Ikigami 2 – Motorô Mase

Quatrième de couverture :
« Lorsqu’on reçoit l’Ikigami, c’est qu’il ne nous reste plus que 24 heures à vivre.
Le
fonctionnaire Fujimoto continue de réfléchir au sens de son travail de
livreur d’Ikigami, tandis que deux nouvelles jeunes personnes apprennent
leur mort prochaine. Une jeune femme plongée dans la solitude par un
petit ami trop ambitieux, et un garçon qui doit annoncer à sa vieille
patiente que, pour la seconde fois, la nation réclame la vie de l’homme
qu’elle aime. Que feriez-vous de vos dernières 24 heures ?
« 

Tous les jeunes entrant à l’école sont vaccinés et une dose sur mille
contient un poison qui se révélera mortel entre 18 et 24 ans. Le job de Fujimoto consiste à annoncer à ces jeunes leur mort prochaine.

Comme dans le tome 1,  le fonctionnaire japonais se pose des questions sur son travail mais ne va pas vraiment au fond du problème. Même après avoir été quitté par sa petite amie, qui lui reproche de lui faire subir sa mauvaise humeur quand il rentre le soir, il ne se remet pas vraiment en question.

Le schémas narratif est exactement le même que dans le premier tome et les portraits des condamnés se succèdent sans liens entre eux. C’est là le seul reproche que je ferai à cette série. Tous les jeunes gens réagissent de façons différentes et chaque histoire est le prétexte à une critique de la société japonaise et de l’absurdité de ce système mis en place pour assurer la prospérité de la nation. De mon point de vue, c’est ce qui fait le principal intérêt d’Ikigami.

Les dessins de Motorô Mase, très expressifs, traduisent remarquablement bien la peur des futurs condamnés à mort. Un vieil homme compare ces jeunes gens qui vivent là leurs dernières heures à cause d’une loi stupide à ceux qui ont donné leur vie pour la patrie en tant de guerre. Quelle absurdité ! Cela montre à quel point la population est aveugle et je n’ai pas pu m’empêcher de faire quelques parallèles avec ce qui se passe dans notre pays en ce moment…

Le tome 3 fera sans doute partie de la prochaine commande du CDI si les élèves accrochent avec cette série. J’espère tout de même qu’il y a aura du nouveau au niveau de la structure du récit ou de l’attitude de Fujimoto car j’ai peur de finir par me lasser.

MASE, Motorô, Ikigami 2, Kazé manga, 2010.

Treize raisons – Jay Asher

Hannah Baker vient de se suicider. Juste avant, elle a enregistré sept K7 dans lesquelles elle parle des treize personnes qui, sans le savoir, ont influé sur sa décision de donner fin à ses jours. Elle a tout organisé pour que les K7 parviennent à ces treize personnes les unes après les autres.  Clay Jensen est un de ces destinataires. Quand il comprend ce qu’il y a dessus, il est terrifié et se demande ce qu’il a bien pu faire. Car une chose apparaît très clairement dès le départ : on n’imagine pas à quel point ses actes ou ses mots, même les plus innocents, peuvent toucher quelqu’un de manière radicale.

Je suis passée totalement à côté de ce livre dont j’ai entendu beaucoup de bien sur la blogosphère. Je n’ai éprouvé aucune compassion pour Hannah. Toutes ses préoccupations d’ados m’ont laissée indifférente. Pourtant, je sais qu’à cet âge là on est à fleur de peau et qu’il ne faut pas grand chose pour que tout bascule dans l’extrême. Hannah se sent trahie à chaque fois qu’elle croit pouvoir faire confiance à quelqu’un et c’est ce qui la conduira vers l’impensable.

En plus du manque d’intérêt pour cette jeune lycéenne, deux choses m’ont gênée: l’absence des parents (ne se rendent-ils pas compte que leur fille va mal ?) et l’attitude du conseiller pédagogique, Mr Porter, dans les dernières pages. Ses mots sont graves. Comment peut-on laisser une jeune fille partir quand elle dit clairement qu’il faut qu’elle prenne une décision au sujet de sa vie ?

Treize raisons a cependant beaucoup de chances de plaire aux ados qui se retrouveront sans doute à travers certains des sentiments d’Hannah.

ASHER, Jay, Treize raisons, Albin Michel, 2010.

Ikigami 1 – Motorô Mase

Dans le pays de Fujimoto, une loi a été élaborée pour rappeler à chacun la valeur de la vie et assurer ainsi la prospérité de la nation. Tous les jeunes entrant à l’école sont vaccinés et une dose sur mille contient un poison qui se révélera mortel entre 18 et 24 ans. Tous vivent donc de façon plus ou moins consciente avec un couperet au dessus de la tête.

Fujimoto, lui, est un fonctionnaire de l’État chargé de donner aux jeunes condamnés l’Ikigami c’est-à-dire le préavis de mort. A partir de là, ils n’ont plus que 24 heures à vivre. Mais à quoi occuper ces dernières heures ? Et comment annoncer à de jeunes gens pleins d’avenir qu’ils ont été condamnés à mort de façon totalement arbitraire pour le bien de la nation ?

Un manga qui démarre fort. Fujimoto se pose beaucoup de questions sur le sens de son travail mais reste finalement très passif. Quant aux condamnés à mort, ils choisissent de vivre leurs dernières heures de manières totalement différentes et certaines scènes, très réalistes, font froid dans le dos. En tous cas, le lecteur ne s’ennuie jamais. Un thriller à suivre donc !

MASE, Motorô, Ikigami 1, Kazé manga, 2010.

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