La guerre de Catherine – Julia Billet et Claire Fauvel

Début des années 1940, zone occupée. Rachel Cohen a été confiée par ses parents à la maison des enfants de Sèvres, un établissement aux méthodes pédagogiques atypiques, beaucoup plus libres qu’ailleurs. Continuer la lecture de « La guerre de Catherine – Julia Billet et Claire Fauvel »

L’odeur de la forêt – Hélène Gestern

Il y a des livres dont on parle peu et qui sont pourtant magnifiques. L’odeur de la forêt en fait partie. Continuer la lecture de « L’odeur de la forêt – Hélène Gestern »

En attendant Robert Capa – Susana Fortes

Première moitié des années 1930 : Gerta Pohorylle, juive allemande d’origine polonaise émigre à Paris. Elle fuit l’antisémitisme de son pays et rencontre dans la capitale française de nombreux réfugiés politiques ou artistes engagés qui fréquentent comme elle les cafés de la rive gauche. Elle fait la connaissance d’André Friedman, juif hongrois et photographe passionné. C’est le début d’une histoire d’amour très complexe.

André initie Gerta à l’art de la photographie et la jeune femme prend en main la carrière de son amant. Pour lui permettre de gagner de l’argent, elle lui invente un nom, Robert Capa, et le fait passer pour un photographe américain. Elle se trouve aussi une identité professionnelle : désormais, elle se nomme Gerda Taro. 

Quand la guerre d’Espagne éclate, tous les deux se rendent sur le front pour photographier au plus près les combats et rendre compte aux français de ce qui se passe de l’autre côté de la frontière. « C’était à ce genre de journalisme-là qu’elle et André aspiraient. Être au cœur des évènements, les apprendre de première main, sentir le monde palpiter dans leurs veines. » p. 100. Passionnés par la photographie, ils s’en servent comme d’une arme pour dénoncer les atrocités commises par les fascistes et prennent parti aux côtés des républicains. « Il avait plus que jamais foi en lui et en son travail. Il pensait que ses photographies pouvaient obtenir l’intervention des puissances occidentales en faveur du gouvernement républicain, il avait renoncé à la prétendue neutralité du journaliste, engagé jusqu’au cou dans cette guerre qui finirait par briser sa vie. » p. 181.

Dans l’Espagne en guerre, Gerda Taro se révèle être une femme à l’indépendance de caractère très marquée. Elle prend autant de risque que Capa et rien ne l’arrête. « – On t’as sonné, toi ? explosa-t-il. On t’as
demandé quelque chose ? Je t’ai parlé de ta fiancée qui t’attend
sagement à la maison, à faire des confitures et à jouer du piano ? Tu
vois, certaines femmes préfèrent faire des photos pour que le monde
sache ce qui se passe dans ce pays, et si ça te plaît pas, va chier.
 » p. 135. Capa a tout de même parfois du mal à comprendre cette femme si complexe et si farouche.

Traduit de l’espagnol en une douzaine de langues et bientôt adapté au cinéma, En attendant Robert Capa est une œuvre romanesque qui se lit d’une traite. Je ne connaissais pas grand chose sur le fondateur de l’agence Magnum avant de lire ce livre mais j’ai désormais l’impression d’avoir découvert de vrais journalistes avec de vraies valeurs. Un magnifique roman sur l’engagement et sur un métier à haut risque, celui de reporter de guerre. Une belle histoire d’amour, complexe et tragique. A découvrir absolument !

« l’apparence de la réussite attire la réussite » p. 116

Merci à BOB et aux éditions Héloïse d’Ormesson pour l’envoi de ce livre. 

FORTES, Susana, En attendant Robert Capa, Éditions Héloïse d’Ormesson, 2011.

%d blogueurs aiment cette page :