La gaieté – Justine Lévy

Après avoir lu Mauvaise fille, j’ai eu très vite envie d’enchaîner sur La gaieté, le dernier roman de Justine Lévy. Les thématiques de la parentalité et du désir d’enfant m’ont toujours intéressée. En ce moment encore plus.

A travers sa vie de maman et ses rapports avec ses enfants, Louise revient dans ce roman sur ses propres rapports avec ses parents. Une mère alcoolique, droguée, sans argent et irresponsable d’un côté. Un père qui multiplie les conquêtes et des belles-mères pas toujours sympathiques de l’autre. Son enfance a été compliquée, c’est le moins que l’on puisse dire.

Adulte, elle traîne toujours ses casseroles derrière elle mais ne veut absolument pas les transmettre à ses enfants. Ce désir est ancré tellement profondément en elle qu’elle fait de la gaieté son cheval de bataille. Angèle et Paul ne doivent pas être au courant de ces crises qui l’envahissent parfois sans prévenir. Ils doivent avoir face à eux une maman forte sur qui ils peuvent compter.

« je sais juste qu’une maman malheureuse vous refile toujours un bout de son malheur, sans le faire exprès et sans le savoir, c’est comme ça, le chagrin ne disparaît pas quand il s’en va, il passe d’une personne à l’autre, comme un rhume, un bâillement, une toux ou un fou rire. Mais on n’a jamais parlé de tout ça, on se comprenait sur la musique mais pas sur le chagrin, sur nos parfums mais pas sur cette peine qu’elle m’a refilée, et c’est pour ça que moi j’ai décidé d’arrêter la contagion, pour eux, pour mes enfants, stop, cordon sanitaire, compresse hémostatique, Betadine, Coalgan, Surgicel, j’ai sorti tout l’arsenal et j’ai bloqué la transmission. » p. 82

Le lecteur suit ainsi le flot des pensées de Louise. Avec l’humour et la lucidité qui la caractérise Justine Lévy nous offre un regard plein de franchise sur la vie de maman et de femme. Un regard qui fait du bien, un baume au coeur même si notre histoire ne ressemble pas à la sienne.

Les images d’épinal sur ce sujet sont bien trop nombreuses et on ne peut que saluer une telle hônneteté, surtout lorsque l’on sait que l’auteur appartient à une famille connnue et ne se cache pas derrière un pseudonyme ou un personnage fictif. Louise, c’est Justine, cela ne fait aucun doute. C’est aussi peut être une partie de chacune d’entre nous.

L’avis d’Antigone qui vous propose aussi un très jolie extrait.

LEVY, Justine, La gaieté, Stock, 2015.

« Un miracle en équilibre » de Lucia Etxeberria

Eva écrit une lettre à sa fille, Amanda, née depuis quelques jours. Elle lui raconte son enfance, ses relations avec son père, sa mère et ses frères et sœurs puis, sa vie de jeune adulte célibataire en quête de l’âme sœur. Elle lui explique comment son passé et son histoire familiale ont entrainé chez elle un manque de confiance en soi. Manque de confiance qui est à l’origine de relations amoureuses désastreuses et de comportements destructeurs : alcool, drogue, etc. Heureusement, elle a rencontré un jour celui qui allait devenir -de façon totalement inattendue- son compagnon et le père de sa fille. Mais même avec un compagnon à la hauteur, ce n’est pas simple d’assumer sa vie d’adulte, de faire les bons choix et de devenir maman quand on ne peut pas compter sur sa famille.

Tour à tour drôle et triste, piquante et affectueuse, Eva montre à travers cette lettre tout l’amour qu’elle éprouve pour ce petit être qui vient de naître :

« Je veux qu’en tout état de cause tu saches que
je me suis promis, même si tu ne peux me comprendre ni savoir ce que je
suis en train de te raconter, de ne faire de toi ni un appendice de ma
personne, ni le véhicule de mes ambitions, ni le miroir de mes vanités,
de respecter tes opinions et tes goûts quand bien même ils ne
correspondent pas aux miens, et de faire tout mon possible pour que tu
te sentes aimée et forte
« . p. 408

Un beau roman sur les rapports familiaux, la construction de la personnalité et le rôle de maman.

« Et elle sait que parler sincèrement signifie rompre certains liens, mais pour en nouer d’autres, moins resserrés, moins étouffants. Des liens anciens qu’il fallait rompre tôt ou tard car ils devenaient peu à peu la corde qui soutient le pendu. Et que la culpabilité est le prix à payer pour la liberté. » p. 389-390

ETXEBERRIA, Lucia, Un miracle en équilibre, Éditions Héloise d’Ormesson, 2006.

Encore un beau titre chez Rue du monde

Décidément, Rue du monde est une maison d’édition que j’adore. Dernière découverte en date : Tout sur les mamans, un joli album qui met en scène les petits travers des mamans. Ainsi, la maman de Medhi enfouit ses soucis dans la terre pour s’en débarrasser mais elle en a tellement qu’elle a fait pousser une forêt. Celle de Margot passe les gros mots à la moulinette mais parfois, quand la moulinette est cassée, elle crie « à tue-tête des choses… qu’on ne peut pas répéter« .

C’est plein d’humour -au niveau des textes comme des illustrations- et chaque enfant reconnaîtra sa maman dans un de ces nombreux portraits : la coquette, la championne en cuisine, celle qui porte des talons aiguilles, celle qui a trop de bazar dans son sac, etc. 

Dans le même collection :Tout sur les papas.

RAISSON, Gwendoline, PERRIN, Clotilde, Tout sur les mamans, Rue du monde, 2009.

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