Les équinoxes – Pedrosa

Chaque être humain a en lui une part d’ombre et une autre de lumière. Les doutes, les incertitudes sont inhérents à la vie et trouver l’équilibre n’est pas simple.

Les personnages des équinoxes ne font pas exception. Complètement différents les uns des autres, ils se cherchent tous. La vie, le parcours de chacun d’entre eux sont l’ocasion d’autant de digressions. On découvre alors des monologue intérieurs, des moments de doute, de désarroi ou de désespoir.

De la douceur et de l’humanité se dégagent cependant de l’ensemble. Les équinoxes n’est pas une bande dessinée sombre. Au contraire, c’est un subtil équilibre entre le jour et la nuit que nous propose Cyril Pedrosa.

Du point de vue graphique, c’est une vraie réussite. J’ai retrouvé le trait que j’avais déjà apprécié dans Portugal. Le dessin ne suffisant pas toujours, quelques pages d’écriture pure viennent compléter le propos.

Véritable roman graphique de plus de 300 pages, Les équinoxes se déguste. Il est même nécessaire d’y revenir plusieurs fois pour tout saisir car l’enchevêtrement des tranches de vie fait que l’on s’y perd un peu à la première lecture et le propos est multiple.

C’est un vrai régal de découvrir tous ces personnages dont certains sont particulièrement attachants. Le temps qui passe, les désillusions, l’amour, l’amitié, l’engagement :  les sujets traités sont nombreux. Comment alors ne pas se retrouver dans ce merveilleux récit choral introspectif ?

PEDROSA, Cyril, Les équinoxes, Dupuis, 2015.

Portugal – Cyril Pedrosa

Simon Muchat est auteur de bandes dessinées. Il traverse une longue panne d’inspiration et donne des cours dans des écoles pour gagner un peu sa vie. Une vie à laquelle il a d’ailleurs beaucoup de mal à donner du sens. Il doute de la qualité de son travail et peine à s’engager dans sa vie de couple. Sa copine en a marre de le voir comme ça et ne sait pas trop quoi faire pour qu’il aille mieux.

Invité dans un salon de BD au Portugal, Simon se sent bien dans le pays de ses ancêtres. Il y retrouve le parfum de l’enfance et s’intéresse à sa famille alors qu’il ne l’avait jamais fait jusque là. Petit à petit, il commence à se (re)construire et à aller de l’avant.

J’ai entendu parler de Portugal de nombreuses fois et comme j’ai envie de retourner dans ce pays que j’ai découvert il y a un an et demi, cette bande dessinée était une bonne occasion ! On y retrouve les rues en pente, les nombreux escaliers, le linge qui pend aux fenêtres, le soleil, la chaleur et la simplicité des habitants, la sonorité de leur langue, etc. Le dessin et les couleurs restituent à merveille l’ambiance du pays.

Le personnage de Simon est intéressant. En pleine quête d’identité, il se pose de nombreuses questions, trouve quelques réponses et évolue au fil des pages. Il observe ceux qui l’entourent sans porter de jugement et se laisse porter par le Portugal et ses habitants.

Vous l’aurez compris, j’ai été conquise par ce livre et je vous le conseille vivement !

PEDROSA, Cyril, Portugal, Dupuis, 2011.

Autobio – Cyril Pedrosa

Pas facile de concilier écologie et vie quotidienne ! Cyril Pedrosa raconte ici sa vie de citoyen de gauche engagé dans l’écologie et de père de famille lambda. Les enfants sont scolarisés dans une école Freinet, le lait de vache est proscrit à la maison et le moyen de transport privilégié est le vélo. Cela n’empêche pas l’auteur d’adorer les saucisses cocktails, de détester les blettes achetées chez un petit producteur au marché et de remplir sa piscine pour faire plaisir aux enfants.

La première de couverture -qui représente un père qui essaie de jetter une bouteille dans la poubelle réservée aux cartons et qui est retenu par sa femme, ses enfants et… son chat-  donne une idée assez précise du graphisme de Pedrosa qui complète fort bien la tonalité humoristique d’autobio.

Les tranches de vie se succèdent sur une ou deux pages au maximum et certaines sont vraiment drôles. L’autodérision est la force de cet album et ça fait du bien de lire ça parce que franchement, quand on vient de la campagne, les bobos écolos citadins qui se prennent au sérieux, ça énerve un peu !

Merci Jérôme de m’avoir offert cette BD !

PEDROSA, Cyril, Autobio, Fluide glacial, 2008.

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