Marx et la poupée – Maryam Madjidi

Iran, début des années 1980. Maryam Madjidi transporte dans ses couches des comptes rendus de réunions du parti d’opposition à Khomeny dans lequel ses parents militent. Son père et sa mère, certains que la milice n’irait pas fouiller un bébé, la prêtent même à d’autres militants. Continuer la lecture de « Marx et la poupée – Maryam Madjidi »

L’arabe du futur 3 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1985-1987) – Riad Sattouf

Riad, ce jeune garçon qui raconte sa vie et celle de sa famille dans la Syrie des années 1980, a 7 ans au début de ce troisième tome. Comme tous les enfants, il aime s’amuser. Il commence cependant à ouvrir les yeux sur le monde qui l’entoure. Ainsi, il se rend compte que la corruption règne dans le pays et que son père en profite lui aussi : professeur à l’université, il n’hésite pas à donner d’excellentes notes à ceux qui lui permettent d’améliorer son quotidien.

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Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill – Jean Regnaud et Emile Bravo

La rentrée des classes, ce n’est pas toujours un moment facile, qui plus est lorsque l’on ne connaît personne. Jean était en maternelle dans un autre quartier et se retrouve dernier dans le rang des CP. Il donne la main à un petit garçon, seul lui aussi, qui va rapidement devenir son ami. Quand la maîtresse demande à chaque élève son nom et la profession de ses parents, Jean sent l’anxiété monter en lui.  Que va t-il répondre à cette question ?

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Fils du feu – Guy Boley

Dès son plus jeune âge, il observe son père dompter le fer sous le feu de la forge. Assis sur un tas de ferraille, il regarde les coups de marteau qui frappent l’enclume au rythme des battements de son cœur. Le feu brille, les braises jaillissent. Jacky, l’employé taiseux dont on ne sait presque rien, impressionne l’enfant par sa force et sa prestance.

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Jacotte : 60 histoires à lire seul(e) ou accompagné(e) – Géraldine Collet et Estelle Billont-Spagnol

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Quel plaisir de découvrir les  histoires de Jacotte, une petite fille aux couettes orange qui n’a pas la langue dans sa poche. En vrai, elle s’appelle Jacqueline mais comme elle n’a pas envie de porter toute sa vie un prénom qu’elle n’a pas choisi, elle a décidé qu’on l’appellerait Jacotte.

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Petit pays – Gaël Faye

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Gabriel vit confortablement dans un quartier d’expatriés de Bujumbura, la capitale du Burundi, avec sa mère, une rwandaise d’origine tutsi, son père, un français installé dans le pays depuis longtemps et sa petite sœur Ana. Le jeune garçon passe son temps à traîner  avec sa bande de copains. Ils se réunissent dans un combi Volkswagen échoué sur un terrain vague ou volent des mangues dans les jardins. A la maison, les domestiques lui servent les petits plats qu’il aime bien et font partie de son quotidien. C’est le temps des bêtises et de l’insouciance.

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Mes secrets – Didier Lévy et Amélie Graux

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Un petite fille dévoile au lecteur ses secrets les plus intimes : son amour pour Antoine Bost, l’endroit où elle a enterré son trésor, le vol du stylo de Djamel, le plaisir qu’elle éprouve à jouer au garçon, la honte ou la jalousie qu’elle ressent parfois, sa peur d’être folle, etc. Chaque double page présente à gauche un secret et à droite des explications sur ce que la narratrice n’a jamais dit à personne.

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Le bébé et le hérisson – Mathis

C’est grâce à Jérôme, qui a glissé ce livre sous mon sapin à Noël dernier, que j’ai lu à ma fille son premier petit roman sans illustrations. Elle a été trés attentive à l’histoire de Jules, ce jeune garçon qui n’a pas la vie facile mais fait peuve d’un coeur en or.

Ses parents ne s’occupent pas de lui ni de sa soeur mais le pire, c’est qu’ils ne se réveillent pas quand Léo, le bébé de la famille, pleure la nuit. Ils le mettent également sur le palier et referment la porte quand il crie trop fort et qu’il les empêche de vaquer à leurs occupations.

Jules trouve refuge dans les livres. « J’ai bien envie de tout démolir. Heureusement, mon regard s’arrête sur le livre que je suis en train de lire. Posé sur mon lit défait, il semble m’attendre. Je l’ouvre et, au bout d’un chapitre, ma colère disparaît complètement. » (p.22-23). Le jour où l’école organise une sortie dans un village du livre, son père refuse qu’il y participe. Comment un père qui passe son temps devant la télé et une mère qui a les yeux sans cesse rivés sur les jeux vidéos peuvent-ils comprendre ce qu’apporte la lecture à leur fils ?

Malgré tous ses problèmes, Jules fait preuve de courage et de solidarité. On sent que c’est un petit garçon sensible et généreux, tourné vers les autres. Avec sa soeur Manon, ils s’occupent du bébé comme ils peuvent et tentent de vivre au mieux aux côtés de leurs parents défaillants.

Jérôme a raison, ce très court roman est une pépite. Réussir à faire passer un message si fort en si peu de mots et avec autant de finesse est vraiment extraordinaire !

J’ai été surprise de voir que ma fille, qui est en CP, avait finalement bien compris l’histoire qu’elle a d’ailleurs beaucoup aimé elle aussi. En refermant le livre, elle m’a fait un gros câlin et m’a dit, à propos des parents, « tu ferais jamais ça, toi, maman. Et papa non plus ». C’était un beau moment…

MATHIS, Le bébé et le hérisson, Thierry Magnier, 2015.

Deux familles pour Lulu – Agnès Lacor

Lulu vit en famille d’accueil. Il ne connaît pas son père et sa mère l’a eu tellement jeune qu’elle ne peut pas s’occuper de lui. Le roman débute par son arrivée dans une nouvelle famille. Lulu redoute le pire quand une grosse dame vêtue d’habits aux couleurs criardes lui ouvre la porte. L’odeur de choux qui règne dans la maison ne lui inspire rien de bon non plus. Le jeune garçon a eu de nombreuses expériences malheureuses en famille d’accueil alors on comprend aisément ses réticences.

Pourtant, cette fois-ci, la famille est chaleureuse. Monique ne cuisine pas si mal que cela et son mari est plutôt sympathique. Deux filles et un autre garçon sont également placés dans cette famille. Petit à petit, Lulu trouve sa place parmi eux et se fait de nouveaux amis à l’école.

Parfois le week-end, il voit sa maman. Quand celle-ci lui annonce ses projets pour l’avenir, Lulu a peur et se pose beaucoup de questions. Heureusement, Monique et son mari sont bienveillants et l’aident à aller mieux.

Deux familles pour Lulu est un roman jeunesse qui se dévore. Les dernières pages sont vraiment émouvantes. Certains trouveront le dénouement un peu trop facile mais un peu d’optimisme ne fait pas de mal et n’oublions pas que ce livre s’adresse à de jeunes lecteurs à partir de 9-10 ans.

Ces lecteurs, qu’ils soient en famille d’accueil ou non, s’identifieront facilement à Lulu. Les doutes par rapport à soi-même et aux autres, l’amitié, les relations familiales sont des thèmes universels. A découvrir sans hésiter donc !

LACOR, Agnès, Deux familles pour Lulu, Bayard, 2014.

Profession du père – Sorj Chalandon

Premier roman de la rentrée littéraire pour moi et premier coup de coeur !

Profession du père ? C’est une question que les enseignants posent souvent aux enfants dans les fiches de renseignement de début d’année scolaire. Émile, le narrateur, pourrait écrire parachutiste, agent secret, footballeur ou encore professeur de judo. Mais jamais il ne connaîtra le vrai métier de ce père qui vit dans un autre monde et l’entraîne avec lui dans sa folie.

André Choulans impose aux siens un huit-clos, une prison en guise d’appartement. Pas de liens avec la famille, jamais personne à la maison, uniquement le père, la mère et le fils. Avant de rentrer chez lui, il s’assure que personne ne le suit, écoute aux portes pour vérifier que tous les bruits de l’immeuble sont habituels.

Émile et sa mère s’efforcent de ne pas faire de bruits et de ne pas attiser sa colère. André peut entrer sans prévenir dans une colère monstrueuse et devenir violent dans les mots comme dans les actes. Émile en fait régulièrement les frais.

Le roman pourrait alors tomber dans le pathos. Mais la force de l’écriture de Sorj Chalandon, surtout lorsque l’on sait que ce livre est en partie autobiographique, est d’éviter cet écueil. André entraîne son fils dans des histoires d’espionnage qui n’ont ni queue ni tête pour le lecteur adulte. Pour le narrateur, c’est tout autre chose. Il y croit tellement dur comme fer qu’il est bien décidé à participer à l’assassinat du Général de Gaulle.

Dans la dernière partie, le récit laisse une large place à la voix d’Émile devenu adulte. On pense alors à la force de résilience de cet homme qui s’en veut de toujours d’aimer son père. Mais là encore, nulle haine, nul pathos.

L’écriture est d’une force incroyable. On partage les crises d’asthme de l’auteur, on souffre avec lui, on tremble. Mais on a parfois aussi envie de rire (jaune) des histoires folles inventées par ce père malade.

J’ai eu un véritable coup de coeur pour ce roman et j’ai envie de dire à tous ceux que l’aspect autobiographique fait fuir qu’il faut oublier cela. Pas un seul instant je me suis demandée si tel ou tel épisode était réel ou non. Je l’ai lu en apnée et ce n’est qu’après l’avoir refermé que j’ai fait quelques parallèles avec les autres romans de Sorj Chalandon. Ce que je retiendrai finalement de cette histoire c’est que le narrateur a réussi à devenir un homme heureux et profondément humain malgré tout.

Une lecture commune avec Enna et de Thiphanie.

Leiloona et Laure ont également eu un coup de coeur pour ce livre. Gambadou a beaucoup aimé.

CHALANDON, Sorj, Profession du père, Grasset, 2015.

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