La mort nomade – Ian Manook

Yeruldelgger n’est plus flic. Usé par des années et des années de lutte contre la criminalité et la corruption (cf premier et deuxième tome), il vit désormais seul dans une yourte au beau milieu de la steppe mongole. Au contact de la nature, en renouant avec les traditions, l’homme espère chasser la violence et la colère qui s’emparent trop souvent de lui pour vivre enfin en harmonie. Il n’a plus de contacts ni avec Oulan-Bator ni avec Solongo, la légiste dont il est amoureux. Continuer la lecture de « La mort nomade – Ian Manook »

Millénium 4 – David Lagercrantz – Lu par Emmanuel Dekoninck

La revue Millénium ne rapporte plus assez d’argent. Comme tous ses concurrents de la presse écrite, elle n’a plus autant de succès qu’avant. Le journaliste d’investigation Mickael Blomkvist n’a aucun sujet en vue suffisamment intéressant pour doper les ventes et l’actionnaire majoritaire exerce de nombreuses pressions sur l’équipe.

Il rencontre un homme qui lui parle d’une histoire d’espionnage en haut lieu dans laquelle le professeur Franz Blader a fait appel à une hackeuse punk. Mickael comprend tout de suite que cette jeune femme est son amie Lisbeth Salander dont il n’a plus de nouvelles depuis pas mal de temps. Il se montre plus attentif à ce que l’homme lui explique. Lisbeth ne prend jamais de risque au hasard, la justice est son leitmotiv.

Chercheur de génie dans le domaine des mathématiques et de l’intelligence artificielle, Balder vient de quitter brusquement les États-Unis pour récupèrer son fils autiste dont il n’a pas la garde et se terrer chez lui. Il semble détenir des informations explosives qui mettraient en cause les services de renseignements américains et appelle Mickael Blomkvist en pleine nuit pour le rencontrer.

Dès les premières pages, la tension est palpable. Si Mickael semble fatigué et Lisbeth présente seulement de manière indirecte, par ce qu’on dit d’elle, le professeur, lui, est à bout de nerfs et se sent traqué. Quel secret détient-il ? Qui est concerné par les informations qu’il a en sa possession ? Pourquoi Lisbeth Salander est-elle mêlée à cette histoire ?

Après le décès de Stieg Larson il y a quelques années, c’est David Lagercrantz qui a repris la série Millénium, pour le plus grand bonheur des fans. En 2008, j’ai dévoré le premier puis le deuxième tome mais je suis bien incapable de vous dire pourquoi je n’ai jamais lu le troisième. Cela ne m’a pas empêché de comprendre ce quatrième opus sur lequel je suis un peu moins enthousiaste, ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas aimé.

Le personnage de Lisbeth est toujours aussi intéressant et complexe. On découvre enfin son passé de manière un peu plus fouillée et elle a un côté assez attachant. Mickael, quant à lui, est fidèle à lui-même. Il ne déroge pas à ses valeurs, sauf quand il s’agit de venir en aide à une Lisbeth en danger de mort. Un nouveau personnage, Auguste Balder, le fils du célèbre professeur, fait son apparition dans ce quatrième tome. C’est un petit garçon porteur de handicap mais doté d’une intelligence hors du commun en ce qui concerne les mathématiques. J’ai beaucoup aimé les passages qui le concernent.

L’intrigue, en revanche m’a parue parfois un peu complexe. Je me suis perdue dans les passages sur l’intelligence artificielle et les mathématiques et j’ai finalement renoncé à comprendre dans les détails. Dans ce cas, lire une version audio est un handicap car il est difficile de revenir en arrière. De plus, les personnages sont nombreux et on s’y perd un peu même si la lecture d’Emmanuel Dekonninck est assez réussie, notamment en ce qui concerne les voix de chacun d’entre eux.

Au final, je suis tout de même contente d’avoir découvert ce Millénium 4 !

L’avis de Sandrine.

LAGERCRANTZ, David, DEKONINCK, Emmanuel, Millénium 4, Audiolib, 2015.

 

Les temps sauvages – Ian Manook

J’ai quitté Yerudelgger en mai dernier avec l’envie d’enchaîner sur la suite de ses aventures. Un roman qui promène son lecteur au coeur de l’Asie centrale, ce n’est pas si courant que cela !

Dans Les temps sauvages, Yeruldelgger part à la recherche du meurtrier de Colette, l’ex prostituée qui lui a servi de couverture dans sa précédente enquête, et de son fils adoptif porté disparu. Il éprouve beaucoup de respect et d’amitié pour cette femme mais on lui tend un piège et on l’accuse de l’assassinat.

Il apparaît trés vite que quelqu’un cherche encore une fois des ennuis au comissaire. Erdenbat, son salaud de beau-père qui avait été laissé pour mort, serait-il encore vivant ?

Pendant ce temps là, ses collègues enquêtent sur deux meurtres mystérieux qui ont eu lieu dans les steppes mongoles. C’est dans ce cadre qu’Oyun rencontre un beau militaire dont elle tombe immédiatement sous le charme. On se dit que c’est trop beau pour être vrai et que ça sent l’entourloupe à plein nez. Ian Manook n’a pas pour habitude de faire dans le romantisme !

En France, un mystérieux chinois tente de tuer un flic. Au Havre, on retrouve par hasard six enfants morts dans un container et un seul survivant. Ces enfants d’origine mongole étaient semble t-il des voleurs recrutés pour alimenter un trafic juteux. Qui est à la tête de tout cela ?

De la Mongolie à la France en passant par la Russie et la Chine, Yeruldelgger tente de trouver le lien entre toutes ces affaires dans lesquelles la corruption règne en maître. Ses méthodes sont toujours aussi violentes et il est plus que borderline pour un flic.

Les rebondissements sont nombreux et l’intrigue parfois tortueuse. Certaines situations sont même un peu trop invraisemblables à mon goût. Le contexte dans lequel se déroule l’intrigue et les réflexions sur la culture mongole sont cependant toujours aussi intéressants et ça reste un bon polar.

Pour Hélène, c’est un roman à consommer sans modération.

MANOOK, Ian, Les temps sauvages, Albin Michel, 2015.

Au fer rouge – Marin ledun

Rescapée des attentats de 2004 à Madrid, le lieutenant Emma Lefevre lutte contre le terrorisme et en particulier contre les indépendantistes basques d’ETA. Elle a réussi à se faire muter au pays basque et collectionne les informations concernant les militants, les enlèvements, les meurtres et tout ce qui touche de près ou de loin le combat pour l’indépendance.

Février 2013, côte Sud des Landes, plage de Seignosse Le Penon. Un jeune couple de touristes anglais découvre une valise avec à l’intérieur le corps d’un homme. Domingo Augusti est un espagnol connu des services de police français pour trafic de drogue. Il a également été entendu dans une affaire d’enlèvement d’un militant basque supposé appartenir à ETA. Soupçonné de complicité d’actes de torture, il a été relâché rapidement.

A la police judiciaire de Bayonne, Emma Lefèvre est chargée de l’enquête. Simon Garnier, son collègue, ne dort plus depuis que le cadavre d’Augusti a été retrouvé. La dernière fois qu’il l’a vu, le jeune homme était interrogé dans une planque par Javier Cruz, le cerveau de l’antiterrorisme. Il n’était pas censé être retrouvé dans cet état là ! Maintenant, Garnier n’a plus le choix. Il doit se taire et la jouer fine car Javier Cruz a de quoi le faire tomber.

Trafics de drogue, projets immobiliers et lutte contre le terrorisme sont intimement liés. Javier Cruz est à la tête de tout cela. Ses complices et soutiens sont nombreux, Emma lefevre va la découvrir petit à petit. Comment alors le faire tomber ?

Des plages landaises aux hôtels de luxe de la côte basque, de la banlieue de Madrid aux bars de Bayonne, des planques aux rêves immobiliers, la corruption est partout. Des innocents en font les frais et les acteurs de cet immonde merdier sont tous tellement pieds et poings liés qu’il est extrêmement difficile de les attaquer.

Comment s’empêcher de penser, à la lecture de ce livre très documenté, qu’il y a un peu -beaucoup ?- de vrai dans ce que Marin Ledun a imaginé ?

Les 460 pages se dévorent et on referme le livre en espérant que l’auteur planche déjà sur son prochain roman.

LEDUN, Marin, Au fer rouge, Ombres noires, 2015.

Yeruldelgger – Ian Manook – Lu par Martin Spinhayer

Au coeur des steppes mongoles, des nomades découvrent le corps enfoui d’une enfant. A ses côtés, un petit tricycle rouge. L’inspecteur Yeruldelgger est chargé de mener l’enquête. Il a lui même perdu sa petite Kushi il y a cinq ans alors forcément, cette macabre découverte lui rappelle de mauvais souvenirs. Sa fille a été enlevée et assassinée pour l’empêcher de mener à bien une enquête sur la corruption liée à l’achat de terres. Yeruldelgger veut absolument découvrir les meurtriers de la fillette et promet aux nomades de respecter les traditions et de prendre soin de son âme.

Parallèlement à cette affaire, le héros éponyme enquête également sur l’assassinat de trois chinois à Oulan-Bator. Les corps ont été émasculés et les représentants de la Chine dans la capitale de la Mongolie sont hors d’eux. Ils veulent trouver les coupables eux-mêmes. Yeruldelgger n’est pas du tout de cet avis.

L’inspecteur n’est pas aimé de tous, loin de là. Jusqu’à la mort de Kushi, c’était un des meilleurs flics. Depuis, c’est un homme brisé qui n’en fait qu’à sa tête et qui n’a plus rien à perdre. Sa femme s’est murée dans le silence et il ne vit plus avec. Son autre fille fait n’importe quoi de sa vie.

Les pétages de plomb et la violence de Yeruldelgger lui valent beaucoup d’ennuis. Sa franchise aussi. En effet, c’est une personne intègre, ce qui n’est pas le cas de tous ses collègues d’Oulan-Bator. Il est respectueux des traditions mongoles et refuse que la Mongolie cède à la facilité en abandonnant le pays aux chinois ou aux coréens. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié les scènes ou l’on découvre le mode de vie et les coutumes des nomades. La portée critique, en filigrane, est très intéressante.

Avec Oyun, son assistante, Solongo, la médecin légiste et Gantulga, un gamin des rues effronté, Yeruldelgger tente de mener à bien ses enquêtes et de trouver le lien qui les unit. Les embûches sont nombreuses sur son chemin mais l’homme n’a pas froid aux yeux.

Les personnages qui accompagnent l’inspecteur ont tous des personnalités bien marquées. Oyun est une flic dévouée qui a grandi dans les steppes. Elle est prête à risquer sa vie pour lui. Solongo est quelqu’un de très compétent dans son travail. Elle est aussi la gardienne des traditions dont certaines se rapprochent parfois du chamanisme. Gantulga est un gamin débrouillard qui apporte une touche de fraîcheur au roman.

J’ai dévoré cette version audio qui dure un peu plus de 15h30 en moins d’une semaine. La voix de Martin Spinhayer aide à imaginer les paysages et les personnages. Cette plongée en Mongolie a été pour moi un véritable moment de bonheur. Le dénouement est ouvert et j’ai maintenant hâte de mettre la main sous Les temps sauvages, la suite, qui vient de sortir.

Sandrine n’a pas du tout aimé. 

MANOOK, Ian, SPINHAYER, Marin, Yeruldelgger, Audiolib, 2014.

Le ver à soie – Robert Galbraith

J’ai quitté Cormoran Strike à regret il y a quelques mois alors qu’il venait de résoudre avec brio l’affaire Lula Landry. C’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé mon détective favori et sa fidèle secrétaire, Robin. Cette fois-ci, l’enquête porte sur la mort d’Owen Quine, un écrivain à la réputation sulfureuse. C’est sa femme qui, inquiète de ne plus avoir de nouvelles de lui depuis plusieurs jours, demande à Strike de bien vouloir le retrouver. 

Très vite, Cormoran pressent que l’affaire est plus compliquée qu’il n’y paraît. Avant de disparaître, Owen a tenté de faire publier Bombyx Mori, un manuscrit dans lequel il met en cause de manière outrancière tout le gratin du monde de l’édition ainsi que quelques personnes de son entourage proche. Les allusions d’ordre sexuel sont nombreuses et totalement scabreuses. Les protagonistes, cachés derrière des pseudonymes, sont assez faciles à démasquer et on comprend clairement qu’Owen Quine cherche à régler ses comptes. Ceux qui ont intérêt à ce qu’il disparaisse sont donc nombreux.

Comme dans le premier opus, Robert Galbraith, alias J-K. Rowling, tient son lecteur en haleine jusqu’aux dernières pages. Les rebondissements sont nombreux et bien malin sera celui qui devine avant la fin comment l’enquête va se résoudre. Les personnages étant nombreux, ce n’est pas toujours évident de les identifier tous et de comprendre les liens qu’ils entretiennent entre eux. Le lecteur finit donc par s’y perdre un peu, d’autant plus que les fausses pistes sont nombreuses. C’est là le seul bémol de ce roman.

Là où l’auteur excelle le plus, c’est dans la description de la personnalité des différents protagonistes. Cormoran Strike et Robin, sa secrétaire, en tête. On les découvre peu à peu avec leurs faiblesses et leurs doutes mais aussi leur volonté de ne pas se fier aux apparences et de résoudre coûte que coûte cette affaire. Ils forment désormais un véritable duo et commencent à bien se connaître. Les personnages secondaires ne sont pas laissés pour compte. La fille d’Owen Quine ou encore Michael Fancourt, pour ne citer qu’eux, sont particulièrement intéressants.

On quitte le roman en découvrant que la charmante Robin va suivre une formation de détective. Il ne reste donc plus qu’à espérer qu’une suite est prévue !

Une lecture commune que j’ai le plaisir de partager avec Enna et Sandrine.

GALBRAITH, Robert, Le ver à soie, Grasset, 2014.

L’homme qui a vu l’homme – Marin Ledun

Une fois commencé, impossible de lâcher ce roman noir qui entraîne le lecteur à réfléchir sur la notion de démocratie à travers une sombre histoire de disparition dans le Nord du Pays basque.

Nous sommes à la fin du mois de janvier 2009. Jokin Sasco, un militant basque, n’a pas donné signe de vie depuis plusieurs jours. Sa famille, inquiète, organise une conférence de presse. Il faut dire que Jokin Sasco n’est pas le premier militant à être une victime de l’ombre. Trahisons, enlèvements, séquestrations et même tortures sont monnaie courante.

Qui agit ? Pour le compte de qui ? Dans quel but ? Qui finance ? Autant de questions auxquelles le journaliste Iban Urtiz va tenter de répondre. Etza Sasco, la soeur de Jokin, Éléa Biscaya, son ex petite-amie, et dans une moindre mesure le journaliste Marko Elisabe vont l’aider dans sa quête de vérité.

Iban se retrouve vité mêlé à une histoire qui le dépasse. Les basques ne se livrent pas si facilement à un Erdaldun, un étranger. Quant aux États français et espagnol, ils sont loin d’être clairs dans cette histoire et sont surtout prêts à tout pour que la vérité n’éclate pas au grand jour. Le journaliste, victime de pressions, d’intimidations puis de violences, va t-il parvenir à ses fins ou devenir lui aussi victime d’une guerre dont on n’identifie même plus clairement les opposants ?

Marin Ledun est un auteur qui n’a plus à faire ses preuves. Quand j’ai su qu’il avait écrit un roman sur les militants basques, j’ai tout de même été surprise de son audace. Je me suis demandée quelle allait être la réaction des basques justement. Visiblement, elle a été très positive et quand on lit le roman, on comprend pourquoi. L’auteur, avec le sérieux qui le caractérise, ne s’est pas attaqué à ce sujet à la légère. Inspiré de l’histoire vraie de la disparition d’un militant basque, Jon Anza, L’homme qui a vu l’homme est un roman dans lequel on apprend beaucoup de choses sur un sujet que peu de gens connaissent vraiment. Marin Ledun ne prend pas le parti des basques mais celui de la justice et de la démocratie. Cela donne un roman fort avec des personnages attachants qu’on n’a pas envie de quitter. Et ça tombe bien car mon petit doigt me dit qu’une suite se prépare.

LEDUN, Marin, L’homme qui a vu l’homme, Ombres noires, 2014.

Une chanson douce – Mary Higgins Clark

En début de semaine dernière, tous les livres que je prenais me tombaient des mains. Impossible de me concentrer sur quoi que ce soit…. J’ai donc suivi les conseils de Géraldine et j’ai sorti un polar de ma Pile à Lire. Cela faisait au moins dix ou quinze ans que je n’avais pas lu un Mary Higgins Clark et j’avais envie de voir si mon avis sur elle serait toujours le même !

Une chanson douce est le dernier sorti de l’auteur qui a déjà publié quarante ou cinquante livres. A ce rythme là, on peut se dire que la qualité a peu de chance d’être au rendez-vous mais parfois un bon page turner, qui permet de se vider la tête et de ne pas trop réfléchir, ça fait du bien….

Il est ici question de Kate, plongée dans le coma suite à l’incendie de la manufacture familiale de copies de meubles anciens. Personne ne sait pourquoi elle se trouvait dans l’entreprise, au beau milieu de la nuit.

Très vite, on pense qu’il ne s’agit pas d’un simple accident, qu’elle a peut être provoqué elle-même l’incendie et qu’il y a sans doute une escroquerie à l’assurance derrière tout cela. L’entreprise va mal et le père de Kate a besoin d’argent. Il est prêt à tout pour toucher l’argent de l’assurance. Y compris à faire porter le chapeau à cet ancien employé qui se trouvait en compagnie de Kate au moment de l’explosion et qui est décédé sur le coup.

Hannah, la soeur de Kate refuse de croire à tous ces soupçons. Elle est sur la défensive et ne fait absolument pas confiance à son père qui ne se comporte pas vraiment comme il le devrait en de telles circonstances. Elle décide donc de mener l’enquête et de découvrir quel secret sa soeur avait percé. Elle n’est pas au bout de ses surprises…

Comme prévu, ce polar ne restera pas longtemps dans ma mémoire. La psychologie des personnages n’est pas le point fort de l’auteur, il y a quelques répétitions, histoire d’être bien certain que le lecteur a compris, et de trop nombreuses coïncidences improbables. Le scénario de départ n’est certes pas très original mais il aurait pu déboucher sur un bon roman. Seulement, voilà, le scénario ne fait pas tout…

Mon avis est sévère, je m’en rends bien compte. Une chanson douce a tout même eu le mérite de me sortir d’une panne de lecture et je ne me suis pas ennuyée en lisant ce roman. J’ai même tourné les pages très rapidement.

HIGGINS CLARK, Mary, Une chanson douce, Albin Michel, 2013.

Ne lâche pas ma main – Michel Bussi

L’île de La Réunion, le soleil, le ciel bleu, la piscine, la mer, le rhum…. Malheureusement pour la famille Bellion, les vacances sont loin d’être l’idéal auquel elle rêvait. Liane disparaît de l’hôtel un jour en fin d’après-midi et son mari, Martial, est le coupable tout trouvé. D’autant plus qu’il s’enfuit en compagine de Sofia, leur fille âgé de six ans, juste après avoir signalé la disparition de Liane. La police est à ses trousses mais il demeure introuvable. Pourtant, l’île n’est pas grande et toutes les routes principales ont été bloquées très rapidement.

Aja, chargée de l’enquête, explore toutes les pistes aidée par Christos, son fidèle équipier. Comme elle ne progresse pas assez vite au goût des autorités, elle est déssaisie de l’enquête au profit du Colonel Laroche. Mais Aja, originaire de l’île de La Réunion, n’a pas l’intention de baisser les bras et de laisser un étranger carriériste qui ne comprend rien à rien résoudre cette affaire.

Les cadavres s’accumulent et les policiers ne comprennent toujours pas quel est le mobile de Martial Bellion. La traque se poursuit au coeur même de l’île, dans des endroits très reculés. Le passé ressurgit par petites touches et semble prendre de plus en plus d’importance dans cette disparition et cette fuite inexpliquées.

Malgré un début un peu long à décoler, Ne lâche pas ma main est un thriller que l’on a du mal à refermer avant d’avoir lu la dernière page. Le suspens est habillement entretenu par Michel Bussi et j’avoue que j’ai totalement été surprise par le dénouement. Au fil des pages, les appparences tombent et les différents protagonistes se révèlent tels qu’ils sont réellement. Mais ce n’est qu’en découvrant le passé de Martial que le lecteur pourra comprendre le fin mot de la disparition de Liane.

Les personnages principaux, Aja et Christos par exemple, comme les secondaires -Imelda notamment- ont tous une personnalité intéressante. A travers eux, on découvre la vie réunionnaise et c’est plutôt agréable. On aurait presque envie d’aller pique-niquer dans les Hauts avec les créoles, là, tout de suite, maintenant ! Et puis, tous ces endroits sauvages, tous plus magnifiques les uns que les autres, ça fait rêver. La course poursuite et la peur au ventre en moins bien entendu !

Je ne suis pas une grande lectrice de polars et je ne sais pas ce que les spécialistes du genre en penseront mais en tous cas Ne lâche pas ma main est un roman que j’ai beaucoup apprécié.

BUSSI, Michel, Ne lâche pas ma main, Presses de la cité, 2013.

Ce livre fait partie de la sélection de mai du Prix Relay des voyageurs.

 

Les visages – Jesse Kellerman

 

Ethan Muller, marchand d’art new-yorkais, découvre grace à l’homme de confiance de son père, une série de dessins hors du commun. Dans un appartement dont le propriétaire est son richissime géniteur, des dizaines de cartons sont entassés. A l’intérieur des centaines et des centaines de dessins représantant des visages et des décors d’une précision extraordinaire. Plus surprenant encore, ces dessins s’assemblent selon une logique bien précise.

L’auteur de cette oeuvre d’art ayant disparu sans laisser d’adresse, Ethan décide de se l’approprier et d’en exposer une partie dans sa galerie. Pendant des heures, il passe en revue chaque dessin. Faire des choix et décider lesquels il va montrer s’avère être un exercice difficile. Le succès de l’exposition est immédiat. Les prix s’envolent et les amateurs d’art semblent plus fascinés encore par tout le mystère qui règne autour du génie qui a réalisé tout cela que par l’oeuvre en elle-même.

Ethan est fou de joie. Jusqu’à ce qu’un policier à la retraite reconnaissent sur le dessin n’°1, le dessin central, les visages d’enfants victimes de meurtres irrésolus…

Malgré une intrigue un peu longue à démarrer, Les visages est un roman captivant. L’histoire principale alterne avec des interludes -un peu mystérieux au début je vous l’accorde- qui reviennent sur le passé de la famille Muller. Pour une fois, pas de sang, pas de meurtre, pas d’angoisse dans ce polar mais une réflexion sur la famille, les secrets, le milieu de l’art ou encore le génie. Il y a du supens, bien entendu, mais ce n’est pas, de mon point de vue la qualité première de ce roman. Le personnage principal, Ethan, et son histoire familiale sont bien plus intéressants.

Les visages est ma première lecture dans le cadre du challenge thrillers et polars organisé par Liliba

KELLERMAN, Jesse, Les visages, Points, 2011.

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