Les grandes jambes – Sophie Adriansen

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Marion a un problème : elle grandit trop vite ! Au collège, elle dépasse la plupart des garçons de sa classe et ses jeans découvrent ses chaussettes. On aurait pu remplacer ce prénom par le mien. Avec mon 1,77m, je connais bien le problème. Un pantalon juste au niveau de la taille mais trop court. Ou alors à la bonne longueur mais trop large. Vive les jupes et les robes ! Sauf que Marion refuse d’en porter.

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3000 façons de dire je t’aime – Marie-Aude Murail

Chloé, Bastien et Neuville sont des passionnés de théâtre. Ils ont eu le déclic en classe de cinquième, quand leur professeur de français les a emmenés voir une représentation de Dom Juan dans un joli théâtre à l’italienne.

En quatrième, ils ont participé à l’atelier théâtre, mis en place au collège par cette même enseignante. La représentation de fin d’année n’a pas été à la hauteur des espérances de chacun….

En troisième, Bastien, Chloé et Neuville se sont perdus de vue mais n’ont jamais cessé d’aimer le théâtre. Ils se retrouvent par hasard, quelques années plus tard, au conservatoire d’art dramatique. Là, ils sont pris dans le cours de Jeanson, le professeur le plus réputé de la ville. Ils font connaissance jusqu’à former une véritable bande de copains, inséparable et capable d’une entraide formidable.

Chloé, qui est en prépa, doit concilier un rythme de travail infernal et des répétitions nombreuses. Elle doit aussi faire face à ses parents qui lui mettent une pression monstrueuse par rapport à l’école et laissent peu de place aux loisirs et à l’épanousissement personnel. Bastien, fils de commerçants, ne pense qu’à faire rire. Il oublie trop souvent qu’au théâtre, il faut aussi travailler. Neville n’a pas une vie facile entre les problèmes financiers et les crises d’asthme de sa mère. Il a du mal à se faire violence pour se donner les moyens de réussir. Passionnés, ces trois là sont prêts à tout pour aller jusqu’au bout de leurs envies.

L’histoire des ces trois jeunes adultes qui évoluent et mûrissent grâce à leur passion se lit le sourire aux lèvres et donne du baume au coeur. Je suis persuadée qu’avoir une passion ou du moins un centre d’intérêt fort est essentiel dans la vie et ce roman le montre bien. Le théâtre permet à Bastien, Chloé et Neville, tous trois en quête d’identité, de se trouver. Ce sont des êtres humains comme les autres, avec des contradictions et des défauts mais ausi beaucoup de force et d’envie de vivre.

Dans 3000 façons de dire je t’aime, Marie-Aude Murail rend également un bel hommage au théâtre. Les textes cités sont nombreux et l’auteur donne vraiment envie de les (re)découvrir. Jeanson est un professeur comme on en rencontre peu. Charismatique, mystérieux, il sait transmettre son amour pour le théâtre et ses connaissances à ses élèves avec talent.

Vous l’aurez compris, c’est un livre que je conseille vivement !

MURAIL, Marie-Aude, 3000 façons de dire je t’aime, L’école des loisirs, 2013.

La nonne et le brigand – Frederique Deghelt

Ah, quel bonheur ce livre !

Lysange est amoureuse de Pierre. Elle est mariée à John et a deux enfants qui sont déjà grands mais le fait d’avoir un amant n’est pas un problème pour elle. Elle en a toujours eu et son mari ne semble pas y voir d’inconvénients. Il y a une espèce d’accord tacite entre eux deux…

Ce qui rend la vie difficile à Lysange, c’est plutôt le caractère de ce photographe reporter de guerre dont elle ne peut plus se passer. Il part à l’étranger, ne donne pas de nouvelles pendant de nombreux jours, revient comme si de rien n’était et se jette dans ses bras avec passion puis, d’un seul coup, la repousse violemment et lui fait des reproches injustifiés. Ses mots sont violents. Il veut lui faire mal et détruire leur histoire. Sa folie passe comme elle est venue et le couple vit de nouveaux des moments torides.

Pour prendre du recul et faire le point, Lysange décide d’accepter l’invitation de Tomas, cet inconnu qui a lu ses livres et lui propose de lui prêter sa maison du Cap-Ferret. Tout de suite, le contact passe bien avec cet homme déjà âgé. Lui aussi est un être sensible à qui l’odeur des pins et l’air de l’océan font un bien fou.

Dans la bilbiothèque de Tomas, Lysange découvre un cahier à la couverture de cuir. Sa curiosité la pousse à l’ouvrir. Dès les premiers mots, elle est happée par l’histoire de cette nonne partie en mission en Amazonie. Elle aussi est amoureuse d’un homme pas comme les autres, même si au début elle l’ignore…

Son histoire est celle de Lysange ont bien plus de points communs qu’on ne peut l’imaginer au départ…

Si l’histoire d’amour entre Lysange et Pierre m’a parfois un peu énervée -comment une femme peut elle accepter d’être humiliée ainsi ?- je me suis vite laissée emporter par La nonne et le brigand. Soeur Madeleine est une femme formidable et d’une force de carctère incroyable.

L’écriture de Frederique Deghelt est envoûtante et je crois que j’aurais bien aimé moi aussi découvrir ce manuscrit à la couverture de cuir, m’installer dans cette maison perdue au milieu des dunes, et lire l’histoire d’amour hors du commun de cette nonne aventurière et de son accompagnateur atypique.

Merci à l’Irrégulière qui fait voyager ce livre.

DEGHELT, Frederique, La nonne et le brigand, Actes Sud, 2011.

La photographe – Christophe Ferré

New-York. A la veille du 11 septembre 2001, la photographe et le Latino passent leur première nuit ensemble. C’est le début d’une passion dévorante. Une histoire d’amour dont on se doute dès le départ qu’elle finira à peine commencée puisque le Latino travaille comme sommelier dans un restaurant d’une des tours jumelles. Elle est photographe professionnelle et a commencé par le photographier avant de faire plus ample connaissance. Le jour de la tragédie, elle mitraille les tours avec son téléobjectif à la recherche de son amant.

Une nouvelle de 85 pages à l’écriture fluide et au rythme travaillé. Des évocations de New-York et des bords de Loire -la photographe habitait Beaugency quand elle était petite- réussies. Un amour passionnel décrit avec talent.  Cette nouvelle n’est pas un énième texte qui se sert des évènements du 11 septembre 2001. C’est plutôt un petit bijou d’écriture !

Christophe Ferré a reçu le prix de la nouvelle 2010 de l’Académie française pour La photographe.

Merci aux éditions du moteur pour l’envoi de ce livre.

FERRÉ, Christophe, La photographe, Les éditions du moteur, 2010.

« Sarah et le lieutenant français » de John Fowles

Angleterre, 1867. Sarah Woodruff est considérée comme folle par les habitants de Lyme. On dit qu’elle a été abandonnée par son amant, un lieutenant français, et qu’elle ne s’en est jamais remise… Charles Smithon apprend qui est cette jeune femme, croisée par hasard un jour en bord de mer, de la bouche de sa fiancée, Ernestina Freeman. Charles est intrigué. Sa curiosité le pousse à chercher à en savoir plus sur cette jeune femme énigmatique. Il la rencontre plusieurs fois et Sarah sollicite son aide. Pas facile de garder ses distances dans ces conditions, d’autant qu’Ernestina n’est absolument pas au courant de la situation… Charles joue avec le feu et semble courir tout droit à sa perte…

Sarah et le lieutenant français, un pavé entamé il y a trois semaines et dont je suis enfin venue à bout. Je vous rassure tout de suite, j’ai lu deux ou trois livres entre deux mais j’ai  tout de même eu du mal à m’enfiler les 670 pages. Je ne suis plus habituée à lire des textes aussi longs… Ceci dit, c’est une lecture qui vaut vraiment le coup !

Sarah et le lieutenant français  a été publié en 1969 mais l’auteur fait preuve d’une telle connaissance de l’époque victorienne qu’on pourrait croire qu’il s’agit d’un livre écrit à la fin du XIXème siècle. Les remarques sur la société de l’époque sont nombreuses et variées : mariage, convenances, religion, classes sociales, darwinisme, etc.

John Fowles intervient à plusieurs reprises dans le roman en s’adressant directement au lecteur et en lui proposant un réflexion sur le travail de l’écrivain ou sur l’évolution de ses personnages. Ainsi, il écrit trois fins. Au lecteur de garder celle qui lui convient même si la dernière est souvent considérée comme « la vraie, » l’auteur le sait…

Seul petit bémol de ce beau roman : les digressions sont nombreuses et m’ont tout de suite fait penser à certains romans français du XIXème. Des vieux souvenirs du bac ou de la fac de lettres ont ressurgi… C’est vrai que depuis que j’ai terminé mes études, je n’ai pas dû ouvrir beaucoup de classiques…

Après une lecture aussi dense -difficile à apprécier sans une solide culture littéraire- j’ai envie de quelque chose de plus léger, sans digressions à rallonge sur les fossiles ou que sais-je encore !

Fowles, John, Sarah et le lieutenant français, Points.

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