Suzanne – Frédéric Pommier

Suzanne ne pleut plus habiter seule. A 95 ans, elle vit désormais dans un EHPAD, Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes. Il lui faut supporter les repas insipides se terminant la plupart du temps par une compote, plus facile à manger qu’un fruit. Le personnel, pour la plupart de bonne volonté, Continuer la lecture de « Suzanne – Frédéric Pommier »

danbé – Aya cissoko et Marie Desplechin

La plume de Marie Desplechin + le destin hors du commun d’Aya Cissoko = un récit de vie extraordinaire !

Danbé : la dignité. Cette valeur, qu’il faut respecter quoiqu’il arrive, a guidé toute la vie d’Aya Cissoko, ex championne du monde de boxe. Ses parents, originaires du Mali, sont venus vivre en France pour gagner de l’argent et aider leur famille restée au pays. Aya a passé son enfance avec ses frères et soeurs à Paris, dans les quartiers populaires. Entassés dans un appartement minuscule, ils vivaient de peu mais étaient néanmoins heureux. Jusqu’au jour où tout bascule, jusqu’au jour où le père et la soeur d’Aya décèdent dans l’incendie de leur immeuble.

La maman d’Aya -gravement touchée lors de l’incendie- reçoit l’ordre de rentrer au Mali avec ses enfants. Mais elle décide de lutter, contre les traditions et contre la vie qui est si difficile. Personne ne doit laisser transparaitre ses émotions, à la maison comme en dehors. Il faut vivre et puis c’est tout. Aya trouvera dans la boxe un échapatoire, un moyen de se confronter à ses propres démons.

Pas de misérabilisme dans ce livre mais plutôt une incroyable rage de vivre et une formidable leçon de vie. Aya Cissoko rend ici un bel hommage à son père qui aimait ses enfants et s’en occupait beaucoup et à sa mère qui, malade, a su tenir les reines de la famille malgrè l’accumulation de malheurs. Elle raconte aussi tout ce que la boxe lui a apporté. En tant que sportive -enfin je devrais plutôt dire ex sportive puisque je ne pratique plus beaucoup…- j’ai apprécié les valeurs qu’elle met en avant dans danbé : combativité, dépassement de soi, respect de l’adversaire et de soi-même, etc. Pour combler le tout, l’écriture de Marie Desplechin -qui a co-écrit le livre avec Aya- est pleine de vie. Bref, c’est un livre à ne pas manquer !

Une partie des nombreux extraits que j’ai notés :

« Là où il est né, les registres, les archives, les enregistrement sont de moindre importance. La mémoire est inscrite autrement. […] Là d’où il vient, c’est la parole qui garde les traces, et le griot, les archives. » p. 12

 « Les mots des parents dessinent l’avenir de l’enfant » p.16

« J’ai beau me montrer insolente, j’aime aller à l’école. L’école est stable. Cet ordre quotidien, je le sais, personne ne peut me l’enlever. » p.86

« Mais jamais, durant toutes ces années d’entraînements et de combats, je ne conçois la boxe comme un moyen de « m’en sortir », comme une bonne manière, pour un enfant de pauvres, de sélever socialement. Boxer n’est pas un accès au monde des autres. C’est une aventure intime. Une histoire de moi à moi« . p. 88

« Celle à laquelle j’aspire, c’est la victoire que j’emporte sur moi, et qui me consacre plus forte que je suis capable de l’être. » p. 89

« Champion ou pas champion, moi, je l’aime quand même. Ce qui compte, c’est qu’un sportif aille au bout de ses limites. » p. 138

Les avis de Noukette, Stephie, Hérisson, et Chifonnette, toutes les quatre conquises !

Merci à et  aux editions Calmann-Lévy pour l’envoi de ce livre.

CISSOKO, Aya, DESPLECHIN, Marie, danbé, Calmann-Lévy, 2011.

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