L’arabe du futur 3 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1985-1987) – Riad Sattouf

Riad, ce jeune garçon qui raconte sa vie et celle de sa famille dans la Syrie des années 1980, a 7 ans au début de ce troisième tome. Comme tous les enfants, il aime s’amuser. Il commence cependant à ouvrir les yeux sur le monde qui l’entoure. Ainsi, il se rend compte que la corruption règne dans le pays et que son père en profite lui aussi : professeur à l’université, il n’hésite pas à donner d’excellentes notes à ceux qui lui permettent d’améliorer son quotidien.

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L’arabe du futur 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984-1985) – Riad Sattouf

J’ai découvert le premier opus de L’arabe du futur récemment et je me suis précipitée sur la suite dès que j’en ai eu l’occasion. Dans ce deuxième tome, Riad vit en Syrie avec ses parents et son petit frère. Il passe ses journées à jouer seul avec ses Legos rapportés de France et ne voit pas beaucoup d’autres enfants.

A six ans, il finit par aller à l’école. Une école dure dans laquelle une maîtresse voilée portant une jupe courte et des talons hauts terrorise les enfants pour un oui ou pour un non. Comme tous les autres écoliers, Riad chante l’hymne national syrien chaque matin.

Sa mère est toujours effacée. La France et son confort lui manquent. Elle fait parfois quelques remarques à ce sujet mais subit les décisions de son mari et attend la villa qu’il lui a promis.

La père de Riad essaie de créer des relations pour accéder à un meilleur poste et gagner plus d’argent mais cela ne fonctionne pas. Il faut dire qu’il est particulièrement maladroit. C’est quelqu’un de lâche qui n’ose pas affirmer ses propres convictions et ment pour ne pas avoir à affronter la vérité. Son comportement vis à vis de sa femme et de ses enfants est dur. Il faut tout de même reconnaître qu’il est moins traditionaliste et plus éduqué que tous les autres villageois.

Dans ce deuxième tome, on découvre la vie dans la Syrie des années 1980 à travers le regard d’un enfant qui idolâtre son père sans se rendre de qui il est vraiment. Il comprend cependant qu’il y a des contradictions entre ce qu’il apprend à l’école et ce que lui disent ses parents. Il découvre également la dure réalité de la vie quand il se fait traiter de juif et se fait tabasser ou qu’il voit ses camarades avec un sac en plastique en guise de cartable.

La voix-off et le registre tragi-comique viennent contre-balancer son point de vue un peu naïf sur le monde qui l’entoure. La France apparaît comme le paradis et la Syrie comme arriérée mais on se doute bien que la réalité est bien plus complexe que cela.

Les caractères des personnages sont brossés avec précision et les scènes décrites par Riad Sattouf d’une netteté remarquable. Les émotions, l’ambiance, touy y est. Au lecteur ensuite d’interpréter les scènes dont il est témoin comme bon lui semble.

SATTOUF, Riad, L’arabe du futur 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984-1985), Allary Éditions, 2015.

Comme chaque mercredi, vous pouvez découvrir d’autres chroniques BD. Cette semaine, c’est chez Jacques que cela se passe.

L’arabe du futur : Un jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984) – Riad Sattouf

Riad Sattouf est né en 1978 d’un mère bretonne et d’un père syrien. Ses parents se sont rencontrés à l’université alors que son père séjournait en France pour poursuivre des études. Après sa thèse, ce dernier ne trouve pas de travail et postule auprès de plusieurs universités étrangères. C’est ainsi que toute la famille se retrouve à Tripoli.

A travers le regard naïf de Riad et des souvenirs reconstitués à posteriori, on découvre une Libye où chacun peut s’installer dans une maison si personne ne se trouve à l’intérieur. Il suffit juste de mettre les valises du précédent occupant devant la porte ! Pour se nourrir, il faut se rendre dans une coopérative et faire la queue. Pas question bien entendu de choisir la quantité et le type d’aliments.

Pourtant, le père de Riad ne renonce pas à ses idéaux. Laïc et défenseur du panarabisme, il ne remet pas en question la dictature. L’album est essentiellement centré sur lui. Sa femme reste à la maison pour s’occuper de Riad et apparaît comme effacée.

Au bout de deux ans, Riad et sa mère retournent en France. Le père les rejoint quelques temps après puis, trouve un nouveau poste en Syrie. Là-bas, Riad rencontre sa famille paternelle et reçoit des insultes et des coups de la part de ses cousins car il est blond et considéré comme juif.

A travers cette bande dessinée autobiographique, on découvre la Lybie et la Syrie du début des années 1980. Le regard de Riad, alors enfant, est forcément naïf et caricatural. La violence du monde extérieur apparaît d’autant plus dure pour le lecteur adulte qui a du recul et sait comment ces pays ont évolué. On ne peut s’empêcher de condamner ce père de famille idéaliste qui décide de tout et ne laisse pas la parole à sa femme.

Les rapprochements avec le travail de Marjane Satrapi -pour la découverte d’un pays et d’une culture à travers le regard d’un enfant- et d’Art Spiegelman -pour le rapport au père- sont assez faciles à faire. J’ai aussi pensé aux bandes dessinées de Guy Delisle à plusieurs reprises.

Du point de vue graphique, le trait est assez simple tout comme la palette des couleurs mais cela fonctionne plutôt bien. J’ai donc déjà réservé le tome 2 à la médiathèque. Un troisième et un quatrième tome sont annoncés.

SATTOUF, Riad, L’arabe du futur : Un jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984), Allary Editions, avril 2014.

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