Un paquebot dans les arbres – Valentine Goby

un-paqubot-dans-les-arbres-valentine-gobyMathilde Blanc est la cadette d’une famille de trois enfants. A sa naissance, son père espérait un garçon pour remplacer celui qui est mort cinq années auparavant. Annie, l’aînée, est celle qui a tous les droits, et notamment celui de danser avec le père les soirs de bal au café familial de La Roche-Guyon. Jacques est encore un bébé. Au milieu, Mathilde essaie d’exister aux yeux de son père. Elle rêve de danser avec lui, elle aussi.

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L’heure bleue – Elsa Vasseur

indexZoé a dix-sept ans et vient de passer les épreuves du bac avec succès. Quelques jours après les résultats, Lise, qui est dans sa classe mais avec qui elle a peu d’affinités, l’appelle pour lui proposer de venir passer les vacances en Grèce dans sa maison familiale. Le séjour, sur une île paradisiaque et dans une demeure luxueuse est tous frais payés. En échange, Zoé devra s’occuper de Ben, le neveu de Lise qui a cinq ans. La jeune fille s’apprête à refuser la proposition mais change finalement d’avis sur un coup de tête.

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Puisque rien ne dure – Laurence Tardieu

Puisque rien ne dure laurence tardieuUne lecture en apnée. Une vraie claque. Je n’avais encore jamais lu Laurence Tardieu et cette première rencontre restera sans aucun doute longtemps dans ma mémoire.

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Ma mère, le crabe et moi – Anne Percin

Tania et sa mère vivent seules depuis le départ du père de Tania avec une autre femme. La jeune fille, qui est en troisième, porte un regard critique sur sa mère et ne lui épargne pas grand chose, comme beaucoup d’ados avec leurs parents. Elle se moque notamment de son blog dans lequel elle enjolive la réalité et de ses copines virtuelles qui sont un bon substitut au désert affectif dans lequel elle est enfermée.

Mais depuis quelques temps, la mère de Tania a des comportements inhabituels. Elle est ailleurs ou ne se rend pas au travail. Cela ne lui ressemble pas. Un jour, alors qu’elle est partie a un rendez-vous médical, Tania fouille dans l’historique de navigation de l’ordinateur et découvre que sa mère a fait des recherches sur le cancer du sein. Pas besoin de plus d’explications, Tania comprend.

Ensemble, la mère et la fille vont se battre contre la maladie. Tania est prise entre ses préoccupations d’adolescente et les difficultés liées au cancer de sa mère. Elle qui n’aimait pas courir découvre que la course à pied lui fait un bien fou. Elle tombe également amoureuse d’un garçon de sa classe. A côté de cela, il y a sa mère qui rentre épuisée des séances de chimio, qui perd du poids et dont les cheveux tombent les uns après les autres. Tania a la rage. Les autres ne peuvent pas comprendre, ils ne vivent pas avec sa mère au quotidien.

N’ayez crainte, nul apitoiement ou larmoiement dans ce roman, bien au contraire. Tania est une battante et son sens de l’humour lui permet de faire face à la situation avec brio. Anne Percin dépeint à merveille ce qui se passe dans la tête de l’adolescente. Certains passages sont terriblement émouvants et criants de vérité.

Une belle complicité se met en place au fil des pages entre la mère et la fille. Tania mûrit, elle est moins critique vis à vis de sa mère et porte sur elle un regard plein de bienveillance et d’humanité. Ensemble, elles vivent et vont de l’avant. C’est cela le principal.

Un très beau roman dédié aux « courageuses Amazones en lutte contre le crabe » qu’il est important de lire et de faire lire parce que bien évidemment ça n’arrive pas qu’aux autres.

PERCIN, Anne, Ma mère, le crabe et moi, Rouergue, 2015.

Mauvaise fille – Justine Lévy

La mère de Louise est atteinte d’un cancer et ses jours sont comptés. Le jeune femme accompagne sa maman lors des rendez-vous médicaux, lui rend visite tous les jours ou presque à l’hôpital et pourtant elle ne peut se défaire d’un sentiment de culpabilité.

Leurs rapports ont toujours été compliqués. La mère de Louise est ce qu’on peut appeler une mère défaillante. Alcoolique, droguée, dépensière, elle ne subvenait pas aux besoins élémentaires de sa fille lorsqu’elle était enfant et la laissait parfois livrée à elle-même. Comment se construire dans ces conditions ? Comment devenir un adulte heureux et épanoui ?

Louise préfère souvent mentir à sa mère plutôt que lui dire la vérité sur ce qu’elle fait ou ce qu’elle pense. Ainsi, alors qu’elle invite son amoureux, Pablo, en week-end surprise à Rome, elle invente une excuse professionnelle à Bruxelles. Pourquoi ? Pour se sentir moins coupable sans doute… Le pire, c’est que le mensonge est devenu pour elle une habitude. Elle est capable, par exemple, de modifier sa date de naissance de deux mois sans raison. Sans doute un reste des ravages d’une enfance catastrophique.

A Rome, la jeune femme découvre qu’elle est enceinte. Elle est incapable de le dire à sa mère et a l’impression de la tuer. Un enfant, la vie en elle. De l’autre côté, la maladie, la souffrance, la mort.

Ce n’est un secret pour personne, derrière le personnage de Louise, se cache Justine Lévy, l’écrivain, le personnage public, la fille de Bernard-Henri Lévy et d’Isabelle Doutreluigne. J’ai lu ce livre sans m’attacher à cela, sans essayer de démêler le vrai du faux, l’autobiographie de la fiction.

Ce qui m’a intéressé dans Mauvaise fille, ce sont les rapports entre cette jeune femme et sa mère fantasque ainsi que ses sentiments ambivalents par rapport à la maladie et à la maternité.

L’écriture est fluide et le style va vraiment de paire avec le propos. Certaines phrases sont très longues, elles ressemblent presque à un flot qui coule de la bouche de la narratrice et qui ne s’arrête plus. Comme si elle était obsédée par un certain nombre de pensées et qu’il fallait que cela sorte absolument.

L’humour a parfois sa place car Louise ne manque pas de recul sur l’ambiguité de ses sentiments et de son attitude. Cela permet au lecteur de souffler car le sujet n’est pas très joyeux, il faut être honnête.

J’ai découvert l’auteur avec ce texte j’ai maintenant envie de lire La gaieté, son dernier roman, qui est sorti en janvier.

LEVY, Justine, Mauvaise fille, Le livre de poche, 2011.

Nos étoiles contraires – John Green

Si je vous dis que dans ce roman, il est question de deux adolescents condamnés par un cancer, vous allez très certainement vous dire que vous n’avez pas envie de le lire. Si c’est le cas, vous avez bien tort car vous allez passer à côté d’une pépite

Hazel, 16 ans, est obligée de se promener avec une bonbonne d’oxygène à ses côtés en permanence. Sans elle, elle ne peut pas respirer. Sa seule activité consiste à suivre des cours de littérature à la fac. Sa mère, qui a arrêté de travailler pour s’occuper d’elle, l’incite à se rendre à un groupe de soutien pour adolescents cancéreux. Elle espère qu’Hazel y rencontrera du monde. Hazel, elle, a envie de rester seule.

La jeune fille n’est donc pas du tout motivée mais elle y va quand même pour faire plaisir à sa mère. Là bas, elle porte un regard critique et lucide sur l’animateur du groupe et les différents membres. Elle se sent bien seule mais heureusement, il y a Isaac -bientôt aveugle- qui pousse des soupirs comme elle quand il en a marre de tout ce qui se dit.

Un jour, Isaac vient au groupe accompagné d’un ami. Augustus, 17 ans, est malade lui aussi et a déjà été amputé d’une jambe. Immédiatement, le courant passe bien entre Gus et Hazel. Le jour de leur rencontre, elle va chez lui pour regarder un film. Les deux adolescents sont intelligents et portent un regard lucide et féroce sur leur situation. L’humour est pour eux un échappatoire qui leur permet de ne pas s’apitoyer sur leur sort et de cacher leur sensibilité. Ils font également preuve d’une très grande maturité pour leur âge. Pendant les quelques semaines qu’ils vont passer ensemble, ils discutent de littérature, de la vie, de la mort, jouent aux jeux vidéos, font un voyage à Amsterdam, etc. Tout en se battant contre la maladie bien entendu.

Dans Nos étoiles contraires, John Green réussi à parler du cancer et de tout ce que cela implique sans apitoiement. Le lecteur a souvent le sourire aux lèvres devant la répartie d’Hazel et l’humour des deux adolescents permet de donner de la légerté au roman. On ne peut qu’être ému tant les personnages sont attachants.

J’ai acheté ce livre pour le CDI et je crois que je vais le conseiller à tous mes élèves ou presque !

« Quel est le rôle d’une histoire Augustus ? D’être un réveil ? Un cri de ralliement ? Une perfusion de morphine ? » p. 79

L’avis de Clara qui vous renverra vers d’autres.

GREEN, John, Nos étoiles contraires, Nathan, 2013.

Ne t’inquiète pas pour moi – Alice Kuipers

Claire et sa mère vivent ensemble mais ne font que se croiser. Entre le bahut, son petit ami, ses copains, les baby-sitting et une visite de temps en temps chez son père, l’adolescente de quinze n’a pas le temps de s’ennuyer. Quant à sa mère, elle est médecin dans un hôpital et met au monde des enfants. Un merveilleux métier qui l’empêche cependant de prendre le temps de s’occuper de sa fille et de profiter de la vie.

Pour communiquer, Claire et sa mère se laissent des petits mots sur le frigo. Au début, le contenu est assez anodin (des listes des course, le repas du soir qui attend dans le frigo d’être réchauffé, une ou deux tâches ménagères à faire, etc.) puis, petit à petit le lecteur entre dans l’intimité de la famille. La maman de Claire tombe malade et la jeune fille met du temps à réaliser la gravité de ce qui arrive. Comme tous les ados de son âge, elle est un peu égoïste mais la réalité la rattrape bien vite et elle doit faire face à la situation.

Ne t’inquiète pas pour moi est un roman composé uniquement des Post-it laissés sur le frigo. Le lecteur tourne les pages à une cadence trés rapide puisque les textes sont assez courts, parfois même laconiques. Il est difficile dans ces conditions de rentrer dans l’histoire. De plus, le style qui correspond à ce type d’écrit n’est pas vraiment littéraire… Les dernières pages peuvent dfficilement laisser insensible et plairont peut être aux lecteurs friands de récits de vie émouvants. Moi, je suis passée totalement à côté…

L’avis de Noukette, qui vous renvoie vers de nombreux autres liens.

KUIPERS, Alice, Ne t’inquiéte pas pour moi, Le livre de poche, 2011.

Ida B. – Katherine Hannigan

Ida B. est une petite fille pleine de vie qui passe son temps à s’amuser dans les arbres, à se promener dans la nature ou à se baigner dans la rivière en compagnie de Rufus, son chien baveux. Elle aime beaucoup planifier les choses et se sent perdue dès qu’elle ne peut pas établir à l’avance le programme de ses journées. Suite à une expérience douloureuse vers l’âge de cinq ans, ses parents ont décidé qu’elle n’irait plus à l’école et qu’ils lui feraient cours eux-mêmes.

Quand sa maman tombe malade, la vie d’Ida B. bascule d’un coup. Son papa décide de vendre une partie du verger et de la renvoyer à l’école. Mais Ida B. est bien déterminée à ne pas se laisser faire et à résister avec ses moyens, même si elle est obligée d’adopter une attitude qui ne lui plaît pas vraiment et qui lui donne mauvaise conscience.

 

Un roman agréable et léger qui parle d’un sujet grave -la maladie- avec beaucoup d’humour. Ida B. est une petite fille au caractère bien affirmé et au début, elle a beaucoup de mal à comprendre que sa maman est malade. Elle en veut à ses parents de ne pas tenir leurs promesses et décide que quoi qu’il arrive, elle ne sera pas heureuse, ni à l’école ni à la maison. Elle fait donc des choses qui ne lui ressemblent pas mais grâce à la patience et à l’écoute attentive de sa maîtresse, elle va réussir à surmonter ses difficultés. Les parents, eux, sont un peu absents mais dans un tel contexte, c’est parfaitement compréhensible.

Ida B. est très intelligente et porte un regard pertinent sur le monde qui l’entoure. Dommage que cet aspect de sa personnalité soit un peu trop mis en avant. On voit arriver de loin le happy-end et on sait d’avance que sa réflexion va lui permettre de retrouver la raison et de comprendre ses parents et son entourage.

Au final, un bilan mitigé !

HANNIGAN, Katherine, Ida B. … et ses plans pour s’amuser à fond, éviter les désastres et ‘éventuellement) sauver le monde, Seuil, 2005.

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