Les filles de Brick Lane 1 : Ambre – Siobhan Curham

Les filles de Brick Lane, ce sont quatre jeunes londoniennes qui n’ont pas grand chose en commun mais forment un club secret dont le but est de vivre libre et de réaliser ses rêves.

Ambre aime les vêtements vintage et les citations d’Oscar Wilde. Elle rêve de se rendre sur la tombe de l’auteur à Paris. C’est elle qui est à l’initiative de ce club. En effet, elle se sent seule au lycée et aimerait bien avoir des amies. Les filles de sa classe se moquent d’elle car elle a deux pères. Ceci n’a jamais été un problème jusqu’ici mais depuis quelques temps, Ambre souffre de la bêtise humaine. De plus, elle se pose des questions sur l’identité de son père biologique.

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Le cas Alan Turing : histoire extraordinaire et tragique d’un génie – Éric Liberge et Arnaud Delalande

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Alan Turing, mathématicien et cryptologue d’origine britannique, est considéré comme l’un des pères de l’informatique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est recruté par les services secrets de son pays et travaille à découvrir le code de l’Énigma, cette machine qui permet aux Führer de transmettre les ordres à ses troupes. Le cryptage de ce code change très régulièrement et Turing, entouré de toute une équipe, s’arrache les cheveux. Il réclame sans cesse de nouveaux moyens pour construire des machines dont la puissance de calcul supplante celle de l’homme. Sa hiérarchie se demande si son travail va aboutir ou si cet homme est un illuminé. De plus, son caractère peu conventionnel fait qu’il n’est pas apprécié de tous. Mais Turing finit par casser le code de l’Énigma, permettant ainsi aux alliés de prendre un avantage considérable sur les allemands. Continuer la lecture de « Le cas Alan Turing : histoire extraordinaire et tragique d’un génie – Éric Liberge et Arnaud Delalande »

En finir avec Eddy Bellegueule – Édouard Louis – Lu par Philippe Calvario

En finir avec Eddy Bellegueule a fait couler beaucoup d’encre l’année dernière, au moment de sa sortie. Tellement même que je n’avais plus envie de le lire. L’impression d’en savoir déjà beaucoup trop sur le livre. Et puis, sans doute, la peur de ce que je pourrais ressentir.

Il y a d’un côté ceux qui adorent et se retrouvent de près ou de loin dans ce transfuge de classe. Et de l’autre ceux qui détestent, se sentent mal à l’aise face à ce récit autobiographique ou pensent que l’image du milieu social dont il est question ici est caricaturale. Cette version audio m’a très vite permis de comprendre que je ferai plutôt partie de la première catégorie.

Édouard Louis raconte dans ce roman son enfance dans la campagne picarde. Très jeune, il comprend qu’il est différent des autres et fait tout pour ressembler aux garçons de son milieu. Ses parents, eux, n’acceptent pas ses manières efféminées et ses goûts différents. Les mots qu’ils prononcent à son égard sont aussi violents que des gifles ou des coups. Misère, alcoolisme, racisme puis, au collège, harcèlement en raison de son homosexualité, font partie du quotidien d’Eddy Bellegueule. Certaines scènes sont d’une violence effroyable, tant sur le plan physique que psychologique.

Le milieu décrit par Édouard Louis, je l’ai côtoyé de loin pendant mon enfance dans la campagne normande. J’en perçois encore aujourd’hui quelques signes chez certains de mes élèves. Et je sais à quel point ce qu’il raconte est vrai, à quel point ce monde est difficilement compréhensible. Les mots  sont souvent vains. Le fossé qui nous sépare infranchissable.

On a comparé Édouard Louis à Annie Ernaux. Si la seconde a nettement ma préférence, je ne peux qu’être admirative devant ces écrivains qui n’hésitent pas à se mettre à nu et à essayer de comprendre leur milieu et leur parcours.

J’ai beaucoup aimé le texte, le lecteur de la version audio m’a nettement moins convaincue par contre. Contrairement à Enna, Sylire et Sandrine, je trouve que certaines intonations sont forcées et que la lecture manque de naturel. Reconnaissons tout de même que la tâche était rude pour Philippe Calvario. Passer du langage populaire à un langage plus classique aussi fréquement n’est pas chose aisée.

Je pense que j’aurai beaucoup de mal à classer ce titre par rapport aux autres de la sélection du prix audiolib 2015. C’est un livre à part, inclassable. Il est impossible pour moi d’avoir un coup de coeur en raison du sujet. En revanche, je pense qu’il est important de le lire et de le faire lire.

LOUIS, Édouard, CALVARIO, Philippe, En finir avec Eddy Bellegueule, Audiolib, 2014.

Frangine – Marion Brunet

Joachim et sa soeur Pauline ont deux mamans. Ils vivent heureux au sein d’une famille unie. Leur vie ressemble à celle de n’importe quel adolescent.

Pour Joachim, qui est actuellement en Terminale, l’homsexualité de ses parents n’a jamais été un problème dans ses relations avec les autres. Ses amis proches sont au courant et s’il a dû faire face à quelques remarques désagréables durant sa scolarité, il ne s’est jamais laissé faire.

Pour Pauline, qui vient d’entrer en seconde, c’est plus compliqué. Jusqu’à la fin du collège, elle a vécu dans un cocon. Au lycée, ce n’est plus la même chose. Elle est victime de harcèlement et ne sait pas comment s’en sortir. Elle a honte et n’ose rien dire à son frère ou à ses parents.

Joachim, occupé par sa relation amoureuse avec Blandine, ne voit rien ou du moins, ne veut rien voir. Jusqu’au jour où il ne peut faire autrement que d’ouvrir les yeux.

S’il est question d’homoparentalité dans ce roman, ce n’est pas le seul thème intéressant. Le harcèlement est également traité avec beaucoup de justesse tout comme la relation entre frère et soeur ou la vie lycéenne.

Ce qui fait à mon sens la grande réussite de ce roman, c’est le point de vue narratif adopté. C’est Joachim qui raconte l’histoire, explique ce qu’il ressent et décrit les sentiments de sa soeur ou de ses parents. Le lecteur découvre donc le point de vue d’un enfant sur l’homoparentalité et d’un frère impuissant face au harcèlement dont sa soeur est victime mais aussi celui des différents protagonistes.

Les chapitres sont courts et il est difficile de refermer le livre avant la fin tant on a envie de savoir comment Pauline va s’en sortir ou comment son frère va réagir. Les deux personnages évoluent et grandissent au fil des pages. Ils sont vraiment intelligents et attachants.

Si vous n’avez pas encore lu ce livre, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

L’avis de Mirontaine.

BRUNET, Marion, Frangine, Sarbacane, 2013.

Bollywood apocalypse – Manil Suri

C’est le chaos à Bombay. La ville est la cible d’attentats pakistanais et tout le monde craint une attaque nucléaire. Certains quartiers sont désertés, les frappes aériennes contraignent les habitants à se terrer et hindous et musulmans se déchirent. Les hindous ont d’ailleurs rebaptisé la ville en l’honneur de Mumbadevi, leur déesse. Bombay s’apppelle désormais Mumbay.

C’est dans ce contexte de fin du monde que Sarita part à la recherche de Karun, son mari. Celui-ci est physicien et ne donne plus signe de vie depuis plusieurs jours. Il a quitté l’appartement pour se rendre à une conférence mais, aprés enquête, il semble que ce soit un mensonge. Que fait-il ? Pourquoi ne donne t-il pas de nouvelles ?

Lors de ses recherches, la jeune femme croise la route de Jazz, un jeune musulman qu’elle sauve d’un lynchage par les hindous. Celui-ci, sous le prétexte de l’aider et de la remercier, l’accompagne et prend des risques pour retrouver Karun avec elle. Mais assez vite Sarita a la puce à l’oreille. Qui est réellement Jazz ? Pourquoi est-il autant déterminé à l’accompagner ?

Le roman alterne les recherches de Sarita et de Jazz avec des retours dans le passé. Sarita se souvient de sa rencontre avec son mari, de la naissance du sentiment amoureux, de son mariage, de la découverte de l’autre et de la sexualité. Jazz, lui aussi, revient sur les quelques années qui ont précédé les attentats et sur sa propre histoire d’amour. Ces passages, d’une extrême sensualité, sont très réussis et intéressants. Les personnages dévoilent leur réelle personnalité petit à petit et ce n’est qu’à la fin que le lecteur découvre réellement qui ils sont.

Par contre, le contexte dans lequel se déroule le roman est totalement exagéré. A force de vouloir en faire trop dans l’apocalypse et dans la surenchère, ce n’est plus crédible. C’est vraiment dommage car le reste est passionnant.

SURI, Manil, Bollywood apocalypse, Albin Michel, 2014.

Rouge Tagada – Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Le jour de la rentrée, Alex repère tout de suite Layla et « son allure de gazelle un peu paumée ». Tout en discutant avec Benjamin et Jade, elle l’observe du coin de l’oeil. Un peu plus tard, elle découvre qu’elle est dans sa classe, la 4èmeD : chouette nouvelle !

Alex, qui n’a d’yeux que pour elle, ne sait pas comment lui parler. Un jour, la prof de français propose une sortie au théâtre. Les deux jeunes filles se découvrent un intérêt commun et, de fil en aiguille, deviennent les meilleures amies du monde. Alex a parfois envie de serrer Layla dans ses bras, de l’embrasser ou de lui sécher ses larmes quand elle est triste mais elle garde ses sentiments pour elle.

Tout bascule quand Layla tombe amoureuse d’un garçon….

Je ne vous en dis pas plus. Si vous voulez connaître la suite, il ne vous reste plus qu’à lire cette jolie BD ! Il y est question d’une adolescente qui cherche son identité sexuelle et qui découvre ses sentiments pour une autre fille, sentiments qui ne sont malheureusement pas partagés. Le livre traite donc de l’homosexualité féminine mais pas uniquement. Je dirais même que le sujet principal est la naissance du désir et des sentiments. L’homosexualité vient après, en second plan, et c’est tant mieux car le plus important n’est-il pas l’amour ?

Je dois avouer que j’ai été un peu déçue par le dénouement au départ et puis, en y réfléchissant, je trouve qu’il apporte un vrai plus à cette histoire. La fin est ouverte, laissant ainsi le soin au lecteur d’inventer celle qui lui convient. Je ne veux pas en dire plus ici de peur de vous gâcher le plaisir de la lecture mais je vous conseille vivement de découvrir Rouge Tagada.

Si mes souvenirs sont bons, c’est Noukette et Jérôme qui ont attiré mon attention sur ce livre. Il est désormais dans les rayons du CDI et je vais lui faire de la publicité, c’est certain.

BOUSQUET, Charlotte, RUBINI, Stéphanie, Rouge Tagada, Gulf Stream, 2013.

« Ginsberg et moi » de Frédéric Chouraki

Quatrième de couverture :

« Paris, années 90. Simon Glückmann est
gay, il a grandi et vit dans le Marais. Prédicateur stagiaire à la
synagogue du Temple, pigiste intermittent pour une revue féministe
radicale, il écume les lieux de débauche entre deux carpes farcies avec
amour par sa mère. Son cœur sec est tiraillé entre sa colocataire,
Chardonnay, évanescente institutrice en mal d’enfant, et Samuel
Rosenblatt, comédien rouquin amoureux de Woody Allen.

Sa vie bascule à la faveur d’une
rencontre improbable avec Allen Ginsberg, le poète de la beat
generation, dans un sauna spécialisé. Ensemble, ils ne tardent pas à
former le couple à la mode dans le Marais. Mais le barde aux faux airs
de messie défroqué est-il à la hauteur de sa légende ? And the Beat
goes on ? S’ensuit un curieux marché de dupes où l’on croit possible de
troquer une jeunesse stérile contre les oripeaux du mythe. Pour Simon,
c’est l’occasion d’un roman d’apprentissage pas très catholique sur un
joyeux air de klezmer. Mazel tov !
« 

Sexe, drogue, débauche, détournement des codes religieux juifs, interprétation très personnelle des textes sacrés par le héros, Simon : Ginsberg et moi est vraiment un roman anticonformiste. Le langage est souvent cru, les chapitres courts, le rythme soutenu, bref c’est un livre avec lequel on ne s’ennuie pas.
Oui, mais voilà, je n’ai pas vraiment accroché. Pour plusieurs raisons sans doute : je n’ai aucune connaissance en matière de culture juive et les références y sont nombreuses, le texte est sans doute un peu trop loufoque pour mon esprit rationnel et Simon est une personnage vraiment trop égoïste et ingrat avec son entourage à mon goût.

Un petit extrait, à prendre avec du recul bien entendu, mais qui m’a fait beaucoup rire :

« Pressé par Chardonnay de lui décrire les ressorts « de l’amour qui n’ose pas dire son nom », il avoue, un peu gêné, ne considérer ses partenaires que comme des corps avec organes, objets doués de chaleur, de fluides et d’orifices. Ainsi, loin de tempérer ses ardeurs, la vision blasphématoire du vieillard en position animale ne fait qu’exacerber son désir de luxure. Samuel l’aide, un temps, à assouvir cette terrible fringale, mais Simon, habitué à changer de monture à chaque saut de haie, préfère poursuivre son exploration des bas-fonds ». (p.55).

Je remercie Babelio et les Éditions du Seuil qui m’ont offert ce livre dans le cadre de l’Opération Masse Critique. C’est la deuxième fois que j’y participe et je dois dire que c’est vraiment très bien organisé !

CHOURAKI, Frédéric, Ginsberg et moi, Seuil, 2008.

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