Deux Bibles pour jeunes parents

Quand j’étais enfant, voire même adolescente, ma mère lisait des livres sur le métier de parents du genre Françoise Dolto. Aujourd’hui, je fais de même et je comprends combien ça fait du bien de se rassurer un peu et de dédramatiser. Ce ne sont pas tout à fait les mêmes livres -quoi que…- mais les générations se suivent et se ressemblent !

Ma première « Bible » a été écrite par le pédiatre américain Brazelton. Dans le premier chapitre, on trouve des informations sur les points forts du développement de l’enfant de la naissance jusqu’à 3 ans. ça permet de mieux comprendre ce que vit son petit baby et par conséquent de prendre du recul sur certaines situations. Dans le deuxième chapitre, les principaux problèmes auxquels peuvent être confrontés les parents ainsi que les crises que les enfants traversent sont abordés : pleurs, énurésie, discipline, chantage affectif, hospitalisation, maladie, estime de soi, rivalité entre frères et sœurs, troubles de sommeil, etc. Enfin, dans le troisième chapitre, Brazelton propose quelques réflexions sur le alliés du développement de l’enfant : parents, grands-parents, amis, gardes d’enfants et médecin.

Les exemples et les petits tuyaux pour aider les parents sont nombreux. Je sens que je vais relire plusieurs fois certains chapitres au fil des semaines ou des mois en fonction de mes petits tracas du moment… Et j’achèterai sans doute le tome 2 -pour les enfants de 3 à 6 ans- d’ici quelques temps !

BRAZELTON, T. Berry, Points forts : De la naissance à 3 ans, Le livre de poche, 2009.

Ma deuxième « Bible » n’est pas tout à fait du même niveau que le Brazelton mais n’en reste pas moins intéressante. Le titre, Petits tracas et gros soucis de 1 à 7 ans : Quoi dire, quoi faire ?,en dit long… Les chapitres sont très courts, rapides à lire et facile à consulter. Les  aspects majeurs de la vie quotidienne sont évoqués et des conseils simples à mettre en œuvre sont proposés. Voici les principaux sujets abordés : l’autorité, la discipline, les principes d’éducation, la nourriture, le sommeil, les bobos, la tétine, le doudou, le pouce, la propreté, l’école, les amis, la séparation, l’autonomie, le sens du danger, les relations familiales, le divorce, les familles recomposés, la sexualité, la mort, la maladie, etc.

Le petit plus de ce livre, ce sont les conseils de lecture proposés à la fin de chaque chapitre. Il y en pour tous les âges et aussi pour les parents !

BRUNET, Christine, SARFATI, Anne-Cécile, Petits tracas et gros soucis de 1 à 7 ans : Quoi dire, quoi faire ?, Le livre de poche, 2010.

Akissi Attaque de chats – Abouet et Sapin

Akissi est une jeune ivoirienne pleine de vie prête à toutes les bêtises possibles. Elle organise des séances de Ciné home payantes pour ses copains du quartier avec son frère Fofana en l’absence des parents. Elle décide de s’occuper du bébé des voisins sans leur demander l’autorisation parce qu’elle a abîmé son poupon en tirant dessus et que c’est tout de même mieux d’avoir un vrai bébé ! Elle perd Boubou, son singe de compagnie. Etc.

Dans ce premier tome des aventure d’Akissi, Marguerite Abouet et Mathieu Sapin proposent sept courtes bande dessinées amusantes mettant en scène le quotidien d’une petite fille dans un quartier d’Abidjan. Les historiettes sont toutes inspirées de l’univers graphique de Clément Ourberie dans la série Aya de Yopougon. On retrouve également cette Afrique colorée et joyeuse que Marguerite Abouet sait si bien mettre en scène. Attention cependant, les adultes risque de s’ennuyer un peu : c’est vraiment une BD pour jeunes lecteurs.

L’avis d’Emmyne.

ABOUET, Marguerite, SAPIN, Mathieu, Akissi : Attaque de chats, Gallimard, 2010.

Le fond de la jarre – Abdellatif Laâbi

Namouss évoque ses souvenirs d’enfance à Fès, au Maroc, au milieu du siècle dernier, juste avant la fin du protectorat.

Celui que l’on surnomme à l’époque moustique passe beaucoup de temps à jouer dans la médina avec ses copains et ne connait pas les quartiers modernes de la ville. Son père est artisan au souk et sa mère, Ghita, s’occupe de lui et de ses nombreux frères et sœurs. Le portrait de cette femme au caractère bien trempé est d’ailleurs remarquable. Ses coups de gueule sont monumentaux et semblent avoir marqué à vie le narrateur qui les raconte avec beaucoup d’humour.

Namouss se remémore également son entrée à l’école, le stress des débuts puis la joie d’apprendre le français. Le livre se termine sur les premiers incidents liés à la lutte pour l’indépendance du Maroc et à la fin du protectorat français.

Des personnages originaux, un galerie de portraits tous plus surprenants les uns que les autres, un monde foisonnant, une vie débordante de multiples petites choses : ce livre avait tout tout me plaire mais il m’a ennuyée. Le rythme est lent et les tranches de vie se succèdent sans que la mayonnaise prenne. Dommage !

D’autres avis ici.

Merci à pour l’envoi de ce livre.

LAABI, Abdellatif, Le fond de la jarre, Folio, 2010.

Ida B. – Katherine Hannigan

Ida B. est une petite fille pleine de vie qui passe son temps à s’amuser dans les arbres, à se promener dans la nature ou à se baigner dans la rivière en compagnie de Rufus, son chien baveux. Elle aime beaucoup planifier les choses et se sent perdue dès qu’elle ne peut pas établir à l’avance le programme de ses journées. Suite à une expérience douloureuse vers l’âge de cinq ans, ses parents ont décidé qu’elle n’irait plus à l’école et qu’ils lui feraient cours eux-mêmes.

Quand sa maman tombe malade, la vie d’Ida B. bascule d’un coup. Son papa décide de vendre une partie du verger et de la renvoyer à l’école. Mais Ida B. est bien déterminée à ne pas se laisser faire et à résister avec ses moyens, même si elle est obligée d’adopter une attitude qui ne lui plaît pas vraiment et qui lui donne mauvaise conscience.

 

Un roman agréable et léger qui parle d’un sujet grave -la maladie- avec beaucoup d’humour. Ida B. est une petite fille au caractère bien affirmé et au début, elle a beaucoup de mal à comprendre que sa maman est malade. Elle en veut à ses parents de ne pas tenir leurs promesses et décide que quoi qu’il arrive, elle ne sera pas heureuse, ni à l’école ni à la maison. Elle fait donc des choses qui ne lui ressemblent pas mais grâce à la patience et à l’écoute attentive de sa maîtresse, elle va réussir à surmonter ses difficultés. Les parents, eux, sont un peu absents mais dans un tel contexte, c’est parfaitement compréhensible.

Ida B. est très intelligente et porte un regard pertinent sur le monde qui l’entoure. Dommage que cet aspect de sa personnalité soit un peu trop mis en avant. On voit arriver de loin le happy-end et on sait d’avance que sa réflexion va lui permettre de retrouver la raison et de comprendre ses parents et son entourage.

Au final, un bilan mitigé !

HANNIGAN, Katherine, Ida B. … et ses plans pour s’amuser à fond, éviter les désastres et ‘éventuellement) sauver le monde, Seuil, 2005.

%d blogueurs aiment cette page :