Le mystère de la chambre noire – Serge Rubin

Nous sommes en 1908 et l’arrivée de forains ne passe pas inaperçue dans le petit village vendéen de La Barre de Monts. Touristes et locaux font la queue pour entrer sous le chapiteau monté sur la place et assister à leur première représentation du cinématographe. Jeanne, la fille du médecin du village a réussi à tromper la surveillance de son père et à se faire inviter par Clément, le fils du patron. Elle découvre pour la première fois les images animées et participe même au tournage d’une séquence de quelques secondes.

Tout cela n’est pas du tout du goût du père de Jeanne qui a encore en mémoire les morts lors d’une projection à laquelle il a assisté il y a de nombreuses années. En effet, le technique est dangereuse et les produits utilisés fortement inflammables. Jeanne doit donc user de subterfuges pour que son père ne sache pas ce qu’elle fait lorsqu’il est occupé avec ses patients au cabinet. Si il savait qu’elle tient parfois Clément par la main et qu’elle se déguise en garçon pour ne pas être reconnue, il serait encore plus furieux ! Nous sommes au début du XXème siècle et les jeunes filles de bonne famille ne peuvent pas se permettre n’importe quoi.

Le personnage de Jeanne est intéressant. Être une femme à l’époque où elle vit n’est pas toujours simple. Elle ne peut porter un pantalon que pour faire du vélo et doit respecter une certain nombre de convenances. Cela ne l’empêche pas d’avoir son caractère et de revendiquer le même traitement que les garçons : « Vous m’énervez avec vos histoires qui ne sont pas pour les filles… On croirait entendre mon père ! Nous sommes en 1908. Il est temps que le monde change… Je suis aussi capable que Clément de vivre une aventure. » p. 133.

Une nuit, un coup de feu éclate dans la chambre du père de Clément et Jeanne va la vivre, l’aventure. Le roman prend alors un virage et laisse la place à une enquête policière qui met un peu de piment à l’histoire mais se résout malheureusement un peu trop facilement.

Si l’intrigue est assez convenue, Le mystère de la chambre noire n’en reste pas moins un petit livre agréable à lire. Les pages se tournent facilement, l’aventure est au rendez-vous et le lecteur est plongé dans une époque lointaine, celle du début du cinéma.

RUBIN, Serge, Le mystère de la chambre noire, Talents hauts, 2014.

Un film vraiment sympa à découvrir sans attendre !

Au grand désespoir de son père, ancien rugbyman, Tom est bon en math mais nul au rugby. Chez les Carnavero, pourtant, le ballon ovale est une affaire de famille. De père en fils, la passion se transmet et pas question de s’y soustraire. Jo va donc tout mettre en œuvre pour que son fils suive la lignée.



Un film tout simple, plein d’humour et de tendresse. Jo élève seul son fils et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a du tempérament ! Il est parfois un peu maladroit avec Tom dont la maman est décédée alors qu’il n’avait qu’un an mais heureusement pour la garçon, il y a pompon et le chinois -deux amis de son père- pour l’aider un peu.

Les personnages sont très attachants et pleins d’humanité. Les réflexions sur le sport et la vie en général sont très intéressantes. Le cadre -un petit village du Tarn- vraiment sympa. Bref Le fils à Jo est un film sans prétention mais c’est le meilleur que j’ai vu depuis plusieurs mois. Allez donc le voir, il passe encore au ciné !

Le fils à Jo, un film de Philippe Guillard avec Gérad Lanvin, Olivier Marchal et Vincent Moscato, tous excellents dans leur rôle!

Les amants de la terre sauvage – Katherine Scholes

Mara est mariée depuis trois ans à John. Elle a quitté sa Tasmanie natale pour venir vivre à ses côtés en Tanzanie. Ensemble, ils tentent de faire de leur lodge un magnifique lieu de repos pour amoureux de la faune sauvage. Mais très vite, Mara déchante et John, au lieu d’accueillir des touristes amoureux de l’Afrique, emmène des chasseurs sur les traces des éléphants, des lions et autres animaux de la savane. Les deux jeunes époux s’éloignent l’un de l’autre et les belles promesses du début de la vie à deux ont disparu.

Le lodge est au bord de la faillite lorsqu’une équipe de cinéma débarque complétement par hasard. John est absent et Mara doit prendre les choses en mains. Elle découvre qu’elle peut compter sur ses employés et devient une vraie « Bwana Memsahib ». Très vite, elle tombe sous le charme de Peter Heath, l’acteur principal.

 

Je vous l’accorde le titre, Les amants de la terre sauvage, est un peu craignos. Il est sans aucun doute digne des meilleurs Harlequins ! Mais le contenu est tout de même meilleur. Certes, ce n’est pas le roman du siècle mais parfois, ça fait du bien de ne pas trop réfléchir et de s’évader dans de magnifiques contrées. La vie quotidienne est décrite avec précisions, le thème du cinéma miroir aux alouettes esquissé et le cheminement intérieur de Mara réellement intéressant. Par contre, le happy end ressemble tellement à un conte de fées que c’est un peu énervant. Ben oui, quoi, ça se passe jamais comme ça dans la vraie vie ! Finalement, ce qui m’a le plus intéressée dans ce roman, ce sont les descriptions des paysages et les relations entre les différents personnages.

Pour Keisha, c’est « une lecture sympathique pour l’été ». La photo qu’elle a ajouté à son billet donne une bonne idée du cadre dans lequel se déroule le roman. Elle fait rêver.

Merci à et aux Éditions Belfond pour l’envoi de ce livre.

SCHOLES, Katherine, Les amants de la terre sauvage, Belfond, 2010.

Au temps du cinéma muet

Jun Nakayama, ex-star du cinéma muet à la retraite, se voit proposer un rôle par un jeune scénariste fin connaisseur du Hollywood du début du siècle. Au départ, il hésite à accepter cette proposition qui pourrait relancer sa carrière, arrêtée brutalement 40 ans plus tôt suite à une sombre histoire de meurtre -jamais élucidée- à laquelle son nom était associé. Puis, tout son passé lui revient en mémoire et l’envie de jouer à nouveau le titille.

Quand Chez les filles m’a proposé ce roman, je l’ai accepté car j’ai un vilain défaut : j’ai du mal à refuser un livre… Pourtant je ne suis pas du tout une adepte du cinéma muet. A vrai dire, je n’y connais rien du tout ! Avant de commencer ma lecture, j’avais donc un peu peur et j’étais à la limite de me maudire d’avoir accepté une telle offre !!!!

Mais dès les premières pages, je me suis laissée entraîner par ce récit et je me suis plongée avec enthousiasme dans les débuts du 7ème art. Vie des acteurs -réels ou fictifs-, relations avec les studios, gloire, fêtes, histoires entre les uns et les autres : tout y est ! Ce n’est cependant pas le seul aspect intéressant de ce livre qui évoque également la montée du racisme anti-japonais et propose une réflexion sur le temps qui passe, les regrets et la relation avec son propre passé. A cela, s’ajoute un peu de suspens, maintenu jusqu’à la fin ou presque, au sujet de l’arrêt brutal de la carrière de Jun et de toutes les raisons qui ont motivé ce choix. Bref, j’ai passé un agréable moment en compagnie de ce livre !

D’autres avis, assez inégaux : Amanda, Miss Alfie, Cathulu, Sylire, Clarabel, Leiloona, Ori et Lael.

REVOYR, Nina, Si loin de vous, Phébus, 2009.

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