Jamais je n’aurai 20 ans – Jaime Martin

1936. Melilla, ville espagnole du Nord de l’Afrique. Isabel, couturière, veut apprendre à lire, gagner sa vie et être indépendante. Elle refuse de se marier avec le marchand de poisson du marché comme le souhaiterait sa mère et devient amie avec une bande d’anarchistes. Le coup d’État de Franco, suivi d’arrestations et d’exécutions en masse des opposants, l’oblige à quitter sa famille pour se réfugier chez une tante à Barcelone. Continuer la lecture de « Jamais je n’aurai 20 ans – Jaime Martin »

Guérilla Social Club – Marc Fernandez

Les cadavres de plusieurs anciens opposants aux dictatures d’Amérique latine des années 1970 et 1980 sont retrouvés dans un sale état à Madrid, Paris et Buenos Aires. Carlos, patron d’un bar madrilène exilé en Espagne depuis de nombreuses années, reçoit des menaces de mort et sait que son tour va arriver. Il refuse pourtant de révéler son passé à Diego, son ami journaliste. L’un et l’autre ne comprennent pas pourquoi des évènements si anciens ressurgissent à présent.

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L’anniversaire de Kim Jong-il -Aurélien Ducoudray et Mélanie Allag

Jun Sang, 8 ans, est né un 16 février comme Kim Jong-il, le dirigeant de la Corée du Nord. Dans ce pays, on ne fête pas les anniversaires excepté celui du chef dirigeant. Jun Sang a cependant l’impression que c’est lui qu’on célèbre un peu ce jour là.

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Celui-là est mon frère – Marie Barthelet

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Deux frères, deux fils d’un chef d’État d’Afrique, du Moyen-Orient ou de toute autre région du monde dans laquelle la démocratie n’a pas sa place. L’aîné est l’enfant biologique, le cadet a été adopté. Ensemble, ils font les 400 coups et se défient pour savoir lequel des deux est le plus impressionnable. Le cadet disparaît du jour au lendemain après avoir tué un homme et ne donne plus de nouvelles. Sa famille le soutenait pourtant.

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Sables noirs : 20 semaines au Turkménistan – Troubs

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Avant mon voyage en Asie centrale, je crois que j’aurais été bien incapable de situer le Turkménistan sur une carte. Depuis, je m’intéresse à toutes ces anciennes républiques soviétiques qui ont acquis leur indépendance dans les années 1990. Cette BD me tendait les mains sur une table de présentation à la médiathèque. Impossible de ne pas l’emprunter.

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Max – Sarah Cohen-Scali

Max -Konrad von Kebnersol pour les autorités- est un exemple parfait du programme Lebensborn initié par Himmler et mis en place dès 1933 en Allemagne. Il est né le 20 avril 1936, date anniversaire du Fürher. C’est pour cette raison qu’il a été baptisé par Hitler lui-même. Dès sa naissance, on l’a pesé, mesuré et observé sous tous les angles pour être certain qu’il répondait à tous les critères de perfection de la race aryenne et qu’il n’était pas nécessaire de l’éliminer.

Sa mère a été scrupuleusement sélectionnée par les nazis et son père est un soldat SS. Ils ne se connaissaient pas. Leur rencontre a été organisée pour qu’ils conçoivent un enfant et c’est tout. Comme toutes les femmes sélectionnées pour ce programme, la mère de Max l’a nourri pendant quelques mois au sein, sous étroite surveillance, dans un endroit conçu exprès pour élever la future élite de la nation. Ils ont ensuite été séparés de force et ont continué leur vie chacun de leur côté sans avoir de nouvelles l’un de l’autre.

A travers l’histoire de Max, ce sont toutes les atrocités commises par l’Allemagne nazie que Sarah Cohen-Scali donne à voir aux adolescents. Extrêment bien documenté, il couvre la période 1936-1945, de l’apogée du Reich à sa défaite. Le lecteur découvre l’endoctrinement et les conditions dans lesquelles les enfants étaient éduqués par des nazis prêts à tout pour parvenir à leurs fins. La façon de penser de Max et son comportement font froid dans le dos. Tout petit, il est déjà conditionné. Ses réflexes dérangent et mettent mal à l’aise le lecteur. Max est un roman qui prend aux tripes et qu’on ne peut pas lâcher avant la fin.

COHEN-SCALI, Sarah, Max, Gallimard jeunesse, 2012.

Mapuche – Caryl Férey

Jana est une jeune écorchée vive. D’origine mapuche, elle a quitté sa communauté et la pampa pour venir vivre à Buenos Aires. Pendant trois ans, elle a étudié les Beaux-Arts et a été contrainte de se prostituer pour survivre. En pleine période de crise, la majorité de la population argentine vit sous le seuil de pauvreté. Jana, elle, loge désormais dans un squat et passe son temps à faire de la sculpture. Un jour son ami Paula l’appelle : Luz, travesti qui tapine souvent sur les docks avec elle, ne répond plus au téléphone. Elle est inquiète, ce silence n’est pas normal. Il a dû se passer quelque chose de grave.

Rubèn Calderon, rescapé des geoles de la dictature où son père et sa soeur sont décédés, est aujourd’hui détective privé. Depuis le retour de la démocratie, beaucoup de coupables de tortures ou de meurtres commis il y a trente ans n’ont pas été punis. Rubèn les traque et recherche aussi les enfants de disparus qui ont été adoptés par des gens proches du dicateur Videla. En ce moment, il enquête sur la disparition de Maria Victoria Campallo, fille d’un grand homme d’affaire argentin. A priori, pas de lien avec ses enquêtes habituelles. Ni de raison de croiser la route de Jana, la sculptrice. Mais…

Publié dans la collection Série noire chez Gallimard, ce roman plonge le lecteur dans l’Argentine des opprimés. Les mapuches d’abord, ce peuple que l’on a tué et chassé de ses terres. Les « subversifs » ensuite, c’est-à-dire tous ceux qui ont essayé de s’opposer de près ou de loin à la dictature dans la deuxième moitié des années 1970. D’un point de vue historique, Mapuche est donc trés intéressant.

Et forcément avec ce genre d’histoire, on ne peut éviter les scènes de violence et de torture. Caryl Férey n’épargne pas ses lecteurs, il vaut mieux le savoir ! La violence n’est cependant jamais gratuite. L’auteur l’utilise afin d’expliquer cette sombre période de l’histoire de l’Argentine dont les blessures ne sont pas refermées aujourd’hui encore.

Rubèn, le détective, en est d’ailleurs un exemple frappant. Les atrocités qu’il a subies l’ont marqué à jamais et sa vie est un combat permanent pour faire éclater la justice. Rien ne peut l’arrêter. Il est prêt à mettre fin à ses jours pour faire tomber les coupables. Jana, elle aussi a connu l’horreur et même plus encore. Ces deux là sont faits pour se rencontrer. Et quand on découvre leur histoire personnelle au fil du roman, on comprend mieux pourquoi ils deviennent si proches.

Caryl Férey entretient le suspens jusqu’aux dernières lignes et a su faire de Mapuche un thriller palpitant. Pour le plus grand bonheur de ses lecteurs !

Mapuche est le deuxième roman que je lis dans le cadre du challenge thrillers et polars.

FÉREY, Caryl, Mapuche, Gallimard, 2012.

Méto tome 1 – Yves Grevet

64 enfants -tous des garçons- vivent enfermés dans La maison. Ils ne connaissent rien de leur passé ni du monde extérieur. Par contre, ils savent tous que quand la planche de leur lit craquera, ils seront devenus trop grands et devront quitter cet endroit. Pour aller où ? C’est le grand mystère… En attendant, ils vivent dans un système carcéral et dictatorial. Encadrés par les Césars, leur quotidien est bien réglé. L’oisiveté n’a aucune place et les règles de vie sont très sévères. Heureusement, le sport leur permet de se défouler un peu.

Méto fait partie des garçons les plus âgés et doit prendre en charge un petit nouveau pour lui apprendre le fonctionnement de La maison. L’angoisse est palpable. Si le nouveau fait une bêtise pendant son initiation, c’est Méto qui sera puni.

Toute cette première partie permet à l’auteur de décrire minutieusement l’endroit et l’atmosphère dans lequel vivent les enfants. Elle est un peu longue à mon goût mais à partir du moment où Méto et d’autres enfants commencent à remmettre en cause le système et à s’organiser pour se révolter, je n’ai pas pu refermer le livre. Le suspens est à son comble à la fin et je crois que je vais enchaîner très vite sur le tome 2 !

GREVET, Yves, Méto 1, Syros, 2008.

Kamchatka – Marcelo Pineyro

Argentine, 1976. Quelques jours après le coup d’état militaire du Général Videla, la vie de Harry, 10 ans, bascule. Sa mère vient le chercher en plein cours. Il pense retourner très vite à l’école mais ils rejoignent son père et son frère dans la voiture. Toute la famille s’enfuit à la campagne sans même prendre le temps d’emporter quelques affaires. La papa, avocat, ne peut plus travailler. Les enfants ne voient plus leurs copains, changent de nom et ont interdiction de répondre au téléphone. Ils ne comprennent pas vraiment pourquoi mais le spectateur se doute très vite que les parents sont des opposants au nouveau régime au pouvoir.

L’angoisse est palpable mais cela n’empêche pas les grands moments de bonheur en famille. Les parents préservent au maximum leurs enfants de la situation difficile qu’ils sont en train de vivre. Harry n’a que 10 ans mais fait preuve d’une grande maturité. C’est un petit garçon courageux qui oscille entre l’enfance et l’adolescence. Simon, son frère, est trop jeune pour exprimer sa peur avec des mots. Du coup, il fait pipi au lit…

Lucas, un jeune homme mystérieux, vient vivre quelques temps avec la famille. Un soir, il doit partir. L’inquiétude est grandissante…

Un film bouleversant où tout est suggéré sans être jamais dit. La dictature, on ne l’a voit pas mais on la sent présente à tous les instants. C’est elle qui conditionne la vie de Harry, de Simon et de leurs parents. C’est elle qui est responsable de tous ces malheurs. Heureusement, Marcelo Pineyro a su donner à cette histoire touchante de la douceur, de la tendresse et même parfois de l’humour.

Kamchatka de Marcelo Pineyro avec Ricardo Darin et Cécilia Roth. Film argentin de 2002.

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