Sirènes – Joseph Knox

Aidan Waits, un flic au passé douloureux, alcoolique et accro aux amphétamines, vient d’être rétrogradé. Chargé de ramener chez elle Isabelle Rossiter, la fille d’un homme politique influent qui a fugué depuis un mois, il infiltre un milieu qui ne l’aide pas. A sa tête, Zain Carver, le chef de La Franchise, le plus gros réseau de Continuer la lecture de « Sirènes – Joseph Knox »

avant la chute – Fabrice Humbert

La volià enfin ma première lecture de la rentrée littéarire 2012 ! J’ai été largement influencée dans mon choix par les avis de Leiloona et de Laure, il faut bien l’avouer !

Tout commence dans la jungle colombienne. Une famille tranquille qui trime comme ça n’est pas permis pour survivre. Un mauvais choix du père (mais en avait-il d’autre ?), celui de cultiver de la cocaïne car il ne gagne plus d’argent avec le maïs. Et puis, tout bascule. Les paramilitaires débarquent, le père est tué froidement et le reste de la famille n’a plus d’autre solution que l’exil. Très vite, les deux soeurs, Norma et Sonia, se retrouvent seules sur les routes avec un seul objectif en tête, celui de rejoindre les Etats-Unis. 

A la même époque, au Mexique, le sénateur Fernando Urribal écoute de longs et ennuyeux dicours sur le danger des cartels et la lutte contre le trafic de drogue. Ancien policier, il a réussi à gravir les échelons au prix de nombreux efforts mais il est loin d’être clair dans de nombreuses affaires. Le pouvoir, le luxe et la luxure font partie de son quotidien.

Troisième histoire, troisième pays, la France et plus particulièrement la banlieue. Et toujours un point commun, la drogue. Naadir est intelligent et travaille bien à l’école. Son frère Mounir est loin d’être tendre avec lui à cause de cela. Dans la cité, l’aîné de la famille est un caïd. Mounir aimerait bien être associé à ses trafics. Naadir, lui, s’inquiète et assiste impuissant à l’embrasement de son univers quotidien.

avant la chute, ce seul titre suffit à deviner que le pire va arriver… Si au départ, on ne voit que la drogue comme point commun à ces trois récits, on se rend très vite compte qu’il y en a un deuxième, qui découle directement du premier : la tragédie. L’individualisme, la domination de la seule logique économique, la violence, le pouvoir de l’argent, la pourriture qui règne dans le monde contemporain sont décriés. Quand la spirale infernale va t-elle prendre fin ? Et que fait-on de l’Humain dans tout cela ?

Si le sujet est intéressant, le roman ne m’a cependant pas captivée. L’histoire de Sonia et Norma, ces deux jeunes soeurs encore naïves confrontées à un monde qu’elle ne soupçonne même pas, est poignante. Par contre, celle de Naadir est un peu cliché. Le jeune prodige qui ne peut pas faire ses devoirs et lire à la maison à cause de ses frères, petits trafiquants et grands zonards, c’est vu et revu même si c’est une triste réalité. Quant au personnage de Fernando Urribal, ce genre d’homme existe malheureusement en trop grand nombre sur notre planète et son histoire m’a quelque peu ennuyée. Dommage car il y a quand même de l’idée dans ce roman !

HUMBERT, Fabrice, avant la chute, Le passage, 2012.

1/7

Jours toxiques – Roxana Robinson

Julia Lambert est prof d’art à l’université et artiste peintre. Elle vit à New-York et possède une maison dans le Maine où elle passe ses vacances et trouve l’inspiration pour certaines de ses toiles. Divorcée, elle vit seule depuis un certain temps déjà. Cet été là, elle accueille ses parents pour quelques jours. La maison était déjà dans un triste état du temps où elle vivait avec Wendell, son ex-mari, alors maintenant… Son père, un vieil homme très autoritaire, ne se gêne pas pour observer tout ce qui ne va pas dans la maison de sa fille. Il remarque une fuite, ce qui a le don d’énerver Julia qui pense qu’elle l’aurait vu s’il y en avait vraiment une. Les rapports entre le père et la fille sont très tendus depuis des années. Avec sa mère, la situation est un peu plus facile même si cette dernière est atteinte de la maladie d’Alzheimer.

La vie de Julia et ses états d’âme : voilà en gros, à quoi sont consacrées les 120 premières pages de ce roman. C’est un peu long et on ne voit pas trop où l’auteur veut en venir. Pourquoi autant de détails sur l’état de la maison ? Pourquoi tant d’explications sur les rapports compliqués de Julia avec ses parents et sa sœur ? Quel est le rapport avec la toxicomanie de son fils dont nous parle la quatrième de couverture ? C’est un mystère et ça le restera jusqu’à la fin.

Dans la deuxième partie, le moment tant attendu arrive enfin. L’histoire décolle ! Steven, le fils aîné de Julia, décide de venir rejoindre sa mère et ses grands-parents dans le Maine. Il a vu son frère Jack à Brooklyn et Julia attend avec angoisse de ses nouvelles. Jack a toujours posé des problèmes depuis qu’il est petit. Ses parents ont tout fait pour lui mais il est devenu marginal et ils ne savent pas de quoi il vit. Ou du moins ne veulent pas savoir… Quand Steven apprend à sa mère que Jack est devenu héroïnomane, elle refuse de le croire et met sa parole en doute mais elle est finalement obligée de regarder la réalité en face. Jack se drogue depuis des années mais depuis quelques temps, il est passé à un autre stade. Il ment et trouve toujours des combines pour que ses parents lui donnent de l’argent. Steven est allé chez lui. Il l’a trouvé dans un état de saleté épouvantable. Son appartement ressemblait à une porcherie. Ce n’est plus le Jack que toute la famille a connu. Il est devenu une autre personne à cause de la drogue.

Julia appelle son ex-mari et ensemble, ils décident de réagir pour sauver Jack. Ils font appel à un spécialiste qui leur propose une médiation avant une cure de désintoxication. Toute la famille se réunit : Julia, et Wendell, Steven, les grands-parents et Harriet la sœur de Julia. Ce n’est que le début d’une longue descente aux enfers pour Jack mais aussi pour tous les siens. Cette médiation est l’occasion pour chacun de poser les choses et de se remettre un peu en question mais on ne voit pas ce que l’analyse des liens familiaux a à voir avec la toxicomanie de Jack. D’ailleurs on ne sait pas pourquoi le jeune homme est devenu héroïnomane. Sa famille est-elle en partie responsable ? On ne le saura jamais car Jack est incapable d’expliquer quoi que ce soit. Il vit dans un autre monde où la seule chose indispensable et de trouver la toxique substance que son corps réclame à tous prix.

D’un côté la description de rapports familiaux compliqués -mais pas plus que n’importe quelle famille- de l’autre un jeune homme qui court tout droit vers sa perte et des parents qui font tout pour sauver leurs fils, mais entre les deux, pas de lien. Alors soit il manque du sens à ce roman soit il n’y a pas vraiment d’explication à la toxicomanie de Jack. Dans les deux cas, c’est dommage d’écrire 580 pages pour en arriver là…

Ce livre a été chroniqué dans le cadre d’un partenariat avec
Chroniquesdelarentreelitteraire.com et Ulike.

ROBINSON, Roxana, Jours toxiques, Buchet Chastel, 2010.

Sex & Love Addicts – Lucia Etxebarria

Pumuky est le chanteur d’un groupe à la mode. Sexe, drogue et alcool font partie de son quotidien. A chaque concert, des dizaines de filles sont à ses pieds et certaines finissent dans son lit.
Le jour où il est découvert mort d’une balle en pleine tête, personne ne sait s’il s’agit d’un suicide ou d’un meurtre. Il faut dire que depuis très longtemps, Pumuky avait une vie chaotique et gardait en lui une part de mystère. C’était une personnalité complexe et assez énigmatique.

Neuf de ses proches -membres du groupe, ex maîtresses ou amis- donnent chacun à leur tour leur vision du jeune homme et de ce qui a pu se passer. Neuf parts de vérité…. Au fur et à mesure, le lecteur découvre une personnalité de plus en plus complexe, une vie de moins en moins simple et prend conscience que Pumuky a emporté à jamais avec lui sa propre vérité.

                                                      

La titre de la version française est vraiment racoleur et si l’auteur n’avait pas la réputation qu’elle a, je crois que je n’aurais même pas pris la peine de lire la quatrième de couverture. Lo verdadero es un momento de lo falso -Le vrai est un moment de faux- c’est tout de même mieux ! Quant à l’illustration de la première de couverture, je l’aime beaucoup mais associée au titre –Sex & Love Addicts– ça laisse penser à un roman sans consistance alors que ça n’est pas du tout le cas.

Fidèle a elle-même, Lucia Etxebarria écrit très bien et décrit avec talent la complexité des relations humaines sans jamais porter de jugement. Ses personnages sont toujours aussi surprenants et déjantés, pour mon plus grand bonheur !

« Vous savez, je vois chaque jour, dans mon travail, des gens qui souffrent et qui pleurent, et j’ai moi-même souffert beaucoup et pleuré beaucoup. Mon expérience professionnelle, mais aussi personnelle car il me semble avoir quelques années de plus que vous, me permet de vous assurer que ce qui nous fait souffrir se trouve en grande partie dans notre tête. Il y a, c’est vrai, des évènements réels qui nous affectent, mais la façon dont ils nous affectent dépend en grande partie de nous. » p. 191

« je l’ai écouté, oui, je lui ai consacré des heures et des heures et j’ai essayé de l’aider dans la mesure du possible. Mais on ne peut rien pour quelqu’un qui ne veut pas s’aider lui-même. » p. 211

ETXEBARRIA, Lucia, Sex & Love Addicts, Éditions Héloïse d’Ormesson, 2010.

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