Aylal, une année en Mongolie – Linda Gardelle

A l’occasion d’un voyage, Linda tombe amoureuse de la Mongolie. Un an après, le bac en poche, elle part seule en immersion dans le pays pour une durée de 12 mois.

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Les temps sauvages – Ian Manook

J’ai quitté Yerudelgger en mai dernier avec l’envie d’enchaîner sur la suite de ses aventures. Un roman qui promène son lecteur au coeur de l’Asie centrale, ce n’est pas si courant que cela !

Dans Les temps sauvages, Yeruldelgger part à la recherche du meurtrier de Colette, l’ex prostituée qui lui a servi de couverture dans sa précédente enquête, et de son fils adoptif porté disparu. Il éprouve beaucoup de respect et d’amitié pour cette femme mais on lui tend un piège et on l’accuse de l’assassinat.

Il apparaît trés vite que quelqu’un cherche encore une fois des ennuis au comissaire. Erdenbat, son salaud de beau-père qui avait été laissé pour mort, serait-il encore vivant ?

Pendant ce temps là, ses collègues enquêtent sur deux meurtres mystérieux qui ont eu lieu dans les steppes mongoles. C’est dans ce cadre qu’Oyun rencontre un beau militaire dont elle tombe immédiatement sous le charme. On se dit que c’est trop beau pour être vrai et que ça sent l’entourloupe à plein nez. Ian Manook n’a pas pour habitude de faire dans le romantisme !

En France, un mystérieux chinois tente de tuer un flic. Au Havre, on retrouve par hasard six enfants morts dans un container et un seul survivant. Ces enfants d’origine mongole étaient semble t-il des voleurs recrutés pour alimenter un trafic juteux. Qui est à la tête de tout cela ?

De la Mongolie à la France en passant par la Russie et la Chine, Yeruldelgger tente de trouver le lien entre toutes ces affaires dans lesquelles la corruption règne en maître. Ses méthodes sont toujours aussi violentes et il est plus que borderline pour un flic.

Les rebondissements sont nombreux et l’intrigue parfois tortueuse. Certaines situations sont même un peu trop invraisemblables à mon goût. Le contexte dans lequel se déroule l’intrigue et les réflexions sur la culture mongole sont cependant toujours aussi intéressants et ça reste un bon polar.

Pour Hélène, c’est un roman à consommer sans modération.

MANOOK, Ian, Les temps sauvages, Albin Michel, 2015.

Yeruldelgger – Ian Manook – Lu par Martin Spinhayer

Au coeur des steppes mongoles, des nomades découvrent le corps enfoui d’une enfant. A ses côtés, un petit tricycle rouge. L’inspecteur Yeruldelgger est chargé de mener l’enquête. Il a lui même perdu sa petite Kushi il y a cinq ans alors forcément, cette macabre découverte lui rappelle de mauvais souvenirs. Sa fille a été enlevée et assassinée pour l’empêcher de mener à bien une enquête sur la corruption liée à l’achat de terres. Yeruldelgger veut absolument découvrir les meurtriers de la fillette et promet aux nomades de respecter les traditions et de prendre soin de son âme.

Parallèlement à cette affaire, le héros éponyme enquête également sur l’assassinat de trois chinois à Oulan-Bator. Les corps ont été émasculés et les représentants de la Chine dans la capitale de la Mongolie sont hors d’eux. Ils veulent trouver les coupables eux-mêmes. Yeruldelgger n’est pas du tout de cet avis.

L’inspecteur n’est pas aimé de tous, loin de là. Jusqu’à la mort de Kushi, c’était un des meilleurs flics. Depuis, c’est un homme brisé qui n’en fait qu’à sa tête et qui n’a plus rien à perdre. Sa femme s’est murée dans le silence et il ne vit plus avec. Son autre fille fait n’importe quoi de sa vie.

Les pétages de plomb et la violence de Yeruldelgger lui valent beaucoup d’ennuis. Sa franchise aussi. En effet, c’est une personne intègre, ce qui n’est pas le cas de tous ses collègues d’Oulan-Bator. Il est respectueux des traditions mongoles et refuse que la Mongolie cède à la facilité en abandonnant le pays aux chinois ou aux coréens. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié les scènes ou l’on découvre le mode de vie et les coutumes des nomades. La portée critique, en filigrane, est très intéressante.

Avec Oyun, son assistante, Solongo, la médecin légiste et Gantulga, un gamin des rues effronté, Yeruldelgger tente de mener à bien ses enquêtes et de trouver le lien qui les unit. Les embûches sont nombreuses sur son chemin mais l’homme n’a pas froid aux yeux.

Les personnages qui accompagnent l’inspecteur ont tous des personnalités bien marquées. Oyun est une flic dévouée qui a grandi dans les steppes. Elle est prête à risquer sa vie pour lui. Solongo est quelqu’un de très compétent dans son travail. Elle est aussi la gardienne des traditions dont certaines se rapprochent parfois du chamanisme. Gantulga est un gamin débrouillard qui apporte une touche de fraîcheur au roman.

J’ai dévoré cette version audio qui dure un peu plus de 15h30 en moins d’une semaine. La voix de Martin Spinhayer aide à imaginer les paysages et les personnages. Cette plongée en Mongolie a été pour moi un véritable moment de bonheur. Le dénouement est ouvert et j’ai maintenant hâte de mettre la main sous Les temps sauvages, la suite, qui vient de sortir.

Sandrine n’a pas du tout aimé. 

MANOOK, Ian, SPINHAYER, Marin, Yeruldelgger, Audiolib, 2014.

Là où naissent les nuages – Annelise Heurtier

Amélia a 16 ans et vit dans un milieu aisé. Sa mère est magistrate et son père médecin dans un hôpital parisien. Tous les deux travaillent beaucoup et incarnent la perfection pour leur unique fille. Celle-ci, mal dans sa peau, traîne ses kilos en trop et se réfugie dans la nourriture.

Un jour, sa mère reçoit une lettre en provenance de Mongolie. Juste avant la naissance d’Amélia, elle a fait un voyage humanitaire là-bas et depuis, elle envoie de l’argent tous les ans à l’association dans laquelle elle a travaillé. Son fondateur, un français prénommé Nikita, vient de mourir dans un tragique accident. La nouvelle dirigeante, Bakar, encourage la mère d’Amélia a poursuivre ses dons, essentiels pour la survie de la structure.

Amélia n’avait jamais entendu parler de cette association mais sa mère est effondrée. Son père propose d’aller passer les vacances là-bas pour faire du bénévolat mais les choses ne se déroulent pas comme prévu. Amélia part finalement seule en Mongolie.

Son arrivée dans le pays est à la fois un vrai choc et une révélation. A Oulan Bator, elle découvre une vie bien différente que celle dont elle a entendu parler à la télévision ou dans les livres. La misère et la violence sont partout. Avec l’ONG, l’adolescente vient en aide aux enfants des rues en leur offrant un repas, un lit et des vêtements.

Petit à petit, elle remet également en cause ses certitudes et son attitude d’occidentale. Elle se rend compte que la réalité n’est pas si simple qu’elle le pensait au départ et relativise ses petits problèmes.

Véritable récit initiatique, Là où naissent les nuages montre toute l’évolution de l’adolescente vers l’âge adulte. Le roman propose également au lecteur un voyage dépaysant. La Mongolie y est très bien décrite, tant au niveau des paysages que des modes de vie. Le personnage d’Amélia est intéressant. Les ados s’identifieront sans peine à elle.

Il est cependant dommage que les quelques personnages secondaires qui gravitent autour d’elle ne tiennent pas une place plus importante, notamment ceux de l’ONG. Ils n’existent qu’à travers Amélia. L’auteur lance quelques pistes sur les raisons de leur engagement ou leur caractère mais ne les exploitent pas. On reste donc un peu sur notre faim. Le dénouement est également un peu trop rapide à mon goût. Les révélations des dernières pages auraient peut être mérité un développement un peu plus long.

Malgré ces quelques réserves, Là où naissent les nuages est un très bon roman jeunesse qui mérite vraiment d’être lu.

HEURTIER, Annelise, Là où naissent les nuages, Casterman. 

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