme en dehors.

Bien entendu, c’est parfois un peu caricatural, notamment au niveau de la réaction des collègues d’Isabelle Bergerac, de la gestion de la prise d’otage par les flics ou encore de l’attitude de la ministre qui se rend sur les lieux. Mais Isabelle Adjani, et surtout les élèves, sont formidables. Et puis, le message est important, trés important.

La journée de la jupe, un film de Jean-Paul Lilienfeld.

Looking for Éric – Ken Loach

Encore un film sorti il y a plusieurs années (2009) et que je n’avais jamais vu…

Eric travaille comme postier à Manchester. Il vit seul avec ses deux fils qui ne respectent rien et lui rendent la vie impossible. L’aîné fréquente des gangsters et cache une arme dans sa chambre. Les collègues d’Eric, eux, essaient de l’aider comme ils peuvent depuis qu’ils ont remarqué qu’il n’allait pas bien du tout.

L’homme a également une fille d’un premier mariage. C’est en gardant sa petite fille qu’il est obligé de reprendre contact avec sa première épouse et replonge dans un passé très douloureux.

Dans les moments où il est au plus mal, Eric a des hallucinations et discute avec son héros de toujours, le footballeur Eric Cantona. Ce dernier lui donne des conseils pour sortir de son état et se reprendre en main.

Beaucoup d’humour dans ce film. De l’humanité et de la solidarité également. J’ai beaucoup aimé !

A bout de courses – Sidney Lumet

A bout de course est un film de Sidney Lumet sorti en 1988. Je ne l’avais jamais vu et j’ai eu l’occasion de le découvrir sur grand écran cette semaine. Un vrai coup de coeur !

Arthur et Annie Pope vivent cachés sous de fausses identités depuis le dérapage d’un attentat contre la guerre du Vietnam auquel ils ont participé il y a de nombreuses années. Le FBI est à leur recherche car un gardien est mort lors de l’explosion. Ils doivent donc régulièrement changer de nom et de domicile avec leurs deux garçons.

Au début du film, ils fuient encore une fois, s’installent dans une nouvelle ville et s’appellent désormais Manfield. Danny (le beau River Phoenix), leurs fils aîné, a 17 ans et vit assez mal la situation. Il en a marre de devoir toujours mentir et de ne pas pouvoir établir de vraies relations d’amitié. Passionné de musique, il fait connaissance de Lorna Philips, la fille de son professeur.

Petit à petit, Danny devient adulte et sa vie change. Ses parents ne peuvent plus lui demander de vivre dans les mêmes conditions que lorsqu’il était enfant.

Road movie, thriller politique, film de fugitif, romance adolescente, drame familial, A bout de course appartient à tous ces registres. Les parents, en raison de leurs convictions politiques, imposent à leurs garçons une vie anormale pour des enfants. Cela ne les empêche pas de les aimer, bien au contraire, et de prendre des décisions importantes pour préserver les liens familiaux. Certaines scènes sont très émouvantes et montrent toute la complexité de la situation.

Dans ce film, j’ai retrouvé avec bonheur les coupes de cheveux et les tenues vestimentaires des années 1980. Les lunettes énormes, les jeans mal coupés, les slips kangourous… ça paraît lointain mais c’est toute mon enfance !

Bref, A bout de course est un film que je vous recommande vivement si vous ne l’avez pas déjà vu !

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