Groenland Manhattan – Chloé Cruchaudet

1897. L’explorateur Robert Peary n’a qu’une seule idée en tête : planter le drapeau américain au pôle Nord. Les conditions sont extrêmes et, même en exploitant sans remords ceux que l’on appelle encore à l’époque les esquimaux, l’expédition est un échec. Excédé de ne rapporter qu’une météorite au muséum d’histoire naturelle, Robert Peary décide de ramener un enfant, Minik, et quatre adultes à New-York. Continuer la lecture de « Groenland Manhattan – Chloé Cruchaudet »

Désorientale – Négar Djavadi

desorientaleAlors qu’elle attend, seule, dans la partie réservée à la procréation médicalement assistée de l’hôpital Cochin à Paris, Kimiâ repense à son pays d’origine, l’Iran. Là-bas, cette salle d’attente ressemblerait à un joyeux foutoir dans lequel tout le monde se parlerait. On n’hésiterait pas à manger ou à raconter sa vie à un inconnu. Grâce à des allers-retours entre passé et présent, Kimiâ revient sur son histoire familiale, permettant ainsi au lecteur de comprendre qui elle est et comment elle s’est construite.

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Les grandes et les petites choses – Rachel Khan

les grandes et les petites choses

Nina Gary, 18 ans, est étudiante en droit à Assas, la célèbre université parisienne. Elle habite avec ses parents, son frère et son grand-père dans le 20ème arrondissement. D’origine juive par sa mère et africaine par son père, elle a une identité plurielle. A la maison, le français, l’anglais, l’arabe, le wolof et l’hébreu se mélangent au gré des conversations.
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La page blanche – Boulet et Bagieu

Une jeune femme se retrouve seule sur un banc, au beau milieu de Paris. Elle ne sait plus comment elle s’appelle ni où elle habite. C’est l’amnésie totale. Heureusement, elle retrouve son sac à main à côté d’elle. A l’intérieur, une carte d’identité, une adresse et quelques effets personnels. Petit à petit, elle tente de retrouver son passé.

Éloise -puisque c’est ainsi qu’elle se prénomme d’après ses papiers- découvre par exemple qu’elle est libraire dans une grande enseigne et a à peu près les mêmes goûts que tout le monde. C’est d’ailleurs au travail qu’elle se confie à Sonia, une collègue, et avoue son problème. Cette collègue, dont elle n’était absolument pas proche auparavant, l’aide comme elle peut.

Éloise mène alors une véritable quête d’identité. Son amnésie est en fait un prétexte à une réflexion plus profonde sur qui elle était, qui elle est et qui elle voudrait être.

Retrouver les dessins de Pénélope Bagieu, c’est toujours un vrai bonheur ! Les tranches de vie se succèdent avec des petits détails très bien trouvés. Les couleurs sont vives. Le rythme dynamique. Bref, c’est plein de fraîcheur !

Quant au scénario de Boulet, il manque un peu de profondeur mais se révèle néanmoins efficace. L’humour est omnipésent, notamment dans les scènes où Éloïse laisse son imagination déborder au sujet de son passé ou de ce qui va lui arriver dans les secondes qui suivent.

La culture de masse n’est pas épargnée dans cette bande dessinée. A force de lire tous les mêmes choses, d’écouter ou de regarder les mêmes artistes ou les mêmes films, on perd son identité et on ne sait plus qui on est vraiment. La page blanche est donc peut être une solution pour repartir à zéro, sur de nouvelles bases, plus saines et plus solides.

Les avis d’Antigone, de Moka et de l’Irrégulière.

BOULET, BAGIEU, Pénélope, La page blanche, Delcourt, 2012.

« La bâtarde d’Istanbul » d’Elif Shafak

Quatrième de couverture :

« Chez les Kazanci, Turcs
d’Istanbul, les femmes sont pimentées, hypocondriaques, aiment l’amour
et parlent avec les djinns, tandis que les hommes s’envolent trop tôt pour l’au-delà ou pour l’Amérique. Chez les
Tchakhmakhchian, Arméniens émigrés aux Etats-Unis dans les années 20,
quel que soit le sexe auquel on appartient, on est très attaché à son
identité et à ses traditions. Le divorce de Barsam et Rose, puis le
remariage de celle-ci avec un Turc nommé Mustafa suscitent
l’indignation générale.

Quand, à l’âge de vingt et un ans, la
fille de Rose et de Barsam, désireuse de comprendre d’où vient son
peuple, gagne en secret Istanbul, elle est hébergée par la chaleureuse
famille de son beau-père. L’amitié naissante d’Armanoush
Tchakhmakhchian et de la jeune Asya Kazanci, la “bâtarde”, va faire
voler en éclats les secrets les mieux gardés…
« .

Un livre que je voulais lire depuis longtemps, un livre que j’avais mis sur ma liste pour le challenge Lire autour du monde l’année dernière, un livre qui trainait sur ma PAL depuis plusieurs mois et que j’ai enfin lu pendant les vacances de Noël. Je l’ai dévoré. Les personnages d’Armanoush et d’Asya, toutes deux à leur manière en quête d’identité, m’ont beaucoup plu. On sent le poids de la famille et des traditions  -turques ou arméniennes- dans leurs attitudes et dans leurs choix. Pas évident d’être soi-même quand on vit avec un entourage si présent, si intrusif… J’ai eu parfois un peu de mal à m’y retrouver entre les membres de ses deux familles nombreuses, c’est le seul petit bémol de cette histoire.

La Turquie est un pays que je ne connais pas mais qui figure en bonne place sur ma liste de pays à visiter…

SHAFAK, Elif, La bâtarde d’Istanbul, 10/18, 2008.

Couleur de peau : miel de Jung

Avec Couleur de peau : miel, c’est sa propre histoire que Jung raconte dans une BD aux jolis traits, en noir et blanc, qui rappelle un peu l’univers des mangas.

D’origine coréenne, l’auteur a été adopté à l’âge de 5 ans par un couple de belges déjà parents de plusieurs enfants. De son passé en Asie, il a quelques souvenirs mais qui ne sont pas liés à sa mère (et encore moins à son père). En Belgique, il doit s’intégrer dans une nouvelle culture, une nouvelle famille, etc. Pas facile quand on se sent si différent et que les autres se chargent bien de vous le rappeler, volontairement ou non !

Abandon, adoption, déracinement, quête d’identité : tels sont les thèmes majeurs de cette BD. Et tout ça est raconté sans pathos car l’auteur a beaucoup d’humour. Le décalage est constant entre la gravité de certains propos et la façon dont ils sont racontés.

A travers ce magnifique livre, Jung nous dévoile sa propre intimité mais il explique aussi pourquoi tant d’enfants coréens ont été et sont encore adoptés. C’est donc une histoire instructive qui m’a fait beaucoup réfléchir et ce a de nombreux niveaux.

Ce premier tome est consacré à l’enfance et à l’adolescence de l’auteur. J’attends avec impatience que le deuxième, sorti récemment, soit disponible à la médiathèque.

Ils ont aimé aussi : Laurent, Sassenach et Jean-François.

PS : En relisant ce billet, je me dis qu’il reflète bien peu la richesse de l’histoire mais je n’arrive pas à faire mieux. Un conseil : si le sujet vous intéresse, lisez là !

JUNG, Couleur de peau : miel / tome 1, Quadrants, 2007.

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