Zigzags en France – Théophile Gautier

Une jolie quatrième de couverture qui a su me donner l’irrésistible envie de lire Zigzags en France :

« L’infatigable arpenteur des routes du monde que fut Théophile Gautier a
beaucoup « zigzagué » en France, selon une expression qui lui est chère. On
retrouvera dans cette anthologie la trace de cette bougeotte et de
cette curiosité insatiable : une excursion à Cherbourg, au
Mont-Saint-Michel ou encore dans Paris (tirée de Quand on voyage, 1865),
des divagations sur le Paris du futur (dans Caprices et Zigzags, 1852),
de longs détours dans les Vosges, au mont Blanc ou sur la Meuse
(extraits de Les Vacances du lundi. Tableaux de montagnes, 1881), une
errance vers Marseille (Loin de Paris, 1865).
Le style de l’auteur,
sa prose sensuelle et ce qu’il appelait ses « mots de lumière » donnent
du panache à ces déambulations. Car Gautier écrit comme un peintre ou un
photographe. Captés par son regard, un village, un paysage se
transforment aussitôt en scène ou en tableau. Comme les escapades qu’il
nous recommande, sa langue imagée vaut assurément le détour… »

En cette période hivernale, rien de mieux pour se remonter le moral que de partir en voyage avec Théophile Gautier en rêvassant aux futures promenades du printemps prochain.

« Mais la mauvaise saison nous chasse, il faut regagner en toute hâte nos quartiers d’hiver, où pendant de longues et froides soirées nous songeons encore aux beaux sites que nous avons parcourus. Leur souvenir plein de charme nous fera patiemment attendre les premiers beaux jours du printemps où nous reprendrons notre volée à travers ce beau pays de France, que le touriste dédaigne pour courir à l’étranger, à la recherche de ces aspects pittoresques et grandioses dont notre patrie regorge, mais que si peu connaissent. » p. 187

Mon escapade préférée, c’est Le Mont Saint-Michel sous les éléments déchaînés. Je ne l’ai jamais vu, le Mont, les jours de tempêtes mais je peux facilement l’imaginer. Théophile Gautier a su le traduire en mots d’une manière qui impose le respect… La balade du côté du Mont-Blanc vaut aussi le détour !

Autres aspect intéressant de cette anthologie, certaines des réflexions de l’auteur sur son siècle, le XIXème, sont toujours d’actualité 150 ans après. En voici deux exemples :

-« en ce siècle hâtif, à la respiration entrecoupée et haletante, qui s’essouffle pour arriver quelques minutes d’avance au but, il est agréable de prodiguer cette monnaie du temps, si précieuse aujourd’hui, et d’employer trois jours à ce qui pourrait se faire en trois heures. » p .70. Les progrès techniques sont moins rapides aujourd’hui mais on court toujours après le temps…

– « Des escouades de détenus, sous la surveillance de leurs gardiens, renforçaient avec des bottes de paille et de pierre la digue d’un terrain récemment conquis sur la mer« . p. 14. Au XXIème siècle, on construit encore et toujours de manière irraisonnée et après on pleure quand la nature reprend ses droits…

Une première de couverture qui donne tout de suite le ton des textes. Un merveilleux voyage à travers notre beau pays. Des nombreuses références littéraires et artistiques. Un écriture poétique qui suscite l’envie de flâner et d’observer le monde qui nous entoure.

Une jolie idée de cadeau pour amateur de littérature romantique je crois…

Merci à BOB et à François Bourdin Éditeur pour l’envoi de ce livre.

GAUTIER, Théophile, Zigzags e France, François Bourdin Éditeur, 2010.

Grands Zhéros de l’Histoire de France – Clémentine Portier-Kaltenbach

Tout le monde connaît les grands héros de l’histoire de France, ceux dont on parle dans tous les manuels scolaires, ceux que notre République honore régulièrement, ceux qui font toujours l’objet de livres ou de reportages télévisés alors qu’ils sont morts depuis longtemps. Mais connaissez vous Bazaine, Villeneuve, Chaumareys, Grouchy, ou encore Népocumène Lemercier ? Non, chers lecteurs, n’ayez pas peur, vous n’êtes pas des incultes. Si vous n’en avez jamais entendu parler, c’est parce que ces hommes ne sont pas des héros mais des zhéros, des anti-héros responsables de défaites ou de catastrophes, des nuls ou des lâches incapables d’assumer leurs missions.

Clémentine Portier-Kaltenbach a sélectionné les meilleurs d’entre eux et nous présente son palmarès avec tellement d’humour que tous ces grands imbéciles nous paraissent parfois sympathiques. Un peu comme le roi Dagobert qui a mis sa culotte à l’envers… Citons par exemple ce brave Kerguelen qui a clamé partout -et surtout devant le roi- qu’il avait découvert une île magnifique alors qu’il n’avait même pas mis le pieds dessus. En fait de pays des merveilles, il s’agissait d’une terre totalement hostile… Les littéraires dans l’âme apprécieront particulièrement la dernière partie où l’auteur présente les détracteurs de Voltaire et de Victor Hugo qui se croyaient très intelligents en les faisant passer pour des idiots. Incroyable mais vrai !

Un texte tout à fait abordable même quand on n’est pas spécialiste de l’histoire de France.

Merci à pour l’envoi de ce livre.

PORTIER-Kaltenbach, Grands zhéros de l’histoire de France, Jc Lattès, 2010.

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