Vers Compostelle : Drôles de rencontres – Antoine Bertrandy

 

Des livres sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, il y en a des dizaines. Pourquoi lire celui d’un inconnu, me direz-vous ? Et bien tout simplement parce que l’auteur m’a envoyé un petit message me proposant de découvrir son livre. Habituellement, je ne prends même pas la peine de répondre à ce genre de sollicitation. Mais cette fois-ci, le mail d’Antoine Bertrandy n’était pas un simple copié-collé sans âme. Il avait remarqué mon intérêt pour le sujet grâce à un commentaire laissé sur un blog et à un de mes billets.

Je dois vous avouer que j’avais un peu peur de perdre mon temps quand j’ai accepté de lire son livre. Au final, j’ai vraiment bien fait de prendre des risques !

Antoine Bertrandy est parti de Saint-Jean-Pied-de-Port un matin d’automne. Sa vie parisienne ne le prédisposait pas à cela mais il a éprouvé à un moment donné de sa vie le besoin de partir, laissant femme et enfant seules à la maison. Ses pas l’ont conduits à réfléchir sur lui-même, sur le sens de sa vie et surtout à faire de formidables rencontres. C’est principalement de ces dernières dont il est question dans ce récit de voyage. Certaines sont drôles, d’autres profondes ou encore un peu flippantes. Toutes sont riches d’enseignement d’un point de vue humain. 

C’est un récit très personnel que nous livre l’auteur et une belle preuve d’amour pour sa femme. Il ne cherche pas à masquer son côté sombre et se met à nu à plusieurs reprises, amenant ainsi le lecteur à s’interroger sur lui même, sur sa vie. 

Vers Compostelle : Drôles de rencontres n’a rien à envier aux récits d’Alix de Saint André ou de Jean-Christophe Rufin. C’est un livre que je vais garder précieusement dans ma bibliothèque, à côté des quelques autres récits de voyage. Un grand merci à Antoine Bertrandy pour cette merveilleuse échappée !

BERTRANDY, Antoine, Vers Compostelle : Drôles de rencontres, Transborėal, 2015.

Berezina -Sylvain Tesson

Sylvain Tesson fait partie des ces aventuriers dont je suis le parcours avec beaucoup d’attention depuis plusieurs années. Je lis chacun de ses nouveaux livres, même si certains m’intéressent beaucoup plus que d’autres. Celui-ci a été écrit juste avant l’accident qui aurait pu lui coûter la vie. Le manuscrit a d’ailleurs été remis à l’éditeur quelques heures seulement avant qu’il ne chute du haut de la maison de son ami Jean-Christophe Rufin. 

Dans Berezina, l’écrivain voyageur raconte son périple en side-car soviétique sur les traces de Napoléon et de la retraite de Russie. Par -20°C, accompagné du géographe Cédric Gras, du photographe Thomas Goisque et de deux amis russes, il suit la route empruntée par la Grande Armée deux cent ans plus tôt, de Moscou à Paris.

Le récit alterne entre 1812 et 2012, souvent sans transition. Le lecteur passe donc d’une des périodes les plus tragiques de l’histoire aux aventures de cinq illuminés grands amateurs de vodka. Je dois avouer que je ne connais pas grand chose de l’époque napoléonienne et que j’ai appris pas mal de choses sans avoir l’impression de suivre une leçon d’histoire. Sylvain Tesson sait rendre son propos passionnant.

Napoléon apparaît comme un homme sanguinaire auquel on peut faire beaucoup de reproches, bien entendu. Mais l’auteur rend également hommage à celui qui a su mettre en pratique les idéaux de la Révolution en permettant à chacun de gravir l’ascenceur social. On est bien loin de la société actuelle dans laquelle les relations sont plus importantes que l’effort et le mérite.

L’époque napoléonienne est d’ailleurs un prétexte pour interroger la notre. Accepterions-nous aujourd’hui de nous sacrifier pour un homme ou un pays ? Serions nous capable de reproduire l’héroïsme de ces hommes qui ont effectuer une véritable marche de la mort ?

« Bourgogne n’était pas en reste dans l’affection au chef, mais, au détour d’une page, il livrait une autre clé  : « Si nous étions malheureux, mourrant de faim et de froid, il nous restait encore quelque chose qui nous soutenait : l’honneur et le courage ». L’honneur et le courage ! Comme ils résonnaient étrangement, ces mots, deux cent années plus tard. Étaient-ils encore en vie, ces mots, dans le monde que nous traversions pleins phares ? » p. 103

Avec Berezina, Sylvain Tesson nous offre un récit passionnant dans lequel se mêlent aventure, histoire et réflexion. La qualité liitéraire de ses textes n’est plus à prouver. C’est donc un vrai régal de le lire !

TESSON, Sylvain, Berezina, Guérin, 2015.

Je ne suis jamais redescendu de cette montagne – Thierry Guenez

Pour bien commencer les vacances, je me suis offert un petit voyage en Australie et en Nouvelle-Zélande en compagnie de Thierrey Guenez et de ses compagnons de route.

Un an à vivre de la cueillette de fruits, de la taille de vignes ou du débrousaillage. Un an à galèrer pour trouver à manger ou un endroit où dormir. Mais aussi et surtout un an à vivre au gré du vent et à profiter de la vie. Beaucoup en rêvent, l’auteur a eu le courage de le faire. Sac sur le dos, il est parti sans le sou. Il est revenu avec encore moins d’argent en poche mais avec une meilleure connaissance de lui-même et des souvenirs pleins la tête.

Sidney, Tasmanie, Nouvelle-Zélande, les endroits que Thierry Guenez visitent sont nombreux et tous plus magnifiques les uns que les autres. Sur la route ou au travail, il fait de nombreuses rencontres qui lui permettent d’élargir son horizon et/ou de passer de bons moments. L’alcool et surtout le shit sont souvent de la partie sans que cela ne tienne une place trop importante dans le livre. La musique, comme souvent, permet également de beaux moments de partage.

Partis à quatre, la joyeuse bande ne revient qu’à deux. En effet, Thierry et son ami Régis font une bonne partie du voyage seuls car le copain avec qui ils avaient élaboré ce projet préfère poursuivre sa route de son côté, en compagnie de sa copine. 

Dans la dernière partie du voyage, les deux compagnons, complètement fauchés, testent le wwoofing. Les rencontres qu’ils font à ce moment là sont assez surprenantes mais néanmoins enrichissantes.

Je ne sais pas si j’ai lu ce livre au mauvais moment ou si j’en attendais trop mais j’ai été un peu déçue. Il faut dire que je suis friande de récits de voyage et que j’ai de quoi comparer. Je ne suis jamais redescendu de cette montagne est intéressant mais il m’a manqué un petit quelque chose pour vraiment accrocher. Certains sujets comme les conditions de vie des aborigènes, celles des travailleurs étrangers ou des habitants qui hébergent parfois l’auteur et son ami ne sont pas assez développés à mon goût. Dommage !

Merci Clara de m’avoir permis de faire ce voyage. Je suis moins enthousiaste que toi mais je suis tout de même heureuse d’avoir découvert ce livre.

GUENEZ, THierry, Je ne suis jamais redescendu de cette montagne, Les 2 encres, 2013.

L’oural en plein coeur – Astrid Wendlandt

La passion d’Astrid Wendlandt pour la Russie est née il y a un peu plus d’une vingtaine d’années, au moment de l’effondrement de l’Union Soviétique. La franco-canadienne, alors âgée de 19 ans, voyait ce pays comme celui de tous les possibles. Le peuple russe retrouvait sa liberté. Quelle vie allait-il choisir ? Dès lors, Astrid Wendlandt a fréquenté souvent la Russie, que ce soit pour le travail ou pour le plaisir.

Dans L’oural en plein coeur, elle raconte son séjour, en 2010, dans l’Oural, cette vaste région montagneuse à cheval entre l’Europe et l’Asie. Partie pour retrouver un ancien amour et rencontrer des peuples en sursis vivant coupés du monde, elle rencontre un autre homme qui l’accompagne finalement pendant tout son séjour. Et au lieu de civilisations anciennes, elle découvre des hommes et des femmes issus de milieux sociaux-culturels aisés qui ont décidé de changer de vie pour vivre en autharcie.

J’ai eu un véritable coup de coeur pour ce récit. Astrid Wendlandt nous livre ici un texte à la fois intime et ouvert sur l’autre qui se rapproche du travail de l’ethnographe, l’aspect scientifique en moins. Ses rencontres lui permettent de mieux comprendre les peuples de l’Oural mais aussi de mieux se comprendre elle-même. La Russie qu’elle nous fait découvrir est celle de tous les extrêmes. Le meilleur côtoie le pire. D’un côté la misère la pauvreté, l’alcool, des croyances infondées, etc. De l’autre, des gens lucides sur leur pays, épris de liberté ou du moins d’un autre mode de vie en société. L’avenir est encore incertain pour ces habitants du bout du monde. Tous les espoirs semblent permis.

Mon petit coeur d’artichaut a beaucoup aimé aussi l’histoire d’amour entre Astrid et Dima, un russe rencontré au début de ce séjour dans l’Oural. L’auteur en parle avec beaucoup de pudeur et exprime avec authenticité son cheminement intérieur. Plus que la rencontre de deux personnes, c’est celle de deux cultures qui s’apprivoisent qui est intéressante.

Jules a été conquise par ce livre elle aussi.

WENDLANDT, Astrid, L’oural en plein coeur : des steppes à la taïga sibérienne, Albin Michel, 2014.

En chemin vers Rome – Édouard Cortès

Le 17 mars 2012, Mathilde et Édouard Cortès partent du Puy-en-Velay à pieds avec leurs trois filles dont la plus jeune est alors âgée de trois ans et demi. Destination : Rome ! Soit plus de 1300 kms à travers la France et l’Italie. Les parents marchent, les enfants sont dans une carriole tirée par un âne. Ils dorment sous la tente, dans des gîtes pour pèlerins ou chez des habitants qui les hébergent généreusement. Cette fois-ci, ils ne font pas comme pour leur voyage de noces à Jérusalem, ils ont de l’argent avec eux. Mais l’aventure n’en reste pas moins inoubliable !

Vivre pendant quatre mois sur les routes, c’est partir à la découverte de soi et des autres. Jeunes parents, Édouard et Mathilde découvrent un autre aspect de la vie à deux. Les disputes sont fréquentes mais nécessaires car elles font progresser. Ils voient leurs enfants vivre et grandir au jour le jour et ce bonheur n’a pas de prix. En chemin, ils font de nombreuses rencontres et recueillent certaines confidences de personnes qu’ils ne connaissaient pas quelques heures plus tôt. Un soir, un homme leur confie même les clés de sa maison alors qu’il est invité pour passer la soirée et la nuit ailleurs.

La vie au contact de la nature est source de bonheur même si les difficultés sont fréquentes. L’âne Octave fait parfois des siennes et refuse de traverser les rivières… sauf quand c’est une petit fille qui tient la longe ! Un jour, il glisse et la carriole dévale une pente. C’est l’accident. Heureusement, les enfants n’ont rien mais la famille a frôlé la catastrophe. Octave n’est pas responsable de ce qui est arrivé. Il se révèle même être plus intelligent qu’on ne pourrait la croire et finit par tenir une place importante dans la famille.

Je suis toujours friande de ce genre de récits de voyage et j’ai donc apprécié la lecture d’En chemin vers Rome. Il faut savoir cependant que Mathilde et Édouard sont très croyants et de nombreux paragraphes sont consacrés à la religion catholique ou du moins à son histoire. Cet aspect intéressera peut être ceux qui sont croyants, ce qui n’est pas mon cas même si je partage certaines valeurs du couple. J’ai donc survolé quelques passages. L’ensemble reste cependant très agréable à lire.

CORTES, Édouard, En chemin vers Rome, XO Éditions, 2013.

Dans les roues de Jack Kerouac : portrait d’une amérique Nomade – Christophe Cousin et Matthieu Paley

Traverser les États-Unis d’Est en Ouest, sur les traces de Jack Kerouac, c’est ce qu’on fait Christophe Cousin, écrivain-voyageur-réalisateur et Matthieu Paley, photographe. Au volant d’une Mercury Cougar 1973 de couleur rouge, Sur la route, le célèbre livre de l’écrivain américain, dans leurs bagages, ils ont enchaîné les kilomètres pour aller à la rencontre des habitants et des paysages. Plus que l’itinéraire, ce sont les rencontres et le rêve qui ont été leur moteur.

Ils ont ainsi partager le quotidien d’un vagabond du rail qui passe ses journées à boire des bières et à attendre des trains pour les prendre en marche et se rendre là où il y a du travail. Ils ont vu travailler les moissonneurs des Grandes Plaines et vécu avec eux pendant quelques jours. Avec les cow-boys du Nevada, Christophe Cousin a fait la cuisine et les deux hommes ont participé au rassemblement des troupeaux. Ils se sont également retrouvés au milieu d’un espèce de regroupement utopiste avec des personnes toutes plus hallucinantes les unes que les autres. Et la liste de toutes les rencontres qui ont eu lieu pendant ces 8000 kilomètres de bitume est tellement longue qu’on pourrait la continuer pendant encore longtemps !

Christophe Cousin raconte son expérience avec poésie et cite de nombreuses fois Jack Kerouac de manière judicieuse, donnant ainsi un éclairage intéressant à son expérience et à celle de l’écrivain de la beat generation. Les photos de Matthieu Paley font rêver et proposent au lecteur une autre vision de l’Amérique.

Aucun jugement n’est porté. Les deux hommes se contentent d’être ouverts, de partager pendant un moment la vie de ceux qu’il rencontrent et de discuter avec eux.

Dans les roues de Jack Kerouac est un livre vraiment agréable à lire. Il permet de voyager depuis son canapé et donne envie de partir à la découverte de gens !

COUSIN, Christophe, PALEY, Matthieu, Dans les roues de Jack Kerouac : portrait d’une amérique Nomade, De la Martinière, 2011.

Immortelle randonnée : Compostelle malgré moi – Jean-Christophe Rufin

Ceux qui me connaissent savent que j’aime marcher. Je n’ai jamais fait le pélerinage de Compostelle : trop de monde, trop à la mode, pas assez authentique à mon goût. Généralement, quand un nouveau livre sort sur le sujet, je suis assez méfiante. Il y a deux ans, j’ai lu le témoignage d’Alix de Saint-André, influencée par de bonnes critiques de la blogosphère. Cette fois-ci, c’est Keisha et Aifelle qui m’ont mis l’eau à la bouche. 

Jean-Christophe Rufin est parti d’Hendaye et a marché pendant plus de 800 kilomètres à travers le Pays Basque espagnol, la Cantabrie et la Galice pour atteindre Saint-Jacques-de-Compostelle après plusieurs semaines de marche. Il a emprunté le « Chemin du Nord », moins fréquenté que l’itinéraire qui passe par Saint-Jean-Pied-de-Port. Il ne comptait pas écrire de livre -il n’a donc pris aucune note- et était bien ennuyé quand on lui demandait d’expliquer les raisons de son départ.

« J’avais enfilé successivement, pendant les années précédentes, des oripeaux sociaux prestigieux, mais dont je ne souhaitais pas qu’ils deviennent le luxueux linceul de ma liberté. Or, voilà que l’ambassadeur servi en sa résidence par quinze personnes en veste blanche, que l’académicien reçu sous la coupole au son des tambours en venait à courir entre les troncs d’arbres d’un jardin public inconnu pour cacher le plus insignifiant et le plus répugnant des forfaits. Croyez-moi si vous le voulez, mais c’est une expérience utile et je ne serais pas loin de la conseiller à quelques autres. » p.45

Le récit de Jean-Christophe Rufin est constitué de ses souvenirs les plus marquants, ceux que sa mémoire a pris soin de ne pas oublier. Le lecteur n’échappe pas, bien entendu, à la description des multiples douleurs, des pieds qui puent, de la crasse ou des ronfleurs qui empêchent tout le monde de dormir dans les albergue. Mais l’auteur ne s’attarde pas trop sur le sujet, soyons honnête. Il brosse par contre de savoureux portraits d’hommes et de femmes et nous fait part de pensées intéressantes sur les vertus de la marche au long cours. La solitude nécessaire des premiers jours et les vaines tentatives de réflexions sur un certain nombre de sujets. La communion avec la nature, l’acceptation des autres tels qu’ils sont et l’évidence de la marche ensuite. La spiritualité, le regard porté sur le monde enfin.

Immortelle randonnée : Compostelle malgré moi est un livre qui se démarque de ceux -trop nombreux- qui surfent sur la vague commerciale du sujet. Jean-Christophe Rufin y livre un témoignage authentique et profond, vraiment intéressant.

RUFIN, Jean-Christophe, Immortelle randonnée : Compostelle malgré moi, Éditions Guérin – Chamonix, 2013.

Dans les forêts de Sibérie – Sylvain Tesson

Avant ses 40 ans, Sylvain Tesson s’était promis de vivre en ermite au fond des bois. C’est en Russie, sur les rives du lac Baïkal, qu’il  trouve refuge pendant six mois. Seul, dans une cabane de quelques mètre carrés, avec pour compagnons de route des livres et de la vodka, il vit replié sur lui-même. Quelques visites ponctuent son séjour. Deux petits chiens viennent également lui tenir compagnie pendant plusieurs semaines.

« Le bonheur devient cette chose simple : attendre quelque chose dont on sait qu’il va advenir. Le temps se fait le merveilleux ordonnateur de ces surgissements. En ville, principe contraire : on exige une efflorescence permanente d’imprévisibles nouveautés. il faut que le feux d’artifice de la nouveauté interrompent sans cesse le déroulé des heures en éclairant la nuit de leurs bouquets fugaces. En cabane, on vit au rythme du métronome plus qu’à la lueur des feux de Bengale. » p. 179

Sylvain Tesson passe des heures à admirer la beauté du paysage, se balade, casse de la glace pour avoir de l’eau, fend du bois, pêche, lit ou encore écrit. Son quotidien est fait de peu de choses et il apprécie beaucoup sa solitude tout comme le fait de pouvoir profiter du temps qui passe.

« Il est bon de n’avoir pas à alimenter une conversation. D’où vient la difficulté de la vit en société ? De cet impératif de trouver toujours quelque chose à dire. » p.70

Cependant, l’homme est lucide sur l’expérience qu’il a décidé de vivre : « Qui suis-je ? Un pleutre, affolé par le monde, reclus dans une cabane, au fond des bois. Un couard qui s’alcoolise en silence pour ne pas risquer d’assister au spectacle de son temps ni de croiser sa sonscience faisant les cent pas sur la grève. » p. 180

Dans les forêts de Sibérie est un livre que j’ai pris le temps d’apprécier. Sylvain Tesson est un homme trés cultivé : ses références littéraires le montrent tout comme son vocabulaire. Son style est  trés agréable à lire. La descritpion des paysages, son mode de vie et ses réflexions sur lui-même et sur notre société rendent le récit captivant.

Violette n’oubliera pas ce livre de si tôt ! Hélène a trouvé, elle aussi, ce récit passionnant. Je suis cependant d’accord avec elle, il manque un bilan de cette expérience après le retour à la civilisation. Quelques pages pour expliquer ce que tout cela a apporté à l’auteur dans sa vie de tous les jours...

 6 mois de cabane au Baïkal, le documentaire réalisé par Sylvain Tesson lui-même pendont son érémitisme.

TESSON, Sylvain, Dans les forêts de Sibérie, Gallimard, 2011.

En avant, route ! – Alix de Saint-André

En cette rentrée morose, que diriez-vous d’un petit livre aux airs de vacances ????

Je vous propose de partir non pas une mais trois fois sur la route de Saint-Jacques de Compostelle en compagnie d’Alix de Saint-André.

La première fois, l’auteur est partie de Sain-Jean-Pied-de-Port, dans les Pyrénées. Elle n’avait jamais marché, n’avait pas préparé grand chose et fumait trois paquets de cigarettes par jour. Très vite, ses envies de solitude et de méditation se sont envolées. Les gîtes sont surpeuplés et elle retrouve les mêmes personnes à chaque étape. Petit à petit, des affinités se créent (les ampoules aux pieds et la douleur des épaules meurtries par le sac à dos sont des points d’intérêt communs !) et des groupes se forment. Au retour, c’est la grosse déprime. Le chemin est une vraie drogue !

Pour son deuxième pélerinage, Alix de Saint-André a fait le « chemin anglais » depuis La Corogne, en Espagne, en compagnie d’une amie rencontrée lors de son premier périple. La route est très courte mais qu’importe, l’important c’est d’arriver jusqu’à Saint-Jacques !

La troisième et dernière fois, l’auteur est partie de chez elle, sur les bords de la Loire. C’est ce qu’on appelle le « vrai chemin ». Nouvelle route, nouveaux paysages mais surtout nouvelles rencontres. Car ce sont les gens dont se souvient Alix de Saint-André à son retour. Les lieux se mélangent dans les méandres de sa mémoire mais pas les personnes. Avec beaucoup d’humour, elle nous fait partager son quotidien et celui de tous ces marcheurs. Leur intimité un peu aussi car les confidences sont assez fréquentes quand on partage la même galère !

Un livre sans prétentions, léger et dépaysant à lire pour rire et rêver un peu !

Saint-André, Alix de, En avant, route !, Folio, 2011.

Touriste – Julien Blanc-Gras

En ce début de vacances, je me suis plongée dans une lecture de circonstance : Touriste de Julien Blanc-Gras. Journaliste et voyageur insatiable, l’auteur a bourlingué un peu partout sur la planète : Angleterre, Colombie, Inde, Népal, Djerba, Chine, Maroc, Polynésie, Brésil, Israël, Palestine, Madagascar, Guatémala, etc. Avec une très grande lucidité et un humour féroce, il nous fait partager des réflexions intéressantes sur les pays qu’il a visités et sur les touristes qu’il a pu observer un peu partout.

Même si la liste des pays où je suis allée est très réduite, j’ai croisé moi aussi des crétins capables de répondre au téléphone dans un endroit magnifique plein de calme et de sérénité ou des imbéciles irrespectueux des populations locales. Certains passages sont criants de vérité et m’ont rappellé des souvenirs !

La façon dont Julien Blanc-Gras envisage le voyage me paraît intéressante et correspond assez bien à ma vision des choses : sortir des sentiers battus et faire des rencontres enrichissantes. Dommage que le livre soit si court et ne fasse que survoler bon nombre de pays. Je termine cette lecture un peu frustrée car j’aurais aimé en avoir un peu plus à me mettre sous la dent.

« Le paradis n’a pas d’adresse. Il se déplace à la surface de la planète pour offrir des moments furtifs à ceux qui savent les saisir. » p. 105

« Je ne suis pas allé dans tous les pays du monde mais je suis venu ici. » p. 258

« Vue d’ici, on se rend bien compte que l’humanité n’a rien d’indispensable au fonctionnement de cette planète. Nous sommes éphémères, la végétation est persistante. On peut brûler l’herbe qui pousse sous nos pieds, elle repousera toujours derrière nous. Nous sommes les touristes de luxe de l’évolution, les simples passagers d’une époque. Nous avons visité la Terre, nous l’avons magnifiée et dévastée, nous allons repartir. » p.259

Les avis de Catherine, Choco et Keisha. Vous y trouverez de nombreux extraits qui vous donneront une idée de la tonalité de Touriste.

Un grand merci à Keisha qui fait voyager ce livre.

BLANC-GRAS, Julien, Touriste, Au diable vert, 2011.

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