Il était 2 fois dans l’Ouest

Mes élèves me demandent souvent des romans qui font rire et où il y a de l’action. L’humour et l’aventure sont justement les deux principales caractéristiques de la collection Pépix des éditions Sarbacane. Après L’ogre au pull vert moutarde de Marion Brunet et La drôle d’évasion de Séverine Vidal je poursuis donc ma découverte de cette collection avec un autre titre de Séverine Vidal.

La mère de Luna est maquilleuse pour le cinéma. Elle vient d’obtenir un contrat pour un tournage en Arizona et, comme elle est en vacances, Luna l’accompagne pour un mois. Beaucoup d’enfants auraient sauté de joie à sa place mais Luna, elle, préférerait aller chez ses grands-parents puis chez son amie comme tous les ans. Elle a peur de rester enfermée dans la caravane à attendre sa mère. Elle ne se doute pas que c’est tout le contraire qui l’attend.

Dès son arrivée à Momument Valley, elle fait la connaissance de Josh, un jeune indien navajo de son âge. A ses côtés, elle découvre les croyances indiennes, les animaux sauvages et dangereux, un vieux cow-boy aussi fou que cruel et… l’amour !

Luna et Josh se retrouvent seuls en danger au plein coeur du territoire indien. Le milieu est hostile, il fait nuit, ils n’ont aucun moyen d’appeler au secours et ne savent pas comment se sortir de la situation catastrophique dans laquelle ils sont tombés. Heureusement, leur persévérance et leur sens de l’humour vont les aider.

Autour d’eux, gravitent de nombreux personnages secondaires comme la mère de Luna, le frère de Josh, le réalisateur du film ou Odette, la poule en peluche de Luna. L’ensemble est plein de peps et on ne s’ennuie pas un seul instant.

Une des élèves à qui je l’ai conseillé a couru après moi à deux reprises pour me dire qu’elle adorait. Pourtant, elle voulait un livre rapide à lire pour son travail de français et m’a dit ne pas aimer lire. Maintenant, elle vient tous les jours ou presque pour me demander si celui qui a emprunté La drôle d’évasion l’a rendu !

VIDAL Séverine, Il était 2 fois dans l’Ouest, Sarbacane, 2015.

Anuki 1 : La guerre des poules – Sénégas et Maupomé

Sans Noukette, je serais sans doute passée à côté de ce qu’elle qualifie à juste titre de « pépite jeunesse ». Et ma miss aussi ! Nous avons passé un agréable moment dans le hamac, toutes les deux, à lire cette bande dessinée sans texte. Et j’ai pu constaté qu’à 5 ans, elle avait un meilleur sens de l’observation que sa mère sacré sens de l’observation. Elle a beaucoup apprécié l’histoire de ce petit indien à qui il arrive tout un tas d’aventures.

Le lecteur découvre d’abord un Anuki boudeur, qui baisse la tête et avance sans se préoccuper de ce qui se passe autour de lui. Il rencontre un sanglier qui vient de faire caca au milieu du chemin. Et devinez qui marche dedans ? Anuki bien sûr. Énervé, le petit indien se prend les pieds dans les racines d’une souche d’arbre et se retrouve au sol, en larmes. Heureusement, sa maman vient le consoler et lui offre une petite statuette en forme d’oiseau. Anouki, tout heureux, poursuit sa balade jusqu’à ce qu’il tombe sur trois poules et un coq qui lui barrent le passage sur un pont. Qu’à cela ne tienne Anuki fonce dans le tas. Il n’avait sans doute pas prévu de rencontrer un arbre et de perdre sa statuette…

Les aventures ne s’arrêtent pas là pour Anuki mais ne comptez pas sur moi pour tout vous raconter ! Filez plutôt chez votre libraire préféré pour acheter cette magnifique bande dessinée.

Anuki est un jeune garçon vif et espiègle auquel les enfants s’identifient sans problème. Il n’y a pas un seul mot dans toute la bande dessinée mais cette absence de texte ne pose aucun problème tant les dessins sont dynamiques et expressifs. Anuki en colère, Anouki rieur, Anouki découragé, Anouki content de lui : même un enfant en bas âge décode facilement les sentiments du héros. Les animaux sont aussi très réussis, comme cette ours mécontent d’être dérangé ou ce sanglier qui montre les crocs.

L’humour est au rendez-vous à toutes les pages ou presque, ce qui ne gâche pas le plaisir, bien au contraire. Quant au dénouement, il montre combien toutes ces aventures sont importantes et permettent au petit indien de grandir.

J’ai découvert les éditions de La Gouttière récemment avec La petite famille et L’enfant cachée, deux albums que mes élèves de sixième s’arrachent. Anuki est une bande dessinée destinée aux plus jeunes mais qui est tout aussi excellente. C’est donc un éditeur que je vais désormais suivre de plus près.

Merci Noukette !

SENEGAS, MAUPOME, Anuki 1 : La guerre des poules, Les éditions de la Gouttière, 2013.

 

Le camps des morts – Craig Johnson

Le corps de Mari Baroja vient d’être retrouvé sans vie à la maison de retraite de Durant. Seul Lucian Connaly, ancien shérif et voisin de chambre de la vieille dame, s’obstine à penser qu’il s’agit d’un meurtre. Le shérif Walt Longmire n’a d’autre choix que d’écouter son ami et d’ordonner une autopsie. C’est le début d’une enquête qui va remuer un passé vieux de cinquante ans dans lequel Lucian a joué un rôle important. Mais les meurtres continuent et Walt va devoir comprendre le lien entre le passé douloureux de Mari Baroja et le présent. Comme dans Little Bird, son ami l’indien Henri Standing Bear est là pour l’aider et les paysages sauvages et enneigés donnent un cadre magnifique au roman.

Le camps des morts est le second volet des aventures du shérif Walt Longmire mais peut se lire indépendamment de Little Bird. J’ai enchaîné les deux et je dois dire que j’ai préféré le premier pour son dénouement totalement inattendu et son intrigue moins complexe. Peut être aussi que la découverte de l’univers de Craig Johnson et l’effet de surprise ont un rôle important dans cette préférence… En tous cas, le suspens, l’humour et les grands paysages de montagne sont toujours présents dans Le camp des morts, pour le plus grand bonheur du lecteur ! La parution du troisième volume, L’Indien blanc, est prévue pour avril et se déroulera cette fois-ci en ville, à Philadelphie, autour d’un réseau de trafiquants de drogue. Affaire à suivre…

JOHNSON, Craig, Le camps des morts, Gallmeister, 2010.

Un vieux truc indien – Craig Johnson

Le shérif Walt Longmire et son ami Lonnie Little Bird, en route pour Billings, s’arrêtent au Blue Cow Café pour manger un morceau. Ils s’aperçoivent très vite que le restaurant vient d’être victime d’un hold-up. L’adjoint du comté de Big Horn chargé de l’enquête pense tout de suite que le coupable est un indien. Il appelle également Lonnie « le vieil indien » alors qu’il connaît son nom. Le racisme a la vide dure… Walt et Lonnie décident de partir eux-même à la recherche du jeune homme qui a braqué le café et appréhendent un suspect en une vingtaine de minutes. Comment ont-ils fait ? Un vieux truc indien les a aidés…

Une courte nouvelle (8 pages) à la chute inattendue qui met en avant l’intellignece de Lonnie Little Bird et dénonce le racisme anti-indiens. Pour la lire, c’est gratuit et c’est ici.

JOHNSON, Craig, Un vieux truc indien, Gallmeister, 2010.

Little bird – Craig Johnson

Quatrième de couverture :

« Après vingt-quatre années passées au bureau du shérif
du comté d’Absaroka, dans le Wyoming, Walt Longmire aspire à finir sa
carrière en paix. Ses espoirs s’envolent quand on découvre le corps de
Cody Pritchard près de la réserve cheyenne. Deux années auparavant, Cody
avait été un des quatre adolescents condamnés avec sursis pour le viol
d’une jeune indienne, Melissa Little Bird, un jugement qui avait avivé
les tensions entre les deux communautés. Aujourd’hui, il semble que
quelqu’un cherche à se venger.
    Alors que se prépare un blizzard
d’une rare violence, Walt devra parcourir les vastes espaces du Wyoming
sur la piste d’un assassin déterminé à parvenir à ses fins.
    Avec Little Bird,
premier volet des aventures de Walt Longmire, Craig Johnson nous offre
un éventail de personnages dotés d’assez de sens du tragique et d’humour
pour remplir les grandes étendues glacées des Hautes Plaines.
« 

Des personnages remarquablement décrits, un cadre -le Wyoming, ses indiens et ses montagnes- magnifique, de l’humour, un shérif attachant, un dénouement totalement inattendu : j’ai dévoré ce livre du début à la fin.  Et vous savez quoi ? Je stresse un peu -beaucoup ????- parce que l’auteur vient rencontrer nos zélèves dans quelques jours !!!!

De nombreux avis ici.

JOHNSON, Craig, Little Bird, Gallmeister, 2009.

Loin du monde – David Bergen

Dans les années 1970, au Canada, Lizzy Bird passe l’été avec ses parents au Refuge, une espèce de communauté spirituelle à la campagne. Elle s’occupe beaucoup de ses frères pendant que sa mère soigne sa dépression auprès d’un gourou un peu étrange. Le père est présent mais subit la maladie de sa femme sans faire grand chose pour améliorer la situation.

Très vite, Lizzy fait la rencontre de Raymond Seymour, un jeune indien objiwé de 19 ans qui habite dans les environs. Elle tombe amoureuse de lui malgré toutes les différences qui les séparent. Il vit dans la misère et la médiocrité tandis qu’elle est blanche et ne manque de rien. Mais Lizzy est adolescente et à cet age là on a besoin de se confronter au monde pour prendre conscience de tout ce qui nous entoure. Le passage à l’âge adulte ne se fait jamais sans heurts… Le lecteur sait d’avance que cette histoire d’amour se finira mal. Lizzy ne s’en rend compte qu’à la fin…

Loin du monde aurait pu être une belle histoire d’amour sur fond d’adolescence, de racisme et d’injustice mais il ne se dégage aucune émotion positive de ce texte. De plus, il faut attendre la moitié du roman pour voir arriver un peu d’action. Heureusement car je pense que j’aurais abandonné avant la fin !

Les adultes ont tous des comportements étranges et parfois même affreux. Ce sont les innocents qui sont punis et le dénouement ne laisse aucune place à l’espoir. C’est vrai que c’est le reflet de notre société mais les dernières scènes m’ont laissée mal à l’aise.

Un lecture que je vais bien vite oublier. C’est dommage !

Merci à BOB et aux éditions Albin Michel pour l’envoi de ce livre.

BERGEN, David, Loin du monde, Albin Michel, 2010.

« Reine du fleuve » d’Eva Ibbotson

Maia, orpheline depuis peu, vit dans un pensionnat à Londres. Le jour où elle apprend que de lointains parents installés au Brésil sont d’accord pour l’adopter, elle accueille la nouvelle avec joie. Découvrir un pays si merveilleux, plein de plantes et d’animaux inconnus, c’est un véritable rêve pour la jeune fille qui traverse une période difficile.

Mais arrivée sur place, elle déchante très vite : ses cousines ,les jumelles ,sont de véritables pestes, sa tante passe ses journées à faire la chasse aux insectes avec l’aide de divers produits, son oncle collectionne les yeux et la nourriture est infecte car la famille refuse de manger local et importe tout d’Angleterre. En plus, Maia n’a pas le droit de sortir : l’extérieur c’est trop dangereux ! Avec les méchants indiens, on ne sait pas ce qui pourrait lui arriver ! Comble de l’horreur, la jeune fille finit par se rendre compte que son oncle et sa tante, endettés jusqu’au cou, sont uniquement intéressés par son argent.

Heureusement, Maia a quelques amis : Mlle Minton, la gouvernante de la famille arrivée en même temps qu’elle au Brésil, Clovis, un jeune acteur rencontré sur le bateau et Finn, un jeune indien qui connaît très bien le fleuve Amazone. Petit à petit, cette nouvelle vie si ennuyeuse va se transformer en une véritable aventure au cœur de la jungle.

 

Maia, est une jeune fille très curieuse du monde et des personnes qui l’entourent. Elle s’intéresse à tout et veut connaître les indiens qui vivent autour d’elle et que sa famille méprise avec tant de force. Dommage qu’elle soit parfois si naïve vis à vis des siens ! Heureusement Mlle Minton, gouvernante à la personnalité assez énigmatique, est là pour veiller sur elle.

Quelques petits « défauts » tout de même dans ce roman : les personnages sont assez caricaturaux, l’opposition entre le bien et le mal est  tellement franche qu’on a du mal à y croire et le dénouement est un peu trop moralisateur à mon goût. Les méchants sont sévèrement punis et les gentils récompensés : c’est trop beau pour être vrai !

Si on met de côté tout ça, c’est tout de même une histoire bien dépaysante qui entraîne le lecteur au cœur de la forêt amazonienne !

Merci à Faelys qui m’a offert ce livre dans la cadre du dernier swap auquel j’ai participé.

IBBOTSON, Eva, Reine du fleuve, Le livre de poche jeunesse, 2008.

« Le premier qui pleure a perdu » de Sherman Alexie

Junior, jeune Indien Spokane, n’a pas de bol dans la vie. Il est né dans une réserve minable où la misère et l’alcoolisme règnent en maître et il cumule tous les handicaps (myopie, petite taille, crane et pieds énormes par rapport au reste du corps, bégaiement, etc.) car il est né avec de l’huile dans la cervelle ! C’est un véritable bouc émissaire, victime de la violence de ses camarades.

Mais Junior n’est pas comme tous les autres indiens : il est intelligent et a un regard très lucide sur le monde qui l’entoure. Un de ses professeurs l’encourage donc à quitter la réserve pour aller au lycée de Reardan, un lycée de blancs bien meilleur que celui où il est actuellement. Une fois là bas, Junior est rejeté par les siens qui vivent son départ comme un trahison et n’est pas accepté dans sa nouvelle école où le racisme est monnaie courante.

Racontée comme ça, cette histoire peut paraître épouvantablement triste mais ce n’est pas le cas car Junior est un jeune garçon débordant de vie, de volonté, de combattivité et surtout d’humour. Les nombreux dessins qui accompagnent le texte m’ont parfois fait éclater de rire et même si Junior n’a pas une vie facile, on sait qu’il s’en sortira grâce à son optimisme.

Lire l’avis de Clarabel, celui de Gawou et de Faelys.

ALEXIE, Sherman, Le premier qui pleure a perdu, Albin Michel, 2008.

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