Le bateau-usine – Takiji Kobayashi et Gô Fujio

Dans le Japon des années 1920, les conditions de vie sont difficiles pour les hommes et les femmes des milieux ouvriers et paysans. Pour certains, trouver de quoi se nourrir est un réel problème. Alléchés par les promesses des recruteurs et fiers de travailler pour le bien de la nation, des hommes s’engagent donc à bord de bateaux-usines pour aller pêcher le crabe dans le Kamatchatka, une zone que les japonnais disputent aux russes. Takiji Kobayashi s’inspire de faits réels qui se sont déroulés à bord de ces bateaux pour écrire un roman (publié en 1929) qui sera ensuite adapté en manga. Continuer la lecture de « Le bateau-usine – Takiji Kobayashi et Gô Fujio »

Gen d’Hiroshima – Épisodes 1 à 4 – Keiji Nakazawa

Gen d’Hiroshima, dont le titre original est Hadashi no Gen et signifie Gen le va-nu-pieds, est un manga en dix épisodes qui raconte l’histoire d’un petit garçon et de sa famille juste avant, pendant et surtout après  l’attaque nucléaire d’Hiroshima le 6 août 1945. L’auteur, Keiji Nakazawa, s’est inspiré de sa propre histoire et affirme que 80% de Gen est autobiographique. Continuer la lecture de « Gen d’Hiroshima – Épisodes 1 à 4 – Keiji Nakazawa »

Monsieur Origami – Jean-Marc Ceci

Monsieur Kurogiku est arrivé en Toscane par amour il y a de nombreuses années. Il vit dans une ruine qu’il a transformée en modeste demeure. Le jour où le propriétaire viendra, il partira. En attendant, il médite devant une feuille de papier que le néophyte considère comme froissée et fabrique du washi, un papier japonais dont le secret de fabrication lui a été transmis par son père. Il garde les meilleures feuilles pour lui et vend les autres. Que fait-il avec ces feuilles ? De l’origami ! C’est là la véritable passion de Monsieur Kurogiku, passion qui lui vaut le surnom de Monsieur Origami dans le village. L’arrivée de Casparo, un jeune horloger qui chercher à dompter le temps, bouleverse ses habitudes et l’oblige à se confronter à son passé.

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Banzaï Sakura – Véronique Delamarre Bellégo

Sakura arrive du Japon et intègre la classe de Mme Louis. Joséphine, dite Jo, se lie très vite d’amitiè avec elle et Sakura est appréciée de tous sauf de Fabio et sa bande. Ce dernier se fait un malin plaisir à l’insulter et à se moquer d’elle. Il n’a pas très bonne réputation dans la classe et il est plus bête que méchant.

Sakura est calme, polie et bien élevée mais cela ne veut pas dire qu’elle se laisse faire. Bien au contraire, elle remet en place Fabio et sa bande plus d’une fois. Le jeune garçon ne comprend pas le message et, quand il traite Sakura de « Sexy sushi », c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La vengeance de la jeune japonaise sera aussi fine qu’efficace.

Banzaï Sakura est un roman jeunesse à lire à partir de 9-10 ans. Il permet d’avoir un aperçu de la culture japonaise, met en avant l’importance de l’amitié et surtout montre comment on peut répondre au racisme et/ou au harcèlement de manière intelligente.

Quelques bémols tout de même. C’est grâce au journal intime de Jo que le lecteur découvre l’histoire de Sakura. Je trouve ce procédé un peu artificiel et le récit aurait sans doute gagné à être raconté de manière plus directe. C’est d’ailleurs peut être pour cette raison que je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, que ce soit celui de Jo ou de Sakura.

Malgré ces quelques réserves Banzaï Sakura est un roman à faire découvrir sans hésiter aux jeunes lecteurs.

DELAMARRE BELLEGO, Véronique, Banzaï Sakura, Oskar Éditeur, 2014.

Anne Frank au pays du manga

C’est un type de lecture nouveau pour moi dont je vous parle aujourd’hui. Anne Frank au pays du manga est une bande dessinée documentaire interactive que j’ai découverte grâce à la chronique numérique d’Erica sur La mare aux mots. Mais qu’est-ce qu’une bande dessinée documentaire interactive ? Comme son nom l’indique, c’est une BD mais qui a la particularité d’apporter des informations au lecteur à l’aide de textes, de dessins, de son et de vidéos. Anne Frank au pays du manga propose une mine d’informations passionnantes !

Depuis sa première publication en 1952, le Journal d’Anne Frank est le plus lu et le plus étudié des livres étrangers au Japon. Pourtant, les japonais ne connaissent pas ou peu l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et ne peuvent pas faire le lien avec la Shoah puisque, bien souvent, ils ne savent même pas ce que c’est. Il faut dire qu’au Japon, l’enseignement de l’histoire ne ressemble pas au notre. Les élèves apprennent une succession de dates et remplissent des QCM lors des évaluations.

Comme vous le savez certainement, c’est le pays du manga et il en existe sur tous les sujets. Ainsi, il n’est pas rare pour les habitants de découvrir le Journal d’Anne Frank à travers ce type de publication. Personnellement, j’ai été assez étonnée par les quelques planches de celui sur Hitler. Le visage du Fuhrer défiguré par la colère ressemble à celui du méchant typique du manga. Les japonais semblent penser qu’il vaut mieux découvrir l’histoire ainsi que ne pas la connaître. Certes… mais cela me laisse tout de même perplexe !

Anne Frank au pays du manga permet de confronter la vision de l’histoire des occidentaux à celle des japonnais. Au pays du soleil levant, on ne considère pas les responsables des crimes contre l’humanité comme chez nous. L’extrême droite tient une place importante et n’hésite pas à remettre en question certains faits historiques quand cela l’arrange. Pour autant, nous ne sommes pas exempts de reproches. Comme le fait remarquer un des personnages à l’auteur, connaissons nous Sadako Sasaki, petite fille décédée d’une leucémie suite au bombardement d’Hiroshima ?

La conception de cette bande dessinée documentaire interactive est parfaitement réussie. Au fil des cases, on découvre de temps à autre une petit signe + derrière lequel se trouvent des diaporamas, des interviews, etc. J’ai appris énormément de choses sur le Japon et cela m’a permis de réfléchir à notre façon d’enseigner en France. Même si les programmes en changent pas dans le bon sens et que les exigences baissent, je crois que nous avons de la chance de permettre à nos élèves de réfléchir.

Si mon billet vous a convaincu, vous pouvez découvrir Anne Frank au pays du manga pour PC ici ou le télécharger sur AppStore ou Google Play. Comme c’est gratuit, vous n’avez aucune excuse pour ne pas le faire !

LEWKOWICZ, Alain, BOURGEAU, Vincent, POTT, Samuel, SAINSAUVE, Marc, Anne Frank au pays du manga, Arte France, Subreal productions, 2012.

Azami le coeur en deux – Marc Cantin et Isabel

Azami est une jeune collègienne qui vit avec sa grand-mère au pied du mont Kaïdo, au Japon. Sa mère est décédée alors qu’elle était encore enfant et son père travaille tellement qu’il ne peut pas s’occuper d’elle. Cela n’empêche pas Azami d’être heureuse. Elle aime beaucoup sa grand-mère même si celle-ci n’a pas un cractère facile.

Azami est très timide, ce qui n’est pas du tout le cas de Nayoko, sa meilleure amie. Cette dernière a la langue bien pendue et ne peut pas garder un secret. Quand elle arrive au parc Fugimoki, là ou presque tous les élèves viennent déjeuner au pied des cerisiers, pour annoncer à Azami que Kino voudrait l’inviter au cinéma, Nayoko est tellement peu discrète que tous les regards se tournent vers les deux filles. Azami lui pardonne pourtant : sans elle, ses journées ne seraient pas aussi joyeuses.

Alors qu’Azami cherche une solution pour que sa grand-mère la laisse aller au cinéma avec Kino, son père lui propose de l’emmener en vacances à Paris. Pour une jeune fille habituée à la campagne, se retrouver dans une grande ville, qui plus est étrangère, est vraiment destabilisant. Le contraste entre son attitude réservée, sage, toujours soucieuse des autres et celle de Myo, extravertie et égoïste, est saisissant. A tel point que les étincelles ne tardent pas à s’allumer entre les deux adolescentes. Heureusement, il y a Joan, le petit ami de Myo, qui se comporte de manière très accueillante. Et le yokaï que sa grand-mère a missionné pour l’accompagner en France la protège d’un certain nombre de dangers.

Azami le coeur en deux permettra aux jeunes lecteurs de découvrir la vie des japonais et d’approcher une culture totalement différente de la leur. L’humour est omniprésent, notamment par le biais de la grand-mère qui découvre l’informatique et pense que les messages qu’elle envoie à sa petite fille arrivent grâce à un génie à qui il faut faire des offrandes régulièrement.

Pendant son voyage en France, Azami gagne en maturité et se trouve confrontée à l’amour et à l’amitié. Elle doit aussi faire face à ses responsabilités et prendre une décision importante pour son avenir. Les lecteurs s’identifieront sans peine à elle car, quel que soit le pays d’origine, les jeunes sont tous plus ou moins confrontés aux mêmes problèmes.

L’avis d’Enna.

CANTIN, Marc, ISABEL, Azami le coeur en deux, Nathan, 2013.

Certaines n’avaient jamais vu la mer – Julie Otsuka

Certaines n’avaient jamais vu la mer est un roman qui s’inspire de l’histoire vraie d’immigrantes japonaises qui arrivèrent aux USA au début du XXème siècle pour se marier avec des hommes qu’elles n’avaient vu qu’en photo.

Une fois arrivées sur place, elles se rendent compte que ces hommes auxquels elles sont promises sont totalement différents de ce à quoi elles s’attendaient. Leur avenir est également bien loin de ce qu’elles avaient imaginé mais il est impossible pour elles de retourner au Japon. Elles seraient rejetées par les leurs et par la société.

Certaines femmes sont obligées de travailler dans les champs, d’autres comme bonnes à tout faire et d’autres encore dans des hôtels de passe. Quelques mois ou années après leur arrivée aux États-Unis, elles donnent naissance à des enfants qui, contrairement à elles, s’adaptent très bien à la société américaine. En grandissant, ils deviennent tellement différents de leurs mères qu’elles n’arrivent même plus à les comprendre. Enfin, la guerre arrive et les japonais sont persécutés du jour au lendemain par les américains qui, pourtant, avaient des rapports cordiaux avec eux.

Écrit à la première personne du pluriel, Certaines navaient jamais vu la mer raconte la vie d’une multiplicité de personnages qui n’ont pas de liens entre eux si ce n’est leur origine. Cette absence de personnages principaux et ce « nous » m’ont beaucoup gênée si bien que je suis restée totalement insensible à ce roman. Un aspect positif tout de même : il m’a fait découvrir un aspect de l’Histoire que je ne connaissais pas.

OTSUKA, Julie, Certaines n’avaient jamais vu la mer, Phébus, 2012.

« Les fils de la terre » # 3 de Jinpachi Môri

Après une année passée à aller à la rencontre des agriculteurs à travers le Japon, Natsume et Kohei rentrent à Takazono. Pendant leur absence beaucoup de choses ont changé au village. Nanako, aidée par la jeune enseignante d’anglais du lycée, a pris les choses en main et a commencé à développer la vente de légumes. Cependant, il reste encore beaucoup de travail pour améliorer les relations avec les habitants des villes et faire de ce village perdu au milieu de la campagne un lieu prospère.

Ce troisième et dernier volume de la série est toujours aussi agréable à lire même si le côté caricatural est parfois un peu agaçant. Natsume est toujours parfait et trouve des solutions à tous les problèmes en quelques minutes. Une fois, ça passe mais quand ça se produit trop souvent… Et puis, à la fin, on a un peu l’impression que tout est beau dans le meilleur des mondes…

A part ces quelques réserves, je dois dire que j’ai beaucoup apprécié Les fils de la terre. C’est un des premiers mangas avec lequel j’accroche vraiment. Espérons qu’il y en aura d’autres !

A souligner : Les fils de la terre prône la consommation de fruits et légumes frais de qualité, cultivés dans les règles de l’art, sans être pour autant super écolo. A une époque où l’écologie est devenue une mode et un moyen faire du marketing, c’est important de le mettre en avant !

MÔRI, Jinpachi, Les fils de la terre 1, Éditions Delcourt, 2007.

« Les fils de la terre » # 2 de Jinpachi Môri

Dans ce deuxième tome, on retrouve Shuntaro Natsume dans le village de Takazono où il tente de redonner le goût d’apprendre aux élèves du lycée agricole. Il a toujours pour objectif de redresser cette filière et donne toute son énergie à l’apprentissage de l’agriculture. Son enthousiasme fait boule de neige même si Kohei est parfois un peu résistant. On apprend d’ailleurs petit à petit pourquoi le jeune homme a souvent des réactions aussi excessives qui vont à l’encontre de celles des habitants du village.
Shuntaro veut désormais faire de Takazono une vitrine de l’agriculture et développer les relations entre les paysans et les habitants des villes.
Nanako, son amie, arrive dans le village avec un fonctionnaire chargé de faire le point sur l’avancement du travail de Shuntaro. La visite se passe mal car le jeune homme ne suit pas vraiment les recommandations du ministère qui sait d’avance que cette mission est vouée à l’échec… Nanako décide de rester dans le village, ce qui n’est pas du tout du goût de son père, ministre. Ce dernier va tout faire pour éloigner Shuntaro de cet endroit où il a commencé à nouer de réelles relations avec les habitants.

Un deuxième tome à la hauteur du premier. L’histoire est toujours aussi dynamique et on apprend petit à petit des choses sur le passé de Kohei et les raisons réelles de la venue de Shuntaro dans ce village perdu au milieu de la campagne. Le personnage de Nanako, quasiment absent dans le premier tome, tient un rôle plus important. L’agriculture est bien entendu toujours au centre des préoccupations des uns et des autres. Vite, j’enchaîne sur le tome 3 !

MÔRI, Jinpachi, Les fils de la terre 1, Éditions Delcourt, 2007.

« Les fils de la terre » # 1 de Jinpachi Môri

Shuntaro Natsume, fonctionnaire du ministère de la culture et de l’éducation, est envoyé par le premier ministre japonais dans un lycée agricole pour redresser l’agriculture du pays. Shuntaro n’y connait absolument rien dans ce domaine mais il se rend très vite compte que la situation est absurde : l’État veut augmenter le nombre d’agriculteurs pour que le Japon soit auto-suffisant du point de vue alimentaire mais dans le même temps il les oblige à couper les pousses de riz avant maturation pour ne pas dépasser les quotas. Les campagnes sont désertes. Tous les jeunes sont partis et les personnes âgées vivent dans la misère. Les élèves sont là parce qu’ils ne peuvent pas aller ailleurs mais n’ont aucune envie de travailler la terre. Plein d’enthousiasme, Shuntaro apprend à connaître l’agriculture et fait la connaissance des paysans. Au contact de kohei, l’un des deux jeunes n’ayant pas quitté le village, il prend peu à peu conscience des difficultés qui l’attendent.

J’ai enfin trouvé un manga qui me plaît : merci la médiathèque !!!! Les fils de la terre est très réaliste. On peut faire de nombreuses comparaisons entre les problèmes rencontrés par l’agriculture en France et au Japon. Le récit est dynamique, les personnages sympathiques et agréables. Bref, je ne vais pas manquer de lire les deux autres tomes de cette série.

MÔRI, Jinpachi, Les fils de la terre 1, Éditions Delcourt, 2007.

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