Baumes – Valentine Goby

Dans ce court récit autobiographique, Valentine Goby revient sur les odeurs qui l’entourent pendant toute son enfance et sur sa relation avec son père.

Ce dernier travaille dans un usine de parfumerie à Grasse. Les odeurs des essences sont imprégnées sur ses vêtements et dans la maison familiale. Elles saturent l’air, il est impossible de s’en séparer et cela insupporte Valentine au point de la rendre malade.

Son père incarne l’autorité et l’ennui, en opposition au monde maternel beaucoup plus chaleureux et joyeux. Quand il rentre à la maison, l’ambiance n’est plus la même. Petite, elle souffre de son absence et du manque d’intérêt qu’il lui porte. 

Adolescente, Valentine Goby décide de se libérer de son influence trop pesante en choisissant son propre parfum et sa propre trajectoire.

Le roman de Patrice Suskind, Le parfum, est pour elle un révélateur. Elle se rend compte que l’on peut susciter des émotions et des sensations avec des mots, de la même manière qu’on peut le faire avec un parfum. Pas besoin de nommer la peur ou l’angoisse pour que le lecteur l’éprouve. Ceux qui ont lu ses romans comprendront très bien de quoi elle veut parler.

Avec le temps, Valentine Goby construit sa propre vie et tente de se réconcilier avec son père.

Le texte, lu par l’auteur, est à la fois poétique, profond et sensuel. Il mériterait presque une deuxième lecture pour mieux comprendre les parallèles, parfois métaphoriques, que Valentine Goby fait entre les odeurs, l’écriture, ses choix de vie et les relations qu’elle entretient avec son père.

A découvrir sans hésiter.

GOBY, Valentine, Baumes, CDL Editions, 2015.

« Un jour mes princes sont venus » de Jeanne Benameur

Ma récente lecture de Laver les ombres m’a donné envie de découvrir un peu plus Jeanne Benameur. Alors, quand je suis tombée sur Un jour mes princes sont venus, je n’ai pas hésité une seconde !

C’est l’histoire d’une jeune femme qui a perdu son père d’un cancer il y a pas mal de temps déjà. Depuis, elle multiplie les amants mais ne réussit jamais à se sentir bien avec quelqu’un. Toutes ses histoires d’amour sont vouées à l’échec parce qu’elle est torturée par le décès de ce père qui était assez distant et avec lequel elle a toujours eu une relation assez compliquée.

 

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce roman n’est pas triste. La relation entre la père et la fille est évoquée, mais seulement par petites touches, en creux. De même, pour le décès du papa. Si l’héroïne a du mal à se trouver et à se sentir bien dans sa peau, elle n’en reste pas moins pleine de vie. Les portraits qu’elle fait de ses amants sont souvent drôles et ses ami(e)s tiennent une place importante dans sa vie.

J’ai été beaucoup moins touchée par ce roman que par Laver les ombres, sans doute parce que je me suis sentie beaucoup moins proche du personnage principal. Je l’ai tout de même lu d’une traite et je suis bien décidée à lire d’autres Jeanne Benameur ! Elle a le don, par son écriture, de rendre les personnages sensibles et terriblement humains.

Un petit extrait (dans lequel je me suis reconnue !) :

« Je ne  suis bonne à rien le matin. Il me faut un temps de paix entre la nuit et le jour. Une trêve avant d’aborder le nouveau monde. J’aime prendre mon temps, rêvasser, laisser tiédir mon bol. La voix humaine, c’est pour après. » (p. 48).

Lire l’avis de Gawou.

BENAMEUR, Jeanne, Un jour mes princes sont venus, Denoël, 2001.

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