Jane, le renard & moi, Isabelle Arsenault et Fanny Britt

Hélène est seule. Seule au milieu des autres élèves. Sur les murs des toilettes, elle lit « Hélène n’a plus d’amie » ou encore « Hélène pèse deux cent seize… et sent le swing ! ».  Cela dure depuis des mois et chaque nouvelle inscription, chaque nouvelle moquerie, lui provoque comme un trou dans la cage thoracique.

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Les filles de Brick Lane 1 : Ambre – Siobhan Curham

Les filles de Brick Lane, ce sont quatre jeunes londoniennes qui n’ont pas grand chose en commun mais forment un club secret dont le but est de vivre libre et de réaliser ses rêves.

Ambre aime les vêtements vintage et les citations d’Oscar Wilde. Elle rêve de se rendre sur la tombe de l’auteur à Paris. C’est elle qui est à l’initiative de ce club. En effet, elle se sent seule au lycée et aimerait bien avoir des amies. Les filles de sa classe se moquent d’elle car elle a deux pères. Ceci n’a jamais été un problème jusqu’ici mais depuis quelques temps, Ambre souffre de la bêtise humaine. De plus, elle se pose des questions sur l’identité de son père biologique.

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Le cœur est un muscle fragile – Brigitte Smadja

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Simon Peretti, 15 ans et demi, assiste impuissant à son lynchage médiatique sur Facebook. Répondre ne servirait à rien. Même Léonard et Nessim, ses deux copains d’enfance, ne le soutiennent pas. Du jour au lendemain, Simon est passé du statut de mec le plus populaire à celui de bête à abattre. Continuer la lecture de « Le cœur est un muscle fragile – Brigitte Smadja »

Les petites reines – Clémentine Beauvais

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Mireille, Hakima et Astrid ont été élues boudins de l’année par leurs camarades du collège-lycée Marie Darrieussecq de Bourg-en-Bresse. Les commentaires vont bon train sur les réseaux sociaux. Continuer la lecture de « Les petites reines – Clémentine Beauvais »

Ascenseur pour le futur – Nadia Coste

Connaître son avenir, savoir ce qu’on fera dans dix ou quinze ans, qui n’en a jamais rêvé ? Brett, le jeune héros d’Ascenseur pour le futur, a la chance d’en faire l’expérience.

Le roman commence en 1991. Brett va à l’école la boule au ventre. Des grands de troisième exigent chaque jour qu’il leur donne son goûter. Le jour où les gâteaux ne leur conviennent pas, il les jettent dans les toilettes et décident que Brett leur payera à chacun un pain au chocolat après les cours.

Brett n’a pas d’argent. Il décide donc de s’enfuir en courant à travers la zone industrielle où il habite. Il espère semer ses bourreaux en se cachant dans un entrepôt désaffecté. C’est à ce moment là qu’un inconnu vêtu de noir sort d’un ascenseur pas comme les autres. En effet, celui-ci permet de voyager vers le futur.

Voilà un petit roman de science fiction sympathique qui, sous son apparence parfois légère, parle de sujets importants: le harcèlement et la confiance en soi. Le héros est attachant tout comme les personnages secondaires qui gravitent autour de lui. Son voyage vers le futur entraîne un certain nombre de quiproquos mais lui permet surtout d’envisager la situation qu’il subit sous un autre angle. Le dénouement offre une belle dose d’optimisme et rassurera les jeunes lecteurs qui s’interrogent sur leur avenir. A découvrir à partir de 9-1O ans.

COSTE, Nadia, Ascenseur pour le futur, Mini Syros +, 2014.

Mots rumeurs, mots cutter – Charlotte Bousquet et Stéphanie Dubois

Léa est en troisième, c’est la rentrée et le beau Mattéo, un redoublant, est assis à côté d’elle en cours d’allemand. Solveig est un peu jalouse. Elle envoie des petits mots à Léa du genre « tu serais pas en train de me le piquer ? » mais elle trouve finalement un autre mec et Léa et Mattéo tombent rapidement dans les bras l’un de l’autre.

Les deux adolescents filent le parfait amour. Mattéo devient un peu plus entreprenant. Il voudrait un peu plus que des baisers et quelques caresses. Léa ne sait pas comment réagir.

Lors d’une soirée entre filles, l’adolescente joue à action ou vérité et, l’alcool aidant, elle se retrouve en train de faire un strip-tease devant ses copines. Elle ne s’aperçoit pas qu’on la photographie. Le lendemain, au collège, Mattéo refuse de lui parler. Léa est l’objet de moqueries et d’insultes qu’elle ne comprend pas jusqu’à ce que ses soi-disant copines lui expliquent la vérité. Pour Léa, c’est le début de la descente aux enfers.

Charlotte Bousquet et Stéphanie Dubois avaient déjà frappé fort en 2013 avec l’excellent Rouge Tagada. Mots rumeurs, mots cutters est tout aussi percutant. Cette fois-ci, c’est la thématique du harcèlement qui est abordée. A travers l’histoire de Léa, on voit bien qu’il ne faut parfois pas grand chose pour devenir une victime. Se sortir de la spirale infernale n’est pas simple et je crois qu’il n’y a malheureusement pas de recette miracle. Léa est enfermée dans son malheur. Elle a honte et n’ose pas parler. 

Le dénouement laisse un place à l’espoir mais son principal intérêt n’est pas là. Il montre que chacun, à son échelle, peut agir contre la harcèlement. Le ou les harceleurs sont coupables, bien évidemment, mais ceux qui restent passifs ont eux aussi leur part de responsabilité. Il suffit parfois de pas grand chose pour aider une victime.

Une BD à mettre entre les mains de tous les collégiens !

Les avis de S, Noukette, Jérôme, Leiloona et Stephie

BOUSQUET, Charlotte, DUBOIS, Stéphanie, Mots rumeurs, mots cutters, Gulf Stream, 2014.

Les heure souterraines – Delphine de Vigan

Mathilde élève seule ses enfants et travaille dans une grande entreprise. Cadre supérieur, elle est le bras droit de Jacques jusqu’au jour où celui-ci décide, sans qu’elle comprenne pourquoi, de lui faire vivre un véritable enfer. On lui enlève les dossiers importants, elle n’est plus invitée aux réunions, ne reçoit plus de mails, etc. Ses collègues se rendent compte de ce qui se passe mais ferment les yeux par peur de Jacques, par peur de perdre leur place. Mathilde, elle, s’enfonce de plus en plus dans la solitude et le mal être. Le harcèlement dont elle est victime la plonge dans une dépression profonde dont elle n’arrive pas à se sortir.

Thibault est médecin urgentiste à Paris. Depuis qu’il a décidé de quitter sa copine qui, semble t-il, ne l’aimait pas, il ne supporte plus de passer des heures dans les embouteillages pour aller visiter des patients. La misère, la solitude, la déshumanisation, tout cela l’affecte profondément. Lui aussi s’enfonce dans la dépression.

Mathilde et Thibaut vivent dans la même ville. Vont-ils se croiser ? Vont-ils pouvoir s’aider ? Il faudra attendre les dernières pages pour le savoir.

Avec un sujet pareil, vous vous en doutez, Les heure souterraines n’est pas un livre très joyeux. Il se lit pourtant d’une traite. On a envie que Mathilde s’en sorte. Son histoire tient d’ailleurs une place plus importante que celle de Thibault dans le roman. Tous les deux sont des victimes de notre société. La course à la performance, l’importance du paraître, le manque d’humanité, la solitude toujours plus grande malgrè la multitude, etc. En refermant ce livre, je me suis dit que je n’étais pas à l’abri, que tout cela pourrait m’arriver un jour, qu’il ne faut pas grand chose pour que tout bascule. Merci à Delphine de Vigan d’avoir écrit ce livre. Il est important de ne pas taire tout cela et d’avoir le courage de le dénoncer.

DE VIGAN, Delphine, Les heures souterraines, Lgf, 2011.

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