Coup(s) de cœur jeunesse

Plus que dix jours et c’est les vacances. A moi les mojitos au bord de la piscine, les siestes et les longues heures à lire dans le hamac ! Faelys, qui est professeur documentaliste comme moi, me demande, sur une idée de Marion Uteza,  quel est mon coup de cœur jeunesse de cette année scolaire. Choix cornélien, vous vous en doutez. Continuer la lecture de « Coup(s) de cœur jeunesse »

Un livre pour ceux qui ne sont pas encore convaincus de l’intérêt de la littrature de jeunesse

Rêver, grandir, se faire peur tout en étant bien en sécurité devant son livre, rire, voyager de sa chambre autour du monde : on pourrait compléter pendant longtemps la liste de tout ce qu’apporte la littérature de jeunesse aux petits… et aux grands…

Le texte d’Alain Serres, simple et toujours construit selon le même schémas, permettra aux jeunes lecteurs de s’approprier très vite cet album.

« Si tes parents rêvent de partir en voyage, très loin, sur une île ensoleillée…

… mais qu’ils ont davantage de petites pièces que de gros billets :

pose-leur un chapeau sur la tête et emmène-les dans la plus belle des librairies ! » p.48-52

Les illustrations de Bruno Heitz font référence à de nombreux classiques
de la littérature pour enfants que les dévoreurs de livres
reconnaitront facilement. Un bien joli album !

SERRES, Alain, HEITZ, Bruno, Comment apprendre à ses parents à aimer les livres pour enfants, Rue du monde, 2008.

Ces livres qui font grandir les enfants – Joëlle Turin

Quatrième de couverture :

« Les enfants ont-ils besoin des livres pour grandir ? Oui, mais pas
de n’importe lesquels ! Quand les albums n’infantilisent pas les petits
lecteurs, respectent leur rapport au monde, ne les enferment pas dans un
 » prêt-à-penser  » mais au contraire donnent des clefs pour ouvrir
toutes grandes les portes de leur imagination, alors la lecture devient
une expérience unique qui contribue au développement de la pensée et de
la sensibilité. A travers cinq domaines évocateurs de la vie de l’enfant
: ses jeux, ses peurs, ses grandes questions, ses relations avec les
autres et le monde de ses sentiments, cet essai explore une centaine
d’albums remarquables dans lesquels cette heureuse alchimie opère
. »

Une très jolie première de couverture pour cet excellent livre sur la littérature de jeunesse. Plus d’une centaine d’albums abordant les thèmes du jeu, de la colère, de l’amour, de la peur, de la naissance, de la mort ou encore des joies et des peines sont présentés. Une vraie bible pour les professionnels du livre ou les jeunes parents qui veulent proposer des albums de qualité à leurs enfants et les aider à grandir en se sentant bien dans leur tête.

Pour chaque album, l’auteur explique l’intérêt de l’histoire -tant au niveau du texte que de l’illustration- par rapport au jeune lecteur. Et on s’aperçoit que des œuvres qui paraissent toutes simples peuvent se lire à plusieurs niveaux et susciter de multiples sentiments chez l’enfant.

A lire et à relire !

Le billet d’Emmyne et celui de BelleSahi.

TURIN, Joëlle, Ces livres qui font grandir les enfants, Didier Jeunesse, 2008.

« Des livres d’enfants à la littérature de jeunesse » de Christian Polsaniec

Quatrième de couverture :

« Talentueuse et imaginative, portée par des médiateurs enthousiastes,
reconnue par l’école et l’université, séduisant des publics toujours
plus larges, la littérature de jeunesse est aujourd’hui une littérature
majeure. Son histoire remonte au milieu du XIXe siècle, lorsque
l’alphabétisation massive et le développement des techniques
d’impression permirent son émergence. Deux libraires-éditeurs, Louis
Hachette et Pierre-Jules Hetzel, réinventent un genre, encore très
dépendant de l’école et de la religion, et publient des romans pour les
enfants signés par la comtesse de Ségur ou Jules Verne. La littérature
de jeunesse était née et avec elle l’enfant-lecteur. Christian
Poslaniec nous guide dans cette histoire touffue qu’il parsème de
petits cailloux blancs : Babar, les Albums du Père Castor, Le club des
5, Les Contes du chat perché, Harry Potter…
« 

Voici ma dernière découverte faite totalement par hasard dans la caverne d’Ali Baba de mon libraire. Ce petit livre, réalisé à l’occasion de l’expo « Babar, Harry Potter & Cie » qui se tenait jusqu’au 11 avril à la BNF, retrace à merveille toute l’histoire de la littérature de jeunesse, des origines à nos jours. Je vous le conseille vivement si le sujet vous intéresse !

POLSANIEC, Christian, Des livres d’enfants à la littérature de jeunesse, Découvertes Gallimard, 2008.

« Qui a peur de la littérature ado ? »

Quatrième de couverture :

« La littérature destinée aux adolescents effraie les adultes au point de
déclencher de violents appétits de censure.
Que contiennent les
fictions de la littérature ado qui soit à ce point ressenti comme
dangereux ? A quels dangers sont exposés les lecteurs adolescents ? Le
danger est-il réel ou fantasmé par des adultes trop inquiets et
oublieux de leur propre adolescence ?
Annie Rolland propose une
réflexion articulée à une lecture psychologique de la littérature ado.
Elle défend l’idée que la volonté de censurer est moins une affaire de
protection des adolescents qu’une manière de contrôler les conflits
engendrés par le caractère rebelle en soi de l’adolescence. L’étude
repose sur des analyses d’œuvres littéraires, sur des rencontres avec
des adolescents au sujet de cette littérature d’autant plus singulière
qu’elle leur est destinée, sur un « dialogue-réflexion » avec des
écrivains.
« 

Un ouvrage instructif -pour les enseignants (professeur de français, professeurs documentalistes, etc.), les bibliothécaires mais aussi les parents- sur la censure et les réactions parfois violentes de certains adultes vis à vis des ouvrages de littérature de jeunesse les plus « subversifs ». Cet essai, écrit par la psychologue clinicienne Annie Rolland, permet de mieux comprendre les enjeux de la littérature pour adolescents. Il montre, à travers l’analyse d’exemples concrets comme Sobibor de Jean Molla ou L‘amour en chaussettes de Gudule, l’impact que peut avoir un livre sur son lecteur et explique que « Lire dans un roman le risque de mourir, de tuer, de violer, de transgresser les lois de l’espèce, conjure les pires angoisses, c’est là le vrai cadeau de la littérature » (p.200).

Quelques extraits :

« Un livre est un pont entre deux îlots, reliés entre eux le temps d’une lecture, pour un peu de répit donné par le soulagement de lire ses propres sentiments écrits par un(e) autre » (p. 104-105).

« bon nombre d’enfants et d’adolescents sont en danger, mais je sais qu’ils le sont à cause de leur histoire et non à cause des livres. La fréquentation des enfants et des adolescents en souffrance m’apprend que lire « d’horribles histoires » ouvre sur des possibles, dissout les peurs, stimule l’élaboration psychique » (p. 230).

Merci à BelleSahi de m’avoir fait découvrir ce livre. Comme elle, je le conseille à tous ceux qui s’intéresse ce type de littérature.

ROLLAND, Annie, Qui a peur de la littérature ado ?, Éditions Thierry Magnier, 2008.

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