Les vieux fourneaux 1 et 2 – Lupano et cauuet

Antoine vient de perdre sa femme Lucette. Ses deux potes, Mimile et Pierrot arivent en retard à l’enterrement. Mimile avait complètement oublié et était tranquillement installé dans son fauteuil à la maison de retraite quand Pierrot est venu le chercher. Les deux hommes font toute la route sur les chapeaux de roues en klaxonnant pour que les autres automobilistes se poussent et en faisant des queues de poisson mais cela ne pas suffit à rattraper le temps passé à trouver une vieille veste de costume et un pantalon trop court. 

Antoine ne s’offusque pas vraiment, il connaît bien ses deux amis d’enfance. Grâce à quelques plongées dans le passé, le lecteur les découvre en train de faire des bêtises au village puis, plus tard, adultes.

Lucette et Antoine travaillaient pour le laboratoire Garan Servier. Au bout de 10 ans, elle a décidé de quitter l’entreprise pour fonder le théâtre du loup en slip repris aujourd’hui par sa petite fille qui est enceinte. Antoine, lui, est resté chez Garan Servier.

Pierrot était un syndicaliste engagé. Aujourd’hui il fait partie du collectif de non-voyants anarchistes « Ni yeux ni maître » dont la spécialité est de s’incruster dans les réunions ou les réceptions pour mettre le bazar. Comme ce sont des vieux qui se font passer pour séniles, les services d’ordre ne savent pas trop comment réagir.

Mimile lui a beaucoup voyagé. Pourtant, à le voir comme ça, on ne dirait pas.

Les trois copains sont heureux de se retrouver mais ne se doutent pas qu’une enveloppe laissée par Lucette chez le notaire et qu’Antoine découvre après l’inhumation va les faire voyager en Toscane et vivre des aventures à rebondissements.

J’ai eu un vrai coup de coeur pour cette bande dessinée qui, derrière son apparente légèreté traite de sujets importants comme le capitalisme, la société de consommation, le troisième âge mais aussi, de manière plus générale, la vie. Le scénario de Lupano est vraiment très très fort. Je ne connaissais pas cet auteur mais je vais me pencher d’un peu plus près sur son travail.

Les dessins de Cauuet sont également une réussite. La silhouette des trois vieux est terrible, les expressions des visages aussi. L’humour est omniprésent et j’ai même éclaté de rire à plusieurs reprises.

Les caractères des personnages sont assez marqués mais ils cachent bien leur jeu et, au détour d’une planche, on découvre des aspects insoupçonnés de leur personnalité ou de leur passé. Avec ces trois là et la petite fille d’Antoine, le lecteur n’est pas au bout de ces surprises.

LUPANO, Wilfrid, CAUUET, Paul, Les vieux fourneaux 1 : Ceux qui restent, Dargaud, 2014.

LUPANO, Wilfrid, CAUUET, Paul, Les vieux fourneaux 2 : Bonny and Pierrot, Dargaud, 2014.

 

Nulle et Grande Gueule – Joyce Carol Oates

La Nulle, c’est le surnom que se donne Ursula Riggs, 16 ans, quand elle est de mauvaise humeur. Comme beaucoup d’adolescents, elle est mal dans sa peau. Ses rapports avec ses parents, et en particulier avec sa mère, sont compliqués. Au sein de son équipe de basket, elle est un des piliers mais a parfois tendance à se comporter comme si elle était toute seule sur le terrain. Et avec ses camarades de classe, elle n’est pas toujours aimable, c’est le moins qu’on puisse dire. Pas étonnant que beaucoup d’entre eux la fuient !

Pourtant, Ursula est une fille bien, indépendante d’esprit et prête à beaucoup de choses pour défendre ses convictions. Le conformisme et l’hypocrisie ne font pas partie de ses valeurs. Quand Matt Donaghy se fait accuser d’avoir voulu mettre une bombe dans le lycée, elle n’hésite pas à la défendre alors que les rumeurs vont bon train et qu’elle le connaît à peine.

Matt, lui, se surnomme Grande Gueule parce qu’il a parfois tendance à cacher sa véritable personnalité en se mettant en avant sans réfléchir. C’est d’ailleurs à cause d’une phrase de trop, prononcée à la cantine, qu’il se trouve maintenant dans un sale pétrin.

Nulle et Grande Gueule, premier roman jeunesse de l’auteur américaine Joyce Carol Oates, plonge le lecteur dans le monde de l’adolescence. L’auteur décrit avec talent les sentiments qui animent ses deux héros, Matt et Ursula. Les mots sonnent vraiment justes, l’humour est au rendez-vous et on tourne les pages avec enthousiasme. Un bémol tout de même : un chef d’établissement ferait-il intervenir la police sans même avoir mené une enquête en interne juste parce que des élèves du lycée accusent un autre de vouloir poser une bombe ? Pas certain…

Mis à part ce scénario de départ improbable, Nulle et Grande Gueule, est un roman qui mérite vraiment d’être lu par les ados mais aussi par les adultes !

OATES, Joyce Carol, Nulle et Grande Gueule, Gallimard jeunesse, 2002.

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