L’heure bleue – Elsa Vasseur

indexZoé a dix-sept ans et vient de passer les épreuves du bac avec succès. Quelques jours après les résultats, Lise, qui est dans sa classe mais avec qui elle a peu d’affinités, l’appelle pour lui proposer de venir passer les vacances en Grèce dans sa maison familiale. Le séjour, sur une île paradisiaque et dans une demeure luxueuse est tous frais payés. En échange, Zoé devra s’occuper de Ben, le neveu de Lise qui a cinq ans. La jeune fille s’apprête à refuser la proposition mais change finalement d’avis sur un coup de tête.

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A la brocante du coeur – Robert Cormier

Un petit chef-d’oeuvre que j’ai découvert grâce à elle et que je vais essayer de faire lire à mes zélèves.

C’est les vacances pour Jason. Il a enfin terminé son année de 6ème et passe en 5ème l’année prochaine. Sauf qu’au lieu de profiter de ces deux mois de liberté qui s’offrent à lui, le jeune garçon se retrouve accusé d’un meurtre.

Son amie Alicia Bratlett, 7 ans, vient d’être retrouvée assassinée. Jason a passé l’après-midi à faire un puzzle avec la petite fille et il est le dernier à l’avoir vue. Alors, comme Alicia était dans la même classe que le petit-fils du sénateur du Vermont et que « la ville a besoin d’une arrestation« , il est le coupable tout désigné. Sauf qu’il nie.

Trent, dont la compétence en matière d’interrogatoires de suspects n’est plus à prouver, tente de le faire avouer. La récompense promise en vaut la chandelle : une belle carrière pourrait enfin s’offrir à lui.

Si vous ouvrez ce roman, vous ne pourrez plus le refermer, vous êtes prévenus ! A la brocante du coeur montre jusqu’où peut aller la manipulation et ce que l’être humain est capable de faire pour parvenir à ses fins. ça fait froid dans le dos, surtout quand on sait que l’objet de cette manipulation est une jeune garçon de 12 ans, seul, innocent et naïf. De plus, le dénouement est vraiment surprenant et bien trouvé. Robert Cormier est un auteur de talent, c’est indéniable !

CORMIER, Robert, A la brocante du coeur, L’école des loisirs, 2008.

« 40 ans, 6 morts et quelques jours » de Victor Rizman

Un publicitaire de 40 ans, père de famille sans histoires, décide de se prendre en main pour faire face à la crise de la quarantaine. Sa vie de famille et son job ne lui conviennent plus : qu’à cela ne tienne, il va changer tout ça. Rien de plus facile avec Internet. Désormais, il s’appelle Mélinda286 et traque ses futures victimes -des hommes sans morale- sur des sites de rencontres. Il prend un appartement sans que sa femme et sa fille s’en aperçoivent et mène une double vie de de publicitaire pour une marque de nourriture pour chiens et de serial killer.

Pour donner un peu de piment à tout ça, il met les médias dans la course et son interlocuteur privilégié, Vulcain Sanglar, est un pauvre journaliste minable qui sent mauvais mais qui a une imagination débordante pour faire des hypothèses sur les motivations de ce tueur mystérieux. Le regard que porte ses collègues sur lui va changer du jour au lendemain grâce à cette affaire.

Bien entendu, la police est sur le coup. C’est Schmidt -un flic mis au placard pour avoir été mettre sont nez là où il ne fallait pas- qui est en charge du dossier. Le capitaine se méfie des évidences mais va t-il une nouvelle fois risquer sa carrière pour faire éclater la vérité ?

                                    

Un jour, j’ai reçu un mail de Victor Rizman me parlant de son livre et m’invitant à consulter son site. Tout de suite, j’ai accroché. Le site est bien construit, le graphisme est sympa, le CV de l’auteur m’a fait beaucoup rire… Quelques temps plus tard, nouveau mail avec un lien vers la bande annonce du livre. Et là, malgré la peur d’être déçue et de perdre mon temps comme c’est parfois le cas avec les nombreuses sollicitations que l’ont reçoit sur la blogosphère, je n’ai pas pu résister, j’ai demandé un service de presse. Suivre son instinct, ça a parfois du bon !

Au départ, j’ai eu un peu de mal à me faire au cynisme du narrateur et à l’aspect trivial de certaines de ses remarques mais très vite je me suis laissée emporter par l’intrigue. Le dénouement, à rebondissements, m’a vraiment surprise. Il met en avant les dérives de la société de consommation et de communication  et montre à quel point nous pouvons nous faire manipuler par les médias et les images. Nous vivons dans un monde où tout va vite, où il faut vendre à n’importe quel prix, où l’humain ne compte plus. Mais où est passé l’esprit critique et le nécessaire recul sur les choses ?

Seul petit bémol dans ce roman: le personnage du journaliste, Sanglar a des attitudes et une façon de vivre peu vraisemblables. Il vit dans une crasse effroyable, collectionne des objets vraiment surprenants et on ne comprend pas toujours ce qu’il fait quand il va voir sa mémé, dans les bois. Mais ce personnage n’est-il pas là pour monter un peu plus qu’il ne faut pas toujours se fier aux apparences ?

Un roman à lire, pour l’intrigue mais aussi pour toutes les réflexions sur la communication, la pub, l’Internet, etc.

Un extrait à méditer :

« Je suis fasciné par la proximité illusoire que crée Internet et ses e-mails. L’immédiateté de l’échange, l’absence de rencontre avec ce qu’elle contient d’indices dévastateurs dans la découverte subjective de l’autre, créent vite un cocon d’illusion nourri par l’intarissable besoin de séduire et l’incroyable optimisme de l’espèce humaine. […]. Tout est parfait, comme rêvé. […]. Tout le monde y croit et surtout veut y croire, pour finalement échanger des e-mails avec le chien du voisin. » p.40-41.

RIZMAN, Victor, 40 ans, 6 morts et quelques jours…, Emotion works, 2009.

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