Ne parle pas aux inconnus – Sandra Reinflet

Camille vient d’avoir le bac. Elle devrait être heureuse, faire la fête, penser aux vacances à venir mais au lieu de cela, elle étouffe, envahie par la rage et le mal être. Elle n’en peut plus de ses parents qui ne comprennent rien, de ce pavillon qui respire l’ennui. Ne rien laisser dans l’assiette, ne pas parler aux inconnus, avoir les pieds sur terre… Camille dessine depuis toujours. Elle adore la BD et rêve de faire les beaux arts. Mais ce n’est pas avec ça qu’elle aura un bon métier. Voilà le discours qu’on lui tient à la maison.

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Sauveur & fils -Marie-Aude Murail

Les patients qui ont rendez-vous pour la première fois avec Sauveur Saint-Yves ne s’attendent pas, quand la porte du cabinet du psychologue s’ouvre, à avoir en face d’eux un beau martiniquais de 39 ans mesurant 1,90 mètre et pesant 80 kg de muscles. L’homme, installé en métropole avec son fils Lazare depuis quelques années, enchaîne les consultations à longueur de journées.

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Une famille normale – Garance Meillon

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Qu’est-ce qu’une famille normale ? Un papa (de sexe masculin), une maman (de sexe féminin), deux enfants (un garçon et une fille de préférence, l’aîné ayant deux ou trois ans de plus que le second) et un chien !  Bon, allez, j’arrête avec mon humour à deux balles. Il y a sans doute autant de réponses à la question initiale que de familles.

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Frangine – Marion Brunet

Joachim et sa soeur Pauline ont deux mamans. Ils vivent heureux au sein d’une famille unie. Leur vie ressemble à celle de n’importe quel adolescent.

Pour Joachim, qui est actuellement en Terminale, l’homsexualité de ses parents n’a jamais été un problème dans ses relations avec les autres. Ses amis proches sont au courant et s’il a dû faire face à quelques remarques désagréables durant sa scolarité, il ne s’est jamais laissé faire.

Pour Pauline, qui vient d’entrer en seconde, c’est plus compliqué. Jusqu’à la fin du collège, elle a vécu dans un cocon. Au lycée, ce n’est plus la même chose. Elle est victime de harcèlement et ne sait pas comment s’en sortir. Elle a honte et n’ose rien dire à son frère ou à ses parents.

Joachim, occupé par sa relation amoureuse avec Blandine, ne voit rien ou du moins, ne veut rien voir. Jusqu’au jour où il ne peut faire autrement que d’ouvrir les yeux.

S’il est question d’homoparentalité dans ce roman, ce n’est pas le seul thème intéressant. Le harcèlement est également traité avec beaucoup de justesse tout comme la relation entre frère et soeur ou la vie lycéenne.

Ce qui fait à mon sens la grande réussite de ce roman, c’est le point de vue narratif adopté. C’est Joachim qui raconte l’histoire, explique ce qu’il ressent et décrit les sentiments de sa soeur ou de ses parents. Le lecteur découvre donc le point de vue d’un enfant sur l’homoparentalité et d’un frère impuissant face au harcèlement dont sa soeur est victime mais aussi celui des différents protagonistes.

Les chapitres sont courts et il est difficile de refermer le livre avant la fin tant on a envie de savoir comment Pauline va s’en sortir ou comment son frère va réagir. Les deux personnages évoluent et grandissent au fil des pages. Ils sont vraiment intelligents et attachants.

Si vous n’avez pas encore lu ce livre, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

L’avis de Mirontaine.

BRUNET, Marion, Frangine, Sarbacane, 2013.

Kamchatka – Marcelo Pineyro

Argentine, 1976. Quelques jours après le coup d’état militaire du Général Videla, la vie de Harry, 10 ans, bascule. Sa mère vient le chercher en plein cours. Il pense retourner très vite à l’école mais ils rejoignent son père et son frère dans la voiture. Toute la famille s’enfuit à la campagne sans même prendre le temps d’emporter quelques affaires. La papa, avocat, ne peut plus travailler. Les enfants ne voient plus leurs copains, changent de nom et ont interdiction de répondre au téléphone. Ils ne comprennent pas vraiment pourquoi mais le spectateur se doute très vite que les parents sont des opposants au nouveau régime au pouvoir.

L’angoisse est palpable mais cela n’empêche pas les grands moments de bonheur en famille. Les parents préservent au maximum leurs enfants de la situation difficile qu’ils sont en train de vivre. Harry n’a que 10 ans mais fait preuve d’une grande maturité. C’est un petit garçon courageux qui oscille entre l’enfance et l’adolescence. Simon, son frère, est trop jeune pour exprimer sa peur avec des mots. Du coup, il fait pipi au lit…

Lucas, un jeune homme mystérieux, vient vivre quelques temps avec la famille. Un soir, il doit partir. L’inquiétude est grandissante…

Un film bouleversant où tout est suggéré sans être jamais dit. La dictature, on ne l’a voit pas mais on la sent présente à tous les instants. C’est elle qui conditionne la vie de Harry, de Simon et de leurs parents. C’est elle qui est responsable de tous ces malheurs. Heureusement, Marcelo Pineyro a su donner à cette histoire touchante de la douceur, de la tendresse et même parfois de l’humour.

Kamchatka de Marcelo Pineyro avec Ricardo Darin et Cécilia Roth. Film argentin de 2002.

Je t’aime tous les jours – Malika Doray

iQuand on est tout petit, ce n’est pas toujours facile de comprendre pourquoi sa maman s’absente. La peur de l’abandon est souvent très forte.

Dans Je t’aime tous les jours, Malika Doray met en scène une maman et son enfant dont on ne saura jamais le nom. A travers des dessins très simples et des couleurs peu nombreuses -la première de couverture en donne une très bonne idée-, elle propose une solution pour que la séparation ne soit pas une souffrance et que l’enfant se sente en sécurité.

4 jours sans maman = 4 cailloux blancs. Chaque matin, il faudra enlever un cailloux et le reste de la journée, il n’y aura plus qu’à s’amuser. Un petit chagrin ? Des moments de doute ? Rien de plus normal ! Mais quand il n’y aura plus de cailloux, maman rentrera, c’est certain ! D’ailleurs, qui se cache derrière la porte à la fin du quatrième jour ?

Un album tout simple dont les pages se tournent par en haut (comme un calendrier), une histoire pleine d’amour et de tendresse qui rassurera sans doute les plus petits. 

DORAY, Malika, Je t’aime tous les jours, Didier Jeunesse, 2006.

Boomerang – Tatiana de Rosnay

Le temps d’un trajet en voiture entre La Rochelle et chez moi, j’ai dévoré ce livre…

Pour fêter les 40 ans de Mélanie, sa sœur, Antoine a décidé de lui offrir un week-end surprise à Noirmoutier. Sur la route du retour, alors qu’elle était sur le point de lui révéler un secret, Mélanie perd le contrôle de la voiture et c’est l’accident. Antoine en sort miraculeusement indemne mais sa sœur a frôlé la mort. Alors qu’il veille à son chevet, Antoine fait le bilan de ce dernier week-end et de sa vie.

Ni lui ni Mélanie n’étaient retournés à Noirmoutier depuis 1973. Ils étaient alors enfants et c’est là qu’ils ont passé les dernières vacances en compagnie de leur mère, décédée peu de temps après d’une rupture d’anévrisme. Ce week-end a fait ressurgir les fantômes du passé et tous les traumatismes de l’enfance. Mélanie et Antoine ont eu une vie très difficile après la mort tragique de leur maman.

Aujourd’hui, Mélanie est célibataire et n’a pas d’enfants. Elle a beaucoup de mal à trouver l’âme sœur. Antoine, lui, est père de trois enfants et éprouve toujours des sentiments pour son ex, partie avec un autre homme après de nombreuses années de mariage. Son travail d’architecte ne lui plaît plus et quand il se retrouve seul le soir dans son appartement parisien, il déprime. Le week-end, il ne reconnaît plus ses deux ados et les supporte difficilement. Heureusement, il y a Lucas qui n’a pas encore atteint l’âge ingrat.

Le jour où Antoine croise Angèle, sa vie prend un nouveau tournant. Celle que l’on surnomme Morticia est très séduisante et il tombe très vite sous le charme. Outre ses talents au lit, elle est aussi très douée pour aider Antoine à y voir un peu plus clair dans sa vie et à trouver le fragile chemin du bonheur.

Depuis longtemps, je voulais découvrir Tatiana de Rosnay. Les secrets de famille et la fragilité des être humains sont des thèmes que j’aime beaucoup. C’est pour cette raison que j’ai choisi de lire Boomerang. A cela s’ajoute une belle histoire d’amour qui m’a fait penser à Ensemble c’est tout d’Anna Gavalda. Les sujets abordés dans ce roman sont nombreux et le suspens côtoie la profondeur psychologique des personnages. Il n’en fallait pas plus pour que je sois conquise !

DE ROSNAY, Tatiana, Boomerang, Le livre de poche, 2010.

La valse lente des tortues – Katherine Pancol

Grâce au succès de son livre, Joséphine n’a plus de problèmes d’argent et a acheté un appartement dans le XVIème arrondissement de Paris. Toujours aussi modeste et sympathique, elle n’a pas changé grand chose à son mode de vie. Sa fille aînée, Hortense, vit à Londres et tente de réussir dans le milieu de la mode. Zoé, la cadette, oscille entre enfance et adolescence. Iris, la sœur de Jo’, n’a rien perdu de son caractère détestable et en fait voir de toutes les couleurs à son entourage. Philippe ne l’aime plus et souhaite divorcer. Il prend conscience des années perdues et tombe sous le charme de Jo’. Antoine, le père d’Hortense et Zoé, envoie des cartes postales à ses filles alors qu’il est déclaré mort dévoré par des crocodiles. Bref, tous les personnages de Les yeux jaunes des crocodiles sont de nouveau là. Mais un invité surprise débarque dans La valse lente des tortues : un tueur en série !

Plus de 600 pages, quelques imperfections, invraisemblances ou exagérations mais surtout des personnages terriblement humains auxquels le lecteur peut s’identifier facilement. On passe du rire aux larmes en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et ça fait vraiment du bien. Cette Joséphine, quelle femme extraordinaire ! Une vraie battante qui s’ignore et qui n’hésite pas à laisser la place nécessaire à ses doutes et à ses interrogations.

La suite est sortie il y a quelques temps déjà et je ne manquerai pas de la lire même si les critiques n’ont pas toujours été très élogieuses !

Extraits :
« -Vous avez inventé cette histoire pour me rassurer ?
-Mais non ! C’est dans les romans de
 La Table ronde.
-C’est bien d’être savante. Moi, je ne suis pas allée loin dans mes études.
-Mais vous avez appris la vie. Et c’est plus utile que n’importe quel diplôme !
 » p.177

« On ne guérit pas d’avoir une mère qui ne vous aime pas. ça creuse un grand trou dans le cœur et il en faut de l’amour pour le remplir ! On n’en a jamais assez, on doute toujours de soi, on se dit qu’on n’est pas aimable, qu’on en vaut pas tripette. » p.666

PANCOL, Katherine, La valse lente des tortues, Albin Michel, 2008.

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