La mer, rien que pour nous !

Cela fait maintenant huit ans que je goûte à ce luxe qui n’a pas de prix, habiter en bord de mer. Avant la foule estivale, c’est le moment d’en profiter.

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Petite balade en bord de mer

Le souffle coupé, la tête rentrée dans les épaules, les mains devant le visage pour éviter la sable qui cingle, ce matin nous avons bravé le mauvais temps pour aller voir la mer à Capbreton.

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Échappée entre mer et montagne, au Jaizkibel

A l’origine, ce blog à pour nom Échappées car j’avais l’intention de parler de tout ce qui me permet de m’évader du quotidien : la lecture bien entendu mais aussi le cinéma, la musique, les voyages ou les balades. Mais le temps passe vite et je m’aperçois que 99% de mes chroniques concernent la littérature. Je vais donc essayer de remédier à ça de temps en temps !

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Le grand marin – Catherine Poulain

Le grand marin Catherine PoulainLili, un joli prénom qui inspire la joie, la bonne humeur, la légèreté. Mais la vie de cette Lili là est bien éloignée de toute cela. Elle a décidé de fuir. Quoi ? On ne sait pas exactement. L’alcool, l’ennui, la misère, la peur et peut-être d’autres choses encore. Au terme d’un long voyage à travers les États-Unis, elle arrive en Alaska, bien décidée à embarquer à bord d’un bateau de pêche alors qu’elle n’a jamais pêché et ne connaît personne dans le milieu. Ils sont nombreux à vouloir faire comme elle mais peu résistent à ces conditions de travail si difficiles alors une fille…

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Une femme simple – Cédric Morgan – Lu par Marc Hamon

Jeanne Le Mithouard est une femme à la fois simple et moderne pour son époque. Elle vit en Bretagne à la fin du XVIIIème et au début du XIXème siècle. Sa taille, sa corpulence et sa force physique font d’elle une femme atypique qui attire tout autant qu’elle effraie. Elle se loue pour les travaux des champs et comme elle travaille bien mieux que la plupart des hommes, elle ne chôme pas.

A l’occasion d’un mariage, elle rencontre Louis, un marin, qui tombe amoureux d’elle et devient son mari quelques temps plus tard. Louis est étonné par l’absence de pudeur de sa femme qui n’hésite pas à se montrer nue pendant et après l’amour. Il n’était pas habitué à cela lors des quelques expériences qu’il a eues auparavant.

Louis part en mer pour de longues périodes. Jeanne refuse de l’attendre à la maison et décide de s’installer comme batelière afin de transporter passagers, animaux et marchandises dans le golfe du Morbihan. Elle est beaucoup sollicitée, surtout en hiver quand les chemins pour se déplacer d’un village à un autre sont difficilement praticables. Elle risque sa vie en sauvant plusieurs marins de la noyade par gros temps. Pour elle, c’est naturel. Elle ne comprend pas qu’on l’admire pour cela.

Chose rare pour les femmes à cette époque, Jeanne sait lire. Elle décide que ses filles apprendront elles aussi. L’aîné se destine assez vite à reprendre le travail de sa mère. La plus jeune semble aimer la religion.

La vie de Jeanne est faite de labeur et de plaisirs aussi simples que rares. Elle aime le dimanche car elle va à la messe et a un peu de temps pour elle. Lors d’une des longues absences de Louis, elle rencontre une femme qui va lui faire entrevoir un vie différente de celle que les curés veulent imposer au peuple et plus particulièrement aux personnes de son sexe.

A l’image de cette femme d’une autre époque dont il nous fait partager la vie et les pensées, le style de Cédric Morgan est simple et efficace. Il nous plonge dans une atmosphère rude et pauvre sans jamais tomber dans le misérabilisme. On imagine sans peine la petite maison de Jeanne et de Louis, leur coin de Bretagne, la mer et ses dangers, etc.

C’est un panneau destiné aux touristes dans une petite rue portant le nom de Jeanne Le Mithouard qui a été le point de départ de ce roman. Les informations sur elle étant extrêmement peu nombreuses, l’auteur a imaginé son quotidien. Les propos sur la condition des femmes et la religion disséminés ça et là sont particulièrement intéressant. 

La voix de Marc Hamon transporte agréablement le lecteur dans un autre univers et un autre siècle. On passe un agréable moment en compagnie de cette version audio.

MORGAN, Cédric, HAMON, Marc, Une femme simple, Des oreilles, 2015.

la mer en hiver

Estacade – Capbreton – 1er février 2014

Plage de capbreton – 1er février 2014

Plage de Labenne – 1er février 2014

L’Espagne depuis la plage de Labenne – 1er février 2014

Voyage aux îles de la Désolation – Emmanuel Lepage

Crozot, Amsterdam, Saint-Paul et la mythique Kerguelen : ces îles de l’Antarctique sont peuplées d’animaux et de quelques scientifiques. Jadis, on les surnommait les îles de la Désolation. En 2010, Emmanuel Lepage a l’opportunité de passer un mois à bord du Marion Dufresne, un bateau chargé d’effectuer des missions de ravitaillement sur ces territoires du bout du monde. Il découvre la mer, parfois hostile, la vie à bord d’un gros bateau, les hommes et les femmes qui y travaillent souvent dans des conditions difficiles, les scientifiques qui partent en missions sur les îles ou en reviennent, etc.

Curieux, Emmanuel Lepage s’imprègne de son environnement mais s’intéresse aussi aux gens et à leur travail. Il ne juge pas. Il essaie plutôt de comprendre chaque personne qu’il rencontre. Le lecteur découvre ainsi le désaccord de la communauté scientifique sur le fait d’autoriser ou non les potagers sur les îles. Certains estiment que c’est essentiel pour pouvoir manger des légumes – ils sont coupés du monde et vivent en autarcie pendant plusieurs mois- d’autres pensent que ça bouleverse trop la biodiversité locale.

Le dessinateur croque aussi de jolis portraits et de magnifiques paysages, parfois très vite quand les éléments extérieurs sont hostiles. D’autres sont plus travaillés. Certains, sur double page, sont même impressionnants !

A la fois récit de voyage, et bande dessinée documentaire, Voyage aux île de la Désolation est une vraie réussite. Moins introspectif qu’Un printemps à Tchernobyl, il permet au lecteur de partir à l’aventure dans des contrées mystérieuses et inhospitalières depuis son canapé.

« Ce qui est étrange avec le voyage, c’est qu’on ne comprend qu’après -et encore pas toujours- ce qu’on est allé chercher. » p.7

LEPAGE, Emmanuel, Voyage aux îles de la Désolation, Futuropolis, 2011.

« Les Naufragés de l’île Tromelin » d’Irène Frain

Le 31 juillet 1761, L’utile fait naufrage sur une petite île déserte perdue au milieu de l’océan indien et cernée par les déferlantes. Depuis, quelques jours, Lafargue, le capitaine, est en conflit avec Castellan et la majorité de l’équipage au sujet de l’itinéraire à suivre. Deux cartes ont été embarquées à bord et indiquent des coordonnées différentes pour cette île dangereuse. A cause de son obstination à ordonner « Cap à l’Est », Lafargue provoque le naufrage du navire.

Comme d’autres, il sort vivant de la catastrophe mais s’enferme dans le mutisme et des crises de tics régulières le secouent. C’est donc Castellan qui assume toutes les responsabilités sur l’île et organise la survie des rescapés, blancs de l’équipage comme noirs de la cale. Car L’utile transportait un cargaison clandestine d’esclaves…

Sur l’île, la solidarité se met très vite en place pour construire un bateau et s’enfuir. Parmi les blancs,certains refusent de participer à ce difficile travail. Le jour du départ, ils seront pourtant à bord alors que les noirs qui n’ont pas ménagé leurs efforts restent sur place avec pour seul espoir la promesse faite par Castellan de revenir les chercher au plus vite.

Malgré toute se bonne volonté, l’officier ne pourra pas honorer sa promesse. 15 ans plus tard, on retrouve sept femmes et un bébé sur le lieu du naufrage. Ils sont vivants mais dans quel état…

 

Les Naufragés de l’île Tromelin est tiré d’une histoire vraie et l’intérêt de ce roman réside principalement dans son aspect historique. Il montre très bien le sort réservé aux esclaves au siècle des Lumières. Malheureusement, à l’époque, seul un très petit nombre d’hommes avait conscience de l’ignominie de leurs actes. Même Castellan qui avait véritablement l’intention de revenir pour sauver les Noirs de la cale ne les considérait pas comme égaux aux blancs puisqu’ils étaient installés dans un camp à part et n’avaient pas le droit au même sort que les autres. Reconnaissons tout de même les effets positifs de cette horrible aventure : elle a contribué à révéler aux hommes du siècle des Lumières l’atrocité du sort réservé aux esclaves et àaparticipé, au moins en partie, à l’abolition de l’esclavage le 4 février 1794 : « Tous les hommes sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens français, et jouiront des tous les droits assurés par la Constitution« . 

Pour lire d’autres avis, c’est par ici.

Merci à Suzanne de Chez les filles et aux éditions Michel Lafon pour m’avoir proposé de recevoir ce livre gratuitement.

FRAIN, Irène, Les naufragés de l’île Tromelin, Michel Lafon, 2009.

« Seul sur la mer immense » de Michael Morpurgo

Arthur est un jeune orphelin anglais qui ne connaît absolument rien de ses origines et débarque un jour de 1947 en Australie, contraint et forcé. Le gouvernement britannique ne lui a pas demandé son avis. Là-bas, il travaille comme esclave au ranch Cooper et sa vie est un véritable enfer fait d’humiliations quotidiennes. L’espoir ne semble pas permis mais heureusement, Arthur porte sur lui une clef porte-bonheur, souvenir de sa sœur Kitty.

Des années plus tard, la fille d’Arthur, Allie, quitte l’Australie à bord de son bateau direction l’Angleterre. Elle n’a qu’un souhait : partir à la découverte des origines de son père.

Ce qu’il y a de bien avec les romans de Michael Morpurgo, c’est qu’on est très rarement déçu. Et Seul sur la mer immense, son dernier livre publié en France, confirme la règle. L’histoire d’Arthur Hobhouse est une formidable épopée qui fait voyager le lecteur sur les terres australiennes mais aussi sur les océans du globe. Elle est pleine d’espoir, d’humanité, de poésie et de réflexion.

Lire l’avis de Clarabel, et celui d’Ys : leurs billets sont beaucoup plus détaillés que le mien, c’est ça quand on écrit le compte rendu plus d’un mois et demi après avoir lu le livre !

MORPURGO, Michael, Seul sur la mer immense, Gallimard jeunesse, 2008.

Et un Morpurgo de plus !

Quatrième de couverture :

« Le 10 septembre 1987, Michael embarque avec ses parents et leur
chienne, Stella, sur un voilier pour faire le tour du monde. Ils
s’arrêtent, parfois, pour de fabuleuses escales, Afrique, Amérique,
Australie, jusqu’au jour où survient un terrible accident. Le jeune
garçon se retrouve échoué, avec sa chienne, sur une île déserte perdue
au milieu du Pacifique. Va-t-il pouvoir survivre, affamé, menacé par
toutes sortes de dangers ? Reverra-t-il jamais ses parents ?

Un
matin, alors que l’épuisement le gagne, Michael trouve auprès de lui un
peu de nourriture et d’eau douce. Il n’est pas seul…
« 

                                     

Le royaume de Kensuké est un roman qui s’inspire de l’histoire de Robinson Crusoé. C’est un beau récit d’aventure dans lequel Michael, le héros, ne cède pas à la panique et au désespoir même s’il a ses moments de faiblesse et se demande bien s’il va pouvoir revoir un jour ses parents. C’est aussi une belle leçon sur l’amitié et le respect de l’autre mais je ne vous en dis pas plus à ce sujet sinon, je vais révéler toute l’histoire…

Comme souvent avec Michael Morpurgo, on se distraie, on est pris par l’intrigue, mais il y a aussi une dimension réflexive importante. C’est un roman qui, à mon avis, peut plaire à bon nombre de collégiens.

Lire l’avis de Clochette et d’Emmyne.

MORPURGO, Mickael, Le royaume de Kensuké, Gallimard jeunesse, 2001.

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