Colombe sous la lune – Laurence Campa

Colombe sous la lune. C’est la poésie du titre qui m’a donné envie de lire ce roman. Pour la petite histoire, j’ai fait partie du comité de lecture de la rentrée littéraire de Cultura. Quand je suis allée choisir mon premier livre, j’ai emprunté celui-ci à l’aveugle ou presque. Pas de quatrième de couverture, pas de fiche de service de presse, une auteure qui m’était inconnue. Après un feuilletage très rapide, je savais juste qu’il était question de la Première Guerre mondiale. Un sujet intéressant donc mais tant de livres ont été publiés sur cette période de notre histoire qu’il est difficile de se démarquer. Continuer la lecture de « Colombe sous la lune – Laurence Campa »

L’odeur de la forêt – Hélène Gestern

Il y a des livres dont on parle peu et qui sont pourtant magnifiques. L’odeur de la forêt en fait partie. Continuer la lecture de « L’odeur de la forêt – Hélène Gestern »

La guerre des Lulus 4 : 1917 : La déchirure

la-guerre-des-lulus-1917-la-dechirureLa guerre des Lulus fait partie de mes livres chouchous. J’ai déjà conseillé cette série qui se déroule pendant le Première Guerre mondiale des dizaines et des dizaines de fois et je crois que je n’ai jamais eu un seul retour négatif. Si mes élèves ne vont pas forcément vers cette BD d’eux-mêmes, ils me demandent à chaque fois la suite une fois découvert le premier tome. Quand ils ont su que j’avais emporté le dernier opus chez moi avant de le mettre en rayon et que je ne l’avais toujours pas lu, ils m’ont mis la pression. C’est un vrai bonheur de les voir ainsi !

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Au revoir là-haut – Pierre Lemaitre et Christian de Metter

Au revoir là-haut Lemaître De Metter

Pour moi, Au revoir là-haut, c’est une voix, celle de Pierre Lemaître lisant son propre texte dans la version audio proposée par les éditions Audiolib. C’est désormais aussi un trait et des visages, ceux de Christian de Metter dans l’adaptation du roman en bande dessinée.

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La guerre des Lulus 3 : 1916 : Le tas de brique – Hautière et Hardoc

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Après avoir passé les années 1914 et 1915 seuls sans adulte et en pleine nature alors que la guerre fait rage autour d’eux, les Lulus tentent d’échapper une nouvelle fois aux allemands en marchant dans la forêt.

Ces quatre garçons sont séparés de leurs camarades de l’orphelinat depuis que l’ordre d’évacuation a été donné à Valencourt, leur village. Ils ont fait le mur pour se construire une cabane et se sont malheureusement retrouvés du mauvais côté de la ligne de front. Une fille les a rejoint à la fin du premier opus. Ils sont donc désormais cinq enfants dont le prénom commence par la syllabe « Lu » d’où leur surnoms de Lulus.

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La fée de Verdun – Philippe Nessman

Jeune fille d’origine populaire Nelly Martyl est douée pour le chant et travaille très dur pour réaliser son rêve, devenir chanteuse d’opéra. Elle devient rapidement une cantatrice vedette et l’emblème de son époque.

Sa vie, comme celle de beaucoup de français, bascule en 1914 lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Nelly ne peut pas rester spectatrice. Elle veut défendre sa patrie et décide de devenir infirmière. Pendant plusieurs années, elle soigne les hommes sur le front.

Le narrateur, un jeune homme de vingt ans, découvre par hasard le destin de cette femme hors du commun et décide de faire des recherches pour en savoir plus sur elle. Le lecteur découvre ainsi la vie de Nelly Martyl au fur et à mesure de ses avancées. Fiction et documentaire se mêlent avec ici et là des photos et des textes d’époque.

La vie de Nelly pendant la Première guerre mondiale est passionnante. L’auteur, Philippe Nessman, a su la rendre vivante. Les récits de la vie dans les tranchées et des combats sont nombreux mais ici, l’émotion est présente et communicative. On est bien loin des manuels d’histoire ou des reportages historiques.

J’ai beaucoup moins adhéré à la partie où le narrateur raconte ses recherches. Par exemples les dialogues avec sa grand-mère, qui a découvert Nelly Martyl recouverte de sang en plein Paris en 1943, semblent artificiels. Dommage car cette biographie romancée avait tout pour me plaire.

NESSMAN, Philippe, La féé de Verdun, Flammarion, 2016.

La vie au bout des doigts – Orianne Charpentier

En cette fin d’année 1913, la vie au pensionnat Roy est difficile pour la jeune Guenièvre, 14 ans. Elle se sent mal dans sa peau, trop grosse, pas comme les autres, pas intégrée. Certaines personnes prétendent même qu’elle possède un don, un don maléfique bien entendu. Guenièvre n’a ni père, ni mère, ni frère ou soeur sur qui s’appuyer. Elle est rejetée de tous. Cela fait trois ans qu’elle est ici. Depuis que ses parents sont décédés.

Il suffit d’un regard bienveillant, celui de Pauline, une pensionnaire plus âgée, pour que Guenièvre voit la vie sous un autre jour. Leurs conversations lui font du bien. La jeune fille ouvre les yeux sur le monde qui l’entoure. Pauline, avec ses doigts de fée, donne un nouvel aspect à ses vieilles robes.

Malheureusement, les deux amies se trouvent bien vite séparées. Pendant les vacances de Noël, Pauline disparaît. Guenièvre, en réfléchissant un peu devine facilement où et pourquoi sa camarade s’est enfuie. Elle comprend, elle est heureuse pour elle même, si elle est triste de ne plus voir son amie.

De son côté, Guenièvre retourne chez sa grand-mère et retrouve Perpétue, la fidèle cuisinière sur qui elle peut compter. Le manoir familial a en partie brûlé. Sa grand-mère n’a plus d’argent. Qu’importe, tout le monde se sert les coudes et, à la campagne, quand on a un peu de volonté, on arrive toujours à s’en sortir.

Guenièvre retrouve le bel Edmond, qu’elle a connu pendant son enfance. Il y a aussi Petit Dan, un jeune garçon attachant. La vie suit son court jusqu’au moment où la France entre en guerre.

Les hommes en âge de combattre sont mobilisés. Le conflit s’enlise alors que beaucoup pensaient que ce serait l’affaire de quelques semaines seulement. Guenièvre doit trouver en elle les ressources pour subvenir à ses besoins et à ceux de son entourage, pour se battre à l’arrière, pour venir en aide aux blessés mais aussi pour percer les secrets de son histoire familiale. La guerre la propulse malgré elle vers la maturité. Le jeune fille se découvre elle-même et devient une femme.

Orianne Charpentier nous livre un livre magnifique, à la fois roman intimiste, d’aventure et historique. La guerre y est évoquée avec beaucoup de justesse, tout comme la vie de Guenièvre. Les personnages secondaires sont nombreux et apportent beaucoup à la jeune héroïne dans sa quête personnelle. Le lecteur la regarde évoluer et grandir au fil des pages. C’est un vrai bonheur de la voir trouver sa voie malgré le contexte difficile auquel elle est confrontée. Un roman à découvrir sans hésiter !

CHARPENTIER, Orianne, La vie au bout des doigts, Gallimard, 2014.

Je ne suis pas une adepte des challenges, mais parce que Stephie le vaut bien, je fais une exception à la règle 😉 !

La guerre des Lulus 2 : 1915 : Hans – Régis Hautière et Hardoc

Les Lulus, c’est Lucien, Lucas, Luigi et Ludwig, quatre gamins qui se retrouvent seuls, à l’arrière des lignes allemandes, pendant la Première Guerre mondiale. Ils sont rejoints dans le premier épisode dont je vous parlais ici par Luce, une autre réfugiée. A la fin de ce premier opus, ils se retrouvent face à Hans, un soldat allemand.

Le second tome débute donc sur la cohabitation entres les Lulus et Hans, devenu leur prisonnier. Les enfants se rendent compte que, contrairement à ce qu’ils pensaient, l’allemand n’est pas leur ennemi. Sans son aide, Luce n’aurait peut être pas survécu au froid et à l’humidité de ce début 1915. La cabane dans laquelle ils vivent prend l’eau et les conditions de vie sont vraiment difficiles. Hans, qui représente la figure paternelle qui leur a toujours manqué, les aide à subvenir à leurs besoins.

Le printemps puis l’été arrivent et la BD prend une tonalité plus légère. Un anniversaire, une baignade dans le lac : les Lulus retrouvent pour un temps un peu de leur insouciance. Hans est là pour leur rappeler qu’il faut faire des provisions pour l’hiver. Ils s’y attellent de bonne grâce, en mangeant de temps en temps un peu plus de confiture que de raison !

Malheureusement, ce second tome se termine mal et n’augure rien de bon pour la suite. Que deviendront les Lulus dans le troisième tome ?

J’ai dévoré cette BD avec le même enthousiasme que la première. Enthousiasme que j’ai d’ailleurs réussi à communiquer puisqu’on se l’arrache désormais autour de moi. Dans ce deuxième tome, le personnage de Hans a une importance capitale. Non seulement parce qu’il aide les Lulus mais aussi et surtout parce qu’il les aide à comprendre que la réalité de la guerre n’est pas si simple qu’ils le pensaient au départ.

Régis Hautière et Hardoc ont vraiment du talent : ils réussissent à parler d’un sujet grave de manière vraiment abordable pour les jeunes lecteurs, sans entrer dans les détails sordides de la guerre ni tomber dans la mièvrerie. Vivement le tome 3 donc !

L’avis de Moka.

HAUTIERE, Régis, HARDOC, La guerre des Lulus 2 : 1915 : Hans, Casterman, 2014.

Mauvais genre – Chloé Cruchaudet

Paul Grappe tombe amoureux de la belle Louise Landy. Danses, balades en barque, tout cela est très romantique. Malheureusement, nous sommes en 1914 et la guerre approche. Les deux jeunes gens se marient très rapidement. Le jour même de la cérémonie, Louise se retrouve seule sur le quai de la gare. Elle regarde son mari partir direction la caserne…

Une fois la guerre déclarée, Paul, comme tant d’autres, part sur le front. Dès lors, les dessins de Chloé Cruchaudet deviennent d’une noirceur et d’un réalisme terribles. Alors qu’il part chercher son copain Marcel qui a perdu la boule, Paul le découvre caché dans un trou d’obu, la tête décapitée. Il décide de s’amputer d’un doigt pour fuir cette horreur et retrouver Louise. Au bout que quelques mois, on l’informe qu’il est de nouveau apte à partir au front. C’en est trop ! Paul, avec la complicité de Louise, décide de déserter.

Caché dans un petit meublé, il s’ennuie ferme. Il passe ses journées à boire, dormir et cauchemarder en attendant que Louise rentre de son travail de couturière. La jeune femme, avec son maigre salaire, a du mal à remplir la marmite. Un soir d’engueulades, Paul a l’idée d’emprunter la robe de sa femme pour sortir. Avec l’aide de cette dernière, il se travestit et devient Suzanne.

Dans les premiers temps, sa démarche et ses attitudes sont encore masculines. Petit à petit, il se prête au jeu au point de se prendre réellement pour Suzanne. Paul sombre dans une spirale infernale dans laquelle il entraîne Louise. Le scénario prend alors une tournure totalement inattendue dans le Paris des années folles.

Surprenante, hors norme, l’histoire de Paul et Louise est pourtant inspirée d’un fait réel. A travers elle, c’est toute l’horreur de la guerre et de ses conséquences que le lecteur reçoit en pleine face. La folie tient une place importante. Les déserteurs ayant été graciés 10 ans après la fin de la guerre, Paul et Louise ont vécu entre amour, jalousie et haine pendant toute cette période. Et au moment où ils pensent que le pire est derrière eux, ils ne font que sombrer encore plus.

Les dessins sont forcément sombres. Seule couleur parfois présente, le rouge met en avant les atrocités de la guerre et la féminité de Louise puis de Suzanne. Le lecteur attentif notera d’ailleurs qu’au fur et à mesure du récit, Louise ne porte plus de rouge. C’est Paul/Suzanne qui est représenté par cette couleur. Louise est en noir et en gris. De là à dire que les rôles se sont inversés, il n’y a qu’un pas…

Mauvais genre fait désormais partie des BD qui figurent en bonne place dans ma bibliothèque et ce pour un bon moment je pense !

C’est une lecture que j’ai le plaisir de partager avec Valérie, Sylire, Laurie, Mrs B. et Sandrine.

CRUCHAUDET, Chloé, Mauvais genre, Delcourt, 2013.

Au revoir là-haut – Pierre Lemaître

Ne jamais dire : « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau »…

Depuis de nombreuses années déjà, le prix Goncourt et moi sommes fâchés. Trop de grosses déceptions, trop d’enjeux commerciaux, trop de tapage médiatique. Je ne lis donc plus les romans primés par le prestigieux jury. Sauf que cette fois-ci, je n’avais pas vraiment le choix : Au revoir là-haut, fait partie des titres sélectionnés pour le prix audiolib 2014 auquel je participe. Et cette lecture audio fut une heureuse surprise !

Le roman débute à la fin de la Première Guerre mondiale, quelques jours avant l’armistice. Albert est prisonnier d’un trou d’obus et va mourir enterré vivant. Édouard lui sauve la vie au prix de son visage : il devient une gueule cassée. Les deux hommes, qui ne se connaissaient pas auparavant, deviennent amis et prennent leur revanche sur toutes les atrocités qu’ils ont subies. Eux qui avaient des valeurs et une morale montent une escroquerie à peine croyable.

Le capitaine d’Aulnay-Pradelle, un sale type qui n’hésite pas à mettre en péril la vie de ses soldats pour monter en grade, sort indemne de la guerre. Pire, il gagne énormément d’argent sur le dos des poilus morts pour la France. Autour de lui, gravitent tout un tas de personnages qu’il domine ou pense dominer.

A travers cette histoire tragique, Pierre Lemaître décrit toute la société de l’après-guerre. Son roman, extrêmement documenté, plonge le lecteur cent ans en arrière. Tous les milieux sociaux sont représentés et si, les hommes tiennent une place prépondérante, on sent l’importance du rôle des femmes. Le caractère des personnages, leur histoire personnelle, sont merveilleusement bien décrits et replacés dans le contexte de l’époque.

Le roman est écrit de telle façon que le suspens est entretenu jusqu’au dernier moment. Ce n’est pas un polar mais on sent que l’auteur maîtrise le genre et s’en est servi. Malgré certains passages un peu longs et ennuyeux, j’avais hâte d’arriver à la fin pour savoir jusqu’où Albert et Edouard allaient aller dans leur arnaque et comment le capitaine d’Aulnay-Pradelle allait finir sa vie. 

La voix de Pierre Lemaître est parfois un peu monotone et certains passages paraissent d’autant plus longs. Elle rend par contre très bien compte du caractère tragique de la destinée des personnages du roman.

Au final, c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai écouté ce roman pendant presque 17h !

LEMAITRE, Pierre, Au revoir là-haut, Audiolib, 2014.

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