Les huit montagnes – Paolo Cognetti

Pietro vit à Milan avec ses parents et, chaque été, il rejoint les montagnes. Son père, un taiseux au caractère difficile, part souvent seul se promener sur les sentiers, le laissant avec sa mère dans le village de Grana. Là-bas, il fait la connaissance de Bruno, un garçon de son âge qui habite ici et garde les bêtes dans les alpages l’été. Ensemble, ils explorent la forêt, les torrents, les grottes, les vieilles bâtisses abandonnées. Bruno le surnomme Berio -ce qui veut dire roche-, un surnom auquel Pietro tient beaucoup. Continuer la lecture de « Les huit montagnes – Paolo Cognetti »

Les fragiles – Cécile Roumiguière

Drew et Sky, deux fragiles. Ou peut-être est-ce leurs parents, les Fragiles… Continuer la lecture de « Les fragiles – Cécile Roumiguière »

Qui vive ? – Jean-Philippe Blondel

« Une série de photographies dont il ignore tout est confiée à un écrivain. Il s’aventure dans l’écriture d’un roman où ces photographies provoquent la fiction. » C’est le principe de cette collection dirigée par Jeanne Benameur et Francis Jolly dont j’ai déjà parlé ici.

Cette fois-ci, c’est Jean-Philippe Blondel qui se prête au jeu avec des clichés de Florence Lebert. Si vous allez faire un petit tour sur le site de l’artiste, vous les verrez, ces photos -et bien d’autres- prises en Abkhazie, au bord de la mer noire. Essayez d’imaginer une histoire à partir de là. Vous verrez, ce n’est pas simple d’autant plus que l’auteur n’avait aucune indication sur leur provenance. Mais rassure-vous, Jean-Philippe Blondel s’en sort plutôt bien !

Léo est lycéen. Ses parents sont divorcés et habitent dans la même ville. Du coup, il vit chez l’un ou l’autre au gré de ses envies. Depuis quelques temps, il sent que son père n’est pas très en forme et passe de plus en plus de temps chez lui. Un jour, il ouvre par erreur une enveloppe contenant un photo prise dans un pays qui ressemble à la Russie. Dans le courrier, rien d’autre. Pas de lettre. Pas d’explication. Léo interroge son père qui lui avoue qu’il reçoit régulièrement des clichés d’Abkhazie depuis quelques temps. Il ne sait pas qui est l’expéditeur mais raconte à son fils un amour de jeunesse oublié. Louis était alors surveillant dans un lycée et a rencontre une charmante jeune fille lors d’un voyage scolaire à la fin des années 80… Cette plongée dans le passé va permettre à Louis d’aller de l’avant et à Léo de grandir, de devenir plus mature. Un beau roman sur les relation père-fils qui rappelle un peu Blog, du même auteur. La fin réserve une jolie surprise que je n’ai vu venir qu’au dernier moment.

Maintenant, il ne me reste plus qu’à conseiller ce livre à mes zélèves. J’espère qu’ils vont aimer !

BLONDEL, Jean-Philippe, Qui vive ?, Éditions Thierry Magnier, 2010.

Blog de Jean-Philippe Blondel

Le narrateur, un garçon de 16 ans dont le prénom n’est jamais mentionné, est complètement écœuré depuis qu’il a découvert que son père lisait son blog. Il est en colère et se sent trahi : « L’impression que le monde n’est qu’un tissu de mensonges et que la survie passe par la méfiance -comme dans ces séries américaines que je regarde parce que tout le monde les regarde. Desperate Housewives, Dexter, Lost, surtout ne compter que sur soi-même pour s’en sortir. Jusque là, elles me faisaient rire mais m’inspiraient aussi une sorte de mépris. Je me disais que je ne vivais pas dans ce type de monde là. J’étais bien con. C »est exactement dans cet univers-là que j’évolue« . (p. 27)
Pourtant, il n’en parlait pas à la maison de ce blog. Il faisait bien attention de vider son historique et ses cookies pour ne pas laisser de traces. Puisque c’est ainsi, il arrête immédiatement d’écrire sur le web et décide de ne plus adresser la parole à son père : « Je veux être une vraie plaie -je ne vais pas m’en priver » (p. 32).
L’ambiance familiale devient très vite invivable malgrè les excuses du père et les tentatives de la mère pour améliorer la situation. Pour essayer de se faire pardonner, le père va chercher un carton poussiéreux dans le grenier, un vieux carton qui contient ses souvenirs d’adolescent… et un secret.

Blog : un titre accrocheur… Mais cette histoire de blog, ce n’est finalement qu’un prétexte pour parler des relations entre un père et son fils et de cette période si complexe, l’adolescence, où on essaye de se construire au mieux. C’est uniquement le point de vue du fils qui est développé dans le roman. Les ados se retrouveront sans doute à travers lui. Il explique ses pensées intimes -même celles dont, en général, on ne parle à personne- avec beaucoup de pudeur et de justesse. De la révolte, le narrateur passe petit à petit à la compréhension vis à vis de ce père qui n’est finalement pas si mauvais que cela. Il se rend compte de la fragilité de la vie et des sentiments, il devient plus mature au fil des pages.

Ce n’est pas toujours facile de comprendre ce qui se passe dans la tête d’un ado -les ados eux-mêmes ont parfois du mal à l’expliquer- mais Jean-Philippe Blondel le décrit très bien. J’aimerais bien pouvoir écrire d’aussi jolies choses, aussi justes, aussi vraies…

Laure a beaucoup aimé et vous propose de nombreux extraits. D’ailleurs, Laure, je suis d’accord avec toi. Le terme « viol virtuel » sur la quatrième de couverture n’a rien à y faire. Il s’agit plutôt d’un viol de l’intimité.

BLONDEL, Jean-Philippe, Blog, Actes Sud Junior, 2010.

« Si j’avais des ailes » d’Ahmed Kalouaz

Un jeune tzigane de quinze ans court autour d’un lac et raconte tout ce qui lui passe par la tête à son père parti depuis quinze jours. Il a choisi d’apprendre à lire et à écrire et habite avec sa mère dans un appartement de deux pièces. Depuis, le fossé s’est creusé avec ce père qui est toujours très ancré dans la tradition tzigane. Apprendre à lire, quelque part, c’est trahir les siens. Et vivre dans un appartement, c’est s’enchaîner soi-même… Le fils ne renie pas son peuple, bien au contraire. Cela fait quinze ans qu’il se tait car chez les tziganes on ne demande jamais rien et on ne dit jamais rien. Aujourd’hui, il a décidé d’expliquer ce qu’il ressent, de se souvenir des bons moments et des moins bons, d’expliquer à son père pourquoi il a choisi une autre façon de vivre.

« Personne ne lisait chez nous, personne ne s’intéressait aux livres ni aux mots couchés sur la papier. Une nouvelle langue s’est ouverte à moi, une découverte plus importante qu’un trésor. » p.9

Un texte court – moins de 70 pages en très gros caractères- sur les tziganes et la difficulté pour un enfant de choisir un autre mode de vie que celui de son peuple. Un joli texte sur l’amour d’un fils pour son père et sa mère. Une histoire pleine d’émotion publiée dans la collection D’une seule voix chez Actes Sud Junior : « Des textes d’un seul souffle. Les émotions secrètes trouvent leur respiration dans la parole. Des textes à murmurer à l’oreille d’un ami, à hurler devant son miroir, à partager avec soi et le monde.« 

KALOUAZ, Ahmed, Si j’avais des ailes, Actes Sud Junior, 2008.

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