Les pleureuses – Katie Kitamura

Suite à un coup de téléphone d’Isabella, sa belle-mère, la narratrice prend l’avion pour la Grèce. Christopher, son mari, ne donne plus de nouvelles. Ce qu’Isabella ignore, c’est que son fils et sa belle-fille sont séparés depuis six mois et que cette dernière ne savait même pas qu’il était partie en voyage à l’étranger. Continuer la lecture de « Les pleureuses – Katie Kitamura »

Heureux les heureux – Yasmina Reza

Le titre, inspiré d’une citation de Borges, donne le ton dès les départ. Heureux les heureux. Et les autres ? Forcément malheureux… D’ailleurs, le couple de la première de couverture n’a pas l’air très joyeux non plus…

A chaque chapitre, un narrateur différent prend la parole pour raconter un moment de sa vie et révéler ses pensées les plus intimes sur l’amour, le couple, la mort.

Il y a par exemple Robert Toscano qui s’engeule avec sa femme dans un supermarché et se comporte de manière odieuse.

Paola Suares, elle, fait l’amour à son amant dans le salon de l’appartement familial de celui-ci. Elle se demande si c’est lui ou sa femme qui a fait la décoration.

Dans un autre chapitre, une mère explique que son fils se prend pour Céline Dion depuis des années au point que, désormais, une hospitalisation en hôpital psychiatrique s’impose. Là-bas, les personnels soignants se moquent méchamment de celui qui signe des autographes comme s’il était la star de la chanson elle-même.

Raoul Barnèche, lui, est accro au jeux. Pendant une compétition de bridge, il se met en colère et mange le roi de trèfle parce que sa femme, qui est aussi sa partenaire, ne joue pas la bonne carte.

Bref, je ne vais pas vous raconter les 21 monologues à la tonalité tragi-comique de ce récit-choral. Les personnages, qui se croisent parfois pour diverses raisons, doivent tous faire face aux difficultés de l’amour et/ou de la vie de couple et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas trés optimiste !

Les tranches de vies exposées sont assez courtes. Quelques pages au maximum dans une écriture vive et concise. Je verrais très bien une adaptation au théâtre. D’ailleurs, l’auteur est connue aussi pour ses pièces.

Malheureusement, la qualité de l’écriture n’a pas suffi à me convaincre. Il n’y a pas d’histoire, pas d’intrigue. Et l’aspect tragique du couple et de l’amour prend beaucoup trop le dessus à mon goût.

Heureux les heureux fait partie de la sélection de février du prix Relay des voyageurs dont je suis partenaire. La page facebook du prix. Si vous êtes plutôt Twitter, c’est ici.

Lecture commune avec Stephie, Clara, Noukette, Cryssilda et Leiloona.

REZA, Yasmina, Heureux les heureux, Flammarion, 2013.

La femme gelée – Annie Ernaux

 

Dans La femme gelée, Annie Ernaux revient sur son enfance dans les années 1940 à Yvetot, en Haute-Normandie. Elle raconte également son adolescence et ses années d’étude à Rouen puis son mariage et la naissance de ses enfants. Elle essaie d’expliquer comment la petite fille dévoreuse de livres qui travaillait bien à l’école et qui a été éduquée pour être indépendante et libre est devenue une femme débordée menant de front vie professionnelle et familiale, sans avoir une minute pour elle. A la différence de son mari, elle ne met pas les pieds sous la table en rentrant du travail et n’a pas le temps de lire Le Monde : elle doit s’occuper des enfants, de la gestion quotidienne de la maison et aussi préparer ses cours puisqu’elle est enseignante. On est bien loin de l’égalité entre les sexes…

Annie Ernaux avait pourtant un bel exemple sous les yeux quand elle était jeune : son père cuisinait et sa mère ne ressemblait absolument pas à la maîtresse de maison idéale. Elle a tout de même reproduit le modèle de la société de son époque et a fini, malgré elle, par se résoudre à accepter son sort.

« Obscurément, en ces occasions, je sentais avec malaise que ma mère n’était pas une vraie mère, c’est-à-dire comme les autres. Ni pleureuse ni nourrircière, encore moins ménagère, je ne rencontrais pas beaucoup de ses traits dans le portrait-robot fourni par la maîtresse. » p. 55

« Dix ans plus tard, c’est moi dans une cuisine rutilante et muette, les fraises et la farine, je suis entrée dans l’image et je crève. » P. 57

« Elles ont fini sans que je m’en aperçoive, les années d’apprentissage. Après c’est l’habitude. Une somme de petits bruits à l’intérieur, moulin à café, casseroles, prof discrète, femme de cadre vêtue Cacharel ou Rodier au-dehors. Une femme gelée. » p. 178

La femme gelée a été pour moi une lecture coup de poing. Si on regarde la vérité en face, beaucoup de choses ont changé depuis l’époque dont Annie Ernaux nous parle dans ce livre mais il reste encore de très nombreux progrès à faire. L’égalité entre les hommes et les femmes, même dans notre société moderne, est encore bien loin d’être une réalité. Et je crois qu’il ne faut pas avoir honte de le dire, je partage certains de ces sentiments, je me suis même parfois retrouvée à travers elle…

ERNAUX, Annie, La femme gelée, Folio, 1988.

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