Garde-corps – Virginie Martin

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Gabrielle Claire n’a même pas 12 ans lorsqu’elle se fait violer par Patrick, un élève de son collège. Le roman s’ouvre sur cette scène d’une violence extrême. La jeune fille ne dit rien et encaisse les humiliations des autres. Parce que bien entendu, le violeur se vante… Les parents de l’adolescente, trop préoccupés par eux-mêmes, ne voient rien, comme d’habitude.

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Éléments incontrôlés – Stéphane Osmont


Difficile de résumer ce roman qui retrace l’histoire d’un jeune homme engagé dans la politique et dans les combats contestataires des années 1970. Élevé dans une communauté libertaire de Montrouge, il passe sa jeunesse à graviter autour de divers groupuscules d’extrême gauche, à manifester, à organiser des expéditions punitives, etc. 

« ce mode de vie, en bande et dans l’illégalité, me semblait parfaitement normal. Je n’y voyais plus aucun vice ni aucune malice, et j’oublais les dangers qu’il impliquait. Au pire, il m’arrivait de recevoir un coup sur la tête ou de frôler une arrestation par les flics. ça faisait partie des aléas, auxquels j’acceptais de me soumettre sans angoisse particulière. Tous ceux que je fréquentais quotidiennement se comportaient de la même façon. » p. 370

Notre narrateur aime aussi étudier l’histoire et la philosophie qui lui permettent de penser et d’argumenter dans les débats auxquels il assiste et dans lesquels il prend parfois la parole.

A Montrouge, il grandit avec Fedora dont il tombe amoureux alors qu’il est encore un enfant. Adolescents puis jeunes adultes, ils forment un couple libre mais lui a du mal à accepter les infidélités de sa belle. Leur relation est parfois houleuse. Fedora aussi est engagée dans les mouvements contestataires. Un jour, elle décide d’ailleurs de rejoindre l’Italie où le combat contre le pouvoir en place est beaucoup plus virulent qu’en France. Le narrateur fait alors des allers-retours entre son pays d’origine et celui où vit désormais Fedora. Une fois là-bas, c’est malheureusement le combat politique qui leur prend l’essentiel de leur temps. Le lecteur le sait dès les premières pages, cette histoire se terminera mal puisque Fedora passera une vingtaine d’année derrière les barreaux. Son amant, lui, échappera de peu à la justice.

Éléments incontrôlés est un roman dense dans lequel il n’est pas toujours facile de se retrouver quand on ne connaît pas bien -ou pas du tout- les divers mouvements d’extrême gauche et leur histoire. Mais qu’importe, Stéphane Osmont nous raconte une histoire passionante dans laquelle il est question d’amour bien entendu, mais aussi de jeunesse, d’engagement et surtout d’idéaux. Les années 1970 sont une époque où les jeunes n’ont pas froid aux yeux. Ils sont pleins d’illusions et d’utopies mais l’énergie qu’ils déploient au quotidien pour parvenir à leurs fins est impressionnante. ça bouillone d’idées, de combats, de musique, de culture, de sexe, de drogue, de vie quoi !

Éléments incontrôlés est incontestablement le roman que j’ai préféré dans la sélection de mars du prix Relay des voyageurs dont ce blog est partenaire. La page facebook du prix. Si vous êtes plutôt Twitter, c’est ici.

OSMONT, Stéphane, Éléments incontrôlés, Grasset, 2013.

« Cadavre d’Etat » de Claude Marker

Le cadavre de Vaslin, conseiller du Premier ministre, est retrouvé en pleine nuit sur le parking  désert de Consorama. Suicide ou meurtre ? C’est ce que le commissaire Coralie Le Gall va devoir déterminer.

Très vite, cette jeune femme à la personnalité hors-norme comprend que l’affaire est liée à des magouilles politico-financières dans les plus hautes sphères de l’État et qu’elle va devoir enquêter dans un milieu à hauts risques, un milieu qu’elle connait aussi bien qu’elle le déteste.

 

« Toute ressemblance entre cette œuvre romanesque et des personnages ou situations liées à une affaire contemporaine serait donc fortuite et involontaire« , nous avertit l’éditeur en début d’ouvrage. Oui, sauf que quand même les ressemblances sont flagrantes et les « affaires contemporaines » se ressemblent tellement toutes que les points de comparaison sont nombreux. Je n’ai aucune idée sur le nom de l’auteur, qui se cache derrière un pseudonyme, mais j’ai cru déceler à travers certains personnages les traits de plusieurs de nos politiques actuels ou passés. Je ne me risquerai pas ici à faire des hypothèses car mes connaissances sur le milieu sont bien maigres mais je crois qu’il ne faut pas sortir de Saint-Cyr pour se prêter au jeu des devinettes.

Le vocabulaire employé est parfois un peu surprenant (le jean devient djîne et la robe de cocktail devient une tenue de coquetèle), le ton cru  et le discours très pessimiste – et cependant tellement réaliste !!!- mais Cadavre d’État se laisse lire sans problème.

Quelques extraits :

« T’es tu demandé un jour pourquoi tu es au poste prestigieux qui est le tien aujourd’hui ? Ton mérite, tes relations ?… Dérisions ! Tu es là perce que, là haut, où est la Toute-Puissance, où siègent les grands de la sainte Trinité : Riches, Élus, Enarchie, on a vérifié qu’on pourra toujours compter sur toi, pour un service ou un autre. Parce que là-haut, on connaît le levier qui te fera obéir, ta faille : vice, appétit d’honneur ou d’argent, faute dissimulée, vanité ?… Alors, on t’entoure, te flatte, te paie, te décore, te protège du monde extérieur. Mais, en même temps, on te surveille sans cesse… » p.66

« Moi, je n’ai aucun goût pour l’informel, le non-dit, le cela-va-de-soi… quand ils me sont proposés par de grands chefs. Des piègeacs pour enfariner le marmiton et lui faire porter la toque si la mayonnaise tourne à

L’avis de Neph.

Merci à Suzanne de Chez les filles et aux éditions Carnets Nord pour l’envoi de ce livre.

MARKER, Claude, Cadavre d’État, Carnetsnord, 2009.

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