Le bateau-usine – Takiji Kobayashi et Gô Fujio

Dans le Japon des années 1920, les conditions de vie sont difficiles pour les hommes et les femmes des milieux ouvriers et paysans. Pour certains, trouver de quoi se nourrir est un réel problème. Alléchés par les promesses des recruteurs et fiers de travailler pour le bien de la nation, des hommes s’engagent donc à bord de bateaux-usines pour aller pêcher le crabe dans le Kamatchatka, une zone que les japonnais disputent aux russes. Takiji Kobayashi s’inspire de faits réels qui se sont déroulés à bord de ces bateaux pour écrire un roman (publié en 1929) qui sera ensuite adapté en manga. Continuer la lecture de « Le bateau-usine – Takiji Kobayashi et Gô Fujio »

Manga et vin

Yutaka Kanzaki est un œnologue mondialement reconnu. Après son décès, Shizuku, son fils, découvre que pour hériter il va devoir entrer en compétition avec Issei Tomine, un jeune œnologue réputé que son père a adopté une semaine avant sa mort. Celui qui devinera le nom des douze apôtres, les douze vins décrits par le défunt, ainsi que d’un treizième -le meilleur de tous- nommé les gouttes de Dieu, deviendra l’heureux propriétaire d’une collection de vin convoitée par tous les spécialistes.

Avant la mort de son père, Shizuku n’avait jamais goutté de vin. Issei Tomine, lui, est un grand spécialiste. Le combat semble donc perdu d’avance mais Yuka Kanzaki n’a pas laissé son fils sans armes : depuis son plus jeune âge, il lui a appris à développer son odorat et sa sensibilité. De plus, Shizuku fait la connaissance dans le premier tome de Miyabi Shinohara, une apprentie sommelière très douée. Avec l’aide des connaissances théoriques de la jeune femme, il va découvrir le vin et se lancer dans la quête des gouttes de Dieu.

Voilà un manga qui a tout pour plaire aux amateurs de vin. Il paraît même qu’il a permis à certain producteurs français d’acquérir une très grande notoriété au Japon et de faire exploser les ventes. Le scénario de Tadashi Agi, trés documenté, met en avant la poésie du vin et propose quelques parallèles intéressants avec la peinture. Le trait fin et délicat de Shu Okimoto est vraiment complémentaire du texte. La dessinatrice réussit à évoquer en images les sentiments provoqués lors des dégustations de vins. En noir et blanc en plus !

Une série à déguster avec un bon verre !

AGI, Tadashi, OKIMOTO, Shu, Les gouttes de Dieu 1, 2008.

AGI, Tadashi, OKIMOTO, Shu, Les gouttes de Dieu 2, 2008.

Mangas voyageurs

Depuis, un moment, cette idée me trotte dans la tête. On fait voyager des livres mais jamais des mangas, ni des albums d’ailleurs… Comme j’ai enfin trouvé des mangas qui me plaisent, c’est décidé, ils vont partir se balader.

Si l’un des titres suivants vous intéresse, il suffit de m’envoyer un petit mail avec vos coordonnées.  

Le sablier 1 de Hinako Ashihara
Un drôle de père 1 de Yumi Unita. Le tome 2 est à la maison mais je ne l’ai pas encore lu. Il partira donc en voyage un peu plus tard…

Bien entendu, il faut que je vous connaisse ou que vous soyez connu sur
la blogosphère. Je demande aussi à chacun de ne pas garder les livres
pendant trop longtemps !  

D’autres titres suivront de temps en temps. Je vais essayer de me fixer à quelques séries et éviter de trop m’éparpiller.


PS : Si quelqu’un a envie de se lancer dans la création d’un logo « manga voyageur », je suis preneuse !

Le sablier 1 – Hinako Ashiharao

Depuis le divorce de ses parents, An a quitté Tokyo pour aller vivre avec sa mère chez ses grands-parents, à la campagne. La jeune fille aimait la ville et a beaucoup de mal à se faire à sa nouvelle vie. Elle n’a pas de copains, sa grand-mère est méchante et sa maman ne va pas bien du tout. Heureusement, elle fait la connaissance de Daigo, une jeune garçon du village, qui va l’aider à surmonter les difficultés qu’elle rencontre.

Un premier tome très prometteur. Les rebondissements sont nombreux et An grandit très vite dans sa tête. Il faut dire que le vie ne l’épargne pas et qu’elle n’a pas trop le choix. A la fin de cet épisode, elle échange son premier baiser. Mais l’amour n’est pas le principal propos de ce shojo. Suicide, deuil, solitude, questionnement personnel : les sujets abordés sont très sérieux. Du lourd et du plus léger, c’est un vrai régal ! J’espère que les 9 tomes suivants sont aussi bien !

ASHIHARA, Hinako, Le sablier 1, Kana, 2009.

Un drôle de père – Yumi Unita

Daikichi est une jeune trentenaire célibataire qui travaille beaucoup, n’aime pas trop les enfants et ne se sent pas très à l’aise avec les femmes. Le jour de l’inhumation de son grand-père, il découvre que celui-ci avait une fille cachée âgée de six ans dont la mère a disparu. Le problème, c’est que personne dans la famille ne souhaite s’occuper de Rin. Contre toute attente, Daikichi décide de la prendre en charge.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas simple de s’improviser papa quand on a l’habitude de ne s’occuper que de soi. Daikichi prend son rôle très au sérieux et se pose beaucoup de questions sur l’éducation de Rin ainsi que sur sa responsabilité vis à vis d’elle. Il souhaite le meilleur pour cet enfant et fait tout pour qu’elle se sente bien dans sa peau.

 

Daikichi a une sensibilité très féminine et je me suis vraiment identifiée à lui. Son personnage évolue tout au long de ce premier tome. Il gagne en maturité et se sent responsable de Rin comme s’il était son père. C’est le plus jeune de la famille mais c’est le seul a avoir accepté de la prendre en charge. S’il se sent un peu dépassé au début et se demande comment il va gérer travail et vie de famille, il découvre néanmoins le bonheur d’avoir un enfant à ses côtés.

Cette histoire pleine de sensibilité est mise en valeur par des dessins très sympathiques. Les expressions des visages des personnages sont notamment remarquables. La mise en page est aérée et le papier de qualité. Bref, c’est un vrai coup de cœur !

UNITA, Yumi, Un drôle de père 1, Éditions Delcourt, 2008.

Le dernier été de mon enfance – Shin Takahashi

Inspiré du roman Les aventures des Tom Sawyer de Mark Twain, ce manga met en scène une jeune étudiante en art, Haru, qui vit seule à Tokyo et retourne dans son village pour l’enterrement de sa mère. Traité comme un moins que rien par les habitants parce qu’elle n’est pas comme tout le monde, elle vit très mal cette situation. Son enfance malheureuse lui revient en mémoire mais, heureusement, elle fait la connaissance de Taro et c’est le début d’une série d’aventures. Amour, amitié, jeux, escapade en bateau sur une île maudite, chasse au trésor et recherche d’un meurtrier, ce manga ne manque pas d’action. J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans au début puis, je l’ai dévoré. 

Choco a aimé aussi. L’avis de Faelys est plus mitigé.

TAKAHASHI, Shin, Le dernier été de mon enfance, Éditions Delcourt, 2010.

Emma 1 – Kaoru Mori

L’histoire se passe en Angleterre à l’époque victorienne. En venant rendre visite à son ancienne gouvernante, William Jones, fils de bonne famille, fait la connaissance d’Emma, la domestique de la vieille dame. Tout de suite, il tombe sous le charme. En repartant, il oublie volontairement son gant et Emma lui court après. C’est l’occasion pour eux de discuter librement. Timide et réservée, la jeune fille finit par accepter un cadeau de sa part. C’est le début d’une histoire d’amour impossible entre un fils de bourgeois gentleman et une domestique douce et discrète.
De multiples personnages gravitent autour d’eux -dont de nombreux prétendants d’Emma- et donnent de la vitalité à l’histoire. L’arrivée à dos d’éléphant de l’excentrique indien Hakim donne lieu à des scènes pleines d’humours auxquelles je ne m’attendais absolument pas. On aurait pu très vite tomber dans la bluette sentimentale ennuyante mais Kaoru Mori a su insuffler un souffle dynamique à l’histoire grâce à toutes ces actions secondaires.

Bref, vous l’aurez compris, je vous conseille vivement ce manga. Il y a 8 tomes au total. J’espère que les 7 suivants sont aussi bien !

MORI, Kaoru, Emma 1, Kurokawa, 2007.

« Pour Sanpei » #1

Quatrième de couverture :
« Sanpei est un sexagénaire à la retraite, un peu bougon et renfermé de nature.
Après la mort de sa femme, il emménage chez son fils. En triant ses affaires, il tombe par
hasard sur un carnet, une sorte de journal de bord tenu par sa femme. À sa lecture, Sanpei découvre que Tsukuro a pris
le temps de mettre par écrit tout ce qui pourrait être utile à son époux afin de
lui faciliter la vie, afin qu’il puisse vivre plus en harmonie avec son entourage : les goûts de sa petite fille, le caractère de son fils, les recettes de
cuisine essentielles, comment recoudre un bouton, comment repasser,
etc. C’est maintenant à lui de se débrouiller !
« 

C’est grâce à Faelys que j’ai découvert ce premier tome d’une série de deux mangas intitulée Pour Sanpei. Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé. Ce grand-père qui perd un peu la boule est attendrissant mais je trouve qu’il manque à cette histoire une intrigue. Les scènes de la vie quotidienne se succèdent avec humour et tendresse sur le mode de la chronique familiale mais finalement, il ne se passe pas grand chose… Décidément, j’ai toujours autant de mal à trouver des mangas qui me plaisent vraiment !

KOUNO, Fumiyo, Pour Sanpei , Kana, 2009.

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