Touriste – Julien Blanc-Gras

En ce début de vacances, je me suis plongée dans une lecture de circonstance : Touriste de Julien Blanc-Gras. Journaliste et voyageur insatiable, l’auteur a bourlingué un peu partout sur la planète : Angleterre, Colombie, Inde, Népal, Djerba, Chine, Maroc, Polynésie, Brésil, Israël, Palestine, Madagascar, Guatémala, etc. Avec une très grande lucidité et un humour féroce, il nous fait partager des réflexions intéressantes sur les pays qu’il a visités et sur les touristes qu’il a pu observer un peu partout.

Même si la liste des pays où je suis allée est très réduite, j’ai croisé moi aussi des crétins capables de répondre au téléphone dans un endroit magnifique plein de calme et de sérénité ou des imbéciles irrespectueux des populations locales. Certains passages sont criants de vérité et m’ont rappellé des souvenirs !

La façon dont Julien Blanc-Gras envisage le voyage me paraît intéressante et correspond assez bien à ma vision des choses : sortir des sentiers battus et faire des rencontres enrichissantes. Dommage que le livre soit si court et ne fasse que survoler bon nombre de pays. Je termine cette lecture un peu frustrée car j’aurais aimé en avoir un peu plus à me mettre sous la dent.

« Le paradis n’a pas d’adresse. Il se déplace à la surface de la planète pour offrir des moments furtifs à ceux qui savent les saisir. » p. 105

« Je ne suis pas allé dans tous les pays du monde mais je suis venu ici. » p. 258

« Vue d’ici, on se rend bien compte que l’humanité n’a rien d’indispensable au fonctionnement de cette planète. Nous sommes éphémères, la végétation est persistante. On peut brûler l’herbe qui pousse sous nos pieds, elle repousera toujours derrière nous. Nous sommes les touristes de luxe de l’évolution, les simples passagers d’une époque. Nous avons visité la Terre, nous l’avons magnifiée et dévastée, nous allons repartir. » p.259

Les avis de Catherine, Choco et Keisha. Vous y trouverez de nombreux extraits qui vous donneront une idée de la tonalité de Touriste.

Un grand merci à Keisha qui fait voyager ce livre.

BLANC-GRAS, Julien, Touriste, Au diable vert, 2011.

Marche avant – Alexandre Poussin

J’ai toujours aimé les récits de voyages. Il y a quatre ans, j’ai découvert Alexandre Poussin et j’ai dévoré ses livres. Je vous en parlais ici, et encore .

Marche avant ne ressemble pas vraiment à ses précédents livres. Il s’agit plutôt d’une sorte d’autobiographie où Alexandre évoque sa vie d’homme, revient sur son enfance et son adolescence, raconte sa vie d’aventurier, explique ses motivations, ce qui le pousse à aller toujours de l’avant, et parle de sa vision de notre planète et de la vie en général.

Si je suis loin de partager toutes ses prises de position, je suis néanmoins admirative devant l’homme, sa culture, son esprit d’aventure, sa faculté à réaliser des rêves incroyables, etc.

« Le courage ccroît en osant et la peur en hésitant. » Publius Syrius. Citation, mise en exergue de Marche avant et sur laquelle il faudra que je médite de temps en temps…

POUSSIN, Alexandre, Marche avant : Vade-mecum à l’usage des aventuriers de grand chemin et des voyageurs immobiles, Robert Laffont, 2011.

Des montagnes, la nature et rien que la nature…

Dans les années 1990, Nicolas Vanier -explorateur désormais bien connu du grand public- a vécu pendant plusieurs mois dans le Grand Nord, loin de toute civilisation, avec sa femme, Diane, et sa fille de deux ans, Montaine.

Partis à cheval, ils ont fait tout un périple avant de construire seuls leur propre cabane en bois au bord d’un lac isolé à je ne sais combien de kilomètres du premier village. Là-bas, ils ont passé plusieurs mois d’hiver et se sont débrouillés par leurs propres moyens pour se chauffer et se nourrir. Tous les jours il fallait couper du bois, faire fondre de l’eau, partir à la chasse ou pêcher pour manger, nourrir les animaux, se protéger des ours, etc. En récompense, une vie simple et la beauté de la nature à l’état pur…

Mais l’aventure ne s’est pas arrêtée dans cette cabane : Nicolas, Diane et Montaine ont continué leur voyage sur les glaces en traineau à chiens par des températures de -30 ou -40°C. La priorité : protéger Montaine du froid et des risques encourus dans un tel milieu.

Extraordinaire ! Inconscient avec une petite fille de deux ans, diront certains … Moi, je suis admirative….

VANIER, Nicolas, L’enfant des neiges, J’ai lu, 2006.

« Une vie à coucher dehors » de Sylvain Tesson

Généralement, je n’apprécie pas les nouvelles mais Sylvain Tesson est un écrivain que j’aime beaucoup  : ses récits de voyage me font rêver ! Je me suis  donc laissée tenter par ce recueil de 15 nouvelles dont les chutes, toutes tragiques, rappellent que la nature est plus forte que l’homme. Ces histoires sont terriblement tristes mais malheureusement, je crois que la vie est ainsi faite.

Dès les premières lignes, la magie opère et le lecteur se retrouve plongé dans les lieus décrits par l’auteur :

« J – 20

La cabane fumait sur la rive du lac. Piotr ouvrit les yeux à 9 heures du matin. En novembre, dans la forêt, on n’est pas pressé de se lever. Entre un lit bien chaud et le sous-bois glacé, le corps n’hésite pas. Les fonctions internes maintiennent le corps dans le sommeil le plus longtemps possible. C’est la variante psychologique de l’hibernation. Ceux qui ont dormi près d’un poêle dans l’hiver sibérien comprendront. » Le lac (p. 75).

ou encore :

« _ Salaud !

On entendait tinter les bouteilles longtemps avant d’apercevoir le livreur. Chaque soir, la scène était la même : Edolfius se rangeait pour laisser passer le camion et se protégeait le nez avec son foulard, mais la poussière lui fourrageait les muqueuses et lui laissait un goût d’emplâtre dans la bouche. Il toussait, crachait, s’étranglait. Un petit filet de bave brunie lui coulait dans la barbe. Alors il insultait le livreur, la piste, sa vie. On ne pèse pas grand chose sur cette terre lorsqu’on est réduit à gueuler contre la poussière. » L’asphalte  (p.11).

Un livre pour se dépayser, pour voyager en Géorgie, au bord du lac Baïkal, au Népal ou encore au Cap Horn mais aussi pour réfléchir sur le sort de l’homme, la force du destin et les lois de la nature. Un vrai régal !

TESSON, Sylvain Une vie à coucher dehors, Gallimard, 2009.

Une incroyable aventure !

Du Bhoutan au Tadjikistan, Sylvain Tesson et Alexandre Poussin ont traversé l’Himalaya avec chacun un sac de moins de cinq kilos sur le dos. Oui, vous avez bien lu, cinq kilos ! Autant dire qu’ils ont emporté moins que le strict minium vital ! Heureusement, ils ont pu souvent compter sur l’hospitalité des habitants pour se nourrir et dormir à l’abri.

Au total : 174 jours de voyage, 5000 km à pied, 121 000 mètres de dénivelé positif, 70 passes et 69 gués. Un véritable exploit ponctué de multiples rencontres et de nombreux moments de bonheur. Mais aussi, comme on peut facilement s’en douter, de moments beaucoup plus difficiles : faim, soif, froid, problèmes de santé divers, clandestinité, peur, etc.

Pour le lecteur, le récit de cette Transhimalayenne est une véritable invitation au voyage et à la découverte d’autres cultures, d’autres peuples. Le vocabulaire technique de la montagne est parfois un peu trop présent mais tant pis, on passe. L’essentiel est ailleurs…

L’année dernière, j’ai lu On a roulé sur la Terre, récit du précédent voyage de Sylvain Tesson et Alexandre Poussin autour du monde à vélo, mais je crois que La marche dans le ciel m’a encore plus impressionnée. L’exploit physique et les conditions de vie sont vraiment incroyables. Ne traverse pas l’Himalaya qui veut !

Modestement, Monsieur et moi aimerions faire un trek -organisé, bien sûr !- au Bhoutan, au Népal ou au Ladak quand notre petite Oihane pourra partir en vacances chez ses grands-parents. Notre dernier voyage en Ouzbékistan et au Tadjikistan est loin et l’envie de partir nous trotte dans la tête. Mais il ne va pas falloir trop attendre car quand Mademoiselle va grandir, plus question de partir en vacances sans elle !

Ce livre faisait partie de ma liste pour le challenge Lire autour du monde organisé par Enna.

POUSSIN Alexandre, TESSON Sylvain, La marche dans le ciel : 5000 kilomètres à pied à travers l’Himalaya, Pocket, 2006.

« Ocean’s songs » d’Olivier de Kersauson

Très jeune, Olivier de Kersauson a eu envie de quitter la terre pour passer sa vie à parcourir les océans du monde entier. Dans Ocean’s songs, il fait le portrait des mers comme il ferait celui d’êtres humains, passe en revue les contrées dans lesquelles il s’est rendu et tire à boulets rouges sur tout ce qui l’indigne. Les touristes et voyageurs en tous genres en prennent notamment pour leur grade ! Le vieux loup de mer n’a pas sa langue dans sa poche, c’est le moins que l’on puisse dire. Ses prises de positions très tranchées mais pas toujours argumentées sont parfois un peu énervantes mais je suis tout de même admirative devant ce marin d’exception aux multiples records. En refermant ce livre, je me suis dit que finalement, il était parfaitement fidèle au personnage…

De Kersauson, Olivier, Ocean’s songs, Le Cherche Midi, 2008.

Paris – Jérusalem à pied et sans argent

Notre-Dame de Paris, 27 juin 2007 : une semaine après leur mariage, Édouard et Mathilde partent en voyage de noce à Jérusalem, à pied et sans argent. Leurs sacs contiennent le strict minimum indispensable, et même moins. Ils voyagent à la manière des pèlerins du Moyen-Âge, ou presque.

Des Alpes aux Balkans, des steppes d’Asie mineure aux eaux du Jourdain, ils traversent 14 pays, dorment dehors quand ils n’ont pas d’autre choix et comptent sur la bonne volonté humaine pour manger.

Pendant ce voyage, ils vivent des expériences difficiles comme en Turquie où Mathilde se fait agresser par un homme qui lui dit « sexe, sexe,sexe », en Syrie où ils marchent sous escorte tout le long de la route car on les prend pour des espions (tous les soirs des invitations dans des familles sont organisées avec présence d’espions dans les familles. Édouard et Mathilde s’aperçoivent que leur conversation en français est comprise alors qu’on leur fait croire le contraire), où dans d’autres régions dans lesquelles ils ne trouvent rien à manger pendant de nombreuses heures.

Heureusement, ils font aussi de belles rencontres – ils reçoivent notamment un accueil très chaleureux dans les familles turques et dans les Balkans- et les plus démunis leur offrent parfois de grands moments de bonheur.

Mathilde et Édouard ont pour objectif de découvrir les autres mais aussi d’apprendre à mieux se connaître et à s’aimer malgrè les épreuves difficiles qu’ils doivent traverser.

 

Ceux qui ont le satellite ont peut être entendu parler de ce couple car leurs émissions sont passées et passent peut être encore sur la chaîne Voyage. Je n’ai malheureusement pas eu la chance de les voir mais ce livre a été un bon substitut. J’aime beaucoup ce genre de récit de voyage. Seul petit bémol : Mathilde et Édouard sont très croyants et j’ai trouvé que cet aspect ressortait un peu trop dans le livre. A la place, j’aurais aimé qu’ils développent un peu plus leurs rencontres avec les autres comme l’ont fait Sonia et Alexandre Poussin dans Africa Trek 1 et 2. Il n’en reste pas moins que c’est une belle aventure !

CORTES, Édouard et Mathilde, Un chemin de promesses, XO Éditions, 2008.

Un an, deux copains, deux vélos et un tour du monde

Alexandre Poussin et Sylvain Tesson sont désormais connus par tous les amateurs de voyages sac au dos avides de découvrir d’autres peuples, d’autres cultures. En 1994, ils enfourchaient leurs vélos pour un tour du monde d’un an. En 365 jours ils ont parcouru cinq continents, une trentaine de pays et 25 000 kilomètres ! Munis d’une tente, de deux duvets et du strict minimum vital, ils sont partis en quête d’authenticité à la rencontre des habitants de notre planète. Bien plus que d’un exploit sportif, il s’agit avant tout d’une aventure humaine. Le récit fourmille de multiples anecdotes souvent drôles -comme cette fois où ils se sont pris des litres et des litres d’eau tout au long de leur chemin lors d’une fête en Asie- mais aussi de moments plus difficiles -tempêtes de neige, maladies, découragement, etc. Il en faut du courage pour affronter la chaleur du désert, le vent de face pendant des kilomètres et des kilomètres avec des dénivelés que je n’ose même pas imaginer ou encore le froid et la neige himalayenne. Mais au bout de l’aventure, la récompense est de taille : rencontrer des gens, discuter avec eux et découvrir leur culture, bien loin des sentiers battus et de tout ce qu’on peut entendre ou voir à droite et à gauche.

En cette période où les dernières vacances sont déjà loin et les prochaines pas encore programmées, où les journées deviennent de plus en plus courtes, où la grisaille a repris ses droits  et où le rythme « métro, boulot, dodo » me fatigue, ce récit m’a vraiment donné du baume au cœur !

C’est un livre qui pourrait s’ajouter à la liste d’Enna pour le challenge Lire autour du monde 2009, tout comme Africa trek 1 et 2 de Sonia et Alexandre Poussin ou Sous l’étoile de la liberté de Sylvain Tesson.

POUSSIN, Alexandre, TESSON, Sylvain, On a roulé sur la Terre, Pocket, 2008.

Voyage dans l’Himalaya

Quatrième de couverture :

« Au cœur de l’Himalaya est un voyage de plus de six mois au travers d’une des régions les plus sublimes et les plus étonnantes au monde. Les photographies se succèdent et découvrent un paysage inoubliable : celui de monts enneigés et de pentes vertigineuses. Un univers qui offre la surprise de se colorer dès que l’humain surgit : robe des moines, drapeaux de prières, saris aux riches coloris… La fascination pour cette région retirée naît du contraste entre la toute-puissance de la montagne et l’humble présence humaine, qu’elle prenne la forme de rizières en terrasses au bord du roc escarpé, ou celle d’une vieille femme portant son propre poids de bois mort. Propice à une intense vie spirituelle et religieuse, cette immense chaîne de montagnes est également parsemée de monastères isolés et d’existences résistant inlassablement à la rudesse du climat et à la géographie du lieu… »

                                                              

Pakistan, Inde, Népal, Tibet, Chine, Bhoutan et Bangladesh, c’est un magnifique voyage dans les différents pays qui composent l’Himalaya que nous offre le photographe Basile Pao. Difficile pour moi de décrire ses photos, toutes plus magnifiques les unes que les autres ! Je préfère ne rien dire et vous laissez découvrir par vous même…

Notre prochain voyage est déjà programmé  (ce sera La Réunion) mais l’Himalaya sera sans doute le suivant, du moins nous l’espérons. Reste à choisir le pays. Et ce n’est pas une tâche facile tant cette chaine montagneuse possède de trésors…

PAO, Basil, Au cœur de l’Himalaya, National Géographic, 2005.

La marche, quel bonheur !

Traverser la France d’Est en Ouest à pied, pendant trois mois, avec un âne, tel est le pari réussi d’Emmanuelle  Grün.  L’auteur explique ainsi son projet : « Certains rêves de liberté ne s’imaginent pas. Surtout là où le goudron quadrille le paysage. Surtout à notre époque où l’homme n’accorde de salut qu’aux divines machines et au clinquant des décors citadins, faits de néons et de paillettes, de dollars et d’artifices.
Je ne fuis donc pas une maison, mais une époque, avec ses cafouillages technocratiques, ses éblouissements et ses vanités. Car tenace est ma soif d’un bol d’air frais, de poésie et d’humanité
« .

Oui, effectivement, la marche permet de respirer, de prendre son temps, de rencontrer des gens et surtout de profiter simplement de la vie ! C’est pour cette raison que nous la pratiquons autant que possible aux beaux jours.

Dans son livre, Emmanuelle Grün raconte son quotidien, ses petits tracas, ses difficultés à trouver sa route sur des chemins de randonnée pas toujours bien balisés, ses moments de bonheur avec son âne Mousty, l’accueil chaleureux ou au contraire hostile qu’on lui a réservé dans les villages tout au long de sa traversée…. Bref un livre simple, agréable à lire, qui offre un bol d’air frais en cette période où il commence à faire froid et où marcher devient beaucoup moins agréable.

GRUN, Emmanuelle, Du soleil dans les yeux et le pas de l’âne comme un coeur qui bat, Yvelinédition, 2005.

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