L’empreinte – Alexandria Marzano-Lesnevich

Étudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich fait un stage dans un cabinet d’avocats et visionne une vidéo qui bouleverse ses convictions. A l’écran, Ricky Langley avoue des sévices sexuels et le meurtre du petit Jeremy Guillory, six ans. Fille d’avocat et farouche opposante à Continuer la lecture de « L’empreinte – Alexandria Marzano-Lesnevich »

L’abolition – Robert Badinter

Quand la peine de mort a été abolie en France, le 30 septembre 1981, j’avais à peine 2 ans. Bien sûr, j’en ai entendu parler à l’école ou dans les médias mais ce long combat se résumait pour moi à deux hommes –Robert Badinter et surtout François Mitterrand– et à une date : 1981. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que je me suis plongée dans le livre de Robert Badinter. Il était dans ma PAL depuis 2002 ou 2003. A l’époque, je préparais la CAPES de documentation et notre prof, historienne de formation, nous avait venté les mérites de ce texte. Je me demande encore pourquoi j’ai mis autant de temps avant de le lire…

A une époque où la France, pays des Droits de l’Homme, pratique toujours les exécutions à la guillotine et fait figure de mauvais élève en Europe, Robert Badinter, avocat parisien de renom, défend avec force et conviction les condamnés à mort devant les tribunaux. Il est LE défenseur de l’abolition.

Dans ce livre, il fait le récit de sa lutte contre la peine de mort depuis l’exécution de Buffet et Bontems en 1972 jusqu’au vote de l’abolition, quelques mois après l’élection à la Présidence de la République de François Mitterrand. Il raconte comment une condamnation à mort se joue parfois à peu de choses : contexte politique et social, sexe et origine social des jurés, plaidoiries, lieu où se déroule le procès, etc. Il revient longuement sur le procès de Patrick Henry mais aussi sur d’autres, moins connus aujourd’hui. Un certain nombre d’arguments  sont mis en avant mais -et c’est là le seul reproche que je ferais à ce texte- ne sont pas vraiment développés.

Dans les pays qui ont aboli la peine de mort, le taux de criminalité n’a pas évolué. Ce seul argument aurait dû suffire à convaincre tout le monde mais ce n’était pas le cas. Robert Badinter rappelle que tous les sondages effectués à l’époque montraient que les français étaient majoritairement favorables à la peine de mort. C’est une de raisons qui explique la longueur du combat contre l’abolition. Sans François Mitterrand, qui avait affirmé pendant sa campagne, qu’il était contre la peine de mort et qui a décidé de faire voter l’abolition contre l’opinion majoritaire des français, où en serions-nous aujourd’hui ?

Un passage, malheureusement toujours d’actualité :

« Nos prisons regorgeaient, elles étaient l’école du crime, le foyer de la récidive. Et voici qu’on renforçait encore le recours à l’incarcération. Seule une politique vigoureuse de prévention pouvait réduire la délinquance en s’attaquant à ses causes. Encore fallait-il prendre en compte sa complexité. Elle n’était pas la même dans une petite ville de province ou dans une métropole régionale. L’action de prévention devait être diversifiée, le diagnostic et le traitement social des causes de la délinquance conduits en fonction des réalités locales. » p.222

BADINTER, Robert, L’abolition, Le livre de poche, 2002.

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