Gabacho – Aura Xilonen

Liborio a fui son Mexique natal dans l’espoir d’une vie meilleure aux Etats-Unis. Clandestin, il vit et travaille dans une librairie hispanique et lit tout ce qui lui tombe sous la main, même ce qu’il ne comprend pas. Son patron, qui le prend pour un idiot et l’appelle par des noms très agréables comme « gros bêta », « oiseau du diable »,  « l’abruti à la mords-moi le nœud » ou « le macaque », a peur qu’il abîme les livres. Liborio attend donc d’être seul, le soir, dans la mezzanine qui lui sert de chambre, pour lire en cachette.

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Les filles de Brick Lane 1 : Ambre – Siobhan Curham

Les filles de Brick Lane, ce sont quatre jeunes londoniennes qui n’ont pas grand chose en commun mais forment un club secret dont le but est de vivre libre et de réaliser ses rêves.

Ambre aime les vêtements vintage et les citations d’Oscar Wilde. Elle rêve de se rendre sur la tombe de l’auteur à Paris. C’est elle qui est à l’initiative de ce club. En effet, elle se sent seule au lycée et aimerait bien avoir des amies. Les filles de sa classe se moquent d’elle car elle a deux pères. Ceci n’a jamais été un problème jusqu’ici mais depuis quelques temps, Ambre souffre de la bêtise humaine. De plus, elle se pose des questions sur l’identité de son père biologique.

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Sweet sixteen – Annelise Heurtier

Sweet sixteen Annelise HeurtierÉtats-Unis, 1957. Le lycée central de Little Rock, dans l’Arkensas, réservé jusque là aux blancs, accueille pour la première fois neuf étudiants noirs. Molly fait partie de ce groupe. Quand elle accepte de se porter volontaire, elle ne se rend pas compte de ce qui l’attend. Les blancs font tout pour préserver leurs privilèges. Souvent, ils ont une bonne noire mais cela ne les empêche pas de considérer ceux qu’ils appellent « les nègres » comme des idiots sales et porteurs de maladies.

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Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee – Lu par Cachou Kirsch

Relire un livre, c’est quelque chose que je pratique très rarement. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, que j’ai lu en version papier il y a deux ans, fait partie de la sélection du prix audiolibb 2016. Puisque je suis membre du jury et qu’il s’agit d’un prix de littérature audio, il me fallait donc le relire, au moins en partie, pour me faire une idée de l’interprétation du texte d’Harper Lee par Cachou Kirsch.

De ma lecture en version papier, je gardais le souvenir d’une déception. En effet, je m’attendais au récit du procès d’un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Or toute la première partie du roman est consacrée à la vie des enfants de l’avocat commis d’office dans la petite ville d’Alabama où se déroule les faits. Cela ne m’avait pas empêché d’apprécier le roman mais la première partie m’avait ennuyée.

Dans cette version audio, elle m’a parue moins longue, sans doute parce que je savais à quoi m’attendre. Je ne pensais pas tout lire et au final, je suis allée jusqu’à la fin avec beaucoup de plaisir.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est en réalité un récit universel. Le regard porté par les enfants, et notamment par Scout, sur le monde des adultes est sans concession et criant de réalité. C’est sans doute une des raisons du succès de ce roman, plus de 40 millions d’exemplaires vendus dans le monde entier.

Le lecture de Cachou Kirsch est vraiment réussie. Pas facile pourtant de passer de la voix de Scout Finch, la narratrice, qui est une enfant, à celle des Noirs. Au final, je suis trés heureuse de cette relecture. Je ne me suis pas centrée sur les mêmes aspects du texte et l’interprétation de la comédienne y a sans doute beaucoup contribué.

Les avis d’Enna, Sandrine, A propos des livres et Meuraïe.

LEE, Harper, KIRSCH, Cachou, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Audiolib, 2015.

Demain, demain – Laurent Maffre

Nanterre, bidonville de La Folie, 1er octobre 1962. Soraya débarque d’Algérie avec ses deux enfants, Samia et Ali, pour rejoindre son mari qui travaille en France depuis quelques temps déjà. Elle pensait découvrir un joli appartement comme ceux qu’elle voyait sur les cartes postales mais la déception est de taille. Kader a honte. Il n’a pas osé lui dire dans quel taudis il vivait. Pas d’eau courante, pas de lumière, pas de fenêtre, un toit qui fuit à la moindre averse, pas de chauffage, pas de place, etc.

Et les difficultés ne font que s’accumuler. Samia tousse tout le temps et il est impossible de la soigner correctement dans de telles conditions. La boue est omniprésente. Il est très difficile d’envoyer les enfants à l’école ou d’aller travailler sans se faire repérer comme habitant du bidonville à cause des chaussures toutes sales. L’approvisionnement en eau et l’évacuation des déchets est un véritable problème. Bref, le vie quotidienne n’est faite que de difficultés ou presque.

Pire encore, les habitants du bidonville doivent cacher les moindres travaux de réparation qu’ils effectuent car il est absolument interdit de construire ou de réparer quoi que ce soit. La police veille et détruit tout si elle s’aperçoit que quelqu’un n’a pas respecté la loi. Si une maison brûle et bien tant pis, les habitants doivent se débrouiller pour se reloger mais ne peuvent pas reconstruire.

Kader et Samya font des démarches pour obtenir un logement HLM. C’est leurs fils Ali, très bon à l’école, qui les aide à remplir les papiers. Ils savent très bien que leur demande a peu de chance d’aboutir mais n’en peuvent plus de leurs conditions de vie. Le pire, c’est que Kader passe ses journées à travailler sur les chantiers de construction de ces logements qui sont inaccessibles ou presque aux immigrés.

Comme tous ceux qui sont originaires d’Afrique du Nord, Kader et les siens doivent faire face au racisme. Ils sont considérés comme des moins que rien, humiliés. Ils n’osent pas dire à leur famille restée en Algérie la réalité de ce qu’ils vivent en France. Au pays, on croit qu’ils gagnent beaucoup d’argent et ils ont honte.

Heureusement, la solidarité règne au bidonville de La Folie. Les familles se réunissent et s’entraident. Quand une femme accouche, les autres prennent en charge ses enfants et préparent les repas. Quand un logement, brûle, on se débrouille pour reloger les habitants à droite et à gauche. Et puis, il y a aussi des moments de bonheur tout simple où on mange, on danse et on rigole un peu.

Demain, demain est un vrai coup de coeur. L’histoire en général et plus particulièrement celle de la France m’intéresse beaucoup alors quand une BD apporte des informations historiques de manière aussi intéressante, je ne peux qu’être enthousiaste ! Le dessin en noir et blanc de Laurent Maffre est une vrai réussite. Les dernières pages apportent un plus. Elles sont consacrées au témoignage de Monique Hervo, une militante qui a vécu pendant douze ans à La Folie pour aider les habitants.

Demain, demain est à mettre entre toutes les mains, non seulement parce que le livre raconte le passé de notre pays mais aussi parce que, malheureusement, ces bidonvilles qui avaient disparu pendant quelques années réapparraissent aujourd’hui. C’est caché, on en parle peu mais c’est une réalité dont nous devrions avoir honte et que nous devrions combattre. Quant au racisme, je n’en parle même pas… Là aussi il y aurait des choses à dire et à faire…

L’avis de Mo, celui de Brize de Canel et de Choco.

Un grand merci à PriceMinister qui m’a permis de lire ce livre dans le cadre de l’opération La BD fait son festival. Je note la note de 18/20 à Demain, demain.

MAFFRE, Laurent, Demain, demain, Actes Sud BD / Arte éditions, 2012.

Home – Toni Morrison

Frank Money -un nom pareil ça ne s’invente pas surtout quand on est pauvre !- rentre de la guerre de Corée et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il est resté marqué par ce qu’il a vécu là-bas. Il ne veut pas retourner à Lotus, la ville où il a grandit, pour ne pas avoir à affronter le regard des parents de ses deux camardes d’enfance partis avec lui et tous deux décèdés sur le champ de bataille.

Pourtant, une lettre ou plutôt un appel au secours va le faire changer d’avis. Il apprend que Cee, sa soeur cadette, ne va pas bien du tout. Elle risque de mourir. Frank ne l’a pas vu depuis longtemps mais, enfants, ils étaient complice et lui porte une grande affection. Il n’hésite pas une seule seconde à parcourir des centaines de kilomètres en transport en commun, sans argent, pour l’enlever des mains de la personne qui lui fait subir des atrocités.

Petit à petit, le lecteur découvre le passé de Frank et de sa soeur. Leur vie de misère, leur enfance difficile, les raisons qui les ont fait fuir leur milieu d’origine, les difficultés qu’ils ont rencontrés quand ils se sont retrouvés seuls, etc.

Frank et Cee sont noirs, on le devine au bout de quelques dizaines de pages. Et Toni Morrisson, plutôt que de faire de longs discours, suggère le racisme auquel ils doivent faire face. On est au milieu des années 1950 et aux États-Unis, la ségrégation est toujours d’actualité. Les noirs se font régulièrement agressés dans la rue. Cela va même parfois plus loin, en témoigne l’horreur subie par Cee.

Home aborde également de manière assez subtile la question des origines et du retour sur soi. Comment notre milieu social et notre famille influencent t’ils nos choix d’adulte ? Quel est notre part de responsabilité dans nos propres choix ? Comment peut-on modifier le cours des choses ?

En 150 pages seulement, grâce à une écriture trés romanesque, Toni Morrison en dit long. Les vies de Frank et de Cee ne sont qu’un prétexte pour aborder plusieurs thèmes essentiels : le racisme, la ségrégation raciale, les origines familiales, la réflexion sur soi-même, etc. Home est un roman qui se dévore. J’ai découvert l’auteur avec ce livre et je crois bien que je ne vais pas m’arrêter là !

                   

J’ai lu ce livre dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire 2012 organisés par PriceMinister et il faut donner une note au livre que l’on a lu afin d’établir un classement au sein de la sélection proposée aux blogueurs. Ce n’est pas un exercice facile car les critères sont forcément différents d’une personne à l’autre mais j’attribue un 16/20 à Home.

                       

Maintentant, je suis curieuse de voir les avis d’Enna, Midola, Mrs B, Valérie et Thiphanie qui ont lu ce livre en même temps que moi ou presque et doivent publier un billet aujourd’hui. l

MORRISON, Toni, Home, Christian Bourgois éditeur, 2012.

6/7

 

 

 

Gran Torino – Clint Eastwood

Walt Kowalski vient de perdre sa femme et vit seul aux États-Unis dans un quartier peuplé d’immigrants asiatiques. Ancien de la guerre de Corée, il méprise ses vosins et ne voit pas grand monde. Un jour, Thao tente de lui voler sa précieuse voiture de collection, une Ford Gran Torino. Mais ce que ne sait pas encore Walt Kowalski, c’est que le jeune homme a agit sous la pression d’un gang et n’est finalement pas si mauvais que cela. Il va même tenter de se racheter en travaillant pour lui. C’est le début d’une amitié étonnante qui va changer la vie du garçon comme celle de Walt.

Gran Torino est sorti au cinéma en 2009, au moment de la naissance de ma fille. Pas besoin de vous dire que j’avais autre chose à faire à l’époque que de fréquenter les salles obscures… Depuis, je n’avais jamais eu l’occasion de le regarder. C’est désormais chose faite et, franchement, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu un si bon film ! Clint Eastwood est parfait dans le rôle de ce veuf aigri qui vit replié sur lui même avec le poids de la culpabilité pour seule compagnie. Le dénouement montre son courage et sa beauté d’âme. Thao et sa soeur ont également de bien jolis rôles. Un film magnifique à faire voir à tous ceux qui vivent englués dans leurs préjugés racistes !

Mercredis en musique #10 : Lili

Lili, une chanson contre le racisme écrite par Pierre Perret à la fin des années 1970 et chanté ici par l’auteur lui-même accompagné des ogres de Barback, un groupe français vraiment sympa.

Regardez bien le visage de Pierre Perret, à la fin de la vidéo quand il se rend compte que le public connaît le refrain par coeur, c’est émouvant.

Cette chanson est un classique des chanson anti-racistes. Elle se termine sur une note d’espoir et c’est peut être une des raisons de son succès…

Mais dans ton combat quotidien, Lili 
Tu connaîtras un type bien, Lili
Et l'enfant qui naîtra un jour
Aura la couleur de l'amour
Contre laquelle on ne peut rien

Un vieux truc indien – Craig Johnson

Le shérif Walt Longmire et son ami Lonnie Little Bird, en route pour Billings, s’arrêtent au Blue Cow Café pour manger un morceau. Ils s’aperçoivent très vite que le restaurant vient d’être victime d’un hold-up. L’adjoint du comté de Big Horn chargé de l’enquête pense tout de suite que le coupable est un indien. Il appelle également Lonnie « le vieil indien » alors qu’il connaît son nom. Le racisme a la vide dure… Walt et Lonnie décident de partir eux-même à la recherche du jeune homme qui a braqué le café et appréhendent un suspect en une vingtaine de minutes. Comment ont-ils fait ? Un vieux truc indien les a aidés…

Une courte nouvelle (8 pages) à la chute inattendue qui met en avant l’intellignece de Lonnie Little Bird et dénonce le racisme anti-indiens. Pour la lire, c’est gratuit et c’est ici.

JOHNSON, Craig, Un vieux truc indien, Gallmeister, 2010.

Loin du monde – David Bergen

Dans les années 1970, au Canada, Lizzy Bird passe l’été avec ses parents au Refuge, une espèce de communauté spirituelle à la campagne. Elle s’occupe beaucoup de ses frères pendant que sa mère soigne sa dépression auprès d’un gourou un peu étrange. Le père est présent mais subit la maladie de sa femme sans faire grand chose pour améliorer la situation.

Très vite, Lizzy fait la rencontre de Raymond Seymour, un jeune indien objiwé de 19 ans qui habite dans les environs. Elle tombe amoureuse de lui malgré toutes les différences qui les séparent. Il vit dans la misère et la médiocrité tandis qu’elle est blanche et ne manque de rien. Mais Lizzy est adolescente et à cet age là on a besoin de se confronter au monde pour prendre conscience de tout ce qui nous entoure. Le passage à l’âge adulte ne se fait jamais sans heurts… Le lecteur sait d’avance que cette histoire d’amour se finira mal. Lizzy ne s’en rend compte qu’à la fin…

Loin du monde aurait pu être une belle histoire d’amour sur fond d’adolescence, de racisme et d’injustice mais il ne se dégage aucune émotion positive de ce texte. De plus, il faut attendre la moitié du roman pour voir arriver un peu d’action. Heureusement car je pense que j’aurais abandonné avant la fin !

Les adultes ont tous des comportements étranges et parfois même affreux. Ce sont les innocents qui sont punis et le dénouement ne laisse aucune place à l’espoir. C’est vrai que c’est le reflet de notre société mais les dernières scènes m’ont laissée mal à l’aise.

Un lecture que je vais bien vite oublier. C’est dommage !

Merci à BOB et aux éditions Albin Michel pour l’envoi de ce livre.

BERGEN, David, Loin du monde, Albin Michel, 2010.

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