Marx et la poupée – Maryam Madjidi

Iran, début des années 1980. Maryam Madjidi transporte dans ses couches des comptes rendus de réunions du parti d’opposition à Khomeny dans lequel ses parents militent. Son père et sa mère, certains que la milice n’irait pas fouiller un bébé, la prêtent même à d’autres militants. Continuer la lecture de « Marx et la poupée – Maryam Madjidi »

Un royaume pour deux – Marin Ledun

En vacances chez sa grand-mère, à la campagne, Lola profite de la nature et grimpe dans le vieux cerisier depuis lequel elle domine les environs. L’arbre ne produit plus beaucoup de fruits mais la jeune fille a tout de même repéré une belle grappe de cerises épargnée par les oiseaux. Assise sur une branche, elle aperçoit Continuer la lecture de « Un royaume pour deux – Marin Ledun »

Voici venir les rêveurs – Imbolo Mbue

Grâce à son cousin Winston et au prix de beaucoup d’efforts pour faire des économies, Jende Jonga réalise son rêve : quitter son Cameroun natal pour venir vivre aux États-Unis. Continuer la lecture de « Voici venir les rêveurs – Imbolo Mbue »

Désorientale – Négar Djavadi

desorientaleAlors qu’elle attend, seule, dans la partie réservée à la procréation médicalement assistée de l’hôpital Cochin à Paris, Kimiâ repense à son pays d’origine, l’Iran. Là-bas, cette salle d’attente ressemblerait à un joyeux foutoir dans lequel tout le monde se parlerait. On n’hésiterait pas à manger ou à raconter sa vie à un inconnu. Grâce à des allers-retours entre passé et présent, Kimiâ revient sur son histoire familiale, permettant ainsi au lecteur de comprendre qui elle est et comment elle s’est construite.

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Frères d’exil – Kochka

57457La pluie s’abat si fort sur l’île de Nani qu’elle va finir par disparaître sous les eaux. La montagne glisse et s’effondre dans la vallée. Un seul pas dehors et les habitants sont trempés jusqu’aux os. Nani et les siens n’ont pourtant plus le choix, ils doivent sortir et affronter les éléments pour rejoindre le port et monter à bord d’un bateau qui les emmènera ailleurs.

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Antonio ou la résistance : de l’Espagne à la région toulousaine – Valentine Goby et Ronan Badel

1939. Antonio vit avec sa mère et sa soeur à Barcelone. Jorge, son père, un résistant républicain, a été contraint à l’exil en France après la victoire de Franco. Sa plus jeune soeur est du côté de Valence, chez ses grands-parents. Sa mère a été obligée de l’envoyer vivre là-bas car le manque de nourriture dans la capitale catalane commençait à avoir de sérieuses conséquences sur sa santé.

Quelques temps plus tard, Antonio, sa mère et son autre soeur sont eux aussi obligés de quitter l’Espagne : Franco bombarde Barcelone. D’abord envoyés dans un camp en Haute-Garonne, ils réussissent à rejoindre Argelès sur mer où est enfermé Jorge. La famille est séparée depuis trois ans mais ne peut toujours pas vivre réunie. Les réfugiés espagnols sont considérés comme des indésirables et Jorge restera derrière les barreaux tant qu’il n’aura pas trouvé de travail.

La réédition en poche ce court roman (48p.) est l’occasion pour les adolescents de découvrir, à travers la vie d’un enfant, un pan méconnu de notre histoire et de celle de l’Espagne. La façon dont notre pays a traité les exilés en lutte contre le franquisme est une honte. Enfermés dans des camps, leurs conditions de vie étaient inhumaines. On le dit peu mais c’est une triste réalité. En fin d’ouvrage, quelques pages documentaires permettent d’approfondir le sujet et les évènements historiques évoqués dans le roman.

GOBY, Valentine, BADEL, Ronan, Antonio ou la résistance : de l’Espagne à la région toulousaine, Autrement, 2014.

« La saga Mendelson » #1

La famille Mendelson est une famille d’origine juive dont le passé, tourmenté, est indiscutablement lié à l’histoire du siècle dernier. Mêlant habillement extraits de journaux intimes, photographies, dessins, interviews et narration, Fabrice Colin nous raconte toute l’histoire de cette famille au destin hors du commun. La mode du docu-fiction à la télévision a peut-être influencé la manière d’écrire ce livre. En tous cas, les similitudes sont nombreuses.

Tout commence en 1895, à Odessa. Isaac Mendelson est horloger. Il travaille bien et mène une existence tranquille avec sa femme et ses deux enfants. En 1905, tout change : c’est la mutinerie du cuirassé Potemkine et le pogrom. Isaac prend conscience qu’il faut fuir le pays et emmène toute sa petite famille dans des conditions extrêmement difficiles à Vienne. Là-bas, il faut refaire sa vie, repartir de zéro. Les enfants -David et Leah- grandissent et s’adaptent plus facilement que leur maman qui a perdu la joie de vivre depuis qu’elle a quitté son pays natal. Mais le bonheur -relatif puisque les Mendelson sont en exil- est de courte durée et encore une fois, l’histoire va rattraper la famille. C’est le début de la première guerre mondiale et David à l’âge d’aller rejoindre l’armée…

A la fin de ce premier tome on est en 1929 et la famille vit aux États-Unis. Un décès, des mariages, des naissances, des disputes et des réconciliations : cette saga est pleine de vie et montre comment l’Histoire influence la vie des Mendelson. Il ne me reste plus qu’à aller à la médiathèque pour emprunter la suite, Les insoumis, qui se déroule sur la période 1930-1965.

L’avis de Keisha et celui de Theoma où vous trouverez des liens vers d’autres blogolecteurs.

COLIN, Fabrice, La saga Mendelson 1 : Les exilés, Seuil, 2009.

« Le temps des miracles » d’Anne-Laure Bondoux

Quatrième de couverture :

« Lorsque les douaniers m’ont
trouvé, tapi au fond d’un camion à la frontière française, j’avais
douze ans et j’étais seul. Je n’arrêtais pas de répéter « jemapèlblèzfortunéjesuicitoyendelarépubliquedefrancecélapurvérité « .

Je
ne savais pas que mon passeport était trafiqué, et en dehors de ces
quelques mots, je ne parlais que le russe. Je ne pouvais pas expliquer
comment j’étais venu du Caucase jusqu’ici, dans le pays des droits de
l’homme et de Charles Baudelaire.

Surtout, j’avais perdu Gloria. Gloria
Bohème, qui s’était occupée de moi depuis que ma mère avait disparu.
Avec elle, j’avais vécu libre, malgré la guerre, malgré les frontières,
malgré la misère et la peur. Elle me manquait terriblement, mais j’ai
toujours gardé l’espoir de retrouver cette femme au cœur immense, qui
avait le don d’enchanter ma vie.
« 

Comme Blaise-Koumaïl, le héros de ce magnifique roman, j’ai failli « attraper un désespoir ». Pas pour les mêmes raisons, pas parce que j’ai vécu la guerre, pas parce que j’ai connu l’exil, la misère, la faim, la solitude, la peur… mais parce que cette histoire est triste à en mourir. Comment un si jeune garçon peut-il subir autant d’horreur ? Forcément, on pense aux milliers d’autres enfants qui vivent dans des pays en guerre et dont l’histoire est semblable à la sienne…

Et puis, à la fin du roman, j’ai retrouvé l’espoir. Parce que l’amour d’une mère pour son enfant est plus fort que tout, parce qu’une femme est capable de déplacer des montagnes pour celui qu’elle a mis au monde, cette histoire est tragique et belle à la fois. Les dernières pages sont bouleversantes….

Si ce n’est pas déjà fait, je ne peux que vous recommander de lire Le temps des miracles.

Extraits :

« Chacun de nous cohabite avec ses fantômes, je le sais, et il ne faut pas trop les déranger, sous peine de réveiller les chagrins qui labourent la poitrine. » p.112

« Il faut bien inventer des histoires pour que la vie soit supportable, pas vrai ? » p.107

Lael, Clarabel, Lucie, BelleSahi, Gawou, Sylvie, Stephie et Leiloona l’ont lu aussi.

BONDOUX, Anne-Laure, Le temps des miracles, Bayard jeunesse.

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