Mattéo : Quatrième époque (Août-Septembre 1936) – Jean-Pierre Gibrat

Rien ne se passe comme prévu pour Mattéo, Robert et Amélie à leur arrivée en Espagne. Nous sommes en août 1936 et les trois amis apportent des armes aux républicains. Sauf que les fusils sont italiens et éveillent les soupçons. Continuer la lecture de « Mattéo : Quatrième époque (Août-Septembre 1936) – Jean-Pierre Gibrat »

Amère Russie – Doucoudray et Anlor

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Russie, milieu des années 1990. Volodia, parti faire son service militaire en Tchétchénie, ne donne plus de nouvelles. Sa mère est inquiète. L’armée lui refuse toute information, elle ne sait même pas si son fils va bien. Continuer la lecture de « Amère Russie – Doucoudray et Anlor »

Écoutez nos défaites – Laurent Gaudé

Assem travaille pour les services de renseignements français. Sans attaches, il parcourt le monde accomplissant des missions dangereuses et mettant sa vie en péril. Il a vu des gouvernements tomber, des hommes ne jamais se relever et des vainqueurs finir vaincus. Tout cela pourquoi ?  Les années passent et Assem est désabusé. « qu’avons nous réussi ? A quoi obéissons-nous ? » (p.204) : ces questions tournent en boucle dans son esprit.

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Coquelicots d’Irak – Brigitte Findalky et Lewis Trondheim

Brigitte Findalky, coloriste mariée à l’auteur de bandes dessinées Lewis Trondheim, est née à Mossoul en 1959 d’un père irakien et d’une mère française. Elle grandit en Irak  jusqu’en 1973, année de son exil en France. Dans ce livre, elle raconte son enfance, belle, insouciante, légère à l’image des coquelicots de la première de couverture. Mais malheureusement cette plante couleur sang est aussi fragile.

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Petit pays – Gaël Faye

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Gabriel vit confortablement dans un quartier d’expatriés de Bujumbura, la capitale du Burundi, avec sa mère, une rwandaise d’origine tutsi, son père, un français installé dans le pays depuis longtemps et sa petite sœur Ana. Le jeune garçon passe son temps à traîner  avec sa bande de copains. Ils se réunissent dans un combi Volkswagen échoué sur un terrain vague ou volent des mangues dans les jardins. A la maison, les domestiques lui servent les petits plats qu’il aime bien et font partie de son quotidien. C’est le temps des bêtises et de l’insouciance.

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Le Garçon – Marcus Malte

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Cher Garçon,

Je viens de parcourir 12, 44 km dans la forêt landaise en 1:26’42 soit une vitesse moyenne de 8,6 km/h. A peine mieux qu’un escargot ! Toi, l’enfant sauvage capable de sillonner la nature pendant des jours et des jours, sans rencontrer âme qui vive et en te nourrissant de ce que tu trouves sur ton chemin, ça doit te faire bien rire. Au moins, tu garderas tes remarques acerbes sur mon comportement de pauvre femme du XXIème siècle pour toi attendu que tu es muet et incapable d’exprimer un quelconque sentiment.

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De nos frères blessés – Joseph Andras

De nos frères blessés Joseph AndrasAlger, 1956. Le militant communiste Fernand Iveton pose une bombe dans son usine. Son but n’est pas de tuer mais d’alerter les autorités françaises qui refusent d’entendre la volonté d’indépendance d’une grande partie de la population algérienne. Arrêté avant l’explosion de la bombe, il est torturé puis condamné à mort.

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Retour à Killybegs – Sorj Chalandon

Dans Mon traître, Antoine, un luthier français s’éprend de l’Irlande du Nord et de ses habitants. Il devient ami avec des membres de l’IRA et notamment avec Tyrone Meehan, l’une des grandes figures de cette organisation militaire qui lutte contre la présence britannique dans le pays. A l’âge de 80 ans, l’homme avoue qu’il a collaboré avec l’ennemi pendant plus de vingt ans. Antoine ne comprend pas comment son ami a pu le trahir, lui et toute la communauté irlandaise.

« Savez vous ce que disent les arbres lorsque la hache entre dans la forêt ? Regardez ! Le manche est l’un des nôtres ! » Un mur de Belfast.

Dans Retour à Killybegs, c’est Tyrone qui prend la parole. Réfugié dans la maison de ses parents, il revient sur son enfance et sur le combat de toute une vie :

« Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L’IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n’ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j’en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et j’enrage. N’écoutez rien de ce qu’ils prétendront. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m’avoir connu. Personne n’a jamais été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd’hui, c’est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu’après moi, j’espère le silence. » p.31-32

Et le lecteur en viendrait presque à pardonner ou du moins à comprendre la trahison. Parce que la guerre, ce n’est jamais simple. Parce qu’on peut se trouver au mauvais endroit au mauvais moment et être pris dans un engrenage duquel il est quasi impossible de sortir. Parce que peut-être qu’on peut trahir pour de bonnes raisons…

A travers l’histoire de Tyrone, c’est aussi toute celle du conflit nord irlandais que l’on revit. Les actes de résistance mais aussi le quotidien d’une communauté qui vit avec la peur au ventre. Les humiliations, la prison, les exécutions, les grèves de la faim, les manifestations, les enterrements d’un côté. Le lait déposé par le livreur devant la porte, les bières, les pubs, la pluie et le froid, la misère, la solidarité, les enfants de l’autre.

L’auteur a couvert le conflit en Irlande du Nord pour Libération pendant de très nombreuses années. Il maîtrise donc son sujet. A travers ce roman, il raconte ce qu’on ne trouve pas dans les journaux. On est bien loin des grands évènements vus de l’extérieur et du sensationnalisme.

La fiction est un moyen pour Sorj Chalandon de nous faire toucher la guerre de près et de nous amener à réfléchir. Qu’est-ce qu’un traître ? Pourquoi trahit-on ? Où est la vérité dans un conflit armé ? Pas de jugement de valeur dans ce roman. Juste des questions soulevées auxquelles chacun apportera les réponses qu’il souhaite.

CHALANDON, Sorj, Retour à Killybegs, Le livre de poche, 2012.

Mon traître – Sorj Chalandon

Antoine est luthier à Paris. En 1975, célibataire, il s’offre un voyage en Irlande pour fêter ses trente ans. A Dublin, il se rappelle d’un de ses clients qui lui a dit que s’il ne connaissait pas le Nord, il ne connaissait pas l’Irlande. Sur un coup de tête, il décide de faire un aller-retour en train à Belfast. Il ne reste que 3 heures sur place mais cela suffit à changer à jamais sa vie.

Là-bas, il rencontre tout d’abord Jim O’Leary et sa femme qui l’invitent chez eux. Jim devient rapidement son ami. Antoine, qui séjourne chez le couple lors de ses voyages successifs, apprend que leur fils est mort sous les balles de l’armée britannique. Dans un bar, il fait la connaissance de Tyrone Meehan, une grande figure de l’IRA (armée républicaine irlandaise), qui a passé plusieurs années en prison pour raisons politiques.

Une amitié très forte se créée entre Antoine (désormais surnommé Tony) et Tyrone. Il faut dire qu’Antoine est tombé littéralement amoureux de l’Irlande du Nord, à tel point qu’en France, il finit par se couper de ses amis. Ces derniers ne comprennent pas son engagement corps et âme pour un pays et une cause qui lui sont totalement étrangers. « J’étais entré dans la beauté terrible et c’était sans retour » p 52.

Le lecteur sait dès le début que Tyrone commettra un jour l’irréparable. En effet, Tony le nomme « Mon traître ». Quelle sera la trahison ? Pourquoi ? Comment ? Autant de questions auxquelles on trouvera des réponses au fil des pages. Ou pas.

Ce roman s’inspire d’une histoire vraie, celle de l’amitié entre l’auteur, qui couvre le conflit en Irlande du Nord pour Libération à cette époque, et Denis Donaldson, un activiste républicain qui a trahi les siens pendant 20 ans. Sorj Chalandon connaît donc très bien son sujet. A travers le personnage de Tyrone, il nous permet de découvrir le clan des activistes. Tony, lui, à le regard de l’étranger un peu naïf qui essaie de comprendre sans juger. Mais peut-on réellement appréhender la guerre ? Est-il possible de comprendre l’un ou l’autre des opposants quand on n’appartient pas à l’un de ces clans ?

Plus que l’histoire d’un pays en guerre, Mon traître  est celle d’une amitié trahie. J’ai particulièrement aimé les réponses données par Sorj Chalandon quand Tony essaie de comprendre les raisons de cette trahison. L’ambiance du pays et les émotions des personnages sont merveilleusement dépeints. C’est un roman magnifique. Maintenant il ne me reste qu’à me précipiter sur la suite, Retour à Killybegs.

L’avis d’Enna, un des premiers sur son blog, celui de Moka et d’Alex.

CHALANDON, Sorj, Mon traître, Le livre de poche, 2009.

Azrayen’ – Lax et Giroud

Algérie, 1957. Le lieutenant Messonnier et ses hommes, des harkis, sont portés disparus depuis deux semaines. L’armée française, représentée par le capitaine Valéra, part à sa recherche dans les montagnes kabyles. Où est passé celui que la population locale a surnommé Azrayen’, l’Ange de la Mort ? A t-il été trahi par ses hommes ? A t-il été victime du FLN (Front de Libération Nationale) ? Est-il passé à l’ennemi ? Toutes les hypothèses sont permises…

Taklhit, une jeune institutrice berbère qui était la maîtresse de Messonnier, s’inquiète elle aussi. Elle est contrainte de participer aux recherches mais ne souhaite pas collaborer avec l’armée. Indépendante, cultivée, elle ne se laisse pas dominer par les colonisateurs et ne cautionne pas certains comportements.

Quinze ans après la publication de cette bande dessinée, les choses n’ont guère évolué et la guerre d’Algérie est toujours un sujet difficile qui cristallise beaucoup de controverses et de tensions. Giroud réussit cependant ici à entrer dans le coeur du sujet sans vraiment porter de jugement. Son propos est de comprendre le point de vue des différents protagonistes. Il montre d’ailleurs très bien les nombreux désaccords que ce soit au sein même de l’armée française ou des indépendantistes. L’absurdité et la bêtise des comportements en tant de guerre sont mises en avant à de nombreuses reprises, jusqu’à atteindre des extrêmes dans le dénouement.

Les dessins de Lax, majoritairement de couleur ocre, sont très réalistes et collent parfaitement à l’image que l’on peut se faire de la Kabylie de l’époque. Les paysages, les habitations, les tenues vestimentaires, le froid, la terreur, la misère, la faim, la mort : tout y est. Et en plus, ça fourmille de détails !

La préface et l’annexe apportent de nombreuses informations complémentaires intéressantes, que ce soit au niveau historique ou au sujet de la construction du scénario. Cette bande dessinée exigeante, mélant documentaire et fiction, est à conseiller à tous ceux qui s’intéressent à la guerre d’Algérie.

LAX, Christian, GIROUD, Frank, Azrayen’, Dupuis, 2004.

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