Un paquebot dans les arbres – Valentine Goby

un-paqubot-dans-les-arbres-valentine-gobyMathilde Blanc est la cadette d’une famille de trois enfants. A sa naissance, son père espérait un garçon pour remplacer celui qui est mort cinq années auparavant. Annie, l’aînée, est celle qui a tous les droits, et notamment celui de danser avec le père les soirs de bal au café familial de La Roche-Guyon. Jacques est encore un bébé. Au milieu, Mathilde essaie d’exister aux yeux de son père. Elle rêve de danser avec lui, elle aussi.

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Pas assez pour faire une femme – Jeanne Benameur

Années 1970. Judith, dix-sept ans, entre à l’université et fait la rencontre d’Alain, un étudiant engagé politiquement, leader d’un groupe qui sa bat pour que des moyens décents soient accordés aux facultés. L’ombre d’un certain mois de mai plane encore sur la France…. La jeune fille tombe tout de suite sous le charme de cet homme et vit de véritables moments de bonheur avec lui.

Pourtant, régulièrement, ses démons l’assaillent. Judith appartient à une famille où le père, autoritaire et tyrannique, écrase tout le monde. Quand il rentre du travail, sa femme prend bien garde de ne pas l’énerver et de tout faire comme il le souhaite. Judith et sa soeur, elles, restent toujours dans le droit chemin. Aucune liberté, aucune place pour la réflexion personnelle. Et Judith ne se souvient plus ou à oublier mais son père a fait encore bien pire que cela….

L’entrée en fac, synonyme de chambre d’étudiant et donc d’indépendance, est une véritable bouffée d’oxygène pour la jeune femme. Aux côtés d’Alain, elle découvre l’engagement politique et construit sa propre pensée. Les deux amants partagent une passion pour la littérature et dévorent les grands auteurs. Petit à petit, Judith s’émancipe de sa famille et devient elle-même, même si le fond du lac n’est jamais très loin.

« apprendre c’est ouvrir la porte pour penser et […] c’est avec la pensée qu’on a une chance de vivre libre. » p. 86

Pas assez pour faire une femme raconte la transformation progressive d’une jeune fille en femme. Grâce à Alain, Judith grandit et entame un long chemin vers l’indépendance. Mais il en faut du temps avant de pouvoir accepter sa propre histoire familiale, d’aller de l’avant et de devenir soi-même.

Pour Judith, les livres sont des compagnons précieux au même titre que les Hommes. La dévoreuse de livres que je suis ne pouvait pas rester insensible à ces deux extraits :

« Et quand j’ai encore passé une salle nuit, je sais que si je prends un livre dès le réveil, ça ira mieux. Dans la lecture, je vais partir loin de ce qui me poursuit et qui n’a pas de visage. » p.22

« Si je me réveille la nuit, je sais que je peux replonger dans la lecture et que le soleil va me cueillir à nouveau, embarquée loin dans l’écriture d’autres que moi et parfois ramenée si près de moi que j’en suis boulversée, comme si le livre n’était que pour moi. Je ne sais pas comment font les auteurs pour arriver à ça mais c’est magnifique. » p.42

Quant à l’écriture de Jeanne Benameur, elle est encore une fois toute en retenue, en non-dit et en sensibilité. L’auteur nous livre ici un texte d’une force incroyable qu’il faut mettre entre toutes les mains, et particulièrement celles des jeunes filles qui ne se rendent pas toujours compte de l’importance de la liberté et de l’indépendance. Pas assez pour faire une femme est un roman qui fait réfléchir et fera échos chez bon nombre de femmes, c’est certain.

BENAMEUR, Jeanne, Pas assez pour faire une femme, Éditions Thierry Magnier, 2013.

La joueuse d’échecs -Bertina Henrichs

Eleni est femme de chambre dans un hôtel, sur l’île de Naxos, en Grèce. Un jour, elle découvre un échiquier dans la chambre d’un couple de clients français et, sur le moment, elle n’imagine pas que ce jeu va prendre une si grande importance dans sa vie. Alors que Panis, son mari,  joue au trictrac comme tous les hommes de l’île, Eleni décide de lui offrir un jeu d’échec pour son anniversaire. Ce dernier, surpris, le range dans un coin. Au bout de quelques temps, Eleni, décide de l’utiliser pour faire des parties contre la machine, en cachette de son entourage. Pour progresser, elle affronte Kouros, son ancien professeur. Mais très vite, le bruit se répand sur l’île et Panis devient la risée de tout le monde. Jusque là, Eleni était une femme bien comme il faut qui respectait les coutumes et les convenances de l’île. Une telle passion n’est pas admissible. On prend Eleni pour une folle et Panis se fâche. Les deux époux en sont arrivés au point de ne plus se parler. Eleni aimerait bien que les choses changent mais sa passion la dévore et elle ne peut s’empêcher d’apprendre les stratégies des manuels d’échecs. Elle est prête à n’importe quoi pour se rendre chez Kouros, son fidèle adversaire.

Voilà un roman qui trainait dans ma PAL depuis trrrrrrrrrrès longtemps. Depuis, le début de ce blog ou presque… A l’époque, j’allais sur un site de troc de livres. C’était pas mal d’ailleurs mais depuis le site a fermé et je n’en connais pas d’autres. Dommage !

Bref, je ne suis pas là pour raconter comment les livres arrivent chez moi mais pour vous parler de La joueuse d’échecs. J’ai beaucoup aimé l’histoire de cette femme qui s’émancipe petit à petit et qui trouve une fenêtre de liberté dans son quotidien monotone grâce aux échecs. L’écriture, simple et fluide, permet une lecture agréable même pour ceux qui n’y connaissent rien à ce jeu. Je regrette cependant que l’histoire ne soit pas un peu plus longue et un peu plus fouillée. Le dénouement est formidable mais j’aurais aimé en savoir un peu plus sur les réactions des habitants de l’île et de l’entourage d’Eleni. De plus, certains personnages secondaires mériteraient de prendre plus d’importance et quelques questions sont restées pour moi sans réponse. A quelle époque se déroule ce roman ? Pourquoi est-ce si mal vu de jouer aux échecs ? Pourquoi est-ce un symbole de l’émancipation ?

160 pages, c’est bien mais 300 ça aurait été beaucoup mieux !

HENRICHS, Bertina, La joueuse d’échecs, Liana Lévi, 2005.

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